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Étiquette : fantastique

Rattrapage. Le monde fantastique d’Oz: « Je veux être Houdini et Edison »…

Rattrapage. Le monde fantastique d’Oz: « Je veux être Houdini et Edison »…

Le-monde-fantastique-dOz-affiche-française…Et Sam Raimi y parvient avec brio en associant la (re)nouvelle technologie – dans le sens où la 3D revient à la mode à Hollywood – et la magie du cinéma. Le réalisateur, qui a su mettre en images le roman pour enfants de L. Frank Baum, valide des choix techniques intéressants pour marquer la différence entre les deux mondes : format d’image et couleur. La transition est particulièrement soignée, mettant le magicien dans la peau de son assistant à l’intérieur du coffre aux épées et passant presque imperceptiblement d’un graphisme à l’autre.

Sam Raimi retrouve James Franco, dirigé et sous exploité dans la première trilogie de l’homme-araignée, auquel il offre la possibilité de montrer son talent avec ce rôle-titre : magicien et Don Juan de seconde zone que ses frasques vont conduire dans un monde parallèle en tout point fantastique, peuplé de singes volants, de nains « gigantesques » et de sorcières plus ou moins gentilles. A ce propos, comme dit plus haut, il s’agit d’une histoire pour enfants : la méchante est identifiée à la seconde où elle apparaît et les jeunes esprits pourront trembler devant les situations périlleuses qui se succèdent et rire aux gags placés en alternance.

Olivier Jaeckens

Note: 3/5

Le monde fantastique d’Oz. Un film de Sam Raimi. En salles depuis le 13 mars 2013.

Gérardmer 2013 : une édition anniversaire du 30 janvier au 3 février…

Gérardmer 2013 : une édition anniversaire du 30 janvier au 3 février…

Le festival des Vosges fête déjà ses 20 ans. Sans doute pas assez reconnu ou médiatisé comme il le faudrait (à ce titre Avoriaz l’était beaucoup plus), Gérardmer reste néanmoins Le rendez-vous fantastique de chaque début d’année en France. Son credo, surprendre. Son but, attirer les curieux venus d’horizons divers afin de célébrer dans la bonne humeur un cinéma riche, souvent ingénieux, toujours palpitant.

Comme de coutume, les différentes sélections regorgent de premiers films, d’avant-premières, d’hommages ou de rétrospectives alléchantes. D’autant que le jury, exclusivement composé d’artistes français, aura à sa tête notre Christophe Lambert national. Il sera accompagné, donc, par Marc Caro, Nicolas Boukhrief, Pascal Laugier, Xavier Gens, Pitof, Xavier Palus et Marina de Van qui, au demeurant, se trouve être la seule femme du jury.

Question sélection ça envoie du lourd avec, pour ce qui est de la compétition officielle, neuf films au programme. Pas un seul film français n’a été sélectionné. Dommage !

Le film d’ouverture, en compétition, sera assuré par the Complex, nouveau film du réalisateur japonais Hideo Nakata responsable de Dark Water et président du jury 2006. Mamá, d’Andres Muschietti, dernier succès horrifique US en date produit par Guillermo Del Toro avec Jessica Chastain dans le rôle-titre, sera particulièrement attendu. Tout comme le dernier film de Barry Levinson (Le Meilleur, Good Morning Vietnam, Rain Man ou Bandits), the Bay, film sur une épidémie meurtrière. The End, découvert à Toronto, sera à suivre, tout comme l’intriguant the Crack, long-métrage sur un huis clos familial proche de la folie. Si You’re next de Adam Wingard promet quelques bons moments de frayeur pour ce home invasion à l’allure sanglante, nous sommes curieux de découvrir Remington and the curse of the Zombadings, ovni philippin très prometteur sur le papier.

Les films hors-compétition, au nombre de vingt, nous feront voyager de la Lituanie à l’Indonésie. Hormis les attendus Cloud Atlas des frères Wachowski,  Hansel & Gretel avec Jérémy Rener et le film d’animation produit par Sony Hôtel Transylvanie, quelques pépites sont à prévoir. Comme toujours. Citons Citadel, Grabbers ou encore Modus anomalie, le réveil de la proie.

Cette année l’hommage sera rendu à l’acteur britannique Simmon Pegg présent pour l’occasion. Le festival proposera au public de (re)découvrir trois films de l’acteur dans le domaine du fantastique : Shaun of the dead (2004), Star Trek (2009) et Paul (2011).

Pour tout savoir et plus encore sur le 20ème festival international du film fantastique, rendez-vous ici :

www.festival-gerardmer

20 bougies pour le Festival International du Film Fantastique…

20 bougies pour le Festival International du Film Fantastique…

Juste un visuel. Pour l’attente. Et le plaisir de retrouver les neiges Vosgiennes dans le cadre, je n’en doute pas, d’une programmation de premier choix…

Et puis le genre ne s’est jamais aussi bien porté. Aux States comme chez nous, dans notre bonne vieille Europe. Production, qualité, audience. Tout est là pour nous faire vivre pendant encore vingt ans des sensations fortes.

Bon, pour la programmation et le Jury, il faudra attendre début janvier (aucun communiqué n’est encore tombé!) sachant que le 20ème Festival de Gérardmer a lieu du 30 janvier au 03 février 2013.

Geoffroy Blondeau

 

Abraham Lincoln chasseur de vampires: esbroufe de russe…

Abraham Lincoln chasseur de vampires: esbroufe de russe…

Toucher à la figure tutélaire du 16ème président des Etats-Unis, l’abolitionniste Abraham Lincoln, pour en faire un super-justicier chasseur de vampires, il fallait oser. Surtout dans le cadre d’un blockbuster estival à l’esthétique discutable tant sur le plan visuel que sur l’expression de sa revisitation historique. Résultat : le film de Timor Bekmambetov (Nightwatch, Wanted) a connu une exploitation US calamiteuse, le public ayant fui le plat servi pour cause d’indigestion.

À dire vrai, Abraham Lincoln Chasseur de vampires se moque des vraisemblances, joue ostensiblement la carte de l’action dans l’épate gratuite, convoque un fantastique creux et se prend un peu, beaucoup en fait, les pieds dans le tapis de sa relecture kitch d’une guerre de Sécession pourtant omniprésente. Néanmoins le film brouille volontairement les cartes de part son scénario. En effet, au lieu de construire une pure fantaisie fantastico-gore faisant de ce Lincoln un personnage d’opérette, illusoire car improbable, prêt à en découdre (et à découper à la hache) avec la menace vampire, le film ose le révisionnisme historique en réécrivant les raisons de cette guerre (si l’abolition de l’esclavage n’est pas occultée, elle passe un peu au second plan). Le principe de réalité s’imbrique alors bizarrement autour de cette histoire de vengeance qui se transforme, dès la deuxième moitié du film, en une lutte acharnée entre deux camps, le chasseur devenant l’homme politique des livres d’histoire. La métaphore se dessine ici à coups de hachage grossiers, le climax se révélant par ailleurs très décevant suite aux enjeux soulevés.

Reste le spectacle. De ce point de vue le réalisateur russe n’est pas un manchot. Si l’on occulte tics visuels et scènes héroïques improbables dont il a le secret. La 3D est bien sûre convoquée dans une optique de pur divertissement. La vraisemblance des situations importe peu le cinéaste, pourvu que ça gicle, saute, virevolte, découpe. La séquence opposant Abraham et le vampire assassin de sa mère, en forme de course-poursuite au milieu de centaines de chevaux au galop, est tellement excessive, qu’elle en devient risible. Soit le maître mot d’une aventure bancale frisant la bonne vieille série B.

Geoffroy Blondeau

Note: 1/5

Abraham Lincoln chasseur de vampires. Un film de Timor Bekmambetov. Sortie le 08 août 2012

Durée. 1h45

Ray Bradbury, l’auteur de Fahrenheit 451 est décédé à Los-Angeles à l’âge de 91 ans.

Ray Bradbury, l’auteur de Fahrenheit 451 est décédé à Los-Angeles à l’âge de 91 ans.

Cet auteur prolifique né dans l’Illinois le 22 août 1920 (plus de 300 nouvelles, une cinquantaine de romans, des poèmes, des contes, du théâtre), véritable pape du roman fantastique, se fait connaître au début des années 50 par la publication de classiques tels que les Chroniques Martiennes (1950), l’Homme illustré (1951) et Fahrenheit 451 (1953) adapté à l’écran par François Truffaut en 1966.

Son succès est immédiat et pose les bases d’une littérature fantastique au style concis, beaucoup plus onirique que scientiste. Ce qu’il confirma dans une interview donnée en 1999. « Avant tout, je n’écris pas de science-fiction. J’ai écrit seulement un livre de science-fiction et c’est Fahrenheit 451, basé sur la réalité. La science-fiction est une description de la réalité. Le fantastique est une description de l’irréel. Donc les Chroniques martiennes ne sont pas de la science-fiction, c’est du fantastique ».

Sans surprise, le style et les histoires développées par Ray Bradbury intéressent la télévision. Si ses nouvelles sont adaptées dans deux séries devenues cultes « Alfred Hitchcock présente » (1955-1965) et la Quatrième Dimension (1959-1964) –, c’est le cinéma qui l’attire. Ainsi, il se retrouve aux commandes du scénario du Météore de la nuit (1953) réalisé par Jack Arnold. La même année, il est engagé par John Huston pour adapter le Moby Dick d’Herman Melville. Le film sort en 1956 avec, dans les rôles principaux, Gregory Peck et Orson Welles.

Son incursion dans le cinéma ne survivra pas à l’échec du film contrairement à son œuvre, inspiration constante d’un certain cinéma hanté par sa vision à la fois pessimiste et poétique de l’humanité.

Geoffroy Blondeau