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Bilan Box-Office USA 2014…

Bilan Box-Office USA 2014…

 hunger-games-episode-3Avec 10, 360 milliards de dollars (chiffres arrêtés au 01 février 2015), l’année 2014 subit une chute des recettes en salles de 5,2% par rapport à l’année 2013. 690 films ont été distribués contre 687 l’année précédente. Pour l’heure, le champion 2014 totalise un respectable 335,1 millions de dollars et devrait terminer sa course juste au-dessus des 336,5 M$ réalisés par Spiderman 3 en 2007. Hunger Games – la révolte : partie 1 perd donc près de 90 millions de dollars par rapport au deuxième opus et ne doit cette première place, sans doute provisoire, qu’aux vacances de Noël.

Tir groupé entre 200 et 260 millions de dollars…

Comme en 2013, 13 films dépassent donc les 200 millions de dollars aux États-Unis, mais de façon plus ramassée, puisque dix d’entre eux se tiennent en 60 millions de dollars. Des succès, donc, mais pas forcément de gros cartons pour des films attendus dont certains n’ont même pas franchi la barre des 200 millions de dollars (on pense, notamment, à Dragons 2 et ses 177M$).

À l’heure où je publie ce bilan US 2014, je ne sais toujours pas quel sera le vainqueur de l’année. La faute au phénomène American Sniper, dernier long-métrage du vétéran Clint Eastwood. En trois week-end le film dépasse déjà les 250 millions de dollars et devrait, à coup sûr, se défaire des 300M$. Ira-t-il plus haut que les 335M$ de Hunger Game ? A priori, oui. Avec, en ligne de mire, les 370M$ de la Passion du Christ, plus gros succès R rated aux États-Unis (les mineurs de moins de 17 ans doivent être accompagnés d’un adulte). Les paris sont ouverts…

malefique_affiche_05Actuellement deuxième, Les Gardiens de la Galaxie, vainqueur de la saison estivale avec 333M$, et devant des blockbusters tels que Transformers : l’âge de l’extinction (245M$), X-Men : Days of future Past (233M$) ou encore The Amazing Spider-man : le destin d’un héros (202M$), demeure indiscutablement le succès surprise de l’année. Attention tout de même. Il s’agit d’un film estampillé Marvel ayant coûté la bagatelle de 170M$. Son approche fun, son ton très coloré et sa décontraction assumée ont su séduire un public nombreux néanmoins peu attiré par l’originalité ou la nouveauté. La suite du Captain America (259M$) et de la planète des singes (208M$), le remake de Godzilla (200M$) ou la nouvelle adaptation d’un conte « made in Disney » – Maléfique et ses 241M$ – nous confirme malheureusement cette tendance…

Des 13 films à plus de 200 millions de dollars, saluons également l’incroyable succès du film d’animation Lego, aussi drôle que bien foutu. Avec 257M$, le film, 12ème plus gros succès hors inflation pour un film d’animation 3D, finira à la cinquième place de l’année juste devant le troisième opus du Hobbit (252M$). En parlant d’animation, comment ne pas mentionner le quatrième succès de suite des studios Disney avec la première histoire de super-héros de la firme aux grandes oreilles, Big Hero 6 (Les nouveaux héros sortent chez nous le 11 février prochain). Avec 218M$ sur le sol américain, le studio a désormais l’assurance d’avoir retrouvé un public en demande de productions de qualité ne manquant pas d’un certain allant à défaut de véritable créativité (le succès planétaire de la Reine des neiges me laisse tout de même sans voix…).

Gone Girl épate, Tom Cruise déçoit…

La suite du classement étonne peu, ne rassure pas non plus et ne place, pour ainsi dire, aucun « petit » film produit pour quelques millions de dollars, si nous mettons de côté l’atypique American Sniper. Où sont, en effet, les Juno, Les dossiers Warren, Le Discours d’un Roi, Black Swan, American Bluff ou encore Happiness therapy? C’est simple, en 2014, et au-delà du film d’Eastwood, seuls Gone Girl de David Fincher et Invincible d’Angelina Jolie (113M$ pour ce film qui sent bon les oscars…)  pourraient faire figure d’œuvre à part entière. Surtout pour le Fincher, thriller diabolique qui a su capter l’attention des spectateurs avec 167M$. Interstellar, de Christopher Nolan, aurait ici toute sa place, mais son budget pharaonique, comme son casting, le rapproche plus des blockbusters dans leur forme promotionnelle même si la qualité du film n’est pas remise en cause. Celui-ci, sans atteindre les scores d’Inception, n’a pas raté sa sortie avec plus de 186M$ récoltés sur le sol américain. D’autres « petits » films ont su tracer un chemin, plus discret, mais néanmoins populaire. Le lacrymal Nos étoiles contraires (124M$), le spirituel Heaven is for real (91M$ pour un budget de 12M$), le guerrier Fury avec Brad Pitt (84M$), l’horrifique Annabelle (84M$), le « Weistein » Imitation Game (68M$) et le Grand « Wes Anderson » Budapest Hotel (59M$, soit son plus gros succès à ce jour, amplement mérité qui plus est).

go,e girlQue dire du dernier Tom Cruise ? Qu’il aura réussi, malgré son démarrage très médiocre, à franchir in extremis la barre des 100 millions de dollars. Edge of Tomorrow sauve les meubles sans forcément amortir ses 178M$. L’international rattrape le plantage US mais de justesse. À plus de 50 ans, Cruise devrait se mettre à jouer dans des films plus en accord avec sa réalité biologique. Mais bon, tout le monde ne s’appelle pas Tom Cruise, n’est-ce pas les bad guys Expendables. Ce troisième opus, celui de trop, est une catastrophe ciné qui ne s’est pas relevée au box-office avec 39 petits millions de dollars pour la bande à Stallone. Allez ! Denzel Washington (60 ans) et Liam Neeson (62 ans) ont vengé nos mercenaires sexagénaires avec Equalizer (101M$) et Non-Stop (92M$).

Et le reste dans tout ça…

Tout d’abord, parlons du Noé d’Aronofsky. Sa relecture très, trop hollywoodienne, de l’épisode du déluge, a déplu. Au point qu’avec 101M$, il fait moins bien que les 106M$ de la bouillie infecte qu’est 300 : La naissance d’un Empire. Mais il fait mieux que la vision « Scotienne » de l’un des plus gros « plantage » de l’année 2014, Exodus (64M$ pour un budget de 140M$). Pour le reste, donc, pas ou peu de surprise, hélas.

Il y eut des films d’animation plus ou moins réussis mais sans éclats au box-office. Outre un Dragons 2 décevant, Rio 2 s’en est bien tiré avec 131M$. Ce qui est déjà moins le cas avec Mr. Peabody & Sherman (111M$). Que dire, alors, du spin-off des Pingouins de Madagascar, ratage à 81M$ là où Le Chat Potté en faisait 149M$ (Produit par Dreamworks, le studio a décidé de ralentir le rythme de production afin de s’engager vers plus de qualité. Plutôt une bonne idée).

Il y eut également des grosses comédies plus ou moins supportables au ratio coût-rentabilité en béton. Démonstration :

–          22 Jump Street : 191M$ de recettes / 50M$ de budget

–          Nos pires voisins : 150M$ de recettes / 18M$ de budget

–          Mise à l’épreuve : 135M$ de recettes / 25M$ de budget

–          Dumb & Dumber De : 86M$ de recettes / 40M$ de budget

–          Tammy : 84 M$ de recettes / 20 M$ de budget

–          Cops – Les forces du désordre : 82M$ de recettes / 17M$ de budget.

Tout est dit, non ? Sauf pour un film. Et pas n’importe lequel. L’épisode 3 de la Nuit au musée n’a rapporté que 110M$ pour un budget de 127M$. L’international le sauve (200M$) mais il aurait été bienvenu que l’immense Robin Williams signe sa dernière apparition dans un bon film adoubé par le public.

Il y eut, enfin, les fictions pour ado plus ou moins lénifiantes. En dehors de Hunger Games citons le retour des Tortues Ninjas, film aberrant de stupidité pourtant proche des 200M$ (191M$). Divergente, la nouvelle franchise futuriste dystopique pour ado a rempli son contrat (150M$), tout comme le surprenant Labyrinthe, succès surprise US à 100 millions de dollars.

ryaninitiativeFinissons par quelques échecs cuisants. Si Into the woods n’en fait pas partie (124M$), tout comme le Lucy de Besson (126M$, troisième plus gros succès français aux USA derrière les deux premiers Taken), The Monuments Men (Le Clooney un brin raté à 78M$), Hercules (le film est hilarant de bêtise pour un cumul à 72M$), Robocop (un petit 58M$, mais heureusement que Michael Keaton semble se tourner vers des films plus intelligents comme le Birdman d’Iñarritu), Comment tuer son boss 2 (l’humour niais bloqué au stade anal. 54M$ quand même…) ou Ryan Initiative (version Branagh avec le capitaine Kirk au commande. 50M$. Retour raté) composent les beaux ratages de l’année 2014.

Geoffroy Blondeau

Rattrapage. The Expendables 3: Stallone au pays des merveilles…

Rattrapage. The Expendables 3: Stallone au pays des merveilles…

Expendables-3-Cast-BannerLes vieux baroudeurs sont désormais bien fatigués. À tel point que l’on se demande vraiment si la mise en chantier de ce troisième opus en valait la peine. Non pas que cet épisode, réalisé par l’australien Patrick Hughes, soit foncièrement raté ou, à titre de comparaison, plus mauvais que les deux premiers longs-métrages de la trilogie. Ce qui lâche, ou qui fâche, ne vient pas de cette débauche pyrotechnique à l’ancienne portée par d’anciennes têtes d’affiche devenues bien trop nombreuses pour y être efficace cinématographiquement parlant, mais d’une perte rédhibitoire en crédibilité, l’âme de ces Expendables se noyant dans la complaisance d’un marketing choral pour un film visible par presque toute la famille (PG-13 oblige).

Car, il ne faut pas s’en cacher, le concept old school d’une bande de bad guys tout droit sortie des années 80-90 s’auto-parodiant dans un délire lui-même auto référentiel (fallait y penser), ne pouvait supporter plus longtemps les raisons d’un premier film sincère, convaincant, d’une star (Stallone) en pleine rédemption cinématographique avec Rocky Balboa (2006) et John Rambo (2008). À ce titre, suivre les aventures « anachroniques » de ces joyeux lascars dans un monde dominé par le 2.0, les CGI et les super-héros en costumes avait – nous insistons sur le avait – quelque chose de fascinant. L’intérêt d’une telle entreprise, au-delà des figures de Stallone, Statham, Jet Li ou encore JCVD, aussi. Mais pourquoi, diable, avoir affublé à ce troisième opus une idée, source de contresens, à l’existence même des Expendables en osant perturber le bon fonctionnement de cette alchimie entre l’action proposée et la nostalgie incarnée par ceux qui la commettent?

Renouveler, le temps de quelques bobines, l’équipe souche par une bande de jeunes loups très (trop ?) vite dépasser par les événements, n’a, ici, aucun intérêt, si ce n’est celui d’un mauvais prétexte scénaristique pour nous rappeler que les vrais Expendables sont forcément rouillés, usés, rafistolés, remplis de cette épaisseur du temps qui vous marque mais n’altère pas nécessairement vos aptitudes guerrières. Oui, ces gars-là sont issus d’une époque passée, même si pas si lointaine. L’entorse s’insinue maladroitement, casse le rythme, n’apporte rien à l’imagerie du film de Stallone et, pire que tout, le tire vers un spectacle jamais badass. Les papys maternent à coups de vieilles blagues, flinguent à tout va, certes, mais se laissent happer par l’inconsistance d’un projet qui n’arrive plus à générer la sincérité crépusculaire du premier opus.

Bouffé à la fois par sa vitrine « à stars » qui, au mieux, cabotinent (il faut voir le numéro affolant d’Antonio Banderas dont on se demande ce qu’il fout là) et, au pire, font de la figuration (Schwarzy, en dix plans, prononce trois phrases et fume le cigare pour avoir l’air…), il ne reste que Mel Gibson pour plonger le film vers les abysses attendus. Le paria d’Hollywood s’en donne à cœur joie et insuffle au film un vent de folie, yeux exorbités, voix rauque en diable. Pour le coup, lui, est raccord.

 Geoffroy Blondeau

Note: 1,5/5

The Expendables 3. Un film de Patrick Hughes. En salles depuis le 20 août 2014.

Durée. 2h05

Du plomb dans la tête: laisse béton Sly…

Du plomb dans la tête: laisse béton Sly…

Il faut toujours se méfier des (re)chutes. Surtout à 66 ans. Le choix de Stallone, en acceptant de tourner sous la houlette de Walter Hill, vieux briscard responsable de quelques polars musclés des années 80 (48 heures, les Rues de feu, Double détente…), n’a rien d’original, ni de très risqué. Après son come-back réussi avec des films comme Rocky Balboa (2006), Rambo 4 (2008) et, dans une moindre mesure, les deux épisodes d’Expendables (2010, 2012), on se demande pourquoi il a accepté un tel rôle dans un polar dont le registre est usé jusqu’à la corde.

Avec du Plomb dans la tête nous sommes très loin de la réactualisation iconique opérée par Stallone sur ses personnages.  L’identification, même old-school (on pense aux Expendables), n’opère jamais dans ce polar mollasson, arc-bouté sur un jeu de caricatures éculées préférant la posture à la rupture. L’imposture, quant à elle, s’impose à mesure que le film accumule tous les poncifs du genre.

Mais là n’est pas l’essentiel puisque Walter Hill répond à son cahier des charges, règlements de compte à l’appui. Ce qui fâche, et désespère, c’est l’inamovibilité d’un Stallone encore prompt à nous pondre l’archétype de l’antihéros made in 80 ‘s, justicier solitaire au grand cœur. Pour information, le Cobra de George P. Cosmatos, est sorti en 1986.

Si vous voulez voir le dernier Stallone sachez qu’il y aura des combats à mains nus, un sein dévoilé pour la bonne cause, des flics corrompus, un duo atypique qui ne fonctionne jamais, de la pyrotechnie, Christian Slater en guest star ultime, et Stallone, le vrai, celui au regard de chien battu, au physique affûté, marchant au ralenti pour mieux sortir ses mécaniques. Le tout emballé dans un faux rythme pesant proche du mauvais téléfilm friqué.

Un direct to vidéo s’imposait. Les derniers succès de mister Stallone en ont voulu autrement. Vous êtes prévenus.

Geoffroy Blondeau

Note: 0/5

Du plomb dans la tête. Un film de Walter Hill. Sortie le 27 février 2013

Durée: 1h31

Expendables 2: les héros ne meurent jamais…

Expendables 2: les héros ne meurent jamais…

 

Oyez, oyez braves spectateurs – masculins de préférence – pour qui l’été 2012 manquait cruellement de testostérone comme de gros bras musclés aux vilains tatouages, les bad guys de l’équipe des Expendables sont de retour dans la chaleur d’un opus bis bien décidé à vous en mettre plein les mirettes. Car la recette est la même, sans aucune variation. Si ce n’est d’appuyer un peu plus sur l’accélérateur du film bourrin à souhait, sorte d’apothéose indépassable de l’ « actioner » made in 80s. Pour tous ceux qui trépignaient d’impatience à l’idée de retrouver Stallone, Statham, Li, Lundgren, Couture, Crews et les guests Willis et Schwarzenegger, n’ayez crainte, ils vont vous donner du plaisir coupable, entre bons mots et « dégommage » de méchants dans les règles de l’art estampillé série B. Mais une telle suite ne serait rien sans un petit plus marketing. La présence de Chuck Norris et de Jean-Claude Van Damme nous l’apporte comme sur un plateau, ressort scénaristique à l’appui, puisque notre karatéka belge endosse pour l’occasion le rôle du méchant de service.

Expendables 2, réalisé par Simon West et non Stallone (il a préféré retrouver ses petits copains comme simple acteur), envoie du lourd dans un joyeux bordel autoréférentiel, limite parodique, pour mieux se moquer d’un scénario d’une pauvreté abyssale. L’engagement scénaristique ne s’embarrasse d’aucune pudeur pourvu que le moteur de l’action, la vengeance dans ce cas précis, parvienne à stimuler l’implication héroïque de notre troupe de vieux briscards spécialistes des missions commando. Mais l’action qui s’y déploie est en retrait vis-à-vis du premier opus un peu comme si l’âge de nos chers mercenaires les aurait enfin rattrapés. La frustration pointe alors le bout de son nez sans crier gare malgré une introduction en mode destruction massive de PlayStation. Si le climax ne déçoit pas, l’affrontement final si. D’ailleurs il revendique à lui seul ce qu’est le film : une réunion de stars sur le déclin, icônes remarquables d’un cinéma lui aussi sur le déclin – s’il n’est pas déjà mort – et dont Stallone en est la figure de proue.

Chacune des stars en question sera servie au détriment de la logique interne du film qui devient, par la même occasion, une vitrine à héros. De là, aussi, le sentiment d’assister au chant du cygne d’un film choral à la structure bordélique car je-m’en-foutiste, moins carré que le premier, moins bien filmé, comme si l’implication de Sly dans l’hommage rendu aux « actioners » des années 80 avait de toute façon déjà été réalisée en 2010. L’engagement est autre. Du côté des gueules, des physiques marqués par l’épreuve du temps, comme figés dans l’ère d’un Reaganisme ringard assumé jusque dans son rapport iconique par l’inénarrable Chuck Norris. Mais le second degré n’est pas totalement absent, au contraire, comme le prouve l’intervention d’un Schwarzenegger prompt à piquer la plus belle réplique de John McLane/ Bruce Willis. Tout n’est donc pas à jeter pourvu que l’on comprenne les intentions forcément roublardes d’un Stallone s’amusant comme un petit fou avec sa brochette de copains.

Et Stallone dans tout cela ? Il sait qu’il n’est pas immortel. Du moins physiquement. Alors il en profite, joue des postures, en abuse, se crée le beau rôle en pourvoyeur d’icônes toujours debout malgré l’adversité. Il se moque de la mort en quelque sorte. Et de son film qui n’est pas très bon. Mais là n’est pas l’essentiel puisqu’il aura réussi son pari fou contre ses contempteurs historiques sur la foi d’un film indigent dont la vaillance obsolète aura su rencontrer le public. Le roi est mort, vive le roi !

Geoffroy Blondeau

Note 2/5

Expendables 2. Un film de Simon West. Sortie le 22 août 2012.

Durée. 1h42

Qui es-tu Jean-Claude?

Qui es-tu Jean-Claude?

Film de la dernière chance, cette rédemption cinématographique amorcée dans JCVD prouve le courage d’un acteur si souvent raillé, utilisé, dénigré. Totalement responsable de ses propos incohérents et pour la plupart ineptes, Van Damme demeure un personnage terriblement attachant dans son combat contre lui-même. En effet, JCVD le film permet à JCVD l’acteur de retrouver une certaine crédibilité ou du moins l’extirper du marasme dans lequel il s’était enfermé, croyait-on, définitivement. Comme nous le prouve ses dernières prestations promotionnelles, le nouveau Jean-Claude est arrivé et il n’a pas dit son dernier mot.

Tout en contrôle, heureux d’être là pour « vendre » enfin une prestation de qualité, la fiction se dissocie de la réalité et le Van Damme « aware » est mis sous la tutelle d’un Van Varenberg (son vrai nom) concentré et serein. Fini les élucubrations incompréhensibles, les envolées surréalistes et les regards un peu vides. Le temps des « conneries » est derrière lui et les déclarations du type « 1+1=11 » bien révolues. Tant mieux. Pour autant, il ne faudrait pas oublier ce que représente Jean-Claude Van Damme pour des millions de fans. Icône quasi indéboulonnable du cinéma de « fight » des années 80, Van Damme fut une alternative aux héros invincibles adeptes de destructions massives. Symbole jouissif des coups de tatanes dans la gueule et du grand écart légendaire, son physique de beau gosse un peu naïf et vulnérable dénote considérablement des productions calibrées à la testostérone façon M16. Lorsque Bloosport sort sur les écrans (1987) le succès est immédiat. Sa plastique parfaite et sa photogénie naturelle (à défaut d’être un acteur de talent) font la différence. Du jour au lendemain il est propulsé au firmament des stars et se voit déjà en haut de l’affiche. A 27 ans, il peut nourrir légitimement ses rêves de gloire, d’autant plus qu’on le compare déjà à Stallone, Schwarzenegger ou Willis. Croulant sous les projets, n’hésitant pas à se remettre en question, le milieu aura raison des faiblesses de l’acteur. Sexe, alcool, drogue…tout y passe, son discernement avec. « Aux states, on me proposait de la drogue du matin au soir. » Cette « défonce journalière » a des effets surprenants sur son comportement et provoque des ratés mémorables. La période «aware » commence.

Baisse de fréquentation en salles, films produits uniquement pour le « direct to vidéo », Van Damme perd pied et se laisse submerger par son double s’exprimant dans une langue improbable, mixte étrange et inutile d’anglais et de français. Dans l’excès, la surdémonstration et le besoin d’exister à tout prix, Van Damme désacralise malgré lui le mythe qu’il aura mis tant d’années à façonner. Risée d’émissions médiocres en manque d’audimat, il n’est plus ce héros au grand cœur mais un clown triste de la petite lucarne. A la fin des années 90, il enchaîne de très bons films de série B, renonce à la drogue, se remarie et retourne s’entraîner à la « salle de sport ». Bien plus discret en ce début de nouveau millénaire, personne ne semble l’avoir oublié. Les fans, les moqueurs de la première heure, les spectateurs ou téléspectateurs, tout le monde connaît Van Damme et son parcours, sa « schizo » temporaire, ses déclarations et son coup de pied légendaire.

Pourtant JCVD est un échec populaire. Sa mise à nue courageuse n’a pas été récompensée. Son jeu posé et profond non plus. Quelle constatation en tirer ? Qu’il est difficile de nos jours de casser une image qui vous colle à la peau. De fait, il a refusé de jouer dans le dernier film de Stallone, The Expendables. Logique. Mais vu le succès de celui-ci et la piètre qualité de Eagle Path ou encore d’Universal Soldier: Regeneration (sortie en DVD et Blu-ray le 4 mai 2010) on se dit que la logique dans cette affaire… Bon, Jean-Claude a désormais 50 ans et quelques projets en attente dont un film avec Russell Mulcahy (Highlander) et une participation espérée dans la suite du film de Stallone. Wait and see comme on dit…