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Étiquette : Hollywood

Ça terrorise l’Amérique…

Ça terrorise l’Amérique…

CaL’été 2017 fut morose. Presque catastrophique. En tout cas décevant. Fort de ce constat, le salut des grands studios n’est pas venu d’un énième blockbuster ultra marketé jusqu’à l’overdose, mais d’un film horrifique à 35M$. Certes, le personnage du dit film n’était pas inconnu du grand public et, surtout, n’a pas été laissé à l’abandon par son/ses studio(s) bien à l’œuvre lors d’une campagne promotionnelle intelligente et surfant sur le vide programmatique de la fin août (Warner Bros., New Line).

Ça, adapté du roman de Stephen King (il ne s’agit donc pas d’un remake mais bien d’une nouvelle adaptation), avait la voie libre pour cartonner lors de son premier week-end. Après la déconfiture d’un été poussif au box-office US, le week-end du Labor Day, qui sonne la fin de la récréation estivale (2-4 septembre), fut le pire depuis 17 ans. Et, bien évidemment, cela n’a pas raté ! Le film d’Andres Muschietti a pris les commandes pour signer un démarrage historique pour un film R-rated (interdit aux moins de 17 ans non accompagnés) sorti au mois de septembre. Avec 123 millions de dollars Ça enterre le précédent record du meilleur premier week-end pour un film d’horreur (Paranormal Activity 3 et ses 52 millions de dollars en 2011) et se rapproche de celui de Deadpool (132M$), recordman de cette catégorie.

Les 200 millions de dollars sur le sol US seront une évidence, les 250M$ une quasi-certitude et les 300M$ envisageables. Les critiques, plutôt bonnes, le buzz sur la toile et les réseaux sociaux, la pénurie de bons films et l’emprise populaire d’un personnage issu de la littérature de genre ont cristallisé l’attention autour d’un « produit » consommable pour l’effroi qu’il est censé assurer lors de la projection. Sans parler de raz-de-marée, il s’agit à coup sûr d’un énorme succès venant, en quelque sorte, valider la puissance d’attraction d’un cinéma de genre de plus en plus vaillant au box-office.

Après Guet Out (175M$), Split (138M$) et Annabelle 2 (100M$, toujours en exploitation), Ça bouleverse l’ordre des choses pour ressusciter l’engouement d’un public venu en masse confronter ses propres peurs devant un divertissement horrifique surnaturel déclinant la figure protéiforme du monstre.

Get_OutS’il est inutile de revenir sur les nombreux échecs estivaux (Transformers, La Momie, Alien : Covenant, Baywatch, La Tour Sombre, Valerian, King Arthur) et autres amères déceptions (Pirates des Caraïbes, Cars 3, La planète des Singes), je voulais signaler que le troisième et très médiocre épisode de Moi, moche et méchant venait de dépasser le milliard de dollars dans le monde. Même malade, la bête n’est pas morte. Et il ne faut pas croire qu’elle se laissera crever comme ça. Lorsque l’on voit les succès incroyables des Jurassic World, Avengers et autres Star Wars, on se dit que l’industrie Hollywoodienne n’est pas encore sur le point d’imploser.

En 2013, Spielberg et Lucas avaient prédit, comme certains cabinets d’analyse financière, l’effondrement des superproductions au budget indécent. Or et pour des raisons de mise en production parfois très longue, le changement de « paradigme » voulu par Spielberg n’a pas encore été enclenché. Et ce malgré le succès à répétition de petits films au budget parfois rachitique. Car, il ne faut pas en douter, les véritables bénéfices se font sur ces films et non sur les blockbusters à 200 millions de dollars. Mais non, rien n’y fait et il est difficile de modifier une économie qui fait travailler des milliers de salariés et qui, surtout, paye ses stars, ses agents et les sociétés de marketing et de placement de marques.

Je disais que Ça avait trouvé son public en réponse aux désillusions d’un été morose. C’est en partie vrai. Mais seulement en partie car distribuer un film d’horreur de 35M$ sur 4103 écrans c’est reproduire la politique monopolistique des blockbusters. Le problème n’est donc pas uniquement lié au budget puisque la notion de distribution et donc de diversité de l’offre reste la pierre angulaire de la survie des films en salles. Si Ça est un film de studio au budget restreint, sa promesse de franchise (la suite a déjà été annoncée avant, qui sait, d’autres projets autour du clown Grippe-Sou) procède des mêmes stratégies que la plupart des gros films distribués par les grands studios Hollywoodiens.

Est-ce donc l’arbre qui cache la forêt ? Oui, si l’on tient compte de cette emprise sur une offre qui n’arrive plus à exister au-delà d’un type de cinéma ultra calibré et de plus en plus mondialiste. Outre le marché US, il faut aujourd’hui plaire au reste du monde quitte à rentabiliser un film en dehors de son pays d’origine. Le cinéma transfrontière devient le nouvel Eldorado des studios de moins en moins préoccupés par la qualité voire l’originalité des films produits. Le cas de la nouvelle saga Star Wars est, de ce point de vue, édifiant. Il ne faut rien proposer qui ne sorte d’un cahier des charges niant toute légitimité au cinéma de divertissement de qualité.

Mais alors, quelle place de diffusion reste-il aux films indépendants ou d’auteur une fois que sont passés les blockbusters ou les films de moindre coût mais issus du même ADN ? Peu ou pas de place du tout. Et c’est bien le drame du cinéma qui doit rester avant tout une expérience en salle et non un service à la commande devant son home cinéma.

Geoffroy Blondeau

Rattrapage. The Expendables 3: Stallone au pays des merveilles…

Rattrapage. The Expendables 3: Stallone au pays des merveilles…

Expendables-3-Cast-BannerLes vieux baroudeurs sont désormais bien fatigués. À tel point que l’on se demande vraiment si la mise en chantier de ce troisième opus en valait la peine. Non pas que cet épisode, réalisé par l’australien Patrick Hughes, soit foncièrement raté ou, à titre de comparaison, plus mauvais que les deux premiers longs-métrages de la trilogie. Ce qui lâche, ou qui fâche, ne vient pas de cette débauche pyrotechnique à l’ancienne portée par d’anciennes têtes d’affiche devenues bien trop nombreuses pour y être efficace cinématographiquement parlant, mais d’une perte rédhibitoire en crédibilité, l’âme de ces Expendables se noyant dans la complaisance d’un marketing choral pour un film visible par presque toute la famille (PG-13 oblige).

Car, il ne faut pas s’en cacher, le concept old school d’une bande de bad guys tout droit sortie des années 80-90 s’auto-parodiant dans un délire lui-même auto référentiel (fallait y penser), ne pouvait supporter plus longtemps les raisons d’un premier film sincère, convaincant, d’une star (Stallone) en pleine rédemption cinématographique avec Rocky Balboa (2006) et John Rambo (2008). À ce titre, suivre les aventures « anachroniques » de ces joyeux lascars dans un monde dominé par le 2.0, les CGI et les super-héros en costumes avait – nous insistons sur le avait – quelque chose de fascinant. L’intérêt d’une telle entreprise, au-delà des figures de Stallone, Statham, Jet Li ou encore JCVD, aussi. Mais pourquoi, diable, avoir affublé à ce troisième opus une idée, source de contresens, à l’existence même des Expendables en osant perturber le bon fonctionnement de cette alchimie entre l’action proposée et la nostalgie incarnée par ceux qui la commettent?

Renouveler, le temps de quelques bobines, l’équipe souche par une bande de jeunes loups très (trop ?) vite dépasser par les événements, n’a, ici, aucun intérêt, si ce n’est celui d’un mauvais prétexte scénaristique pour nous rappeler que les vrais Expendables sont forcément rouillés, usés, rafistolés, remplis de cette épaisseur du temps qui vous marque mais n’altère pas nécessairement vos aptitudes guerrières. Oui, ces gars-là sont issus d’une époque passée, même si pas si lointaine. L’entorse s’insinue maladroitement, casse le rythme, n’apporte rien à l’imagerie du film de Stallone et, pire que tout, le tire vers un spectacle jamais badass. Les papys maternent à coups de vieilles blagues, flinguent à tout va, certes, mais se laissent happer par l’inconsistance d’un projet qui n’arrive plus à générer la sincérité crépusculaire du premier opus.

Bouffé à la fois par sa vitrine « à stars » qui, au mieux, cabotinent (il faut voir le numéro affolant d’Antonio Banderas dont on se demande ce qu’il fout là) et, au pire, font de la figuration (Schwarzy, en dix plans, prononce trois phrases et fume le cigare pour avoir l’air…), il ne reste que Mel Gibson pour plonger le film vers les abysses attendus. Le paria d’Hollywood s’en donne à cœur joie et insuffle au film un vent de folie, yeux exorbités, voix rauque en diable. Pour le coup, lui, est raccord.

 Geoffroy Blondeau

Note: 1,5/5

The Expendables 3. Un film de Patrick Hughes. En salles depuis le 20 août 2014.

Durée. 2h05

Tom Cruise : l’acteur qui ne voulait pas vieillir…

Tom Cruise : l’acteur qui ne voulait pas vieillir…

Tom-Cruise-108Qui ne connaît pas Tom Cruise ? L’acteur, aux multiples succès planétaires, lancé par Francis Ford Coppola dans les années quatre-vingt (Outsiders, 83), devenu star à 24 ans avec Top Gun (86) puis confirmé définitivement comme demi-dieu du box-office par les Missions Impossible (4 films depuis 1996 et un cinquième en préparation pour une sortie probable fin 2015), nous revient cette année dans Edge of Tomorrow, film d’anticipation réalisé par Doug Liman (la Mémoire dans la peau, Jumper, Mr & Mrs Smith).

Si le film ne déroge pas vraiment des habituelles propositions vidéoludiques de bon nombre de blockbusters estivaux, son parti-pris narratif place Tom Cruise dans une représentation de soi inédite car exclusive. La fascination est réelle, plutôt forte, sans doute un peu obscène puisque plaçant sur orbite un ego surdimensionné conjuguant dans un maelström d’images frénétiques, trépas et résurrection. Si, cette fois, il n’est pas question de clonage – en référence à Oblivion et ses Tom Cruise clonés, infinité de Moi dans l’affrontement d’une obsession –, l’image de l’acteur se fige dans une boucle spatio-temporelle déployant sans relâche la figure du héros providentiel qu’il se borne à incarner depuis maintenant trente ans, exceptés quelques rôles majeurs d’une première partie de carrière – jusqu’en 1999 – comme Eyes Wide Shut, Magnolia, Né un 4 juillet ou encore Rain Man.

En somme rien ne change. Cruise fait du Cruise comme si le temps n’avait plus aucune emprise sur son corps, ses émotions, ses expériences, son jeu. L’inscription demeure identique. Aussi bien dans l’effort d’une carrière rattrapée par les turpitudes de la vie, que dans la mise en représentation d’une icône qu’il ne faut surtout pas flétrir. Ceci est d’autant plus vrai depuis 2008 et le Walkyrie de Brian Singer. La star, en perte de vitesse, enchaîne les blockbusters estivaux ou de fin d’année dans lesquels il incarne, systématiquement, le même personnage, de l’espion mystérieux au sourire enjôleur (Night and Day, MI4, Jack Reacher) au héros en devenir (Oblivion, Edge of Tomorrow). L’acteur, membre de la Scientologie – une réalité qu’il faut prendre en compte dans la carrière de Cruise –, s’entête à retarder l’inéluctable pour inscrire dans les mémoires du monde cinématographique sa stature de surhomme, transfiguration de l’être ici bas en héros indépassable.

EdgeOfTomorrow-tom-cruise-all-you-need-is-kill-emily-bluntSuite aux déclarations prosélytes maladroites, pour ne pas dire embarrassantes, de l’acteur lors de la promotion du film Mission Impossible 3 (2006), son aura en a pris un coup. Le temps médiatique a fragilisé la statue du Commandeur par le biais de paroles malheureuses responsables, sans doute, de la désaffection d’une partie de son public. Mais pas seulement. Car Tom Cruise, ivre du succès qui l’anime, est parti en reconquête, poursuivant tel un schizophrène, le souvenir d’une image originelle qu’il s’échine à reproduire inexplicablement. Le geste est beau puisqu’impossible. En effet, on ne lutte pas contre le temps et encore moins contre le passé.

Qu’à cela ne tienne. L’acteur reprend son bâton de pèlerin et s’affiche dans des rôles résolument physiques, charismatiques, mystérieux, à la droiture méritante qui, normalement, échoient à des acteurs plus jeunes. Tom Cruise ne semble plus vouloir vieillir. Alors il se joue de l’usure du corps en incarnant des personnages atemporels à qui il est difficile de donner un âge. La posture n’est en rien factice au point de nous faire croire qu’à 52 ans il peut incarner un officier qu’on envoie au front combattre de méchants aliens. Une pointe de dérision au sujet d’un tel paradoxe aurait pu faire passer la pilule. Même si l’acteur nous épate par son implication, sa densité physique, sa puissance d’incarnation.

Dans Edge of Tomorrow la reconquête transpire chaque image pour faire de Cruise le dernier héros Hollywoodien susceptible d’incarner à la perfection un « quidam » capable de se transfigurer en fonction des événements.

Si Tom Cruise repousse peut être comme aucun acteur avant lui les limites qu’impose la nature, il rompt progressivement le lien avec le public en perdant en crédibilité. Ses films récents sont des pièces à conviction de la mégalomanie d’un très bon acteur se refusant d’assumer avec philosophie la fuite du temps. Personne n’est immortel. Même Tom Cruise.

Geoffroy Blondeau

Box-Office US été 2014 partie 1

Box-Office US été 2014 partie 1

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Partie 1

Jamais deux sans trois. Après the Avengers en 2012 et Iron-man 3 en 2013, voici que le 2ème opus du reboot de Spiderman lance la saison estivale 2014. Si l’artillerie lourde est évidemment au rendez-vous, aucun film prévu cet été ne nous semble armé pour aller titiller les cimes du BO US. Une surprise est bien sûr possible, dixit l’incroyable succès planétaire du dernier Disney, La reine des neiges. Si nous devions choisir un favori, il pourrait bien venir des rangs de l’animation avec la suite très attendue de l’excellent Dragons des studios Dreamworks.

Pronostics mai-juin 2014

2 mai 2014

Spiderman 2 : Le reboot initial, sans être extraordinaire, avait tout de même totalisé 262 millions de dollars aux États-Unis en 2012. C’est dire si le super-héros arachnéen est synonyme d’adhésion populaire auprès des ados. Accueilli par des critiques plus que médiocres, ce nouvel opus, toujours réalisé par Marc Webb, devra compter sur un très bon démarrage pour espérer égaler le score du premier épisode. Cet impératif est renforcé – doublement même – par les sorties courant mai de Godzilla et X-Men : days of future past. Ils pourraient bien lui porter en deux petits rounds l’estocade finale d’un succès en demi-teinte.

Pronostic : 245M$

9 mai 2014

Nos pires voisins : Première comédie R-Rated en lice de l’été avec Seth Rogen en porte-étendard (En cloque, mode d’emploi, Funny people, Le frelon vert…). Le pitch, qui surfe sur le principe des oppositions rendant possible le comique de situation (la famille vs les copains), peut faire mouche. Bien que Seth Rogen ne soit pas à l’écriture, les premiers avis semblent très positifs avec, en prime, la présence de Zac Efron en voisin perturbateur. Ce qui augure un bouche-à-oreille performant à même de laisser monter la mayonnaise auprès d’un public jeune adepte de l’humour trash, potache, décalé.

Pronostic : 150M$

16 mai

Godzilla : La façon dont la Warner a lancé le film a été admirable. Anxiogène, mystérieux, cataclysmique, le Godzilla 2014 ne semble pas se définir uniquement comme un bon gros film de monstres. S’il n’a pas été conditionné par Hollywood, le réalisateur britannique Gareth Edwards a sans doute pu déployer sa poétique envoutante, déjà aperçue dans Monsters. Mais rassurez-vous, les images chocs seront au rendez-vous et feront le buzz pour attirer les curieux comme les déçus, très nombreux, du Godzilla de Roland Emmerich (1998). Si le film tient ses promesses, il est assuré de dépasser les 200 millions de dollars et, pourquoi pas, de faire sauter le box-office.

Pronostic : 255M$

Million dollars arm : Encore un film sur l’univers du baseball. Cette fois c’est Jon Harm, la vedette des Mad Men’s, qui s’y colle. Le pitch, assez original pour le coup (Un agent sportif se rend en Inde pour organiser un jeu de télé réalité intitulé « Million Dollar Arm » afin de dénicher les talents du baseball de demain), peut lui assurer un soupçon de curiosité supplémentaire auprès de spectateurs plutôt blasés au sujet des films sportifs. Les récents succès du Stratège (avec Brad Pitt) et de 42 (avec Harrison Ford) laissent quelques vrais espoirs pour cette programmation à contre-courant des blockbusters estivaux façon Slumdog Millionnaire dans le royaume du sport.

Pronostic : 85M$

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22 mai

X-Men : Days of future past : Brian Singer est de retour dans la saga qui l’a rendu célèbre. Il prend la suite de Matthew Vaughn dans l’excellent X-Men : le commencement. Mais avec seulement 145 millions de dollars au box-office américain, le film a eu du mal à convaincre un public en manque de repères. Le retour des anciens acteurs de la saga comme Hugh Jackman, Ian McKellen, Patrick Stewart ou encore Halle Berry sera-t-il suffisant pour (re) donner envie à un public aficionado de super-héros en tout genre ? Si Brian Singer ne réédite pas la naïveté coupable de son dernier film, son talent de conteur fera le reste.

Pronostic : 260M$

Blended : Que serait un été sans Adam Sandler ? En effet, cela fait vingt ans, ou presque, que l’acteur à la bouille d’ado éternel sillonne le B.O américain avec succès, malgré quelques belles gamelles. Pour Blended, Adam Sandler retrouve son pote réalisateur Frank Coraci (Weeding Singer, Waterboy, Click) et l’actrice Drew Barrymore. Le duo, qui a toujours fonctionné, ne doute pas de son pouvoir d’attraction. Ce qui pourrait permettre à Sandler de comptabiliser un 15ème film au-delà des 100 millions de dollars.

Pronostic : 110M$

30 mai

Maléfique : Après trois ans d’absence, Angelina Jolie est de retour devant la caméra. Et qui d’autre, en effet, aurait pu incarner la Maléfique de la Belle au bois dormant ? Disney ne s’est pas trompé et continue ses réadaptations de classiques depuis le succès planétaire d’Alice au pays des merveilles. Si le Oz de Sam Raimi a déçu le studio (moins de 500 millions de dollars dans le monde), celui-ci espère bien se rattraper avec cette relecture d’un personnage de méchant aussi charismatique. Avec son classement « PG », le film cible principalement les familles. Ce qui pourrait lui donner un avantage par rapport au film Blanche-neige et le chasseur (PG-13) qui avait ouvert à la même période (été 2012).

Pronostic : 180M$

Albert à l’ouest : Seth McFarlane est le papa télévisuel d’American Dad !, des Griffin, de The Cleveland Show et de Ted, incursion cinématographique sous la forme d’une comédie loufoque mettant en scène un ours en peluche doué de la parole. Le succès du film (218M$), a fait récidiver McFarlane qui nous offre cette année une nouvelle comédie se déroulant au Far West. Le mélange des genres n’étant pas la panacée du public américain, il faudra toutes les qualités d’écriture du bonhomme pour enlever l’adhésion. Pour réussir son nouveau challenge, il sera épaulé par deux acteurs d’envergure : la belle Charlize Theron et le tenace Liam Neeson.

Pronostic : 140M$

6 Juin

Edge Of Tomorrow : Tom Cruise est infatigable puisqu’ à 52 ans il joue encore au justicier inflexible. Film de S-F au scénario original, Edge of Tomorrow est réalisé par le solide Doug Liman (La mémoire dans la peau, Fair Game, Mr. & Mrs. Smith). Quand on pense aux déconvenues des films de S-F de l’année dernière (Oblivion avec Tom Cruise, Elysium, After Earth…), il est difficile d’imaginer cet opus futuriste, guerrier, s’articulant autour de la facture temporelle, comme l’un des hits de l’été. Surtout que le pouvoir d’attraction de l’acteur de Top Gun n’est plus ce qu’il était. La seule question valable est de savoir si Edge Of Tomorrow arrivera à dépasser les 100 millions de dollars. Marque que Tom Cruise n’a réussi à enlever qu’une seule fois depuis 2006 et son Mission Impossible : le protocole fantôme.

Pronostic : 95M$

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13juin

Dragons 2 : Dragons, film d’animation de l’écurie Dreamworks, est sans doute l’une des productions du studio à jouir d’une côte de popularité égale aux meilleurs films estampillés Pixar. D’où l’attente réelle, quatre ans après la sortie de Dragons, de cette suite réalisée par Dean Dubois, Chris Sanders ayant quitté le navire, occupé qu’il était à mettre en boite le sympathique La famille Croods. Sans aucune concurrence jusqu’au 18 juillet, Dragons 2 à un véritable boulevard devant lui. Sauf catastrophe artistique, on ne voit pas comment le film pourrait être un échec.

Pronostic : 315M$

22 Jump Street : Suite au succès surprise du premier opus, ils ne pouvaient en rester là. De 21 on passe à 22. Même duo de réalisateurs, mêmes acteurs, même pitch. Bref, rien de bien neuf sous le soleil. Si on ne voit pas le film faire un bon colossal au BO cet été, sa base de fans est suffisamment solide pour rééditer le score de 21 Jump Street (138M$). Reste que le film sort le même week-end que Dragons 2, favori des bookmakers et cible première des familles. L’handicap est de taille mais pas insurmontable pour lui priver des 100 millions de dollars.

Pronostic : 135M$

20 juin

Think Like a man too : Il s’agit du deuxième volet d’un film sortit en 2012 célébrants de façon détournée les rapports complexes entre les hommes et les femmes. Bien qu’inédit en France, le film a totalisé 91 millions de dollars au BO américain. Auréolée de son plus grand succès cette année (Mise à l’épreuve en salles le 14 mai prochain), la star Kevin Hart retrouve Tim Story (les 4 Fantastiques) dans ce qui pourrait être une valeur sûre lors d’un week-end de sortie sans véritable concurrence.

Pronostic : 95M$

27 juin

Transformers : l’âge de l’extinction : Suite au départ de Shia Labeouf de la franchise, c’est Mark Wahlberg qui reprend le flambeau des hommes au cœur du combat que se livrent les Autobos et les Decepticons. Pour tout vous dire on n’attend pas grand-chose de ce quatrième volet toujours réalisé par Michael Bay. Si l’on en croit les différentes bandes-annonces, le renouvellement n’est pas pour aujourd’hui. On peut juste se dire qu’avec Wahlberg l’aspect naïf, voire un peu inepte des précédents volets, risque de voler en éclats pour une implication tout en puissance virile. Sa date de sortie idéale compensera un essoufflement possible d’une franchise lancée il y a seulement sept ans.

Pronostic : 330M$

Geoffroy Blondeau

 

The Canyons: suspicion à tous les étages…

The Canyons: suspicion à tous les étages…

the-canyonsL’entrée en matière laisse perplexe. Elle surprend comme elle désappointe. De toute façon, n’attendez pas d’un vieux briscard comme Paul Schrader qu’il suive les sentiers battus de la bien-pensance. Surtout qu’il est épaulé par Bret Easton Ellis, responsable du scénario. Si The Canyons n’est pas une franche réussite, le film, financé pour une bouchée de pain avec l’aide des internautes (250 000 dollars), demeure fascinant, diabolique, entre vraie-fausse érotisation d’un environnement où le jeu de dupes, maquillé en thriller paranoïaque, s’amuse à recycler tout un pan de la contre-culture underground ciné des années 70-80, pour en extraire sa pseudo-modernité 2.0. L’immatérialité des relations entre les différents protagonistes fait écho au décor vide d’une cité froide, comme inexistante, porteuse en elle des germes de la dégénérescence.

L’introduction ne dit pas autre chose. Elle désincarne puis fige l’espace par l’intermédiaire de plans de caméra vidéo montrant les façades de vieilles salles de cinéma abandonnées. Los Angeles se retrouve alors perdue dans la pesanteur de sa propre contemplation, comme incapable d’exister au-delà de ce qu’elle est censée représenter.

Paul Schrader ne s’y trompe pas et ausculte avec malice les déboires sentimentaux de jeunes adultes paumés puisque privés d’idéal. La manipulation s’érige en recours, ressort dramatique indispensable pour dynamiser une narration plate, comme inerte, insuffisante ou inopérante compte tenu des individus censés la porter. D’ailleurs, le réalisateur se moque pas mal d’une quelconque ressemblance avec les histoires cheap à la « Hollywood stories ». Son film n’est pas tendance ni d’Entertainment. Il est cynique de bout en bout, cultivant, pour ce faire, un sentiment d’artificialité propre à développer une atmosphère ténue, minimaliste, anxiogène, presque véridique. Peu importe, alors, les faiblesses d’un film errant son nihilisme de façade incapable de dépasser la simple transgression de corps désincarnés jamais poétisés par notre couple réalisateur/scénariste.

Le désir est, ici, un leurre. Un objet de pression, un pervertissement, une addiction, un mal étrange qui conduit à la destruction. Paul Schrader filme ce no man’s land dans le désarroi d’un triangle amoureux voué à l’échec par peur du vide, sentiment paranoïaque, jalousie exacerbée, besoin corporel incontrôlable, amour viscéral inavoué. Cette dichotomie, entre l’aspect désertique d’un décor déshumanisant et la passion qui anime nos chers protagonistes, motive la dramaturgie d’un quotidien emplit de perversité malsaine. Rien de plus, rien de moins. D’où l’aspect froid d’un univers broyant des âmes dénuées de la moindre compassion. La mécanique des corps fait le reste.the_canyons_11

Pour ce faire, le cinéaste s’appuie sur un duo d’acteurs aussi improbables que proprement photogéniques. En faisant s’accorder Lindsay Lohan, ancienne égérie de Disney tombée dans la drogue et l’alcool, et James Deen acteur X à la gueule d’ange, Paul Schrader compose un couple aussi glamour (fictionnel) que pertinent (réaliste). En effet, ne sont-ils pas, chacun à leur manière, les représentants idéaux d’un univers flou occultant pour partie la démarcation entre réalité et fantasmagorie? The Canyons navigue dans ces eaux-là, peu importe la patine administrée par Schrader. Les désirs ne sont pas assouvis pour ce qu’ils devraient être. Ils sont vécus mais incompris, vaincus en somme par une nécessité contradictoire à leurs fonctions premières.

Ainsi, le temps du thriller répond à celui, plus terre à terre, d’un intime sans cesse observé qui ne trouve aucune échappatoire pour ceux et celles qui n’existent plus à force de trop vouloir attendre une gloire déjà passée.

 Geoffroy Blondeau

Note : 3/5

The Canyons. Un film de Paul Schrader. En salles le 19 mars 2014.

Durée. 1h39

Leonardo DiCaprio : un acteur exigeant et bankable…

Leonardo DiCaprio : un acteur exigeant et bankable…

LE-LOUP-DE-WALL-STREET-Affiche-France-2Le loup de Wall Street est la cinquième collaboration entre l’acteur Leonardo DiCaprio et le réalisateur Martin Scorsese depuis leur première rencontre ; et qui donna naissance à la fresque historique Gangs of New-York sorti en 2002 (2003 chez nous).

La date, comme le film, est charnière, puisqu’elle annonce dans la fureur et le sang, l’explosion artistique d’un acteur encore « bouffé » par son statut d’icône à midinettes suite au succès planétaire de Titanic (1997). Au-delà de la notion même de fidélité entre deux hommes nourris d’une même passion, Gangs of New-York révèle au grand jour les ambitions, forcément hautes, d’un acteur passionné comme obnubilé par l’expertise de son travail autour du jeu. Las d’être sans cesse renvoyé au Jack Dawson de Titanic, DiCaprio va prendre son destin en main pour se construire une carrière brillante, en tout point exigeante, parsemée de choix presque toujours judicieux. Soit l’exact opposé des sirènes entonnées par les studios hollywoodiens. Pour autant, il ne sortira pas du système, ni s’empêchera d’apparaître dans de superbes productions réalisées par les plus grands réalisateurs américains. Sacrifice nécessaire – celle d’une gloire planétaire pas toujours désirée par l’intéressé –, pour obtenir la liberté artistique dans une industrie tellement normée.

Un tel paradoxe est rare, et reflète les raisons de l’amour du public américain envers celui qui aura su, mieux que quiconque, incarner dans ses différents rôles la complexité d’une Amérique à la fascination intacte. Et les figures ne manquent pas pour celui qui a eu très tôt la reconnaissance de ses pairs (même si, paradoxalement, il attend toujours son Oscar). Les figures auront été historiques (Howard Hughes dans Aviator, Hoover dans J. Edgar), littéraires (Jay Gatsby dans Gatsby le magnifique) ou témoins d’une époque (Amsterdam Vallon dans Gangs of New-York, Franck Abagnale Jr. dans Arrête moi si tu peux, Franck Wheeler dans les Noces rebelles, Calvin Cardie dans Django Unchained, Jordan Belfort dans le Loup de Wall Street). Le reste de sa filmographie ne résiste pas à la notion du rôle dans sa dimension humaine, psychologique, en réaction avec l’environnement dans lequel il se confronte. Car, oui, il est presque toujours question avec DiCaprio de combat, de confrontation, d’interaction, de challenge, de perte de contrôle ou de survie. Inception, les Infiltrés, Mensonges d’état, Blood Diamond et, bien évidemment, Shutter Island, ont ceci en commun qu’ils n’enferment jamais l’acteur/personnage dans une case.

dicaprio34DiCaprio se débat alors comme un damné avec son/ses rôles (s) pour le (s) faire exister au-delà du genre ou des codes qui vont avec. Son exigence plaît. Son implication aussi. Sa façon de donner corps à un personnage, à coup sûr. Au point d’en faire parfois de trop. Néanmoins, il possède ce talent rare, presque magnétique, d’immortaliser après son passage les personnages qu’il aura incarné. En cela il perpétue le mythe propre aux géants d’un âge d’or du cinéma devenu intemporel. Il n’y a pas à sourciller, DiCaprio est une légende vivante, un acteur à part entière reconnaissable entre mille que le public veut voir. Il revendique, par son implication toute particulière, à la liberté du rôle. Peu importe où cela le mène. Une chose est sûre, vous ne l’avez jamais vu sauver le monde dans un blockbuster quelconque ou bien faire rire aux éclats la ménagère de plus de cinquante ans dans une comédie ordinaire. Par peur, évidemment, de devenir l’esclave d’un genre ou d’un rôle (il n’a jamais joué deux fois le même personnage), forcé qu’il serait de se plier aux codes hollywoodiens pour le moins avilissants.

Le succès de Leonardo, qui dure depuis quinze ans, fait de lui une « bête » du box-office capable de monter un film sur son seul nom. Question de maturité, de choix de carrière, d’exigence artistique. Adoré des studios, il s’est offert une liberté bien plus grande. En effet, si sa filmographie force le respect aussi bien dans son adhésion populaire que dans sa tenue qualitative, il le doit en grande partie aux réalisateurs qui l’ont fait tourner, Scorsese en tête. Avec Christopher Nolan, Clint Eastwood, Danny Boyle, James Cameron, Ridley Scott, Steven Spielberg, Quantin Tarantino, Sam Mendès, Baz Lurhmann ou encore Woody Allen, les conditions de son ambition émancipatrice sont réunies. Au même titre que l’empreinte qu’il est en train de laisser au cinéma comme, jadis, les Brando, Newman, McQueen, DeNiro. Avec sept films à plus de 100 millions de dollars en onze longs-métrages depuis Gangs of New-York (Titanic date de 1997), DiCaprio signe un sans-faute.

Mieux, il a imposé son visage, juste celui des grands hommes, comme des plus petits, et qui, par leur courage, habileté, petitesse, doute, passion ou désespoir, représentent, chacun à leur manière, une Amérique des possibles constamment torturée par sa propre histoire.

Geoffroy Blondeau

Un an de prison ferme pour McTiernan…

Un an de prison ferme pour McTiernan…

die-hard-vengeance-729-20130319173852783257-620x349L’affaire John McTiernan n’est pas drôle. Elle ressemblerait plutôt à une mauvaise blague dont les conséquences, dramatiques pour le coup, ont muselé l’un des cinéastes les plus talentueux de l’Entertainment américain. Privé de films depuis dix ans (Basic avec John Travolta et Samuel L. Jackson est sorti en 2003), le réalisateur de Piège de cristal sera bientôt privé de liberté. En effet, le tribunal supérieur de Los-Angeles a confirmé la peine d’un an de prison ferme qu’il devra purger dès le 3 avril 2013.

Tout commence en 2000 sur le tournage catastrophe du film Rollerball. Un différend artistique oppose le réalisateur et son producteur, Charles Roven. À tel point que McTiernan, qui soupçonne Roven de vouloir saboter le film, décide d’engager l’emblématique détective privé des stars, Anthony Pellicano. À la demande du réalisateur, il espionne le producteur et le met sur écoute. Proche de la mafia, Pellicano est devenu au fil des ans et jusqu’en 2008 l’homme « de mains » des stars, des agents de stars, des producteurs et des avocats des stars (il a été reconnu coupable de 70 chefs d’accusation et condamné à quinze ans de prison).

L’erreur de stratégie

L’arrestation de Pellicano aurait dû mettre fin à la procédure contre McTiernan. Il n’en n’a rien été. Tout simplement parce que le fond de l’affaire, celle qui lui brisa les reins, le moral et sa capacité à tourner des films depuis maintenant dix ans, n’a rien à voir avec les mises sur écoute d’un détective peu scrupuleux. Non, la « faute » de McTiernan est tout autre. Il paye pour avoir menti à deux reprises au FBI puis, sous la pression des autorités, d’avoir plaidé coupable lors de son procès. Lequel s’est éternisé de recours en recours jusqu’à sa mise en probation courant 2007 l’empêchant de réaliser des films. Car quel studio aurait accepté d’assurer un artiste susceptible de passer par la case prison…

Qu’aurait-il dû faire ? Nier comme ses petits copains stars, se prendre un « blâme » et s’en retourner, la « queue entre les jambes », sur les plateaux de tournage. Son honnêteté a fait de lui le bouc-émissaire idéal d’une affaire dont il n’a, à vrai dire, pas grand-chose à se reprocher. D’autant que sa condamnation, nous rapporte l’excellente enquête de l’Express, ne prend pas en compte une erreur de procédure que la juge chargée de l’affaire, Dale Susan Fisher, aurait refusé de transmettre au jury. En effet, les agents du FBI doivent se présenter en personne avant d’interroger un suspect. Petit problème. McTiernan a été contacté par téléphone. Si vous ajoutez à cela les retranscriptions des écoutes illégales sur le producteur Charles Roven peu concluantes ainsi que le retrait d’un témoin à charge important, l’affaire « McTiernan » ne tient plus vraiment la route ! Et pourtant, il semble peu probable qu’il puisse échapper à la prison pour s’offrir un happy-end dont Hollywood a le secret.JohnMcTiernan

Le 7 mars 2013 une page Facebook a été lancée en soutien au réalisateur, Free John McTiernan. Il était temps. Depuis son ouverture, la page a récolté plus de 4000 « likes » et recueilli le soutien de stars américaines telles que Samuel L. Jackson, Brad Bird ou encore Joe Carnahan. Quand la solidarité se joint à l’indignation, l’espoir est de mise. Même le plus mince. Jean-François Rauger, directeur de la programmation de la Cinémathèque française et soutien du réalisateur dans cette épreuve, est prêt à organiser une rétrospective intégrale et rappel que John McTiernan « est un cinéaste et un artiste important et ce n’est pas le diable ! » 

Un gâchis pour le cinéma

L’esprit frondeur, bougon et libre de John McTiernan, artiste entier dévoué totalement à son art, n’a jamais été apprécié des grands studios. Ce vilain petit canard un brin taciturne n’a sans doute pas rapporté assez d’argent avec ses derniers films pour être sauvé de cette descente aux enfers. Le gâchis est énorme. Inconcevable. Insupportable. Alors que l’industrie Hollywoodienne aurait besoin de réalisateurs de sa qualité, elle préfère utiliser des faire-valoir interchangeables responsables de la médiocrité artistique actuelle.

John Mctiernan a eu 62 ans cette année. Malgré l’épreuve terrible qu’il endure, il serait formidable d’imaginer – à l’instar d’un Francis Ford Coppola revenu, lui aussi, après 10 ans d’absence – qu’il puisse irradier de son génie visuel de nouvelles histoires libres de toute pression vénale de certains producteurs attirés uniquement par l’appât du gain.

Geoffroy Blondeau

Terrence Malick: Le démiurge américain

Terrence Malick: Le démiurge américain

« Oh mon âme, laisse-moi faire partie de toi. Regarde à travers mes yeux et contemple ton œuvre ».  La Ligne rouge, 1998

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Terrence Malick est un sacré prestidigitateur. Car il faut beaucoup de dextérité pour nourrir en ces temps frappés d’overdoses communicationnelles le mystère d’une vie. Œuvrant à contre-courant de tout effet médiatique superfétatoire, l’homme s’emmure dans le silence, se réfugie au sein d’une nature insondable et délivre, entre deux disparitions, un cinéma précieux. Cet antagonisme, si singulier d’ailleurs qu’il n’échappe pas à la critique, aura façonné la légende d’un cinéaste hermétique à toute forme de communication, qu’elle soit visuelle, écrite ou sonore.

Le réalisateur américain se moque de la gloire. Il préfère laisser les nombreux commentateurs s’époumoner à déconstruire ou expliquer – c’est selon – une démarche personnelle, donc exclusive, d’un artiste cherchant à percer le mystère de la nature humaine. Toute autre considération serait superflue, voire inappropriée. Cette non-compromission artistique est, en somme, la marque de fabrique d’un démiurge du 7ème art capable d’envouter le public en quelques plans. L’émerveillement est travaillé, certes. Mais il n’est point factice. Ni de circonstance. Encore moins frappé d’un quelconque populisme artistique. Le cinéma de Malick puise ses racines à partir de thématiques universelles – homme/femme, nature/culture, vie/mort, athéisme/foi, ciel/terre –, elles-mêmes indissociables d’une nature nourricière élevée au rang de sujet. Un tel chant du monde est rare dans le cinéma. Inespéré dans l’industrie hollywoodienne actuelle.

Une vie de philosophie, un destin de cinéaste

Né le 30 novembre 1943 à Ottawa dans l’Illinois, Malick passe son enfance, puis son adolescence, entre l’Oklahoma et le Texas. Peu attiré par le métier de son père (géologue d’une grosse compagnie pétrolière, Phillips Petroleum), le jeune Terrence préfère s’imprégner des odeurs de la moisson aux côtés des travailleurs saisonniers. Cette expérience sensorielle si singulière sera retranscrite quelques années plus tard dans son deuxième film, Les Moissons du ciel (1978). Elève brillant, Terrence Malick étudie la philosophie à Harvard avant de s’envoler pour Oxford afin d’y préparer un doctorat portant sur le concept du monde chez Wittgenstein, Heidegger et Kierkegaard. En désaccord avec son directeur de thèse, il claque la porte et retourne aux USA enseigner la philosophie au MIT (Massachusetts Institute of Technology) tout en collaborant régulièrement pour les magazines Life, New-Yorker et Newsweek. Sa carrière semble tracée. Elle sera perturbée par un drame personnel. En 1968, son frère Larry, parti en Espagne suivre l’enseignement du grand guitariste Andrés Segovia, se suicide. La douleur de Malick est immense et le pousse, paraît-il, à s’inscrire un an plus tard à l’American Film Institute où il croisera un certain David Lynch.

la-balade-sauvage1969 est une date charnière. Il traduit Le Principe de raison d’Heidegger et réalise un court-métrage remarqué, Lanton Mills. Philosophie et cinéma sont liés. Comme un tout d’une cohérence fragile où l’un n’aurait de sens sans l’autre. Le désir d’images est là ; l’envie farouche de proposer une vision du monde la plus universelle possible, aussi. Son premier film, Badlands (avec Martin Sheen et Sissy Spacek dans les rôles titres), sort en 1973. Il a 30 ans. Et l’avenir devant lui à en croire l’avis unanime de la critique, le New York Times saluant même « le premier film le plus maîtrisé depuis Citizen Kane ».

Que dire de cette balade sauvage si ce n’est qu’elle regorge déjà des fulgurances poétiques d’un artiste capable de nous parler de son pays par le biais d’une jeunesse rebelle (La Balade sauvage), de ses boys (La Ligne rouge), de son histoire (Le Nouveau Monde), de sa mythologie (Les Moissons du ciel) ou de son rapport à la création (The Tree of life). Le film s’inscrit clairement dans la tradition du road movie, immortalisé en 1967 par Arthur Penn avec Bonnie and Clyde. Si la violence n’est pas occultée, elle se structure par le refus des normes, ancrant sa « légitimité » dans le dérèglement d’un monde aux valeurs vacillantes. Ainsi, l’insouciance crédule de nos deux fuyards modifie le rapport à l’acte qui n’est, de fait, jamais vraiment motivé par la mise en  scène du cinéaste. L’immersion s’affiche, au cœur d’une nature spectatrice, sorte de berceau immaculé d’où le mal prendrait sa source.

Des moissons, une disparition

Cinq ans après un tel coup de maître, Malick récidive avec son deuxième long-métrage au titre évocateur : Les Moissons du ciel. Alors qu’il révèle Richard Gere (son meilleur rôle à ce jour ?), le réalisateur américain peaufine les contours d’un cinéma panthéiste où tout est nature, des champs de blé aux hommes qui s’y débattent (l’immensité des champs de blé, filmés pendant « l’heure bleue », donnera au film sa beauté plastique si particulière). Sa caméra, aérienne en diable, ne cesse de contempler cette nature foisonnante de vie où se déroulent les grandes manœuvres des Hommes, entités imparfaites errant sur la terre à la recherche d’une vérité inaccessible. L’inéluctable destin d’un paradis perdu est à l’œuvre. Par l’entremise d’une histoire d’adultère a priori anodine, le cinéaste construit sa narration par fragmentation de point de vue (le fermier, l’amant, l’amante, l’enfant), en référence au chant polyphonique du poète naturaliste américain Walt Whitman (1819-1892). L’utilisation de la voix off (un des signes distinctifs de son cinéma) lui permet de relier les différents personnages afin d’obtenir une cohésion narrative spécifique, loin des canons scénaristiques de l’époque, scellant, par là même, son échec public.

les-moissons-du-cielAcclamé une nouvelle fois par la critique, le film, en compétition au festival de Cannes 79, repart de la croisette avec le prix de la mise en scène. Visiblement insuffisant. Ou trop stressant. Sans doute un peu des deux. En tout cas l’effet est radical. Malick disparaît comme tombe le vent ; d’un coup. Il faut croire que la reconnaissance par ses pairs n’est pas pour lui. S’ensuit une période de silence absolu. 20 ans sans la moindre déclaration, le moindre mot, la plus petite image. Rien. Aucun son, ni signe de vie. Terrence Malick a disparu ; corps et âme. Mais alors, qu’a-t-il fait au juste ? De cette période nous ne savons pas grand-chose. Il séjourne en France, dispense des cours de philosophie et rêve, sans doute, encore, toujours, de cinéma.

Pour les plus farfelus d’entre vous, l’explication de John Travolta est amusante à défaut d’être vérifiable. Alors que l’acteur devait incarner le personnage joué par Richard Gere dans Les Moissons du ciel, une clause de non-libération l’empêcha de répondre favorablement à la proposition de Malick. Cette situation, assez courante au cinéma, eut un effet dévastateur chez le réalisateur au point que Travolta lui posa un jour la question de son retrait des plateaux de tournage : « C’était vraiment cela ? Le fait que les producteurs ne m’aient pas libéré pour jouer dans Les moissons du ciel. » Ce à quoi Malick aurait répondu : « Oui. Il y a quelque chose dans le fonctionnement de la machine Hollywoodienne qui me met dans un état de panique ».

Fuir à tout prix. Seule échappatoire d’un homme plus à l’aise avec les oiseaux et le bruissement du vent dans les feuillages. C’est donc sans regret qu’il quitte les studios la tête remplit d’un ailleurs de tranquillité. Cet aspect, fascinant à plus d’un titre, renforce le paradoxe d’un artiste insondable opérant une véritable fascination aussi bien des producteurs que des stars de cinéma. Ses trois derniers films, bien qu’ils soient d’auteur, ne sont pas des œuvres underground fauchées mais de vraies productions Hollywoodiennes au budget plus que confortable (The Tree of life aura quand même coûté 30 millions de dollars).

Pour l’anecdote et au sujet de La ligne rouge (1998), Sean Penn aurait lancé au réalisateur américain : – « Donnez-moi un dollar, un lieu et une date ».

1998. Un retour inattendu

Son come-back en surprit plus d’un. Il ne fut pas, comme beaucoup le craignaient, qu’un simple coup médiatique autour d’un artiste disparu – même si devenu culte – en manque de reconnaissance. Produit par la Fox, La Ligne rouge, adaptation du roman éponyme de James Jones, aborde la bataille de Guadalcanal (île de l’Océan Pacifique) qui opposa les Américains aux Japonais pendant la seconde guerre mondiale. Or et contrairement au film de Steven Spielberg (Il faut sauver le soldat Ryan, sortit la même année), le long-métrage de Malick n’est pas un hymne patriotique sur l’engagement, le déracinement ou le sacrifice des boys américains dans un conflit mondial. S’il est bien question de guerre, scène d’assaut à l’appui, le cinéaste, mu par vingt ans de réflexion en dehors des plateaux, se place désormais comme un observateur infatigable de la nature humaine. Il la questionne, la triture et la façonne en lui donnant un ancrage entre réalisme et métaphysique. Ce parti pris, qui suscite maintes critiques, parfois par pure idéologie, ne peut se soustraire à l’extraordinaire puissance dégagée par sa mise en forme. En effet, Malick recompose le principe de mise en scène en « captant » le sensible d’un espace donné à un moment donné afin d’y déceler le moindre soubresaut susceptible de faire avancer ses hypothèses. La poétique est particulière, parfois pompière, toujours fascinante. Elle se construit autour d’une voix off devenue interrogative. Malick est allé chercher au cœur de cette nature luxuriante des points d’ancrage aux questions qu’il se pose et qui nous mettent à l’épreuve.La-ligne-rouge-06

Malgré sept nominations aux Oscars 1999, le film repartira bredouille, vaincu, entre autre, par Shakespeare in Love (sic). L’Europe, quant à elle, lui réserve un accueil plus favorable. Ours d’or à Berlin et près de 900 000 entrées en France.

Le Nouveau Monde, quatrième film de son auteur, sort en 2006. Pendant sept longues années rien n’a filtré ou si peu sur ce film forcément attendu. Terrence Malick est resté introuvable, inaccessible, mutique. Fidèle, en quelque sorte, à sa réputation d’artiste fuyant comme la peste la lumière des projecteurs. Malgré cette absence médiatique assez rare de nos jours, le retour du maestro américain est bel et bien confirmé. Le film, au-delà de l’histoire d’amour narrée entre l’Amérindienne Pocahontas et le navigateur anglais John Smith, est avant tout un film sur le sacrifice. Sacrifice né de la rencontre de deux mondes qui s’affrontent au sein de cette nature indifférente à la folie des hommes. Les quinze dernières minutes sont, de ce point de vue, éclairantes. Elles posent, sous la forme d’une conclusion ouverte, l’affirmation d’une tendance, celle d’un cinéma aérien, fragmenté, entre réalité bazinienne et pensée transcendantale en référence au poète naturaliste américain Henry David Thoreau.

Méthode de travail et Palme d’or à Cannes

Contrairement aux idées reçues, Terrence Malick est le contraire du cinéaste ultra-méticuleux, ordonné et respectueux des plans de tournage. Si ces films sont d’une rigueur diabolique, l’homme, malgré son indéniable talent, n’a rien à voir avec le dictateur des plateaux. Loin d’un Chaplin, d’un Cameron ou d’un Fincher, il est une espèce de diablotin à l’inventivité désordonnée, sorte d’homme-orchestre plus proche du guide spirituel que du réalisateur autoritaire voulant garder le contrôle sur tout. La légende « Malickienne » voudrait qu’il n’explique jamais les scènes, ne suive pas le scénario, ne regarde pas les rushs. Il agit plus comme une muse, au grès de son humeur, pouvant, en plein milieu d’une scène, tout laisser tomber pour aller filmer des heures de forêt vierge ou saisir, entre deux plans, le passage d’un animal sauvage. De lui Brad Pitt dit qu’il est  «imperfectionniste. Il essaye de trouver les moments vrais qui ne surviennent que dans le chaos d’un tournage. Il écrit des notes pour les acteurs au jour le jour, travaille avec une équipe très réduite, ne fait pas plus de deux prises à chaque fois. Les acteurs évoluent devant sa caméra comme ils le sentent. Pour lui, les répliques ne sont pas essentielles, c’est la substance de la scène qui l’est ».

Tree-of-Life52C’est au cours de sa « disparition » que Malick écrit les premières pages du scénario de  The Tree of Life. Nom de code : « Q » dans lequel il décrit déjà l’origine du monde. À l’époque le film est impossible à réaliser malgré le feu vert de la Paramount. Il faudra attendre près de 35 ans, un retour salué en 1998 et l’aide précieuse d’un acteur bankable – Brad Pitt – pour que le film voit enfin le jour. The Tree of life est l’œuvre d’une vie, commencée en 1969 avec son court-métrage Lanton Mills. Malick, dans la plus pure tradition Wittgensteinienne (en référence au philosophe autrichien Wittgentsein) ne s’intéresse pas, ici, à «la façon dont le monde est» mais dans «ce qu’il est ». La substance de la scène dans la répétition des mêmes gestes, des mêmes mots prononcés ou des mêmes absences douloureuses, se construit par imbrication de multiples temporalités. Images du présent et images souvenirs interagissent pour faire du monde un lieu de vie et de mémoire en perpétuel mouvement.

En compétition au festival de Cannes 2011, The Tree of life a divisé la critique mais obtenu la Palme d’Or. Classique, en somme. Malick, quant à lui, a brillé par son absence. Seul compte l’art et l’œuvre qu’on laisse derrière soi. Le reste n’est que littérature, vanité mal placée, affaire d’ego.

Déjà un nouveau film

2013. À la merveille sort sur les écrans. Soit deux ans à peine après The Tree of life. Une première pour Terrence Malick. À bientôt 70 ans, le réalisateur américain semble vouloir accélérer le rythme et fourmillerait même de projets. Si son dernier film divise encore une fois la critique, lui, ne change pas. Son expérimentation tend vers un idéal de mise en scène, au plus près des sentiments, toujours en quête de sens, dans l’art de la variation infime par-delà le réalisme primaire des choses dites. Depuis plus de quarante ans il n’a cessé de se questionner sur le sens de la vie, son origine, ses fractures, son histoire, ses blessures, sa relation au monde. Ce faisant, il remet systématiquement son ouvrage en question, modulant une esthétique qui semble faire écho aux propos tenus par Tarkosky sur l’art en général : « Le but de tout art est de donner un éclairage, pour soi-même et pour les autres, sur les sens de l’existence, d’expliquer aux hommes la raison de leur présence sur cette planète, ou, sinon d’expliquer, du moins d’en poser la question ».

Geoffroy Blondeau

Le territoire des loups: Humanité aux abois

Le territoire des loups: Humanité aux abois

Il s’agit d’un retour aux sources pour Joe Carnahan. De celles de Narc, polar noir virtuose qui lui ouvrit les portes de Hollywood en 2003. Après deux films de commande pourtant très correctes (Mi$e à prix et L’agence tous risques), le réalisateur semble avoir eu besoin de recentrer sa mise en scène autour d’une histoire capable de vous prendre aux tripes. Mais n’ayez crainte, aucune tromperie ne s’affiche. Le territoire des Loups ne lorgne heureusement pas vers le survival fauché estampillé B pour gamer en manque d’adrénaline. Si la production, de qualité, reste Hollywoodienne, l’intensité est au rendez-vous. La morale sauve n’étant pas la tasse de thé du réalisateur, le film égrène sans mal sa rudesse envers des hommes perdus, livrés à eux-mêmes, luttant contre une mort certaine.

Le pitch est basique, assurément. Mais il ne dévie jamais de sa trajectoire implacable malgré des longueurs et des caractérisations un peu grossières. De toute façon la lutte sera acharnée pour les quelques survivants du crash d’un avion perdu au fin fond de l’Alaska. L’ironie aussi, puisque les miraculés joueront une deuxième partie presque perdue d’avance. Dans un environnement froid, désertique et peuplés de loups affamés, les chances de survie sont faibles. Si l’homme est un loup pour l’homme, il lui arrive bien souvent de se serrer les coudes pour espérer une issue favorable. Et l’homme espère. Viscéralement. Ontologiquement. Jusqu’au dernier souffle de vie.

Joe Carnahan impose alors ses règles dans une course-poursuite contre le temps où la moindre faiblesse se paye cash. Point de repos pour des hommes ne pouvant faire marche arrière. Le tempo prend l’allure d’une danse macabre, effleurant sur quelques plans fascinants, le fantastique. Moby Dick n’est plus très loin. John Ottway (l’un des survivants campés par un Liam Neeson impressionnant d’engagement) devient, au fil des heures, le leader du groupe, tel le capitaine Achab à la recherche du grand cachalot blanc. Sans peur, il fonce tête baissée. Contre le vent, contre le froid, contre la faim, contre les individualités d’un groupe à l’agonie, contre les loups, contre lui-même. En fait il ne fuit pas. Il affronte pour se sentir en vie. Une dernière fois. La dernière fois. L’empreinte physique du film est, de ce point de vue, une réussite. Très formel dans son ancrage de terrain, Le territoire des loups joue sur la linéarité des événements internes du groupe. Ce qu’il gagne en compacité narrative, il le perd en intensité dramatique. Cela vaut surtout pour les trop nombreuses scènes de flashbacks, inutiles dès lors, tout comme la succession un peu mécanique des disparitions.

L’apport du numérique ne condamne jamais la crédibilité de ces bêtes aux dimensions anormales. Elles viennent mettre à l’épreuve une humanité vacillante, représentée par ces pauvres fous dont la foi n’a pas complètement disparu. La fin sonne alors comme une délivrance. Ou comme une condamnation. A vous de choisir. Dans tous les cas, le dernier film de Carnahan frappe fort et soigne ses effets. S’il ne s’agit pas d’un grand film, il s’avère être une très bonne surprise, entre le survival survitaminé et le thriller naturaliste osé.

Geoffroy Blondeau

Le territoire des Loups. Une film de Joe Carnahan. Sortie le 28 février 2012

Durée 1h57

Critique publiée sur ecrannoir

 

The Green Lantern: Le premier échec de l’été US?

The Green Lantern: Le premier échec de l’été US?

On ne peut pas dire que The Green Lantern, avec 53 M$ lors de son premier week-end d’exploitation, ait raté son démarrage. D’autant plus qu’il s’agissait du quatrième film de super-héros cette année après le Frelon vert, Thor et X-Men le commencement. En attendant l’arrivée d’un certain Captain America. A dire vrai il n’a pas non plus réussi à se sortir des scores de ses petits copains, faisant même moins bien que le Thor de Branagh (65M$). Le problème, car il y a problème, vient de trois aspects:

Premièrement son budget. IMDB annonce 200M$. Possible. Si c’est le cas le film doit, au minimum, atteindre les 450M$ dans le monde.

Pour cela il se doit de fonctionner à l’International. Son score US, qui risque de stagner aux alentours des 120-130M$, ne pourra pas lui permettre le moindre faux pas.Or, et compte tenu de la faible popularité de ce super-héros à travers le monde, le doute est permis. D’autant que les premiers chiffres ne sont pas très bons. On ne sait jamais mais je doute que le film de Martin Campbell puisse aller titiller la barre des 300M$.

Enfin les avis. Assez mauvais, ils crucifient le bouche à oreille. La possibilité d’un hit également.

Rien n’est joué mais The Green Lantern risque bien de devenir rouge en cette période estivale. Car les sorties des gros films depuis Rio ont assuré. Et contrairement à l’année dernière il n’y a pas eu de véritables échecs du type Robin des bois (105M$), Sex and the city 2 (95M$) ou encore Prince of Persia (90M$). Tous les films ont dépassé (ou vont dépasser) les 135M$. D’autant que les prochaines semaines s’annoncent assez chargées:

Cars 2

Transformers 3 (qui signera l’arrêt de mort de Green Lantern)

Zookeeper (avec Kevin James, un comique qui cartonne aux States)

HP7 partie 2

Captain America

Cowboys & Aliens

Soyons optimiste et parions sur 125M$ en fin de carrière. Si ce score lui évitera le bide, il ne le sauvera pas de l’échec.

 

Geoffroy Blondeau