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Ça terrorise l’Amérique…

Ça terrorise l’Amérique…

CaEn cette fin d’été plus que morose, le salut des grands studios n’est pas venu d’un énième blockbuster ultra marketé jusqu’à l’overdose, mais d’un film horrifique à 35M$. Certes, le personnage du dit film n’est pas inconnu du grand public et n’a pas été laissé à l’abandon par son/ses studio(s) bien à l’œuvre lors d’une campagne promotionnelle intelligente et surfant sur le vide programmatique de la fin août (Warner Bros., New Line).

Ça, adapté du roman de Stephen King (il ne s’agit donc pas d’un remake mais bien d’une nouvelle adaptation), avait la voie libre pour cartonner lors de son premier week-end. Après la déconfiture d’un été déceptif au box-office US, le week-end du Labor Day, qui sonne la fin de la récréation estivale (2-4 septembre), fut le pire depuis 17 ans. Et, bien évidemment, cela n’a pas raté ! Le film d’Andres Muschietti a pris les commandes pour signer un démarrage historique pour un film rated-R (interdit aux moins de 17 ans non accompagnés) sortit au mois de septembre. Avec 123 millions de dollars Ça enterre le précédent record du meilleur premier week-end pour un film d’horreur (Paranormal Activity 3 et ses 52 millions de dollars en 2011) et se rapproche de celui de Deadpool (132M$), recordman pour cette catégorie.

Les 200 millions de dollars sur le sol US seront une évidence, les 250M$ une quasi-certitude et les 300M$ envisageables. Les critiques, plutôt bonnes, le buzz sur la toile et les réseaux sociaux, la pénurie de bons films et l’emprise populaire d’un personnage issu de la littérature de genre ont cristallisé l’attention autour d’un « produit » consommable pour l’effroi qu’il est censé assurer lors de la projection. Sans parler de raz-de-marée, il s’agit à coup sûr d’un énorme succès venant, en quelque sorte, valider la puissance d’attraction d’un cinéma de genre de plus en plus vaillant au box-office.

Après Guet Out (175M$), Split (138M$) et Annabelle 2 (97M$ et toujours en exploitation), Ça bouleverse l’ordre des choses pour ressusciter l’engouement d’un public venu en masse confronter ses propres peurs devant un divertissement horrifique surnaturel déclinant la figure protéiforme du monstre.

Get_OutS’il est inutile de revenir sur les nombreux échecs estivaux (Transformers, La Momie, Alien : Covenant, Baywatch, La Tour Sombre, Valerian, King Arthur) et autres amères déceptions (Pirates des Caraïbes, Cars 3, La planète des Singes), je voulais signaler que le troisième et très médiocre épisode de Moi, moche et méchant venait de dépasser le milliard de dollars dans le monde. Même malade, la bête n’est pas morte. Et il ne faut pas croire qu’elle se laissera crever comme ça. Lorsque l’on voit les succès incroyables des Jurassic World, Avengers et autres Star Wars, on se dit que l’industrie Hollywoodienne n’est pas encore sur le point d’imploser.

En 2013, Spielberg et Lucas avaient prédit, comme certains cabinets d’analyse financière, l’effondrement des superproductions au budget indécent. Or et pour des raisons de mise en production parfois très longue, le changement de « paradigme » voulu par Spielberg n’a pas encore été enclanché. Et cela malgré le succès à répétition de petits films au budget parfois rachitique. Car, il ne faut pas en douter, les véritables bénéfices se font sur ces films et non sur les blockbusters à 200 millions de dollars. Mais non, rien n’y fait et il est difficile de modifier une économie qui fait travailler des milliers de salariés et qui, surtout, paye ses stars, ses agents et les sociétés de marketing et de placement des marques.

Je disais que Ça avait trouvé son public en réponse aux désillusions d’un été morose. C’est en partie vrai. Mais seulement en partie car distribuer un film d’horreur de 35M$ sur 4103 écrans c’est reproduire la politique monopolistique des blockbusters. Le problème n’est donc pas uniquement lié au budget puisque la notion de distribution et donc de diversité reste primordiale. Ça est un film de studio au budget restreint. Soit un risque financier calculé riche en promesse de franchise (la suite a déjà été annoncée) qui procède des mêmes stratégies que la plupart des gros films distribués par les grands studios Hollywoodiens.

Est-ce donc l’arbre qui cache la forêt ? Oui, si l’on tient compte de cette emprise sur une offre qui n’arrive plus à exister au-delà d’un type de cinéma ultra calibré et de plus en plus mondialiste. Outre le marché US, il faut aujourd’hui plaire au reste du monde quitte à rentabiliser un film en dehors de son pays d’origine. Le cinéma transfrontière devient le nouvel Eldorado des studios de moins en moins préoccupés par la qualité voire l’originalité des films produits. Le cas de la nouvelle saga Star Wars est, ce point de vue, édifiant. Il ne faut rien proposer qui ne sorte d’un cahier des charges niant toute légitimité au cinéma de divertissement, au vrai.

Mais alors, quelle place de diffusion reste-il aux films indé ou d’auteur une fois que sont passés les blockbusters et les films de moindre coût mais issus du même ADN ? Peu ou pas de place du tout. Et c’est bien le drame du cinéma qui doit rester avant tout une expérience en salle et non devant son homme cinéma dans un service à la commande.

Geoffroy Blondeau

Star Wars – Le réveil de la force peut-il accrocher le milliard de dollars sur le sol américain ?

Star Wars – Le réveil de la force peut-il accrocher le milliard de dollars sur le sol américain ?

Une telle perspective, affolante sur le papier, est loin d’être assurée. Mais, en observant la façon dont la campagne marketing a instrumentalisé l’imaginaire d’un retour aux sources afin de muer une envie d’aller voir le film en un désir inconscient de participer à la prolongation de ce mythe moderne, le nouveau long-métrage de J.J. Abrams pourrait bien faire du succès annoncé un triomphe absolu fédérant quatre générations de spectateurs.

star wars 7Rachat, développement et marketing…

En rachetant Lucasfilm à George Lucas pour 4 milliards de dollars, la compagnie Disney s’est rapidement mis à la tâche annonçant dans la foulée de cette acquisition une suite aux aventures légendaires de la première trilogie (La guerre des étoiles 1977, L’Empire contre-attaque 1980 et Le retour du Jedi 1983). Le père a ainsi coupé pour de bon les liens avec sa progéniture qui, libérée de l’emprise d’un patriarche devenu multimilliardaire, peut enfin aller conquérir de nouveaux horizons gage de profits mirifiques. Le marketing mis en place dès 2012 ne consistait pas à vendre le film aux futurs spectateurs mais à présenter la « marque » Star Wars comme l’évènement de l’année si ce n’est de la décennie. La communauté de fans a fait le reste en assurant le service après-vente de cette folie cinématographique planétaire.

Néanmoins, la transition ne pouvait se faire sans quelques précautions. En effet, il n’aurait servi à rien de braquer la horde de fans en proposant une suite originale trop éloignée du dénouement en forme d’happy-end du Retour du Jedi. Non, Star Wars 7 se devait de cultiver la continuité entre cohérence artistique et choix scénaristique. Si, de toute évidence, de nouveaux personnages vont évoluer dans des univers inconnus jusqu’alors, la réintroduction des anciens protagonistes devenus de véritables icônes du space-opera comme de la culture geek, n’est évidemment pas anodine.

star-wars-7-le-reveil-de-la-force-bande-annonceNostalgie quand tu nous tiens…

Revoir Luke Skywalker (Mark Hamill), la Princesse Leia (Carrie Fisher) ou Han Solo (Harrison Ford) constitue un tour de force capable de fédérer sur cette seule accroche de nombreux spectateurs aussi curieux qu’impatients de retrouver ce trio unique dans l’histoire moderne du cinéma de masse. De fait, la « prélogie » de George Lucas (La menace fantôme 1999, L’attaque des clones 2002 et La revanche des Sith 2005) ne constitue en aucun cas la référence du Réveil de la force dont l’encrage visuel nous fait penser à La guerre des étoiles et non à La menace fantôme. Question de filiation, de logique chronologique, de nostalgie savamment alimentée et de bon sens entrepreneurial. En un mot, il fallait reproduire l’esprit des films originaux quitte à renier une partie du travail de Lucas sur sa prélogie tant décriée.

Pour réussir une telle entreprise quoi de plus naturel que de s’appuyer sur la force d’une industrie bâtisseuse de rêve. La démarche semble authentique – pourquoi en douter, d’ailleurs – mais doit se conjuguer avec l’impératif d’exploitation d’un nouveau filon de films hyper rentables. Si la sincérité est de mise, elle vise également à ne choquer personne et surtout pas le fan hardcore des plus susceptibles. Il est évident qu’un tel traitement artistique orchestré au millimètre par un marketing distillant moult bande-annonce et autres spots publicitaires, cherche à faire de chacun – journaliste compris – non pas un spectateur en puissance mais un acteur à part entière responsable de la réussite du film. L’engouement, réel, se transforme en aiguillon du succès. Si le bouche à oreille vient conforter un démarrage que beaucoup qualifie d’historique, Star Wars 7 pourrait bien se rapprocher du milliard de dollars aux États-Unis.

L’exemple de Jurassic World…

D’un point de vue purement comptable, le parallèle avec Jurassic World peut nous éclairer sur la trajectoire possible du 7ème opus de la saga Star Wars. Si les films ne sont pas similaires dans leur approche ou bien dans l’univers qu’il convoque, ils semblent bien reprendre les mêmes recettes que leurs films originaux respectifs (Jurassic World s’inscrit effectivement dans cette logique en prônant le retour à un imaginaire enfantin et qui fonctionne, peu ou prou, sur les mêmes bases scénaristiques que Jurassic Park (idée du dérèglement)).

L’ADN fut donc respecté et le succès par effet d’association, d’adhésion populaire comme de découverte par les plus jeunes, au rendez-vous. SW7 se place indiscutablement sur la même trajectoire que Jurassic World mais se trouve muni d’un référent historique bien plus puissant. Ce qui veut dire que son potentiel en salles est supérieur que l’on prenne en compte sa base de fans ou le public dans sa définition la plus large possible.

star wars 7.2Quelques chiffres…

Jurassic World réalise 652M$ en 2015. Soit le meilleur score de l’année lui permettant de se placer directement au 3ème rang des plus gros succès US de tous les temps (hors inflation) juste derrière les 760M$ d’Avatar et les 658M$ de Titanic. Il n’est donc pas illogique de penser que Star Wars 7 fera mieux. Mais jusqu’où peut-il aller ? Si l’ampleur du succès est difficile à jauger, différents facteurs conjoncturels jouent en faveur du film de J.J. Abrams.

1/ L’absence de concurrence face à un film hors norme qui risque bien de tout vampiriser sur son passage.

2/ Des films en fin de carrière qui ont globalement moins bien marchés comme le dernier épisode de la série des Hunger Games.

3/ La période des fêtes de fin d’année idéale pour des sorties en famille et entre copains.

4/ La multiplication des salles IMAX et équipées en projection 3D

Pronostic de Star Wars Le réveil de la force aux USA :

800 à 850M$

Geoffroy Blondeau

Tom Cruise sur le devant de la scène…

Tom Cruise sur le devant de la scène…

mission-impossible-rn-imaxMerci Mission Impossible. En effet, que ferait l’acteur sans cette franchise récurrente lui permettant de briller régulièrement au box-office US ? Sans être étincelants, les résultats de ce 5ème opus sont solides et prouvent que Tom Cruise est définitivement Ethan Hunt. Démarrage à 55M$, chute en second week-end « limitée » à 49% pour un cumul à 107M$. Au vu du plantage des 4 Fantastiques (25M$ en trois jours !) et des films à venir, je pense que MI5 peut aller taquiner les 200 millions de dollars. De quoi assurer un 6ème épisode au fringuant Tom.

Inutile de revenir sur le fiasco de la Fox avec ce reboot mort-né qui risque bien d’enterrer pour un long moment ce Comics historique. Tout ça pour dire que Ant-Man ne s’en sort finalement pas si mal. Les 150M$ sont atteints pour un final proche des 170M$. Comme d’hab, l’international fait le reste et assure la rentabilité…

Les Minions continuent leur percée et viennent de dépasser les 300 millions de dollars. C’est costaud !! Mais moins que l’extraordinaire Vice Versa, invraisemblable carton US à plus de 335M$. Le film de Pete Docter renoue avec la tradition des premiers Pixar pour créer un enchantement visuel capable de séduire petits et grands. Si le film se classe au top sur le territoire américain, il reste derrière à l’international. Contrairement aux Minions, toujours en lice pour aller chercher le milliard monde, Vice Versa devra se contenter d’un succès moindre mais hautement honorable, sans doute compris entre 750 et 800M$.

L’été US 2015 s’achève doucement avec la certitude qu’aucun film (hormis MI5 dans le meilleur des pronostics) n’ira taquiner les 200M$. Seuls quatre films auront donc dépassé cette marque. Ils étaient 7 l’année dernière et en 2013. Le fossé entre les quatre premiers et les autres est immense laissant Pitch Perfect 2 prendre la cinquième place avec 183M$. Rien d’alarmant à cela, juste un constat sur l’attente d’un public de plus en plus focalisé sur les films évènements sur-marketés des mois à l’avance. Et ce n’est pas avec les films de fin d’année que cela risque de changer… (Hunger Game, Spectre, Star Wars…).

Geoffroy Blondeau

Jurasic World: L’indominus Rex dévore tout sur son passage…

Jurasic World: L’indominus Rex dévore tout sur son passage…

UniversalIl ne sert à rien de faire un bon film pour exploser tous les records d’exploitation. C’est ce que vient de prouver le tout dernier Jurassic, 14 ans après la semi-déception du 3ème volet (au B.O je précise car le film…). Sans que le long-métrage de Trevorrow fasse un bon qualitatif significatif, celui-ci a su séduire – voire intriguer – geeks de la première heure et familles US en demande de spectacle bien trousser. Bon, le paramètre « Dinosaure », totalement intemporel et donc transgénérationnel, n’est pas à négliger non plus, signe que ces bébêtes féroces travaillent toujours profondément notre imaginaire. La 3D, l’IMAX, la nouvelle coqueluche Chris Pratt et le vent de nostalgie présent dans le film, ont fini par emporter le morceau d’un démarrage irréel.

Déjouant tous les pronostics (donc les miens), Jurassic World détrône The Avengers (207M$ en 2012) pour s’accorder le plus gros démarrage de tous les temps avec 208,8 M$. Il devient seulement le deuxième film de l’histoire à dépasser cette marque.

En faisant cela, JW perpétue une tradition vieille de 22 ans puisque Jurassic Park et The Lost World ont, en leur temps, battu le record du meilleur démarrage week-end aux États-Unis (47M$ en 1993 pour JP ; 72M$ en 1997 pour TLW).

Autre satisfaction pour Universal. Le film devient également le plus gros démarrage monde avec 524M$ en cinq jours. Une folie ! Dire que le milliard est une formalité, cela va s’en dire. Avec JW, l’année 2015 place déjà 3 films au-delà du milliard. Le record de 4 métrages au-dessus de cette marque (2012) sera sans nul doute atteint avec le Star Wars de J.J Abrams qui sort pour les fêtes de fin d’année. Il ne suffira alors que d’un seul film pour… Et si c’était le denier Bond, Spectre ?

Geoffroy Blondeau

Clint Eastwood sur le toit du monde ; Fast and Furious 7 sur les chapeaux de roues…

Clint Eastwood sur le toit du monde ; Fast and Furious 7 sur les chapeaux de roues…

americansniperIl aura fallu attendre le mois de mars 2015 pour connaître le lauréat 2014. Sorti dans quelques salles en toute fin d’année dernière en vue de la course aux oscars, American Sniper a bel et bien soufflé la politesse au troisième chapitre de la saga des Hunger Games.  Avec 345M$, contre 337M$ pour le film avec Jennifer Lawrence, le 34ème long-métrage de Clint Eastwood devient le deuxième plus gros succès historique pour un film classé R, derrière l’indétrônable Passion de Mel Gibson (370 millions de dollars pour la Passion du Christ). Une sacrée performance pour le papy Clint qui n’a toujours pas décidé de raccrocher…

fast-and-furious-7Si l’année 2015 n’a pas été ébranlée plus que cela par les 50 nuances de gris (final correct à 168M$), ni pas le remake live de Cendrillon signé Keneth Branagh (l’éphémère n°1 US 2015 devrait néanmoins s’approcher des 190 millions de dollars en fin de parcours), le 7ème opus de la franchise automobile initiée en 2001 vient tout simplement de casser le tiroir-caisse. Les premières estimations placent le film avec Vin Diesel et le regretté Paul Walker aux alentours des 143M$. Soit le neuvième meilleur démarrage week-end de tous le temps. Si la disparition tragique de Paul Walker n’est pas étrangère au succès du film, la montée en puissance de la franchise depuis l’opus 4, non plus. C’est simple, chaque nouveau film fait mieux que son prédécesseur. Résultat, les 300 millions de dollars sont prenables. Une gageure pour une franchise de quatorze ans ultra typée mais qui a su élargir intelligemment son/ses arcs narratifs pour aller chercher un public plus large sans baisse significative de qualité. Ce constat vaut également pour l’international. Avec 240M$ en quelques jours, Fast and Furious 7 réalise une incroyable performance puisqu’il s’agit du troisième meilleur démarrage de tous les temps. Le milliard dans le monde ne semble pas une vaine utopie. Qui l’eût cru ?

Pour le reste rien de bien original. Les Wachowski se plantent, le Will Smith aussi (dans une moindre mesure il est vrai), tout comme le dernier Blomkamp  (District 9, Elysium). Divergente 2 sauve les meubles (120-125M$ au final) tandis que le dernier Dreamworks, contre toute attente, renoue avec le succès. La suite du programme sera sans éclats, offrant, plutôt, la part belle aux continuités. Mais une surprise est toujours possible. Bref, tout le monde attend la sortie de nouvel Avengers, film phare d’une année 2015 remplit d’énormes potentiels à succès (Star Wars, Bond, fin de the Hunger Games, retour de Mad Max, des dinos féroces, du Terminator et d’Ethan/Cruise).

Un dernier mot pour Timbuktu d’Abderrahmane Sissako. Suite à sa moisson de Césars, le film a boosté son succès pour faire du film un millionnaire fringant. Hautement mérité !

Geoffroy Blondeau

Mais pourquoi les Gardiens de la Galaxie est le premier de la classe…

Mais pourquoi les Gardiens de la Galaxie est le premier de la classe…

les-gardiens-de-la-galaxieLes gardiens de la Galaxie n’est pas seulement le blockbuster le plus fun de l’année (et depuis bien longtemps), il s’agit du carton US de l’été en passe de devenir celui de l’année. Si les 300 millions ne sont pas acquis, les 280 M$ devraient tomber dans l’escarcelle de cette bande de hors-la-loi intergalactique vachement sympathique.

Malgré un univers peu connu pour ne pas dire confidentiel, un environnement foutraque au possible et une esthétique haute en couleurs à la limite du cheap, le film fonctionne terriblement dans sa capacité à développer, au-delà des différentes péripéties et scènes d’action plus ou moins crédibles, le concept de divertissement. Le film de James Gunn, qui n’est jamais sérieux, surfe évidemment sur cette décontraction faisant des différents caractères l’enjeu principal d’un Space opera à l’éclate réussie plus que recommandable.

L’entreprise n’a rien de vain. Puisqu’elle est assumée. Au contraire, elle réinvente l’idée d’évasion ludique d’un art qui peut se contenter de divertir. Pourvu que l’alchimie opère. Et là, c’est le carton plein peu importe ce que la suite – car une suite est déjà programmée – donnera. De toute façon rien ne choque. Façon de dire que tout fonctionne ou presque. Comme cette playlist de tubes des années 70 qui, de part le contexte dans lequel elle est utilisée, n’offre aucun anachronisme quant à son utilisation. Mieux, elle donne un genre, une reconnaissance quasi instantanée, sorte de signature unique dans le monde très codifié du film de super-héros.

Le coup d’essai est donc un coup de Maître. Le succès, surtout aux States, n’était pas gagné. À la vue du film on comprend mieux pourquoi il casse la baraque, se maintient semaine après semaine pour s’inscrire, d’une certaine façon, comme le descendant légitime de Star Wars (première trilogie).

Geoffroy Blondeau

Les Gardiens de la Galaxie.

Box-office US au 25 août 2014 : 251M$

Pronostics : 290-310M$

Star Trek Into Darkness: bis repetita…

Star Trek Into Darkness: bis repetita…

star-trek-into-darkness-2J.J. Abrams est un conteur malin doté, il faut le reconnaître, d’un indéniable talent. Mieux, le créateur de Lost est en passe de devenir, depuis sa « nomination » au poste très convoité de réalisateur du prochain épisode de Star Wars prévu pour 2015, le digne héritier des wonder-boys cinés en herbe qui, durant les années 70-80, auront mis sur orbite les fameux blockbusters issus du nouvel Hollywood et son entertainment carnassier.

Abrams ne s’en cache  pas, d’ailleurs, puisque son Star Trek répond, sans l’ombre d’un doute, à l’objectif premier de divertir le plus grand nombre, quitte à faire quelques entorses au monde créé par Gene Roddenberry. De toute façon, Into Darkness n’est pas conçue comme une suite au sens classique du terme. Il s’agit, tout au plus, d’une deuxième introduction avec plus d’action, plus de Starfleet, plus de Kirk, plus d’Enterprise et de rebondissements censés clore la maturation d’une équipe enfin prête à explorer des mondes étrangers et nouveaux. Surprenant ? Pas vraiment, surtout lorsque l’on connaît l’engouement du réal autour de la série originale…

À quelques nuances près, la trame narrative est identique à celle du premier opus, phase de présentation des personnages principaux en moins. Si nous retrouvons, ici où là, des thématiques propres à l’univers de la saga (amitié, altruisme, libre arbitre, sacrifice…), le scénario manque terriblement d’incarnation, laissant l’enchaînement des événements (une chasse à l’homme sur fond de revanche aveugle) imposer son tempo sur des individualités ayant, pour le coup, du mal à affirmer leur complexité. J.J. Abrams lance bien quelques pistes intéressantes – l’action terroriste pour justifier une guerre en serait la plus pertinente –, afin de donner l’illusion d’un film âpre, dense, menaçant. Mais rien n’y fait, le scénario fait du surplace, devient vite linéaire, prévisible voire carrément léger dans son dénouement.

star-trek-into-darkness-3Pire. Nous avons l’impression que le réalisateur – et contrairement à ce qu’il affirme – ne peut couper les ponts au point de proposer du neuf avec du vieux, abstraction faite des effets visuels vraiment réussis. Au lieu de laisser filer l’Enterprise dans l’espace pour une aventure en tout point nouvelle, intrigante, palpitante, Into Darkness recycle un ancien méchant en la personne de Khan, oublie, au passage, le docteur McCoy, édulcore la menace Klingon, réaffirme les problèmes d’autorité de Kirk et ceux, émotionnels, de Spock. Tout un programme déjà vu lors du précédent numéro, la 3D en moins. Peu importe, alors, que le plumage (beauté esthétique du film) ne se rapporte au ramage (qualité du script). Il faut bien justifier les 190 millions de dollars investis.

Nous avons dit que J.J. Abrams est un véritable conteur. En effet, si une certaine idée du cinéma de divertissement transpire à travers ses réalisations – que dire de Super 8, sinon qu’il s’agit d’une petite merveille d’émotion cinéphile – celui-ci semble écrasé, qu’on le veuille ou non, par la frénésie d’images lapidaires censées pourtant (re)iconiser des personnages appartenant à la culture populaire anglo-saxonne (Star Trek reste l’une des sagas les plus aimées et les plus influentes Outre-Atlantique depuis presque 50 ans). Si bien que la portée référentielle du film n’apparaît presque pas ou alors par petites touches que seuls les fans pourront déceler entre satisfaction et frustration mêlées.

J.J. Abrams n’a pas souhaité apporter à son / ses Star Trek une relecture assumée issue d’un matériau d’origine. Il le modernise, en explore quelques possibilités, mais passe à côté de la dimension « philosophique-popcorn-compatible » d’un univers pourtant très riche. Il n’a laissé aucune place à la dramaturgie, la vraie, celle d’une mythologie contemporaine où se débattent quelques héros fragiles jouant avec maestria et effronterie avec la mort.

Geoffroy Blondeau

Note: 2/5

Star Trek Into Darkness. Un film de J.J. Abrams. En salles depuis le 12 juin 2013.

Durée. 2h10

Avis publié sur ecrannoir.fr

Irvin Kershner a rejoint les étoiles (1923-2010)

Irvin Kershner a rejoint les étoiles (1923-2010)

Pour des millions de fans, Irvin Kershner est et restera comme l’homme providentiel ayant accepté de signer le meilleur épisode de la saga des Star Wars (l’Empire contre-attaque, 1980). Artisan habile et techniquement très doué sachant raconter une histoire sans ambages, il débuta sa carrière de cinéaste vers la fin des années 50, précisément en 1958, avec le polar Stakeout on Dope Street. S’il traversa tranquillement les années 60, il fit jouer des acteurs de la trempe des Robert Shaw, Sean Connery, George Segal ou encore Barbara Streisand.

Sa notoriété connue un coup d’accélérateur au milieu des années 70 quand, peu après Les S pions avec Elliot Gould et Donald Sutherland (le joyeux duo du M.A.S.H de Robert Altman), il réalise un thriller fantastique scénarisé par John Carpenter et réunissant la belle Faye Dunaway et le prometteur Tommy Lee Jones, Les Yeux de Laura Mars (1978). Le film triple presque son budget et permet à son auteur d’être choisi par un certain George Lucas qui fut, quelques années auparavant, son élève à la Southern University. Ami et mentor de ce dernier, Lucas n’a pas tardé à réagir dans un communiqué : « Le monde a perdu un grand réalisateur et une des personnes les plus authentiques qu’il m’ait été donné de connaître. Irvin Kershner était un vrai gentleman dans tous les sens du mot ».

Ce choix, brillant avec le recul, permet à Irvin Kershner de prouver son immense talent et de réaliser sans doute la meilleure suite du cinéma au côté de The Dark Knight. En un film il devient un cinéaste culte, vénéré comme un dieu, adulé, respecté. Le Space Opéra tient enfin ses lettres de noblesse. Par la suite il tourna peu mais réalisa en 1983 un James Bond dissident (Jamais plus Jamais avec un Sean Connery sur le retour) et une suite au Robocop de Paul Verhoeven de bonne facture (Robocop 2, 1990).

Irvin Kershner abandonna par la suite l’univers des plateaux de cinéma pour s’adonner à ses nombreuses passions (composition, peinture, photographie…). Enfin un hommage lui a été rendu quand on lui proposa d’être en 2007 le président du festival Fantastic’Arts de Gérardmer. Ce qu’il accepta pour le plus grand plaisir de ses nombreux fans.