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Étiquette : jurassic world

Ça terrorise l’Amérique…

Ça terrorise l’Amérique…

CaL’été 2017 fut morose. Presque catastrophique. En tout cas décevant. Fort de ce constat, le salut des grands studios n’est pas venu d’un énième blockbuster ultra marketé jusqu’à l’overdose, mais d’un film horrifique à 35M$. Certes, le personnage du dit film n’était pas inconnu du grand public et, surtout, n’a pas été laissé à l’abandon par son/ses studio(s) bien à l’œuvre lors d’une campagne promotionnelle intelligente et surfant sur le vide programmatique de la fin août (Warner Bros., New Line).

Ça, adapté du roman de Stephen King (il ne s’agit donc pas d’un remake mais bien d’une nouvelle adaptation), avait la voie libre pour cartonner lors de son premier week-end. Après la déconfiture d’un été poussif au box-office US, le week-end du Labor Day, qui sonne la fin de la récréation estivale (2-4 septembre), fut le pire depuis 17 ans. Et, bien évidemment, cela n’a pas raté ! Le film d’Andres Muschietti a pris les commandes pour signer un démarrage historique pour un film R-rated (interdit aux moins de 17 ans non accompagnés) sorti au mois de septembre. Avec 123 millions de dollars Ça enterre le précédent record du meilleur premier week-end pour un film d’horreur (Paranormal Activity 3 et ses 52 millions de dollars en 2011) et se rapproche de celui de Deadpool (132M$), recordman de cette catégorie.

Les 200 millions de dollars sur le sol US seront une évidence, les 250M$ une quasi-certitude et les 300M$ envisageables. Les critiques, plutôt bonnes, le buzz sur la toile et les réseaux sociaux, la pénurie de bons films et l’emprise populaire d’un personnage issu de la littérature de genre ont cristallisé l’attention autour d’un « produit » consommable pour l’effroi qu’il est censé assurer lors de la projection. Sans parler de raz-de-marée, il s’agit à coup sûr d’un énorme succès venant, en quelque sorte, valider la puissance d’attraction d’un cinéma de genre de plus en plus vaillant au box-office.

Après Guet Out (175M$), Split (138M$) et Annabelle 2 (100M$, toujours en exploitation), Ça bouleverse l’ordre des choses pour ressusciter l’engouement d’un public venu en masse confronter ses propres peurs devant un divertissement horrifique surnaturel déclinant la figure protéiforme du monstre.

Get_OutS’il est inutile de revenir sur les nombreux échecs estivaux (Transformers, La Momie, Alien : Covenant, Baywatch, La Tour Sombre, Valerian, King Arthur) et autres amères déceptions (Pirates des Caraïbes, Cars 3, La planète des Singes), je voulais signaler que le troisième et très médiocre épisode de Moi, moche et méchant venait de dépasser le milliard de dollars dans le monde. Même malade, la bête n’est pas morte. Et il ne faut pas croire qu’elle se laissera crever comme ça. Lorsque l’on voit les succès incroyables des Jurassic World, Avengers et autres Star Wars, on se dit que l’industrie Hollywoodienne n’est pas encore sur le point d’imploser.

En 2013, Spielberg et Lucas avaient prédit, comme certains cabinets d’analyse financière, l’effondrement des superproductions au budget indécent. Or et pour des raisons de mise en production parfois très longue, le changement de « paradigme » voulu par Spielberg n’a pas encore été enclenché. Et ce malgré le succès à répétition de petits films au budget parfois rachitique. Car, il ne faut pas en douter, les véritables bénéfices se font sur ces films et non sur les blockbusters à 200 millions de dollars. Mais non, rien n’y fait et il est difficile de modifier une économie qui fait travailler des milliers de salariés et qui, surtout, paye ses stars, ses agents et les sociétés de marketing et de placement de marques.

Je disais que Ça avait trouvé son public en réponse aux désillusions d’un été morose. C’est en partie vrai. Mais seulement en partie car distribuer un film d’horreur de 35M$ sur 4103 écrans c’est reproduire la politique monopolistique des blockbusters. Le problème n’est donc pas uniquement lié au budget puisque la notion de distribution et donc de diversité de l’offre reste la pierre angulaire de la survie des films en salles. Si Ça est un film de studio au budget restreint, sa promesse de franchise (la suite a déjà été annoncée avant, qui sait, d’autres projets autour du clown Grippe-Sou) procède des mêmes stratégies que la plupart des gros films distribués par les grands studios Hollywoodiens.

Est-ce donc l’arbre qui cache la forêt ? Oui, si l’on tient compte de cette emprise sur une offre qui n’arrive plus à exister au-delà d’un type de cinéma ultra calibré et de plus en plus mondialiste. Outre le marché US, il faut aujourd’hui plaire au reste du monde quitte à rentabiliser un film en dehors de son pays d’origine. Le cinéma transfrontière devient le nouvel Eldorado des studios de moins en moins préoccupés par la qualité voire l’originalité des films produits. Le cas de la nouvelle saga Star Wars est, de ce point de vue, édifiant. Il ne faut rien proposer qui ne sorte d’un cahier des charges niant toute légitimité au cinéma de divertissement de qualité.

Mais alors, quelle place de diffusion reste-il aux films indépendants ou d’auteur une fois que sont passés les blockbusters ou les films de moindre coût mais issus du même ADN ? Peu ou pas de place du tout. Et c’est bien le drame du cinéma qui doit rester avant tout une expérience en salle et non un service à la commande devant son home cinéma.

Geoffroy Blondeau

SW7: Le triomphe est là…

SW7: Le triomphe est là…

star-wars-7-infos-star-wars-celebration-images-et-avion-r2-d2-video-r2d2-bb8Du jamais vu pour une sortie programmée à quelques jours de Noël !

Le couperet est tombé et, sans surprise, SW7 a explosé les compteurs. Avec 248M$ lors de son premier week-end d’exploitation le film de J.J. Abrams efface sans peine le dernier record établit cette année par Jurassic World (208M$). Si vous ajoutez les 279M$ à l’international (la sortie chinoise est prévue au 09 janvier 2016) SW7 totalise en 5 jours 527 millions de dollars dans le monde. Le milliard sera une formalité. Les deux milliards une hypothèse plus que plausible à défaut d’être certaine. Avec cette ultime sortie, l’année 2015 devient celle de tous les records puisque pas moins de cinq films dépassent le milliard de dollars dans le monde (Jurassic World, Fast and Furious 7, Avengers 2, Les Minions et bientôt SW7).

Surtout que le film ne faiblit pas engrangeant plus de 30 millions de dollars par jour pour un total faramineux de 363M$. Le pari de Disney devient un investissement juteux pour l’avenir et les multiples déclinaisons déjà programmées. Le marketing, parfait, est en tout point cohérent et suit la logique d’un long-métrage à la gloire d’un univers dont la reproduction est proche du clonage. Tout est impeccablement calibré, millimétré même. L’âme a disparu au profit d’une résurrection de circonstance follement nostalgique, certes, mais peu novateur en définitive.

Néanmoins le succès est là. Et bien là. Au point de servir bientôt de nouvelle référence aux possibilités de succès d’un film aux USA. En effet, avec un second week-end estimé aux alentours des 150-160M$ pour un cumul avoisinant les 530M$, je ne vois comment SW7 ne pourrait pas finir sa course folle entre 850M$ et un milliard de dollars aux Etats-Unis.

Une déraison, je vous dis !!

Geoffroy Blondeau

Star Wars – Le réveil de la force peut-il accrocher le milliard de dollars sur le sol américain ?

Star Wars – Le réveil de la force peut-il accrocher le milliard de dollars sur le sol américain ?

Une telle perspective, affolante sur le papier, est loin d’être assurée. Mais, en observant la façon dont la campagne marketing a instrumentalisé l’imaginaire d’un retour aux sources afin de muer une envie d’aller voir le film en un désir inconscient de participer à la prolongation de ce mythe moderne, le nouveau long-métrage de J.J. Abrams pourrait bien faire du succès annoncé un triomphe absolu fédérant quatre générations de spectateurs.

star wars 7Rachat, développement et marketing…

En rachetant Lucasfilm à George Lucas pour 4 milliards de dollars, la compagnie Disney s’est rapidement mis à la tâche annonçant dans la foulée de cette acquisition une suite aux aventures légendaires de la première trilogie (La guerre des étoiles 1977, L’Empire contre-attaque 1980 et Le retour du Jedi 1983). Le père a ainsi coupé pour de bon les liens avec sa progéniture qui, libérée de l’emprise d’un patriarche devenu multimilliardaire, peut enfin aller conquérir de nouveaux horizons gage de profits mirifiques. Le marketing mis en place dès 2012 ne consistait pas à vendre le film aux futurs spectateurs mais à présenter la « marque » Star Wars comme l’évènement de l’année si ce n’est de la décennie. La communauté de fans a fait le reste en assurant le service après-vente de cette folie cinématographique planétaire.

Néanmoins, la transition ne pouvait se faire sans quelques précautions. En effet, il n’aurait servi à rien de braquer la horde de fans en proposant une suite originale trop éloignée du dénouement en forme d’happy-end du Retour du Jedi. Non, Star Wars 7 se devait de cultiver la continuité entre cohérence artistique et choix scénaristique. Si, de toute évidence, de nouveaux personnages vont évoluer dans des univers inconnus jusqu’alors, la réintroduction des anciens protagonistes devenus de véritables icônes du space-opera comme de la culture geek, n’est évidemment pas anodine.

star-wars-7-le-reveil-de-la-force-bande-annonceNostalgie quand tu nous tiens…

Revoir Luke Skywalker (Mark Hamill), la Princesse Leia (Carrie Fisher) ou Han Solo (Harrison Ford) constitue un tour de force capable de fédérer sur cette seule accroche de nombreux spectateurs aussi curieux qu’impatients de retrouver ce trio unique dans l’histoire moderne du cinéma de masse. De fait, la « prélogie » de George Lucas (La menace fantôme 1999, L’attaque des clones 2002 et La revanche des Sith 2005) ne constitue en aucun cas la référence du Réveil de la force dont l’encrage visuel nous fait penser à La guerre des étoiles et non à La menace fantôme. Question de filiation, de logique chronologique, de nostalgie savamment alimentée et de bon sens entrepreneurial. En un mot, il fallait reproduire l’esprit des films originaux quitte à renier une partie du travail de Lucas sur sa prélogie tant décriée.

Pour réussir une telle entreprise quoi de plus naturel que de s’appuyer sur la force d’une industrie bâtisseuse de rêve. La démarche semble authentique – pourquoi en douter, d’ailleurs – mais doit se conjuguer avec l’impératif d’exploitation d’un nouveau filon de films hyper rentables. Si la sincérité est de mise, elle vise également à ne choquer personne et surtout pas le fan hardcore des plus susceptibles. Il est évident qu’un tel traitement artistique orchestré au millimètre par un marketing distillant moult bande-annonce et autres spots publicitaires, cherche à faire de chacun – journaliste compris – non pas un spectateur en puissance mais un acteur à part entière responsable de la réussite du film. L’engouement, réel, se transforme en aiguillon du succès. Si le bouche à oreille vient conforter un démarrage que beaucoup qualifie d’historique, Star Wars 7 pourrait bien se rapprocher du milliard de dollars aux États-Unis.

L’exemple de Jurassic World…

D’un point de vue purement comptable, le parallèle avec Jurassic World peut nous éclairer sur la trajectoire possible du 7ème opus de la saga Star Wars. Si les films ne sont pas similaires dans leur approche ou bien dans l’univers qu’il convoque, ils semblent bien reprendre les mêmes recettes que leurs films originaux respectifs (Jurassic World s’inscrit effectivement dans cette logique en prônant le retour à un imaginaire enfantin et qui fonctionne, peu ou prou, sur les mêmes bases scénaristiques que Jurassic Park (idée du dérèglement)).

L’ADN fut donc respecté et le succès par effet d’association, d’adhésion populaire comme de découverte par les plus jeunes, au rendez-vous. SW7 se place indiscutablement sur la même trajectoire que Jurassic World mais se trouve muni d’un référent historique bien plus puissant. Ce qui veut dire que son potentiel en salles est supérieur que l’on prenne en compte sa base de fans ou le public dans sa définition la plus large possible.

star wars 7.2Quelques chiffres…

Jurassic World réalise 652M$ en 2015. Soit le meilleur score de l’année lui permettant de se placer directement au 3ème rang des plus gros succès US de tous les temps (hors inflation) juste derrière les 760M$ d’Avatar et les 658M$ de Titanic. Il n’est donc pas illogique de penser que Star Wars 7 fera mieux. Mais jusqu’où peut-il aller ? Si l’ampleur du succès est difficile à jauger, différents facteurs conjoncturels jouent en faveur du film de J.J. Abrams.

1/ L’absence de concurrence face à un film hors norme qui risque bien de tout vampiriser sur son passage.

2/ Des films en fin de carrière qui ont globalement moins bien marchés comme le dernier épisode de la série des Hunger Games.

3/ La période des fêtes de fin d’année idéale pour des sorties en famille et entre copains.

4/ La multiplication des salles IMAX et équipées en projection 3D

Pronostic de Star Wars Le réveil de la force aux USA :

800 à 850M$

Geoffroy Blondeau

Jurasic World: L’indominus Rex dévore tout sur son passage…

Jurasic World: L’indominus Rex dévore tout sur son passage…

UniversalIl ne sert à rien de faire un bon film pour exploser tous les records d’exploitation. C’est ce que vient de prouver le tout dernier Jurassic, 14 ans après la semi-déception du 3ème volet (au B.O je précise car le film…). Sans que le long-métrage de Trevorrow fasse un bon qualitatif significatif, celui-ci a su séduire – voire intriguer – geeks de la première heure et familles US en demande de spectacle bien trousser. Bon, le paramètre « Dinosaure », totalement intemporel et donc transgénérationnel, n’est pas à négliger non plus, signe que ces bébêtes féroces travaillent toujours profondément notre imaginaire. La 3D, l’IMAX, la nouvelle coqueluche Chris Pratt et le vent de nostalgie présent dans le film, ont fini par emporter le morceau d’un démarrage irréel.

Déjouant tous les pronostics (donc les miens), Jurassic World détrône The Avengers (207M$ en 2012) pour s’accorder le plus gros démarrage de tous les temps avec 208,8 M$. Il devient seulement le deuxième film de l’histoire à dépasser cette marque.

En faisant cela, JW perpétue une tradition vieille de 22 ans puisque Jurassic Park et The Lost World ont, en leur temps, battu le record du meilleur démarrage week-end aux États-Unis (47M$ en 1993 pour JP ; 72M$ en 1997 pour TLW).

Autre satisfaction pour Universal. Le film devient également le plus gros démarrage monde avec 524M$ en cinq jours. Une folie ! Dire que le milliard est une formalité, cela va s’en dire. Avec JW, l’année 2015 place déjà 3 films au-delà du milliard. Le record de 4 métrages au-dessus de cette marque (2012) sera sans nul doute atteint avec le Star Wars de J.J Abrams qui sort pour les fêtes de fin d’année. Il ne suffira alors que d’un seul film pour… Et si c’était le denier Bond, Spectre ?

Geoffroy Blondeau

Jurassic World: Le parc est ouvert…

Jurassic World: Le parc est ouvert…

jurassic wolrd1993. Jurassic Park de Steven Spielberg sort sur les écrans. Outre une avancée fabuleuse des effets spéciaux (après ceux du T2 de Cameron) « donnant le la » aux évolutions numériques à venir, le réalisateur d’E.T concocte avec brio une pure série B de mise en scène, haute en rebondissements comme en tension, faisant la part belle aux séquences interactives entre des dinosaures reconstitués par la science et des humains incrédules devant une telle promesse. Devenu culte, le film fut suivi de deux suites. L’une, remarquable, signé Spielberg lui-même (The Lost World). L’autre, oubliable, prétexte mercantile à « balancer » du dinosaure à la pelle (Jurassic Park III).

Néanmoins, il ne faut pas se tromper de cible. Ni d’ambition. En effet, Jurassic Park fut, en quelque sorte, le porte étendard d’un cinéma Hollywoodien ayant accompli sa mue dans sa capacité à produire un spectacle universel à grands renforts d’imaginaire populaire. Le film, au-delà de la prouesse visuelle, mixait à merveille le couple fascination/peur issue de la rencontre entre deux espèces qui n’auraient jamais dû se croiser. L’universalité du discours dans sa mise en représentation permit ainsi de coupler le film de genre avec le « produit » calibré accessible à toute la famille.

14 ans après le dernier opus de la première franchise, les pontes d’Universal ont donc décidé de rouvrir la boite de Pandore. Car comment ne pas inscrire ce quatrième volet autrement que dans l’inéluctable dérèglement d’un équilibre instable, puisque initié par l’homme. Si l’association de la science et de la nature rentre dans les cordes de nos meilleurs chercheurs (création de dinosaures hybrides, source inépuisable de renouveau afin de doper les entrées du parc), la nature, elle, demeure aussi incontrôlable qu’imprévisible. Tout comme son illustre prédécesseur, Jurassic World va libérer des forces indomptables (l’Indominus Rex) causant la perte de ce qui faisait, justement, les raisons même de l’existence d’un parc. L’ADN est ainsi respecté. De l’irresponsabilité chronique à l’appât du gain, vecteur d’une toute puissance démiurgique dangereuse.

jurassic world 2Que Jurassic World reprenne la trame narrative de Jurassic Park n’est pas un problème en soi (un parc, un dysfonctionnement, une alerte, la catastrophe). Faut-il encore qu’il use de quelques spécificités afin de se démarquer. Là, les scientifiques sont allés très loin en créant de toute pièce un dinosaure super-féroce et méga-intelligent. Et que croyez-vous qu’il arriva ? Le beau bébé s’échappe de son enclos pour détruire tout sur son passage, prouvant à lui seul qu’il ne faut pas jouer avec des éprouvettes.

Le revival s’emporte alors dans une frénétique chasse au monstre, singeant la génétique des séries B. Le chaos domine sans une once d’étrangeté, de paradoxe, de sensationnel gradué ou de magie simple (l’invraisemblable s’allie à l’exubérance pop-corn ponctué par un final gargantuesque assez risible dans sa mise en forme). La virtuosité des effets camoufle la vacuité d’une mise en scène placard engoncée dans son mode hommage, passage obligé d’un retour en arrière, certes nostalgique, mais incapable de sublimer le rêve fou d’un vieux milliardaire (John Hammond).

Point de miracle pour un long-métrage qui se veut plus gros que le bœuf. Il ne suffit pas d’envoyer des dinosaures à l’attaque, de reconstituer pour l’occasion une cellule familiale chère à Spielberg (couple qui divorce, frères qui se rapprochent, tante qui ouvre les yeux), de jouer aux apprentis sorciers ou au dresseur de Vélociraptors pour espérer recréer une dynamique essentielle à la croyance d’une telle épopée : la fascination incrédule. Nous sommes donc en terrain conquis puisque plus rien, ou presque, ne nous surprend. L’énormité du spectacle proposé réduit l’immersion en une course-poursuite visuellement impeccable mais étrangement insipide. Quelques scènes surnagent. La mort d’un Diplodocus, l’échappée des Vélociraptors, la fuite de l’Indominus Rex, l’attaque d’une bulle-voiture, l’appât « burné » et incroyablement sexy de Claire Dearing face au Tyrannosaure Rex (Bryce Dallas Howard). Et le toujours « ++ » à thème absorbe l’effroi réel qui aurait dû nous étreindre.

La consommation passe à vitesse grand V. Les retrouvailles avec nos dinosaures préférés, aussi. Du film événement de Steven Spielberg il ne reste plus qu’un ersatz calibré pour casser la baraque en ce début d’été.

Geoffroy Blondeau.

Note: 2/5

Jurassic Wolrd. Un film de Colin Trevorrow. En salles depuis le 10 juin 2015.

Durée. 2h05.

Prévisions Box-office USA été 2015

Prévisions Box-office USA été 2015

Alors que l’été US s’apprête à commencer sa tournée habituelle, un film a déjà franchi la barre impressionnante du milliard de dollars dans le monde. Fast and Furious 7 a explosé tous les compteurs en devenant en l’espace de quelques semaines le quatrième plus gros succès mondial de tous les temps hors inflation juste derrière le premier Avengers (1,349 milliard de dollars). Mieux, avec 1,026 milliard de dollars à l’international, Fast and Furious 7 se place 3ème derrière les intouchables de Cameron, Avatar et Titanic. Si son succès US sera dépassé dans quelques jours par la suite des Avengers, son score monde a de quoi inquiéter la concurrence.

Outre le phénomène Fast and Furious, il faut à coup sûr cocher l’été – et l’année – 2015 comme celle de tous les records potentiels. En effet, et au-delà de la période estivale, cette année regroupe quelques films à l’attractivité irraisonnée pour la plupart issus de franchises au succès universel.

–          La suite des Avengers

–          Retour sur la franchise Jurassic Park avec Jurassic World

–          Relance du personnage de Max dans Mad Max : fury road

–          Réactualisation d’une franchise culte avec Terminator Genisys

–          Le nouveau Pixar comme un retour aux sources des grands films de la firme avec Vice Versa

–          MI5 toujours avec Tom Cruise l’immortel

Et hors période estivale :

–          L’épisode final des Hunger Games

–          La suite de la première trilogie de la Guerre des étoiles par J.J Abrams

 Avengers2.2

1er mai

Avengers 2

Alors, point de concurrence pour Avengers 2 ? Sans aucun doute. D’ailleurs, la suite du premier opus, toujours réalisé par Joss Whedon, s’annonce tonitruante. Mais attention à l’indigestion de super-héros et de blagues au kilomètre… Sans forcément faire de comparaison avec la  « petite » déception qu’aura été le troisième volet des Batman de Nolan (448M$ US quand même !!), la superproduction Marvel pourrait moins bien résister sur la durée que son prédécesseur. Ce conditionnel est à prendre avec des pincettes tant les retrouvailles entre Captain America, Hulk, Iron Man et Thor sont plébiscitées par le public. De toute façon, le démarrage week-end s’annonce tellement haut que nous ne nous inquiétons pas de trop du résultat final.

Démarrage : 215M$

Final : 580M$

 

8 mai

Hot Pursuit

Il semble que la Warner ait placé sans trop de conviction cette comédie policière tenue par un duo de femmes que tout oppose. Le potentiel drolatique semble présent malgré le classicisme d’un traitement rebattu cent fois. Reste à savoir si la mayonnaise prendra. Réalisée par Anne Fletcher (La Proposition avec Sandra Bullock, 2009), le film avec Resse Witherspoon n’a pas été très marketé par la Warner qui a décidé de le sortir à la va-vite une semaine après le retour des Avengers. Dangereux…

Démarrage : 17M$

Final : 65M$

 

15 mai

Mad Max : fury road

Le film, présenté comme un long-métrage à part entière mais reprenant l’univers ainsi que le personnage incarné jadis par Mel Gibson, fascine les geeks, les fans de la première heure et les réseaux sociaux encore sous le choc après la diffusion des différentes bandes-annonces ahurissantes de pyrotechnie guerrière. Tout est là pour faire de ce Mad Max : fury road une expérience sensorielle à couper le souffle. S’il ne faut pas oublier que les trois précédents films n’ont jamais été de vrais succès au box-office (sans être des échecs non plus), ils ont influencé durablement la SF post-apocalyptique. Et puis George Miller est un dieu. L’outrance esquissée devrait faire des ravages auprès d’un public cible en demande d’audace de mise en scène.

Démarrage : 46M$

Final : 135M$

 madmax

Pitch Perfect 2

Film pour ado par excellence, le premier Pitch Perfect avait surpris en empochant 65 millions de dollars pour un budget modéré de 17M$. Le 2ème opus réalisé par l’actrice Elisabeth Banks possède aujourd’hui une base de fans bien plus élargie depuis que le film initial est devenu culte par toute une génération post-ado. La cible semble facile, déjà acquise à la cause du film, fut-il médiocre. Pour toutes ces raisons les 100 millions sont largement réalisables.

Démarrage : 40M$

Final : 115M$

 

22 mai

Tomorrowland

Trois week-ends après la sortie des Avengers 2, voici que débarque sur les écrans US le nouveau Disney live réalisé par Brad Bird (Les Indestructibles, Ratatouille, MI4). Le film, chose rare pour une production de cette ampleur, garde une once de mystère, de secret et de féérie naïve. C’est tout à son honneur mais de nos jours c’est également à double tranchant. Parviendra-t-il à susciter la curiosité d’un public sans doute intrigué de voir George Clooney dans un film de SF bariolé prenant l’aspect d’un conte ? Rien n’est moins sûr et la qualité du long-métrage aura, dans ce cas présent, sans doute son mot à dire.

Démarrage : 45M$

Final : 160M$

 

Poltergeist 2015

Il s’agit ni plus ni moins du remake du film de Tobe Hooper (Massacre à la tronçonneuse) produit par Spielberg et qui effraya l’année 1982 (76M$ ce qui avec l’inflation le place à plus de 200M$ aujourd’hui). La version 2015, produite par Sam Raimi avec Sam Rockwell en guest est réalisé par Gil Henam (responsable du très bon Monster House), sort pendant la période du Mémorial Day, soit un week-end propice au gros démarrage. Et le film en aura besoin s’il veut totaliser un bon score final, la plupart de ce type de métrage ayant la mauvaise idée de s’effondrer dès le deuxième week-end.

Démarrage : 42M$* (4 jours)

Final : 81M$

 

29 mai

San Andreas

Dwayne Johnson est de retour en solo après le ridicule Hercule de Brett Ratner (nous mettons volontairement de côté Fast and Furious 7 pour cause de film collégial). Doté d’un budget confortable, ce film catastrophe à grand spectacle reprend peu ou prou le pitch du film de Roland Emmerich Le jour d’après sorti en 2004. Si le film d’Emmerich fut un succès, rien ne dit que cette énième représentation d’un monde qui s’écroule fasse mouche. D’autant que les dernières incursions du genre n’ont pas vraiment été de francs succès (47M$ pour Black Storm et 23M$ pour Pompéi).

Démarrage : 42M$

Final : 117M$

 tomorroland

Welcome Bach

Cameron Crowe est de retour quatre ans après l’insipide Nouveau départ. Son casting de choix (Bradley Cooper, Emma Stone, Rachel McAdams et Danny McBride), son pitch improbable – un entrepreneur vit caché avec pour seule compagnie un ordinateur – et le ton peut être retrouvé de son réalisateur font de Welcome Bach une contre programmation idéale capable de séduire un public lassé par les blockbusters estivaux. Et puis Bradley Cooper est devenu la nouvelle assurance tous risques d’un box-office plus adulte sur des productions moins onéreuses.

Démarrage : 28M$

Final : 78M$

 

5 Juin

Spy

Melissa McCarthy, l’humoriste femme en vogue aux States en ce moment, revient sous la houlette de Paul Feig (Mes meilleures amies, Les flingueuses) dans une comédie d’espionnage avec, excusez du peu, Jason Statham, Jude Law et Rose Byrne au générique. Le film, qui possède déjà une belle renommée grâce à sa première au CinemaCon, est sans concurrence directe jusqu’au 26 juin, date de sortie de Ted 2. Spy, comédie R-Rated a tout pour cartonner Outre-Atlantique et confirmer McCarthy comme la nouvelle star bankable au féminin.

Démarrage : 54M$

Final : 176M$

 

Insidious 3

3ème volet de la saga horrifique à succès orchestré par James Wan (The Conjuring, Fast and Furious 7). Pour cet épisode toute l’équipe change du réalisateur aux acteurs – Rose Byrne et Patrick Wilson en tête. Peu importe ou presque, puisque la marque de fabrique de la licence semble avoir été gardée. Attention toutefois à l’inconnu Poltergeist qui, en cas de plébiscite, pourrait nuire à la carrière du film.

Démarrage : 30M$

Final : 62M$

 jurassic wolrd

12 Juin

Jurassic World

14 ans séparent le troisième volet de la saga originale au nouvel opus toujours produit par Spielberg et distribué par Universal. De tout l’été il s’agit surement du film le plus difficile à prédire. Si tout le monde connaît Jurassic Park, celui-ci n’a pas l’impact historique d’un Star Wars ou d’un Terminator. Porté par la nouvelle méga star du moment, Chris Pratt (Les Gardiens de la galaxie), le film suscite autant l’inquiétude que l’enthousiasme. Pour toutes ces raisons l’ouverture devrait être importante. Le film fera le reste entre le divertissement popcorn assumé et le petit bijou de mise en scène que l’on est légitimement en droit d’attendre.

Démarrage : 102M$

Final : 285M$

19 juin

Vice Versa

Pete Docter est de retour. C’est Pixar qui doit être content. Le papa de Monstres et compagnie et de Là-haut va certainement relever la barre qualitative d’une maison bien en peine depuis son rachat par Disney. Le dernier bon film de la firme remonte à 2010 (Toy Story 3). Cinq ans, c’est long. La qualité d’écriture du réalisateur devrait faire des merveilles pour un long-métrage au pitch aussi original qu’ambitieux. Cerise sur le gâteau, Vice Versa s’annonce tout aussi ouvert pour les enfants que pour les parents. Soit la certitude pour un film original – il faut le souligner –, de toucher la cellule familiale tout entière.

Démarrage : 80M$

Final : 280M$

 

26 Juin

Ted 2

Seth McFarlane se devait de se remettre du four d’Albert à l’Ouest (43 petits millions de dollars sur le sol américain). Rien de tel qu’une petite suite d’un hit surtout lorsqu’elle met en avant Ted, l’ours en peluche irrévérencieux adepte des paquets de bière et des filles de joie. La difficulté pour ce genre d’exercice consiste à insuffler suffisamment de rebondissements pour capter l’attention d’un public ayant accepté l’invraisemblable situation d’une comédie trash. L’erreur serait d’en faire de trop par crainte de ne pas en faire assez. L’érosion semble inéluctable à l’instar des Very Bad Trip (même si le 2 avait plutôt bien résisté).

Démarrage : 42M$

Final : 145M$

Geoffroy Blondeau