Unstoppable: Quand est-ce que ça s’arrête…

Unstoppable: Quand est-ce que ça s’arrête…

Que dire du nouvel opus de Tony Scott ? Pas grand-chose, hélas. On pourrait, façon de combler à peu de frais cette chronique, lâcher un « navrant » ou esquisser un rire bien gras. C’est au choix. Car le réalisateur ne ronronne même plus sa mise en scène stéréotypée, il l’a bâcle, la régurgite, la condamne au pilori. Unstoppable est une caricature sur rail, un mauvais film ferroviaire à 100 millions de dollars, fondamentalement con, mécanique à en pleurer, linéaire, sans surprise, chiant, pompeux…

Même tiré d’une histoire vraie, un film comme celui-là se doit d’éprouver le spectateur en « fictionnalisant » le récit, de son épicentre à sa périphérie. Et bien c’est raté ! Car à trop vouloir nous vendre du train fou fonçant droit vers la catastrophe annoncée, Scott s’empale dans la mauvaise caricature du film à pitch, les poncifs habituels du genre en plus : des dirigeants à la ramasse totalement irresponsables, un conducteur de train expérimenté en phase de licenciement mais héroïque en diable (Denzel Washington en mode mimiques), un jeune pistonné à la morale vacillante (l’inexpressif Chris Pine vu en Capitaine Kirk dans le Star Trek de J.J Abrams) , un belle coordinatrice réseau pleine de bonne volonté, une mère au foyer en larmes, une couverture médiatique pour la forme… Rien de neuf sous le soleil du blockbuster automnal si ce n’est que c’est du déjà vu en mieux. Et ce n’est pas ces mouvements de caméra circulaires autour des différents trains qui changeront la donne. Intéressants au départ, ils deviennent répétitifs au point d’alourdir le propos et le dénouement d’un métrage au climax digne des moins bons Disney. Seul le passage du « virage » nous crispe à notre siège pendant une dizaine de secondes. Plutôt mince.

Pour le reste, c’est morne plaine. A commencer par l’incapacité, ou le non vouloir, de Tony Scott à « contextualiser » efficacement son long-métrage. Celui-ci ne crée aucune empathie envers des personnages figés dans une mécanique scénaristique n’accordant aucune mise en perspective. De fait, Scott nous sert le discours, ressassé, d’individus (pour la plupart professionnels du secteur ferroviaire) confrontés à un danger qu’il faut endiguer sans que celui-ci ne soit ramené à sa fonction première : un fait divers qui aura troublé la routine d’une ville et de ses habitants. Son credo, l’épure psychologique privilégiant l’héroïsme primaire, le courage simple, la tension factuelle. Son corollaire, l’extrême indigence d’un enjeu au final très mal exploité dans sa dynamique cinématographique. La ligne droite peut être l’ennemi du suspens, de la tension et, plus grave encore, de l’adhésion. Unstoppable est un film bourrin sans saveur, aussi froid que son tas de ferraille sur rail.

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