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Rattrapage : Crimsom Peak: Demeure gothique…

Rattrapage : Crimsom Peak: Demeure gothique…

crimson-peak-chastainCarpenter profitant de sa semi retraite, Romero essayant vainement de trouver un second souffle et Raimi étant un peu trop happé par la machinerie hollywoodienne, il est de notoriété publique qu’aujourd’hui les plus grands artisans du fantastique populaire tel qu’on l’aime se résument en deux noms : Peter Jackson et Guillermo Del Toro. D’autant plus que ces derniers bénéficient de moyens à la (dé) mesure de leur imaginaire.

Après de multiples déboires, la non réalisation du Hobbit, l’échec de l’adaptation fantasmatique des Montagnes hallucinées de Lovecraft, Del Toro nous revient en très grande forme avec un conte gothique tout droit hérité de la Hammer. Et nous rappelle à quel point le mexicain est un esthète doublé d’un formaliste dont l’image n’est là que pour appuyer sa soif de créativité.

Crimson Peak donc. Une romance tragique, une décadence victorienne, une banale histoire de fantômes sublimée par des décors d’une beauté digne d’un Visconti. Si, initialement, voir Del Toro s’attaquer aux films de maison hantée laissait présager d’un grand huit étourdissant, avec moult frayeurs, Crimson Peak préfère les doux relents de l’atmosphère gothique, dont la mise en scène s’attachera à en dévoiler les innombrables détails.

Il est difficile de créer de nos jours un film de maison hanté totalement innovant et novateur. C’est pourquoi Del Toro ne s’affranchit jamais de ses ainés, bien au contraire il rend à chaque instant un hommage bouleversant à toutes les Maison Usher, Maison du diable, les films de Bava, ceux avec Christopher Lee et Peter Cushing. Comme un abécédaire il récite toutes ses leçons sans pour autant oublier d’y insérer ses obsessions : de Cronos au Labyrinthe de Pan tout son cinéma se retrouve dans Crimson Peak. Et que dire de la fameuse maison, personnage à part entière, vibrante, suffocante, impériale dans sa décrépitude dominant les vastes landes l’entourant, angoissante à travers ses salles de bains et autres chambres fleurant bon les traumas du passé. Nul doute que Del Toro atteint la perfection dans la minutie de sa reconstitution, chaque objet transpirant d’une attention maniaque, la mise en scène ajoutant un degré d’immersion qui nous promène tels des pantins dans chaque recoin de la demeure.

Évidemment on pourrait regretter que ce terrain là est bien connu et a été déjà maintes fois abordé. Le cinéma italien, anglais, américain ont tous, à leur manière, décrits les turpitudes d’individus coincés dans une demeure infernale où, selon le style et l’époque, la dominante s’axait sur les décors, la photo et le travail du clair obscur. Mais bouder Crimson Peak pour cette raison consisterait à passer à côté de son gothisme échevelé et de ce doux sentiment de se promener dans une propriété privée où tout nous semble à la fois familier et merveilleux. Del Toro en possède les clés, alors n’hésitez pas à les lui demander.

Denis Baron

Note 4 / 5

Crimsom Peak. Un film de Guillermo Del Toro. En salles depuis le 14 octobre 2015.

Durée 1h59

Bilan B.O France 2014…

Bilan B.O France 2014…

bon dieuLes salles françaises se portent bien. Très bien même. En 2014, elles ont attiré un public nombreux pour un cumul dépassant la barre des 200 millions de spectateurs. Avec 208,43 millions d’entrées (chiffres non définitifs publiés par le CNC), l’exercice 2014 est en augmentation de 7,7% par rapport à celui de 2013. Un quasi record puisque en 47 ans (1967 et ses 211, 5 millions d’entrées) seule l’année 2011 a fait mieux (217,2 millions d’entrées). L’année 2014 est également bien au-dessus de la moyenne nationale depuis dix ans (196,47 millions d’entrées).

Devant ce plébiscite pour les salles obscures, la part de marché des films français s’avère plutôt élevé avec 44%, soit 11 points de mieux qu’en 2013. La fréquentation des films français atteint, quant à elle, 91,62 millions d’entrées, soit le score le plus haut depuis trente ans et ses 94, 12 millions d’entrées. Même si légèrement devant, les films américains subissent une chute de 9,9% pour atteindre 93, 93 millions d’entrées. Idem pour leur part de marché tombant à 45,1% en 2014 contre 54,2 % en 2013.

Les films français…

Comme de coutume depuis plusieurs années, un film booste la fréquentation. Nous vous le donnons en mille, il s’agit d’une comédie française. Avec 12,2 millions d’entrées Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ?, se classe à la 14ème place historique des plus gros succès en France. Signalons qu’avec ce triomphe, Christian Clavier établit un record inédit au box-office en devenant le seul acteur, toutes nationalités confondues, à avoir tenu un rôle principal dans quatre films à plus de 10 millions d’entrées.

  1. Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre (2002) : 14,5 millions d’entrées
  2. Les Visiteurs (1993) : 13,7 millions d’entrées
  3. Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ? (2014) : 12,2 millions d’entrées
  4. Les Bronzés 3 : Amis pour la vie (2006) : 10,3 millions d’entrées

Autre satisfaction. Les quatre premières places du B.O sont occupées par des films français qui, de surcroit, dépassent également les 5 millions d’entrées. Outre le film de Christian Clavier notons la présence du trublion Danny Boon avec un Supercondriaque à 5,3 millions d’entrées. Même score pour le retour de l’enfant prodigue, Luc Besson. Sa Lucy, plus américaine que vraiment française, dépasse, elle aussi, les 5 millions d’entrées (5,2). Hormis les bouillies infâmes en images de synthèse du réalisateur (la trilogie Arthur et les Minimoys), le dernier carton live de Besson remonte tout de même à 1997 et le Cinquième Élément (7,7 millions d’entrées). Dans quelques jours La Famille Bélier les dépassera pour terminer sa course à la deuxième place 2014, plus proche d’ailleurs des 6 millions d’entrées que des 5. Nous aurons donc une année avec quatre films français aux quatre premières places. Ce qui n’était plus arrivé depuis 1970 !

Au final, il faut noter la présence de 8 films français dans le top 20 (dont 7 comédies !), tous à plus de 2 millions d’entrées (Samba, Les vacances du petit Nicolas, Babysitting et Les trois frères, le retour). Outre les sempiternelles comédies cartonnant au côté du dernier Besson, saluons la belle performance du film d’animation de Louis Clichy et Alexandre Astier, Astérix : Le domaine des Dieux (près de 3 millions d’entrées pour cette nouvelle adaptation du célèbre gaulois). Les premiers films de genre français – néanmoins « marketés » comme il le faut avec stars à l’appui –, se retrouvent relégués à la 27ème place (La belle et la bête à 1,8 million d’entrées), 30ème place (Yves Saint-Laurent à 1,6 million d’entrées) et 34ème place (La French, le dernier film avec Jean Dujardin vient de dépasser les 1,5 million d’entrées). Bref, il reste peu d’espace pour des films alternatifs en demande de reconnaissance. Seul Hippocrate, flirtant avec la barre symbolique du million d’entrées (914 651 entrées), aura su tirer son épingle du jeu. Un dernier mot au sujet de Timbuktu. L’excellent film franco-mauritanien d’Abderrahmane Sissako continue de bénéficier d’un très bon bouche-à-oreille pour dépasser les 600 000 entrées.

hobbit_3_horizontal_teaserLes films américains

Petite surprise pour la production américaine. Un seul film dépasse les 4 millions d’entrées au cours de l’année écoulée avec le dernier épisode de la trilogie de Peter Jackson,  le Hobbit : La bataille des 5 armées à 4,7 millions d’entrées. Il faut remonter à 1995 pour retrouver pareille situation où seul Pocahontas avait supplanté cette marque (5,6 millions d’entrées). Tous les autres blockbusters sont en retrait par rapport à l’année dernière, oscillant péniblement entre 2 millions (Maléfique) et 3,7 millions d’entrées (La planète des singes : l’affrontement).

Signalons quelques beaux échecs comme la suite du reboot de Spiderman (2 millions d’entrées pour The Amazing Spiderman : le destin d’un héros, là où les films de Raimi attiraient en moyenne 5-6 millions de spectateurs), ou du troisième opus des Expendables tout juste au-dessus millionnaire. Nous ne parlerons pas des fours, des vrais, comme Transcendance (780 000 entrées), le remake de Robocop (681 000 entrées) ou, pour ne citer que lui, Sin City, j’ai tué pour elle (375 000 entrées contre 1,2 million d’entrées pour le premier opus). À sa décharge, le film s’est également planté aux États-Unis…

Nous avons eu de cesse de le répéter, la politique de la franchise des productions américaines séduit de moins en moins un public blasé de voir se succéder super-héros, suites à rallonge et autres reboot inutiles. En cumul, ces films font des entrées. Certes. Mais elles s’effritent interdisant à un film de sortir du lot. Reste que sur les 20 premiers films de l’année 2014, 11 sont américains. Mention spéciale pour le Labyrinthe, petite production de 35 millions de dollars venue de nulle part et qui a su attirer plus de 3 millions de spectateurs. Idem pour le nouveau Fincher, toujours très populaire chez nous. Son remarquable Gone girl flirte avec les 2 millions d’entrées là où le Scott (Exodus) se plante à moins de 1,5 million d’entrées. C’est-à-dire au même niveau que le réjouissant The Grand Budapest Hotel, le chargé Noé ou le stupéfiant Godzilla. Un dernier mot pour dire que le carton US de l’été, à savoir Les gardiens de la galaxie, n’a pas fait recette chez nous avec son cumul juste acceptable de 2,3 millions de spectateur. Pas grave, sa suite, prévue pour 2017, saura rectifier le tir.

mommyLe reste du monde

Les films non français et non américains reculent eux-aussi en passant de 12% en 2013 à 11% en 2014. La fréquentation est également en baisse à 22,8 millions d’entrées (-4,7%). La chute est faible. Soit. Mais elle confirme une tendance. Celui d’un souci, réel, de visibilité, comme de diffusion, de films considérés moins grand public. Pas étonnant, donc, de retrouver à la première place des films étrangers le célèbre ours en peluche Paddington qui a eu le droit à sa première adaptation cinématographique. Si, avec 2,6 millions d’entrées, Paddington n’est pas le carton attendu, le film talonne néanmoins Astérix : le Domaine des Dieux.

Le deuxième film étranger est 44ème. Il s’agit de Mommy, dernier long-métrage de Xavier Dolan. Celui-ci, de qualité, a très certainement bénéficié de son passage cannois (Prix du Jury), d’une très bonne presse et d’un bouche à oreille solide pour assurer son succès. Avec 1,1 million d’entrées, Mommy « atomise » la moyenne des quatre derniers films du réalisateur (108 000 entrées). Par contre, le troisième film étranger en termes d’entrées (64ème) est une déception. Pour ses adieux à la réalisation, Miyazaki nous laisse une œuvre réussie qui n’a pas su, hélas, toucher plus largement le public. Avec 776 769 entrées, Le vent se lève laisse un goût d’inachevé presque dommageable.

Cette année, comme en 2013, 6 films étrangers font partis des 100 films ayant attirés le plus de spectateurs. C’est peu. Trop peu, hélas. Outre les trois longs-métrages suscités, Philomena, Ida et Khumba complètent la liste. Il est à noter que la palme d’or 2014, Winter Sleep, réalise 344 207 entrées. À titre de comparaison, la Vie d’adèle, palme d’or 2013, avait réalisé un peu plus d’un million d’entrées. Comme à l’habitude, plus nous descendons dans la hiérarchie, plus l’éclectisme du cinéma mondial prend le dessus mais reste drastiquement anecdotique.

 Geoffroy Blondeau

Le Hobbit : La bataille des cinq armées : Jackson clôt son aventure…

Le Hobbit : La bataille des cinq armées : Jackson clôt son aventure…

hobbit_3_horizontal_teaserPremier film au cinéma depuis le 06 septembre. Ça fait du bien. D’où l’idée, peut-être saugrenue, d’être allé voir le dernier chapitre du Hobbit. Dépaysement assuré. Le but recherché est atteint. Mais est-ce pour autant une conclusion réussie ?

Je ne vais pas ergoter autour d’un film généreux qui n’est pas tout à fait à la hauteur de l’attente, ni des deux premiers épisodes de la saga. En somme, la déception domine. De peu, il faut être honnête. Mais quand même. Loin d’être mauvais, cette bataille des 5 armées fonctionne à bloc dans ce qui reste d’histoire à Peter Jackson. C’est-à-dire pas grand-chose. Alors, le célèbre barbu à lunettes brode, rallonge à loisir des scènes de bataille pour favoriser, dans un deuxième temps, des corps à corps de hautes volées entre nains, orques, elfes et humains. Et pour quoi au juste ? Pour clore, dans la frénésie de rebondissements guerriers plus ou moins tragiques, l’aventure « simple » d’un trésor et d’un dragon sous la montagne.

La scène d’ouverture du film où Smaug, le revanchard, s’en prend à Lac-ville est suffisamment impressionnante pour nous replonger immédiatement dans la fureur d’une Terre du Milieu pourtant circonscrite à un décor quasi unique (la Montagne Solitaire).  L’effet porte même si celui-ci est assez éloigné du ton, plus léger, de l’histoire inventée par Tolkien. Rien ne change vraiment depuis la Désolation de Smaug et on ne sait plus trop où veut en venir le cinéaste, coincé par le lien qu’il opère entre ce Hobbit et le Seigneur des anneaux. Sa narration est noyée dans les combats (certes splendides) pour en oublier – presque –  la raison de la présence de Bilbon, hobbit courageux ayant pris part à cette aventure. Seul compte la menace, même diffuse, d’un Sauron, anticipant avec maladresse les événements futurs contés 60 ans plus tard.

Reste une première heure plutôt maitrisée, immersive, voyant Thorin succomber petit à petit à la folie de l’or sous la montagne. Idem pour les vingt dernières minutes d’un long-métrage idéalement moins emphatique que le Retour du Roi. Si celles-ci restent sobres, elles ne peuvent sauver complètement une aventure merveilleuse submergée par la grandiloquence des postures, déshumanisant de fait le périple de cette compagnie improvisée de treize nains et d’un hobbit.

L’amour de Peter Jackson envers l’univers de Tolkien n’est pas contestable. Ni les qualités de mise en scène d’une saga inventive à plus d’un titre. J’aurai, de toute évidence, préféré tisser à ma façon le lien entre les deux trilogies en me basant sur le récit cinématographique ô combien réjouissant d’un hobbit malin, au grand cœur, effectuant un aller-retour plus divertissant que vraiment tragique. Le dernier plan, magnifique, nous le rappelle pourtant avec talent.

Geoffroy Blondeau

Note: 2,5/5

Le Hobbit: La bataille des cinq armées. En salles depuis le 10 décembre

Quel Box-office US en cette fin d’année 2014?

Quel Box-office US en cette fin d’année 2014?

interstellarAprès avoir décerné à l’outsider Les Gardiens de la galaxie la première marche d’un été US décevant en termes de fréquentation (avec 4,045 milliards de dollars de recettes, l’été 2014 réalise le plus mauvais score de la période depuis 2006 et ses 3,732milliards de dollars), place aux pronostics de fin d’année. Sous le signe de la famille entre comédies loufoques (La nuit au musée : le secret des Pharaons, Dumb & Dumber De avec le duo d’origine Jim Carrey et Jeff Daniels), film d’animation (le Disney Les nouveaux héros, Les pingouins de Madagascar), films épiques (Exodus de Ridley Scott et l’épisode final du Hobbit de Jackson), saga adolescente (Hunger Game partie 3) ou trip spatial (Interstellar de Nolan), cette fin d’année risque bien de livrer, comme en 2009 (Avatar) et 2013 (Hunger game 2) le vainqueur de l’année.

– 5 novembre

Interstellar. Nolan/McConaughey

Comment ne pas être intrigué par le nouveau film de Christopher Nolan, méga trip écolo-futuriste incarné, entre autres, par l’oscarisé Matthew McConaughey ? Si vous en avez marre des distractions décérébrées d’une Hollywood proprement vulgaire, le voyage intersidéral du père des Batman semble osciller entre 2001, l’Odysée de l’espace, Tree Of Life, Solaris ou encore Contact. Rien que cela ! Alors ? Pétard mouillé mégalo ou nouvelle référence philosophico-dramatique d’une SF adulte ? Deux ans après le pompeux The Dark Knight Rise, Nolan a l’occasion de rectifier le tire de façon indiscutable. De toute façon, la curiosité autour d’une expérience filmique exclusive – même si bancale – ne laisse que peu de suspense quant au potentiel en salles du nouveau Nolan, bien parti pour terminer sa course entre Gravity et Inception.

Pronostics : 285M$

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– 7 novembre

Les nouveaux héros. Disney/Animation

Disney ne veut pas se laisser enfermer dans le conte pour enfants malgré l’incroyable succès de la Reine des neiges. À la bonne heure ! Le studio, qui a racheté la Marvel Entertainment en 2009 pour 4 milliards de dollars, se lance dans sa toute première adaptation de Comics avec les Nouveaux héros et son univers high-tech décoiffant. La cible, plus adolescente puisque moins familiale, peut néanmoins faire mouche même si le score de la Reine des neiges nous semble inatteignable. La nouvelle crédibilité du studio ainsi que l’absence de concurrence jusqu’au spin off de Dreamworks, les Pingouins de Madagascar, devraient lui assurer le succès.

Pronostics : 215M$

– 14 novembre.

Dumb & dumber De. Frères Farelly/Jim Carrey & Jeff Daniels

Le duo de D & D des frères Farelly se reforme donc vingt ans après le délire très 90’S d’un premier film devenu culte. On se dit, de prime abord, pourquoi pas ? Et puis, après réflexion, on se dit aussi que le projet laisse quand même songeur. Car revoir nos deux acolytes de 52 et 59 ans faire les pitres n’est peut-être pas la meilleure idée qui soit. S’ils savent mettre en boîte leurs comédies, les Farelly brothers arriveront-ils à se renouveler ou, tout au moins, à retrouver le ton qui a fait, jadis, le succès de leurs comédies ? Une génération est passée par là. Pas sûr que l’actuelle, biberonnée aux réseaux sociaux, plébiscite un humour old school pour quarantenaires nostalgiques.

Pronostics : 105M$

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– 21 novembre

Hunger game la révolte : partie 1. Francis Lawrence/Jennifer Lawrence

Comme une habitude – mauvaise ? – depuis le dernier film des Harry Potter, l’épisode final des sagas à succès se trouve étrangement diviser en 2. On peut y voir une volonté d’approfondir la densité narrative du dénouement attendu ou, ne s’arrêter, que sur la question pécuniaire qu’un tel découpage engendre. Suite au succès incroyable des deux premiers épisodes, on ne voit pas comment celui-ci pourrait manquer son démarrage et, au final, son exploitation en salles. Néanmoins, l’avant-dernier film a toujours connu (que ce soit sur HP ou sur Twilight) une légère baisse de ses fréquentations avant de repartir à la hausse avec le dernier opus. Portée par la charismatique Jennifer Lawrence, Hunger game, la révolte partie 1, sera assurément le carton de cette fin d’année et de l’année 2014.

Pronostics : 395M$

– 26 novembre

Comment tuer son boss 2. Sean Sanders/Jason Bateman

En 2011 la comédie Comment tuer son boss, porté par son casting de star (Jason Bateman, Jennifer Aniston, Kevin Spacey, Colin Farell, Jamie Foxx, Jason Sudeikis), avait réussi, malgré un mauvais goût affiché assez remarquable, à séduire un public nombreux. Trois ans ont passé et le couvert est remis pour cette suite réalisée par le réalisateur de la Famille Millers. Aucune inquiétude à l’horizon puisque la recette semble la même, jusqu’à l’appel de stars. Notons que la sortie de cette suite a été décalée en novembre (juillet pour le premier film), lui assurant ainsi une adversité moins rude mais plus ramassée dans le temps (il faudra compter sur D & D et le troisième film de la Nuit au musée). L’impertinence trash va-t-elle payer ?

Pronostics : 105M$

Les pingouins de Madagascar. Dreamworks/Animation

Dreamworks nous refait le coup. Après le spin off de Shrek, le Chat Potté, voici que débarquent, le temps d’un film, les fameux pingouins issus des trois films d’animation de la série Madagascar. Vraie bonne idée ou manque cruel d’imagination ? S’il est toujours aisé de parsemer un long-métrage de quelques scènes « rigolotes » via des personnages itou (on pense, notamment, au scrat dans l’Age de glace), en faire un film à part entière avec un univers propre l’est beaucoup moins. Bon, question Box-office, Dreamworks s’en était bien tiré avec son Chat Potté (149M$). Il nous semble que ces pingouins aussi barrés que futés peuvent faire aussi bien que le minou aux grandes bottes.

Pronostics : 135M$

– 12 décembre

Exodus. Ridley Scott/Christian Bale

Contrairement au Noé d’Aronosky, Ridley Scott s’est emparé d’une mythologie moins « casse-gueule » en réadaptant l’exode, hors d’Égypte, des Hébreux conduit par Moïse. Le péplum s’affiche dans de luxuriantes B.A au souffle épique, ce qui n’est pas sans rappeler un certain Gladiator (le plus gros succès de Scott à ce jour). Si le film ne sort que cinq jours avant le dernier épisode du Hobbit – ce qui risque de le désavantager –, il devra également se défaire de l’ombre tutélaire du film de Cecil B. DeMille, Les dix Commandements, avec Charlton Heston dans le rôle de Moïse. L’universalité du livre de l’exode du dernier Testament devrait, de toute façon, assurer au long-métrage une belle carrière à l’international.

Pronostic : 130M$

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– 17 décembre

Hobbit : la bataille des cinq armées. Peter Jackson/Tolkien

La boucle est désormais bouclée. Surtout pour celui qui ne voulait pas réaliser les aventures de Bilbon. La nouvelle trilogie, 13 ans après la sortie du Seigneur des anneaux, se clôt par l’espoir d’une bataille épique attendue de pied ferme par une horde de fans soulagée depuis la Désolation de Smaug. La tournure sombre que prend cette trilogie sonne comme une expression juste d’un temps trouble, bien loin du ton général d’une œuvre pour enfant. Jackson aurait donc fait le choix du lien entre deux Hobbits, Bilbon et Frodon, afin de proposer une seule et même saga étalée sur six films. Cette approche sera-t-elle suffisante pour permettre à ces cinq armées de côtoyer les cimes du B.O ? Sans doute même si la concurrence d’Exodus et de Promenons-nous dans les bois (Rob Marshall) peuvent entamer sa marche vers les 300 millions de dollars.

Pronostics : 290M$

– 19 décembre

La nuit au musée : le secret des Pharaons. Shawn Lévy/Ben Stiller & Robin Williams

Trois ans séparent le premier film du deuxième opus. Cinq et demi séparent le deuxième long-métrage à celui qui sort cette année pendant les fêtes. C’est beaucoup. Surtout pour un film familial. Encore plus pour un film familial au pitch aussi exclusif qui aura permis au premier opus de remporter un grand succès. Le risque d’érosion, à l’instar de la trilogie Mon beau-père et moi (Ben Stiller encore), semble inévitable sans pour autant craindre le bide absolu. Seul espoir, la présence, pour son dernier rôle majeur au cinéma, du regretté et génial Robin Williams. À lui seul il peut booster une audience sans doute pas très convaincue de l’utilité d’explorer dans un troisième film un concept déjà fatigué en deux longs-métrages.

Pronostics : 115M$

– 26 décembre

Promenons-nous dans les bois. Rob Marshall/Meryl Streep & Johnny Deep

Promenons-nous dans les bois est un conte horrifique en forme de comédie musicale produit par Disney qui fait se croiser plusieurs personnages de contes aussi différents que Cendrillon, le Petit Chaperon Rouge ou encore Raiponce. Disney, sans surprise, continue à tirer profit d’un filon juteux qui lui aura permis de triompher avec Oz, Maléfique, Alice au pays des merveilles et les deux films d’animation Raiponce et la Reine des neiges. Doté d’un casting prestigieux (Emily Blunt, Chris Pine, Anna Kendrick, Johnny Deep et Meryl Streep), le film de Rob Marshall a toutes les chances de surfer sur la vague des contes revisités – souvent pour le pire. Bon, la fin d’année, très saturée, ne le portera sans doute pas au-delà des 150M$. Mais nous le voyons très bien réaliser un score proche d’Enchanted, film Disney sorti en 2007 et qui cumula en fin de carrière 127M$.

Pronostics : 138M$

Geoffroy Blondeau

The Hunger Games, le hit de l’année 2013…

The Hunger Games, le hit de l’année 2013…

hunger gamesIl aura fallu attendre 2014 pour connaître le champion du Box-office US 2013. En pole position depuis le mois de mai, Iron-Man 3 va très certainement être dépassé par la suite de The Hunger Games. Avec un prochain week-end estimé à 6M$ pour un total cumulé de 406 millions de dollars, je vois mal le film de Francis Lawrence finir sa belle carrière en deçà des 409M$ accumulés par notre justicier en armure.

Si le vainqueur post période estivale est assurément Catching Fire, le grand gagnant de Noël se nomme Frozen. Le dernier Disney affole les compteurs, pulvérise tous les pronostics et est assuré de finir sa carrière au-delà des 300 millions de dollars. Shrek 3 est plus que jamais dans le viseur… Après Raiponce et Les Mondes de Ralph, le studio fait mieux que de se relancer. Il est en passe de reprendre sa place de leader dans le monde devenu si concurrentiel de l’animation.

Et Le Hobbit: la désolation de Smaug dans tout cela? Le film de Peter Jackson sauve les meubles puisqu’il vient de dépasser les 200 millions de dollars. Il file vers les 250M$ pour un résultat final compris entre 255 et 265M$. Pas si mal si l’on tient compte d’un premier opus qui avait déçu une bonne partie du public. De toute façon le film réalise des scores remarquables à l’international. Le film devrait de nouveau dépasser les 600M$ avec les marchés chinois et japonais. Le milliard monde n’est pas atteint pour autant. Il faudrait que notre Bilbon atteigne 740-750 millions de dollars hors E.U pour qu’il garde une petite chance.

Je termine ce post par un nouveau record. Jamais la période automne-hiver n’avait placé 4 films au-delà des 200 millions de dollars. Et bien c’est maintenant chose faite avec the Hunger Games (393M$), Frozen (263M$), Thor: Le monde des ténèbres (202M$) et La désolation de Smaug (201M$).

BO au 31/12/2013

The Hunger Games: Catching fire : 393M$ pour un final à 415-420M$

Frozen : 263M$ pour un final à 330-340M$

The Hobbit: La désolation de Smaug : 201M$ pour un final à 255-265M$

Thor: Le monde des ténèbres : 202M$ pour un final à 203-204M$

Geoffroy Blondeau

Le Hobbit devient le 4ème film milliardaire en 2012…

Le Hobbit devient le 4ème film milliardaire en 2012…

Le-Hobbit-Le-Voyage-Inattendu-Affiche-Comic-ConDepuis la sortie du Hobbit, un voyage inattendu en Chine (37M$ en 10 jours), le film de Peter Jackson a franchi le week-end dernier la barre du milliard de dollars dans le monde. Il rejoint, ainsi donc, The Avengers (1,51M$), Skyfall (1,1M$) et The Dark Knight Rises (1,08M$) pour devenir le quatrième film de l’année 2012 et le quinzième historique à dépasser ce score (hors inflation).

Avec une hausse constante du prix des places un peu partout dans le monde, la 3D et l’émergence des pays d’Asie, dont la Chine, les futures grosses productions Hollywoodiennes risquent d’aller taquiner bien plus souvent le milliard de dollars monde.

Je tiens à rajouter que depuis 2010, 9 films ont franchi cette barre. Soit 60% du total.

Le Hobbit en quelques chiffres:

USA: 301M$

International: 700M$

France: 4,5 millions d’entrées.

Geoffroy Blondeau

Le Hobbit : vraiment sur orbite ?

Le Hobbit : vraiment sur orbite ?

Avec 1 434 119 entrées en première semaine, Bilbo le Hobbit de Peter Jackson réalise le 8ème démarrage de l’année en France. Assurément décevant au vu du potentiel. Pour tout dire ce n’est pas catastrophique non plus. D’autant que les fêtes de Noël se profilent avec en point de mire une concurrence modeste constituée de L’Odyssée de Pi, De l’autre côté du périph et du Jack Reacher avec Tom Cruise.

Ce score donc, très en retrait par rapport aux chiffres réalisés par les films de l’ancienne trilogie (1,9 million d’entrées pour la Communauté de l’anneau ; 2,4 millions d’entrées pour les Deux Tours ; 2,8 millions d’entrées pour le Retour du Roi), doit, en réalité, être comparé avec King Kong (2005) qui avait émargé à 1, 4 million de spectateurs pour finir sa course vers les 3,5 millions d’entrées.

Le bouche à oreille aura son mot à dire. Comme souvent. L’engouement semble prendre mais rien n’est joué, surtout pour un long-métrage de presque trois heures. La qualité en baisse peut lui être défavorable mais je pense que les 3,5 millions d’entrées seront dépassées pour aller, qui sait, « scorer » les 5 millions d’entrées.

Contrairement aux estimations parfois un peu trop généreuses Outre Atlantique, le démarrage du Hobbit (85M$ avec une première semaine à 113M$) ne devrait pas lui permettre d’aller chercher les 400 M$ malgré la note A décernés par les spectateurs sur le site Cinemascore. Je compte sur 300 millions de dollars avec, Noël oblige, une chance d’aller taquiner les 350M$.

Pour terminer ce petit inventaire parlons de l’international. Notre cher Bilbon ne rate pas, là encore, son démarrage. 138M$ c’est pas mal. Surtout que les vacances de Noël se profilent un peu partout dans le monde. Le film devrait rapidement grimper dans la hiérarchie 2012 et, sans parler de record, s’assurer un beau succès en attendant les deux derniers épisodes.

Geoffroy Blondeau

 

Le Hobbit, un voyage inattendu: miracle en demi-teinte…

Le Hobbit, un voyage inattendu: miracle en demi-teinte…

Peter Jackson est allé jusqu’au bout. Malgré un chemin semé d’embûches. Il aura, pour cela, écrit, produit, réalisé et monté les aventures de Bilbo Sacquet, de la Comté, oncle de Frodon et personnage ô combien important dans la mythologie de J. R. R Tolkien. Faut-il s’en réjouir ? D’une certaine façon, oui, puisque la boucle sera bouclée en 2014 par celui qui aura planté le décor au détour d’une Communauté magistrale de plaisir cinéphile. Au-delà d’une telle évidence, cette nouvelle plongée dans l’univers merveilleux de la Terre du Milieu avait tout du projet maudit. Jugez plutôt. Conflits juridiques entre la New Line (Major ayant produit la première trilogie) et Peter Jackson, crise financière de la MGM, départ du réalisateur Guillermo del Toro, tremblement de terre meurtrier en Nouvelle-Zélande, fronde syndicale, réécriture du scénario, ulcère perforé obligeant Peter Jackson à être opéré, essai d’une nouvelle technologie (HFR 3D cadencé à 48 images/seconde) décriée par des journalistes lors d’une projection test… On se dit qu’avec tout cela, le Hobbit : un voyage inattendu est un petit miracle.

Bis repetita…

Mais qui dit miracle ne dit pas forcément chef-d’œuvre. Si le film s’en sort plutôt bien, jusqu’à ravir à coup sûr les millions de spectateurs en demande de dépaysement, il souffre indiscutablement la comparaison avec son/ses illustres(s) aîné(s). Question d’appropriation puisque le Seigneur des anneaux est devenu au fil des ans la référence incontournable du film fantastique tendance merveilleuse. L’histoire se répète donc. Mais attention, elle n’est pas identique, juste construite autour d’un arc narratif très proche où un hobbit (Bilbo) est sollicité par un magicien (Gandalf) afin de prendre part à une aventure. Écrit par Tolkien en 1937 (soit une quinzaine d’années avant le Seigneur des anneaux), le Hobbit est une œuvre moins grave, plus naïve, – elle cible les enfants –, sorte de quête initiatique introductive formulant les contours de la Terre du Milieu, monde féerique peuplé d’elfes, de nains, de magiciens, d’orques et de créatures en tout genre.

Deux options s’offraient au cinéaste néo-zélandais. Reprendre, dans le cadre d’un diptyque (choix premier de Guillermo del Toro), l’histoire de Bilbo au sens strict du terme afin d’en raconter les péripéties, ton et enjeux du livre compris (la dramaturgie aurait été plus légère entre la farce de bon aloi et l’héroïc-fantasy à la sauce Donjons et Dragons). S’enhardir, question scénario, afin de tricoter une nouvelle trilogie sous référence, liée à l’anneau, et où planerait constamment la menace d’un mal endormi prêt à se réveiller. Si Peter Jackson n’a rien occulté du Hobbit jusqu’à prendre son temps lors de la scène d’exposition sur la venue des nains à Cul-de-Sac, il se lance, sans transition aucune, dans une quête effrénée sans temps mort où tout se bouscule au portillon. Ainsi la reconquête du royaume perdu des nains d’Erebor, jadis confisqué par le terrifiant dragon Smaug, cohabite avec une menace qui gronde, incarnée, selon les dires du magicien Radagast, par un nécromancien tapis dans l’ombre. L’imbrication est de circonstance. Distillée par petite couche successive, elle brouille une narration quasi irréprochable même si beaucoup trop linéaire. Le souffle est présent, la dramaturgie non. La faute à une anticipation des enjeux futurs déjà contés lors d’une bataille globale dépassant de beaucoup les premiers pas de cette bande de joyeux nains gloutons.

Noir c’est noir…

Dès lors, pas étonnant que Peter Jackson ait volontairement noirci le tableau. Il donne de l’épaisseur à un personnage juste évoqué par Tolkien (le méchant orque Azog préfigurant les Uruk-Haï), fait du roi nain Thorin une figure noble et courageuse digne d’Aragorn, emplit Gandalf de doute et place Bilbo dans une posture différente de Frodon, l’orgueil prenant le pas sur le luxe d’un confort douillet. Le passage à Rivendell (demeure d’Elrond), au cours de laquelle la réunion des quatre est convoquée (Gandalf, Galadriel, Saroumane, Elrond), en dit long sur les prétentions de Jackson. Les guest font leur apparition, véritables icônes d’un inconscient devenu collectif au service d’une histoire dont les ramifications dépassent de loin l’or des nains. Mais rien n’y suffit. Hélas. Et en bon fan de Tolkien, Peter Jackson adapte le Hobbit comme il se doit, c’est à dire dans la fureur d’événements mécaniques faits de rencontres, d’affrontements, de courses-poursuites… Tout s’enchaîne à la vitesse d’un grand huit, montagne russe fabuleuse où la virtuosité de Jackson n’est plus à démontrer. Mais contrairement au Seigneur des anneaux il n’y a aucune menace agissante, ni jeu de dupe à même de contraindre les protagonistes à faire des choix. Géants de pierre, Trolls, Ouargs ou Gobelins ne sont que des embûches d’une seule et même quête.

Heureusement l’incarnation subsiste, étayée par la volonté sincère d’inscrire ce Hobbit par-delà son histoire. La séquence avec Gollum tient alors lieu de pivot. Le lien est graphique (Gollum est monstrueux de vérité. Une splendeur d’interaction viscérale) comme narratif. Si la joute verbale entre Bilbo et Gollum vaut le détour (l’enjeu, primordial, sera l’anneau unique), elle s’inscrit comme un cheveu sur la soupe comme si aucun des tours de force ne parvenait à booster les aventures de  Bilbo. L’épate sacrifie la dramaturgie sur l’autel du pur divertissement. Néanmoins, il faut le reconnaître, nous sentons poindre quelques angoisses préfigurant la Communauté de l’anneau, temps trouble où le monde des elfes disparaîtra au profit de celui des hommes. Mais pour en arriver là, il faudra encore patienter deux épisodes…

Innovation à tous crins…

Le Hobbit : un voyage inattendu a été projeté en 3D 24 images/seconde. Je ne dirais donc rien sur la technologie High Frame Rate faute d’en avoir eu la primeur. Dommage ! Bien que Peter Jackson défende bec et ongle cet apport technologique, la stratégie de la Warner est une forme de désaveu puisqu’il n’aura pas permis à la presse d’en faire la promotion (en bien ou en mal). Il faudra juger sur pièce… Dans le même registre, soulignons que l’apport de la 3D n’est pas notable, même si le réalisateur intègre parfaitement décors et profondeur de champ pour faire de son Hobbit un vrai grand spectacle où la fluidité de la mise en scène régal les pupilles. Le cinéaste n’a rien perdu de sa fougue. Il en va de même dans sa capacité, toujours renouvelée, à nous conter une épopée au souffle épique. L’emballement est véritable. L’immersion aussi. Sur ce point le film ne nous a pas paru « longuet » malgré ses 2h45.

Reste l’aspect visuel. Le franchissement semble irréversible. Le numérique dévore tout pour un résultat parfois proche du jeu vidéo dans sa cartographie des lieux visités. Nous regrettons les beaux décors naturels, les prothèses et autres maquillages savants (surtout pour les orques/gobelins tous passés à la moulinette de microprocesseurs fous). Mais la caméra virevolte comme jamais, se permet des prouesses invraisemblables, profite d’une réalisation carrée (il manque, malgré tout, un petit je ne sais quoi de minutie…) pour mettre en boite des scènes d’action toujours lisibles.

Le Hobbit : un voyage inattendu nous ouvre un imaginaire foisonnant. Sans doute plus abrupt,  moins original – attendu ? –, moins dramatique et plus linéaire que ses prédécesseurs, le film arrive néanmoins à susciter un certain enthousiasme. La qualité de l’écriture (les dialogues restent au-dessus de la moyenne pour ce genre de production), de l’interprétation comme de la mise en scène suffit, pour l’heure, à nous convaincre d’attendre le second opus. La curiosité est de mise. Peter Jackson a peut-être, sans doute, bien fait d’être allé jusqu’au bout.

Geoffroy Blondeau

Note: 3/5

Le Hobbit: un voyage inattendu. Un film de Peter Jackson. Sortie le 12 décembre 2012

Durée 2h45

Avis publié sur ecrannoir.fr