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Rattrapage : Crimsom Peak: Demeure gothique…

Rattrapage : Crimsom Peak: Demeure gothique…

crimson-peak-chastainCarpenter profitant de sa semi retraite, Romero essayant vainement de trouver un second souffle et Raimi étant un peu trop happé par la machinerie hollywoodienne, il est de notoriété publique qu’aujourd’hui les plus grands artisans du fantastique populaire tel qu’on l’aime se résument en deux noms : Peter Jackson et Guillermo Del Toro. D’autant plus que ces derniers bénéficient de moyens à la (dé) mesure de leur imaginaire.

Après de multiples déboires, la non réalisation du Hobbit, l’échec de l’adaptation fantasmatique des Montagnes hallucinées de Lovecraft, Del Toro nous revient en très grande forme avec un conte gothique tout droit hérité de la Hammer. Et nous rappelle à quel point le mexicain est un esthète doublé d’un formaliste dont l’image n’est là que pour appuyer sa soif de créativité.

Crimson Peak donc. Une romance tragique, une décadence victorienne, une banale histoire de fantômes sublimée par des décors d’une beauté digne d’un Visconti. Si, initialement, voir Del Toro s’attaquer aux films de maison hantée laissait présager d’un grand huit étourdissant, avec moult frayeurs, Crimson Peak préfère les doux relents de l’atmosphère gothique, dont la mise en scène s’attachera à en dévoiler les innombrables détails.

Il est difficile de créer de nos jours un film de maison hanté totalement innovant et novateur. C’est pourquoi Del Toro ne s’affranchit jamais de ses ainés, bien au contraire il rend à chaque instant un hommage bouleversant à toutes les Maison Usher, Maison du diable, les films de Bava, ceux avec Christopher Lee et Peter Cushing. Comme un abécédaire il récite toutes ses leçons sans pour autant oublier d’y insérer ses obsessions : de Cronos au Labyrinthe de Pan tout son cinéma se retrouve dans Crimson Peak. Et que dire de la fameuse maison, personnage à part entière, vibrante, suffocante, impériale dans sa décrépitude dominant les vastes landes l’entourant, angoissante à travers ses salles de bains et autres chambres fleurant bon les traumas du passé. Nul doute que Del Toro atteint la perfection dans la minutie de sa reconstitution, chaque objet transpirant d’une attention maniaque, la mise en scène ajoutant un degré d’immersion qui nous promène tels des pantins dans chaque recoin de la demeure.

Évidemment on pourrait regretter que ce terrain là est bien connu et a été déjà maintes fois abordé. Le cinéma italien, anglais, américain ont tous, à leur manière, décrits les turpitudes d’individus coincés dans une demeure infernale où, selon le style et l’époque, la dominante s’axait sur les décors, la photo et le travail du clair obscur. Mais bouder Crimson Peak pour cette raison consisterait à passer à côté de son gothisme échevelé et de ce doux sentiment de se promener dans une propriété privée où tout nous semble à la fois familier et merveilleux. Del Toro en possède les clés, alors n’hésitez pas à les lui demander.

Denis Baron

Note 4 / 5

Crimsom Peak. Un film de Guillermo Del Toro. En salles depuis le 14 octobre 2015.

Durée 1h59

Le Hobbit : La bataille des cinq armées : Jackson clôt son aventure…

Le Hobbit : La bataille des cinq armées : Jackson clôt son aventure…

hobbit_3_horizontal_teaserPremier film au cinéma depuis le 06 septembre. Ça fait du bien. D’où l’idée, peut-être saugrenue, d’être allé voir le dernier chapitre du Hobbit. Dépaysement assuré. Le but recherché est atteint. Mais est-ce pour autant une conclusion réussie ?

Je ne vais pas ergoter autour d’un film généreux qui n’est pas tout à fait à la hauteur de l’attente, ni des deux premiers épisodes de la saga. En somme, la déception domine. De peu, il faut être honnête. Mais quand même. Loin d’être mauvais, cette bataille des 5 armées fonctionne à bloc dans ce qui reste d’histoire à Peter Jackson. C’est-à-dire pas grand-chose. Alors, le célèbre barbu à lunettes brode, rallonge à loisir des scènes de bataille pour favoriser, dans un deuxième temps, des corps à corps de hautes volées entre nains, orques, elfes et humains. Et pour quoi au juste ? Pour clore, dans la frénésie de rebondissements guerriers plus ou moins tragiques, l’aventure « simple » d’un trésor et d’un dragon sous la montagne.

La scène d’ouverture du film où Smaug, le revanchard, s’en prend à Lac-ville est suffisamment impressionnante pour nous replonger immédiatement dans la fureur d’une Terre du Milieu pourtant circonscrite à un décor quasi unique (la Montagne Solitaire).  L’effet porte même si celui-ci est assez éloigné du ton, plus léger, de l’histoire inventée par Tolkien. Rien ne change vraiment depuis la Désolation de Smaug et on ne sait plus trop où veut en venir le cinéaste, coincé par le lien qu’il opère entre ce Hobbit et le Seigneur des anneaux. Sa narration est noyée dans les combats (certes splendides) pour en oublier – presque –  la raison de la présence de Bilbon, hobbit courageux ayant pris part à cette aventure. Seul compte la menace, même diffuse, d’un Sauron, anticipant avec maladresse les événements futurs contés 60 ans plus tard.

Reste une première heure plutôt maitrisée, immersive, voyant Thorin succomber petit à petit à la folie de l’or sous la montagne. Idem pour les vingt dernières minutes d’un long-métrage idéalement moins emphatique que le Retour du Roi. Si celles-ci restent sobres, elles ne peuvent sauver complètement une aventure merveilleuse submergée par la grandiloquence des postures, déshumanisant de fait le périple de cette compagnie improvisée de treize nains et d’un hobbit.

L’amour de Peter Jackson envers l’univers de Tolkien n’est pas contestable. Ni les qualités de mise en scène d’une saga inventive à plus d’un titre. J’aurai, de toute évidence, préféré tisser à ma façon le lien entre les deux trilogies en me basant sur le récit cinématographique ô combien réjouissant d’un hobbit malin, au grand cœur, effectuant un aller-retour plus divertissant que vraiment tragique. Le dernier plan, magnifique, nous le rappelle pourtant avec talent.

Geoffroy Blondeau

Note: 2,5/5

Le Hobbit: La bataille des cinq armées. En salles depuis le 10 décembre

The Hunger Games, le hit de l’année 2013…

The Hunger Games, le hit de l’année 2013…

hunger gamesIl aura fallu attendre 2014 pour connaître le champion du Box-office US 2013. En pole position depuis le mois de mai, Iron-Man 3 va très certainement être dépassé par la suite de The Hunger Games. Avec un prochain week-end estimé à 6M$ pour un total cumulé de 406 millions de dollars, je vois mal le film de Francis Lawrence finir sa belle carrière en deçà des 409M$ accumulés par notre justicier en armure.

Si le vainqueur post période estivale est assurément Catching Fire, le grand gagnant de Noël se nomme Frozen. Le dernier Disney affole les compteurs, pulvérise tous les pronostics et est assuré de finir sa carrière au-delà des 300 millions de dollars. Shrek 3 est plus que jamais dans le viseur… Après Raiponce et Les Mondes de Ralph, le studio fait mieux que de se relancer. Il est en passe de reprendre sa place de leader dans le monde devenu si concurrentiel de l’animation.

Et Le Hobbit: la désolation de Smaug dans tout cela? Le film de Peter Jackson sauve les meubles puisqu’il vient de dépasser les 200 millions de dollars. Il file vers les 250M$ pour un résultat final compris entre 255 et 265M$. Pas si mal si l’on tient compte d’un premier opus qui avait déçu une bonne partie du public. De toute façon le film réalise des scores remarquables à l’international. Le film devrait de nouveau dépasser les 600M$ avec les marchés chinois et japonais. Le milliard monde n’est pas atteint pour autant. Il faudrait que notre Bilbon atteigne 740-750 millions de dollars hors E.U pour qu’il garde une petite chance.

Je termine ce post par un nouveau record. Jamais la période automne-hiver n’avait placé 4 films au-delà des 200 millions de dollars. Et bien c’est maintenant chose faite avec the Hunger Games (393M$), Frozen (263M$), Thor: Le monde des ténèbres (202M$) et La désolation de Smaug (201M$).

BO au 31/12/2013

The Hunger Games: Catching fire : 393M$ pour un final à 415-420M$

Frozen : 263M$ pour un final à 330-340M$

The Hobbit: La désolation de Smaug : 201M$ pour un final à 255-265M$

Thor: Le monde des ténèbres : 202M$ pour un final à 203-204M$

Geoffroy Blondeau

Le Hobbit: La désolation de Smaug: un démarrage en retrait pas si mauvais que cela…

Le Hobbit: La désolation de Smaug: un démarrage en retrait pas si mauvais que cela…

Le-Hobbit-La-Desolation-de-Smaug-Affiche-06Les résultats du week-end de sortie de La désolation de Smaug confirment les premiers chiffres des séances du jeudi minuit. Il démarre moins bien aux States qu’Un voyage inattendu avec un total estimé de 73,6M$. Le deuxième volet des aventures de Bilbon subit donc une baisse de 13 %. Celle-ci, loin d’être surprenante, trouve son explication sur la semi-déception d’un premier opus fraîchement accueilli par la presse et une partie du public. Le climat, également, avec des tempêtes de neige s’abattant sur la côte Est des États-Unis, n’a pas joué en faveur du Hobbit.

Si la horde de fans a répondu présent, la baisse était presque inévitable. Pour autant, rien ne dit que le film – de meilleure facture –, ne peut pas tenir sur la distance pour aller taquiner les 300M$. Néanmoins, si le film suit la même trajectoire qu’un Voyage inattendu, il devrait terminer sa carrière entre 260 et 270M$. Ce qui serait très honorable (un succès même) et laisserait toutes les chances au troisième opus pour aller « scorer » bien plus haut.

À l’international, le film de Peter Jackson a débuté dans 49 pays pour un total de 131,2M$. Soit le même résultat que le premier opus à quelques millions près. Notons que le film n’est pas encore sorti en Russie, en Australie, au Japon et en Chine. Son potentiel semble identique avec en ligne de mire le milliard de dollars. Ce qui permettrait à la franchise de placer pas moins de trois films au-delà de cette marque symbolique. Un record bien évidemment.

Démarrage US: 73,6M$

Pronostic: 285M$

Démarrage International: 131,2M$

Pronostic: 650-700M$

Geoffroy Blondeau

Le Hobbit: La désolation de Smaug: Dragon sauve qui peut…

Le Hobbit: La désolation de Smaug: Dragon sauve qui peut…

Le-Hobbit-La-Desolation-de-Smaug-Affiche-Finale-YSAOn ne s’était pas trompé. Peter Jackson, en développant aux forceps une nouvelle trilogie pour son Hobbit, est allé au-delà de la simple adaptation littérale du roman de J.R.R. Tolkien. En fait, il signe une véritable préquelle au sens diégétique du terme, puisque constamment rattachée aux événements présents comme futurs, ceux-là même qui ont été narrés par la caméra du réalisateur dix ans plus tôt dans le Seigneur des Anneaux. Peter Jackson aurait pu – ou dû – se contenter de mettre en images le récit – plus court, plus resserré, plus enfantin – du Hobbit dans sa propre vérité narrative, obligeant ainsi le spectateur à faire le pont entre les deux œuvres.

En écartant cette possibilité, le metteur en scène néo-zélandais s’est un peu compliqué la tâche en prenant le risque de produire quelques excès, promesses lourdes à porter, cohérence difficilement tenable. Le lien se transforme alors en héritage, véritable fardeau de mémoire impossible à contrebalancer malgré le talent d’une mise en scène aussi inventive que généreuse. Sur ce point, le père Jackson a retrouvé sa fougue. Et cela fait plaisir à voir, peu importe les grincheux.

Ainsi la quête se poursuit sans faille, dans la même veine qu’un Voyage inattendu. Si la filiation est assurée, la quête, aussi noble soit-elle, souffre terriblement de l’ombre tutélaire des aventures d’une communauté déterminée à détruire l’anneau unique. La désolation de Smaug s’efforce d’assurer cette descendance plutôt qu’à vivre pleinement de ses péripéties. La mécanique trop bien huilée laisse apparaître une insuffisance dans l’humanisation des personnages, un peu comme s’ils étaient « bouffés » par l’importance d’un enjeu à géométrie variable, oscillant entre le retour chez soi (quête des nains) et l’avenir de la Terre du Milieu.

C’est à partir de là que découle l’aspect dual d’un récit coincé aussi bien dans son désir de raconter au plus juste les événements du Hobbit pour ce qu’ils sont, que d’en faire le terreau propice d’un monde en danger puisque déjà en proie aux forces du mal. Si l’une et l’autre approche nous paraissent justes (comme justifiées), leur imbrication amoindrie la force symbolique de l’œuvre. L’histoire prend le pas sur l’affirmation d’identités singulières. Les personnages ont du mal à exister, tout simplement. Ils deviennent des pantins en mode automatique, chacun devant réaliser ce à quoi leur statut les oblige. Ainsi, la découverte du courage par Bilbon est retranscrite de l’extérieur, par réaction, dans le flot infernal de situations dangereuses. Contrairement à Frodon dans la première trilogie, les moments de bravoure supplantent toute réflexion sur la psychologie d’un être face à son destin. Les tentations, la perte de contrôle et la peur de devenir un autre sont, hélas, brouillés par une surenchère visuelle définitivement castratrice.la-desolation-de-smaug-premiere-620x0-1

Heureusement que tout s’accélère. Le trop empêche le manque de nous montrer son visage. Un peu comme dans un grand huit aux multiples virages qui jamais ne s’arrête. L’action, explosive, est sans temps mort, refuse le surplace, livre quelques scènes d’anthologie à l’inventivité folle (la descente de rapides en tonneaux, l’attaque des araignées géantes, la colère de Smaug…). Ainsi l’enchaînement des décors devient le maître mot d’un récit qui ne s’appesantit jamais sur les lieux traversés. Il faut avancer, coûte que coûte, jusque dans l’antre du dragon, dernier niveau d’un film plus proche dans sa construction scénaristique d’un jeu vidéo – de qualité, néanmoins – que d’une histoire avec autant d’enjeux.

La quête, répétons-le, est mue par cette dynamique généreuse que doit être le grand spectacle ouvert à tous les publics. Et Peter Jackson sait filmer l’emphase d’un monde de pur héroic fantasy comme personne en distillant ça et là une urgence à peine dévoilée, des pointes de mystère, des pares d’ombre. L’émerveillement, même pompeux – pompier ? –, cogne la rétine. La substance inoculée fera son effet mais ne durera pas puisque la puissance d’évocation fait défaut. Sauf pour une séquence et un personnage. Smaug, le dragon cupide. Criant de réalisme, il incarne à la perfection le cinéma de Jackson, celui qui, jadis, fit la gloire de son auteur. Vorace, perfide, incarnant le mal absolu, il est la tentation, l’égoïsme personnifié, rongé par sa propre cupidité. Là où Peter Jackson a en partie échoué avec Bilbon et les nains (mettons Thorin de côté, le personnage évoluant significativement vers plus de complexité), il le valide avec Smaug.

Et d’un coup d’un seul Jackson ressuscite l’intérêt pour cette histoire d’or dans la montagne, de nécromancien, d’anneau, de nains et d’un Hobbit facétieux au courage véritable.

Geoffroy Blondeau

Note: 3/5

Le Hobbit: La désolation de Smaug. Un film de Peter Jackson. En salles le 11 décembre 2013

Durée. 2h41

Le Hobbit devient le 4ème film milliardaire en 2012…

Le Hobbit devient le 4ème film milliardaire en 2012…

Le-Hobbit-Le-Voyage-Inattendu-Affiche-Comic-ConDepuis la sortie du Hobbit, un voyage inattendu en Chine (37M$ en 10 jours), le film de Peter Jackson a franchi le week-end dernier la barre du milliard de dollars dans le monde. Il rejoint, ainsi donc, The Avengers (1,51M$), Skyfall (1,1M$) et The Dark Knight Rises (1,08M$) pour devenir le quatrième film de l’année 2012 et le quinzième historique à dépasser ce score (hors inflation).

Avec une hausse constante du prix des places un peu partout dans le monde, la 3D et l’émergence des pays d’Asie, dont la Chine, les futures grosses productions Hollywoodiennes risquent d’aller taquiner bien plus souvent le milliard de dollars monde.

Je tiens à rajouter que depuis 2010, 9 films ont franchi cette barre. Soit 60% du total.

Le Hobbit en quelques chiffres:

USA: 301M$

International: 700M$

France: 4,5 millions d’entrées.

Geoffroy Blondeau

Hanna: elle nous touche le coeur

Hanna: elle nous touche le coeur

Hanna est un film carré qui tient son sujet de bout en bout. C’est bien foutu, il faut l’avouer. Pas étourdissant mais bien foutu. Ce qui est appréciable. Bien que délivrant une trame narrative classique en forme de course-poursuite, le film surprend par son rythme (malgré une sacrée baisse de régime vers le milieu du métrage), ses effets de caméra (un mixte étrange entre Cours Lola cours et Jason Bourne) et son parti-pris stylistique oscillant entre le thriller fantastique et l’actionner pur. D’où cette sensation, pas désagréable au demeurant, d’assister à un exercice de style au service de l’exercice de style. Ainsi la forme prend le dessus sur le fond, la matière sur l’abstraction, l’inéluctabilité des évènements sur la capacité à nous surprendre.

Si le terrain n’est pas miné, les rebondissements sont, quant à eux, un peu téléphonés. Idem pour le dénouement même si la boucle est bouclée de manière imparable. Hanna a donc les défauts de ses qualités. Le film n’arrive tout simplement pas à s’émanciper totalement de son histoire a priori très factuelle. Cette illusion ne dure pas puisque le long-métrage exerce une fascination toute particulière, fascination portée à merveille par la jeune comédienne Saoirse Ronan (la jeune fille assassinée dans Lovely Bones de Peter Jackson). Sa performance tient le haut du pavé, nous impressionne et place le long-métrage de Joe Wright (Orgueil et Préjugés, Reviens-moi) dans un espace de crédibilité salvateur. L’actrice irradie chaque centimètre de pellicule, performe à chaque plan pour camper ce personnage ultra physique de jeune fille élevée afin de devenir une tueuse implacable d’efficacité.

Autre point de satisfaction : la bande-son. Signée par les Chemical Brothers, celle-ci apporte un point d’encrage féroce au rythme déjà tendu d’une histoire de vengeance pourtant vue mille fois. Cette initiative artistique démontre le désir du cinéaste de dépoussiérer, sans en faire de trop, le film d’espionnage façon Salt. Filmé à l’européenne (Joe Wright est anglais), Hanna se veut abrupte, sec, immersif, humain. Afin d’obtenir un résultat un brin original, Joe Wright argumente par l’image en poursuivant le chemin tracé dès les premiers plans (pas de dialogues inutiles, un montage cut lisible, des effets d’ombre et de lumière maîtrisés, des plans séquences travaillés). Nous passerons volontiers sur les quelques égarements d’un film qui en surprendra plus d’un même si nous regrettons le traitement des seconds rôles par trop stéréotypés (Cate Blanchett et Eric Bana en tête).

Hanna n’est pas le thriller d’espionnage ultime. Il est juste intéressant, osé dans son traitement et réussi dans sa mise en perspective. Nous y croyons. Nous croyons en Hanna, nous nous attachons à elle, nous la supportons. A l’heure des blockbusters survitaminés aussi absurdes que stupides, il n’en faut parfois pas beaucoup plus.

Geoffroy Blondeau

Hanna. Un film de Joe Wright. Sortie le 6 juillet 2011

Durée 1h57. Avec Saoirse Ronan, Eric Bana et Cate Blanchett