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Clint Eastwood sur le toit du monde ; Fast and Furious 7 sur les chapeaux de roues…

Clint Eastwood sur le toit du monde ; Fast and Furious 7 sur les chapeaux de roues…

americansniperIl aura fallu attendre le mois de mars 2015 pour connaître le lauréat 2014. Sorti dans quelques salles en toute fin d’année dernière en vue de la course aux oscars, American Sniper a bel et bien soufflé la politesse au troisième chapitre de la saga des Hunger Games.  Avec 345M$, contre 337M$ pour le film avec Jennifer Lawrence, le 34ème long-métrage de Clint Eastwood devient le deuxième plus gros succès historique pour un film classé R, derrière l’indétrônable Passion de Mel Gibson (370 millions de dollars pour la Passion du Christ). Une sacrée performance pour le papy Clint qui n’a toujours pas décidé de raccrocher…

fast-and-furious-7Si l’année 2015 n’a pas été ébranlée plus que cela par les 50 nuances de gris (final correct à 168M$), ni pas le remake live de Cendrillon signé Keneth Branagh (l’éphémère n°1 US 2015 devrait néanmoins s’approcher des 190 millions de dollars en fin de parcours), le 7ème opus de la franchise automobile initiée en 2001 vient tout simplement de casser le tiroir-caisse. Les premières estimations placent le film avec Vin Diesel et le regretté Paul Walker aux alentours des 143M$. Soit le neuvième meilleur démarrage week-end de tous le temps. Si la disparition tragique de Paul Walker n’est pas étrangère au succès du film, la montée en puissance de la franchise depuis l’opus 4, non plus. C’est simple, chaque nouveau film fait mieux que son prédécesseur. Résultat, les 300 millions de dollars sont prenables. Une gageure pour une franchise de quatorze ans ultra typée mais qui a su élargir intelligemment son/ses arcs narratifs pour aller chercher un public plus large sans baisse significative de qualité. Ce constat vaut également pour l’international. Avec 240M$ en quelques jours, Fast and Furious 7 réalise une incroyable performance puisqu’il s’agit du troisième meilleur démarrage de tous les temps. Le milliard dans le monde ne semble pas une vaine utopie. Qui l’eût cru ?

Pour le reste rien de bien original. Les Wachowski se plantent, le Will Smith aussi (dans une moindre mesure il est vrai), tout comme le dernier Blomkamp  (District 9, Elysium). Divergente 2 sauve les meubles (120-125M$ au final) tandis que le dernier Dreamworks, contre toute attente, renoue avec le succès. La suite du programme sera sans éclats, offrant, plutôt, la part belle aux continuités. Mais une surprise est toujours possible. Bref, tout le monde attend la sortie de nouvel Avengers, film phare d’une année 2015 remplit d’énormes potentiels à succès (Star Wars, Bond, fin de the Hunger Games, retour de Mad Max, des dinos féroces, du Terminator et d’Ethan/Cruise).

Un dernier mot pour Timbuktu d’Abderrahmane Sissako. Suite à sa moisson de Césars, le film a boosté son succès pour faire du film un millionnaire fringant. Hautement mérité !

Geoffroy Blondeau

Quel Box-office US en cette fin d’année 2014?

Quel Box-office US en cette fin d’année 2014?

interstellarAprès avoir décerné à l’outsider Les Gardiens de la galaxie la première marche d’un été US décevant en termes de fréquentation (avec 4,045 milliards de dollars de recettes, l’été 2014 réalise le plus mauvais score de la période depuis 2006 et ses 3,732milliards de dollars), place aux pronostics de fin d’année. Sous le signe de la famille entre comédies loufoques (La nuit au musée : le secret des Pharaons, Dumb & Dumber De avec le duo d’origine Jim Carrey et Jeff Daniels), film d’animation (le Disney Les nouveaux héros, Les pingouins de Madagascar), films épiques (Exodus de Ridley Scott et l’épisode final du Hobbit de Jackson), saga adolescente (Hunger Game partie 3) ou trip spatial (Interstellar de Nolan), cette fin d’année risque bien de livrer, comme en 2009 (Avatar) et 2013 (Hunger game 2) le vainqueur de l’année.

– 5 novembre

Interstellar. Nolan/McConaughey

Comment ne pas être intrigué par le nouveau film de Christopher Nolan, méga trip écolo-futuriste incarné, entre autres, par l’oscarisé Matthew McConaughey ? Si vous en avez marre des distractions décérébrées d’une Hollywood proprement vulgaire, le voyage intersidéral du père des Batman semble osciller entre 2001, l’Odysée de l’espace, Tree Of Life, Solaris ou encore Contact. Rien que cela ! Alors ? Pétard mouillé mégalo ou nouvelle référence philosophico-dramatique d’une SF adulte ? Deux ans après le pompeux The Dark Knight Rise, Nolan a l’occasion de rectifier le tire de façon indiscutable. De toute façon, la curiosité autour d’une expérience filmique exclusive – même si bancale – ne laisse que peu de suspense quant au potentiel en salles du nouveau Nolan, bien parti pour terminer sa course entre Gravity et Inception.

Pronostics : 285M$

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– 7 novembre

Les nouveaux héros. Disney/Animation

Disney ne veut pas se laisser enfermer dans le conte pour enfants malgré l’incroyable succès de la Reine des neiges. À la bonne heure ! Le studio, qui a racheté la Marvel Entertainment en 2009 pour 4 milliards de dollars, se lance dans sa toute première adaptation de Comics avec les Nouveaux héros et son univers high-tech décoiffant. La cible, plus adolescente puisque moins familiale, peut néanmoins faire mouche même si le score de la Reine des neiges nous semble inatteignable. La nouvelle crédibilité du studio ainsi que l’absence de concurrence jusqu’au spin off de Dreamworks, les Pingouins de Madagascar, devraient lui assurer le succès.

Pronostics : 215M$

– 14 novembre.

Dumb & dumber De. Frères Farelly/Jim Carrey & Jeff Daniels

Le duo de D & D des frères Farelly se reforme donc vingt ans après le délire très 90’S d’un premier film devenu culte. On se dit, de prime abord, pourquoi pas ? Et puis, après réflexion, on se dit aussi que le projet laisse quand même songeur. Car revoir nos deux acolytes de 52 et 59 ans faire les pitres n’est peut-être pas la meilleure idée qui soit. S’ils savent mettre en boîte leurs comédies, les Farelly brothers arriveront-ils à se renouveler ou, tout au moins, à retrouver le ton qui a fait, jadis, le succès de leurs comédies ? Une génération est passée par là. Pas sûr que l’actuelle, biberonnée aux réseaux sociaux, plébiscite un humour old school pour quarantenaires nostalgiques.

Pronostics : 105M$

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– 21 novembre

Hunger game la révolte : partie 1. Francis Lawrence/Jennifer Lawrence

Comme une habitude – mauvaise ? – depuis le dernier film des Harry Potter, l’épisode final des sagas à succès se trouve étrangement diviser en 2. On peut y voir une volonté d’approfondir la densité narrative du dénouement attendu ou, ne s’arrêter, que sur la question pécuniaire qu’un tel découpage engendre. Suite au succès incroyable des deux premiers épisodes, on ne voit pas comment celui-ci pourrait manquer son démarrage et, au final, son exploitation en salles. Néanmoins, l’avant-dernier film a toujours connu (que ce soit sur HP ou sur Twilight) une légère baisse de ses fréquentations avant de repartir à la hausse avec le dernier opus. Portée par la charismatique Jennifer Lawrence, Hunger game, la révolte partie 1, sera assurément le carton de cette fin d’année et de l’année 2014.

Pronostics : 395M$

– 26 novembre

Comment tuer son boss 2. Sean Sanders/Jason Bateman

En 2011 la comédie Comment tuer son boss, porté par son casting de star (Jason Bateman, Jennifer Aniston, Kevin Spacey, Colin Farell, Jamie Foxx, Jason Sudeikis), avait réussi, malgré un mauvais goût affiché assez remarquable, à séduire un public nombreux. Trois ans ont passé et le couvert est remis pour cette suite réalisée par le réalisateur de la Famille Millers. Aucune inquiétude à l’horizon puisque la recette semble la même, jusqu’à l’appel de stars. Notons que la sortie de cette suite a été décalée en novembre (juillet pour le premier film), lui assurant ainsi une adversité moins rude mais plus ramassée dans le temps (il faudra compter sur D & D et le troisième film de la Nuit au musée). L’impertinence trash va-t-elle payer ?

Pronostics : 105M$

Les pingouins de Madagascar. Dreamworks/Animation

Dreamworks nous refait le coup. Après le spin off de Shrek, le Chat Potté, voici que débarquent, le temps d’un film, les fameux pingouins issus des trois films d’animation de la série Madagascar. Vraie bonne idée ou manque cruel d’imagination ? S’il est toujours aisé de parsemer un long-métrage de quelques scènes « rigolotes » via des personnages itou (on pense, notamment, au scrat dans l’Age de glace), en faire un film à part entière avec un univers propre l’est beaucoup moins. Bon, question Box-office, Dreamworks s’en était bien tiré avec son Chat Potté (149M$). Il nous semble que ces pingouins aussi barrés que futés peuvent faire aussi bien que le minou aux grandes bottes.

Pronostics : 135M$

– 12 décembre

Exodus. Ridley Scott/Christian Bale

Contrairement au Noé d’Aronosky, Ridley Scott s’est emparé d’une mythologie moins « casse-gueule » en réadaptant l’exode, hors d’Égypte, des Hébreux conduit par Moïse. Le péplum s’affiche dans de luxuriantes B.A au souffle épique, ce qui n’est pas sans rappeler un certain Gladiator (le plus gros succès de Scott à ce jour). Si le film ne sort que cinq jours avant le dernier épisode du Hobbit – ce qui risque de le désavantager –, il devra également se défaire de l’ombre tutélaire du film de Cecil B. DeMille, Les dix Commandements, avec Charlton Heston dans le rôle de Moïse. L’universalité du livre de l’exode du dernier Testament devrait, de toute façon, assurer au long-métrage une belle carrière à l’international.

Pronostic : 130M$

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– 17 décembre

Hobbit : la bataille des cinq armées. Peter Jackson/Tolkien

La boucle est désormais bouclée. Surtout pour celui qui ne voulait pas réaliser les aventures de Bilbon. La nouvelle trilogie, 13 ans après la sortie du Seigneur des anneaux, se clôt par l’espoir d’une bataille épique attendue de pied ferme par une horde de fans soulagée depuis la Désolation de Smaug. La tournure sombre que prend cette trilogie sonne comme une expression juste d’un temps trouble, bien loin du ton général d’une œuvre pour enfant. Jackson aurait donc fait le choix du lien entre deux Hobbits, Bilbon et Frodon, afin de proposer une seule et même saga étalée sur six films. Cette approche sera-t-elle suffisante pour permettre à ces cinq armées de côtoyer les cimes du B.O ? Sans doute même si la concurrence d’Exodus et de Promenons-nous dans les bois (Rob Marshall) peuvent entamer sa marche vers les 300 millions de dollars.

Pronostics : 290M$

– 19 décembre

La nuit au musée : le secret des Pharaons. Shawn Lévy/Ben Stiller & Robin Williams

Trois ans séparent le premier film du deuxième opus. Cinq et demi séparent le deuxième long-métrage à celui qui sort cette année pendant les fêtes. C’est beaucoup. Surtout pour un film familial. Encore plus pour un film familial au pitch aussi exclusif qui aura permis au premier opus de remporter un grand succès. Le risque d’érosion, à l’instar de la trilogie Mon beau-père et moi (Ben Stiller encore), semble inévitable sans pour autant craindre le bide absolu. Seul espoir, la présence, pour son dernier rôle majeur au cinéma, du regretté et génial Robin Williams. À lui seul il peut booster une audience sans doute pas très convaincue de l’utilité d’explorer dans un troisième film un concept déjà fatigué en deux longs-métrages.

Pronostics : 115M$

– 26 décembre

Promenons-nous dans les bois. Rob Marshall/Meryl Streep & Johnny Deep

Promenons-nous dans les bois est un conte horrifique en forme de comédie musicale produit par Disney qui fait se croiser plusieurs personnages de contes aussi différents que Cendrillon, le Petit Chaperon Rouge ou encore Raiponce. Disney, sans surprise, continue à tirer profit d’un filon juteux qui lui aura permis de triompher avec Oz, Maléfique, Alice au pays des merveilles et les deux films d’animation Raiponce et la Reine des neiges. Doté d’un casting prestigieux (Emily Blunt, Chris Pine, Anna Kendrick, Johnny Deep et Meryl Streep), le film de Rob Marshall a toutes les chances de surfer sur la vague des contes revisités – souvent pour le pire. Bon, la fin d’année, très saturée, ne le portera sans doute pas au-delà des 150M$. Mais nous le voyons très bien réaliser un score proche d’Enchanted, film Disney sorti en 2007 et qui cumula en fin de carrière 127M$.

Pronostics : 138M$

Geoffroy Blondeau

Captain America: double yeap…

Captain America: double yeap…

Captain-America-2-130723-01Disney n’a pas loupé son coup. Sortir la suite de Captain America le premier week-end d’avril, c’est à dire en dehors de la saison estivale, lui a assuré une non concurrence et son démarrage en béton armé. 95M$ en trois jours avec l’assurance de dépasser les 200 millions de dollars symboliques. Ce qui ferait du Captain America le sixième super-héros, hors collectif façon X-Men ou The Advengers, à atteindre une telle marque.

Du coup, cette performance de haut vol éclipse le film d’Aronofsky, Noé. En effet, celui-ci accuse une baisse de ses recettes de 61% pour un cumul juste correct de 72 millions de dollars. Les 100M$ sont toujours d’actualité mais pas beaucoup plus. La version blockbuster en mode héroïc fantasy ne séduit pas un public sans doute un peu perdu par cette version du déluge. De déluge il n’en n’est pas question puisque le film s’impose à travers le monde avec, déjà, plus de 100 millions récoltés dans 46 pays. Les 200 millions sont envisageables pour un score monde à plus de 300M$. Pari risqué. Pari vraisemblablement réussi.

La suite du BO est, quand à elle, plutôt calme. Divergente se dirige bien vers les 140-150 millions de dollars. Le Dreamworks vient de dépasser sans gloire les 100 millions dollars tandis que le dernier Schwarzy se plante en beauté. Son Sabotage aura du mal à atteindre les 10 millions de dollars. Le retour du « gouvernator » au cinéma laisse perplexe. Attendons la suite…

Un dernier mot sur deux films. Frozen, le Disney qui a tout balayé sur son passage est en passe de dépasser les 400 millions de dollars. Encore un million et le tour est joué. Chapeau! Si La désolation de Smaug n’aura pu franchir le milliard dans le monde, il vient de dépasser les 950M$. Ainsi, il se place au 24e rang des plus grands succès de tous les temps, hors inflation. Belle performance, n’est-ce pas…

Geoffroy Blondeau

Frozen: Et un, et deux et trois zéro…

Frozen: Et un, et deux et trois zéro…

Frozen-disney-frozen-34977338-1600-900Disney aurait-il enfin retrouvé la formule miracle? À en croire le succès de son nouveau bébé numérique, oui. Sortit ce week-end dans les salles américaines, Frozen souffle son éclatante réussite par un démarrage record sous 5 jours – Thanksgiving oblige – au-delà des 93M$. Avec 93,9M$ il devance les 80,1M$ de Toy Story 2 (1999) et assez largement les 68,7M$ de Tangled (2010).

Ce démarrage en fanfare s’explique, en partie, par la remontée, assez spectaculaire, de l’image véhiculée il n’y a pas si longtemps par la firme aux grandes oreilles. Et qui, faut-il le souligner, n’était pas très bonne. Tangled puis Les Mondes de Ralph n’y sont pas pour rien. Si les standards des grands films d’animation ne sont pas encore au rendez-vous, l’aspect qualitatif est là, de la texture d’une animation très « conte de fées » au scénario un poil plus travaillé.

Le bouche à oreille suit la tendance d’une critique US unanime saluant la réussite du dernier Disney. Il devrait permettre à Frozen de dépasser les 200 millions de dollars et, par la faveur des vacances de Noël, de viser bien plus haut jusqu’à, sait-on jamais, titiller les 268M$ de Monstres Academy. Je reste persuadé que les 250M$ sont à porter de main.

Par ce succès presque inattendu, Disney retrouve des couleurs bien sympathiques et redevient un concurrent direct de Pixar (même si celle-ci a été rachetée par Disney) et de Dreamworks.

Geoffroy Blondeau

L’animation US retrouve des couleurs… au box-office

L’animation US retrouve des couleurs… au box-office

En 2011, aucun des 11 longs-métrages proposés au public n’a réussi à se hisser au-dessus des 200 millions de dollars. Cette contre-performance n’était plus arrivée depuis 2005, saison sans Pixar, ni Shrek à l’affiche.

Les nombreux films proposés n’ont pas eu, de toute évidence, le succès escompté malgré un vaillant Cars 2 des studios Pixar (191M$). Ni Rango (123M$), ni Rio (145M$), ni le Chat Potté (149M$), ou encore Kung Fu Panda 2 (165M$) ont mis en branle le box-office animé. Et nous ne parlerons pas des ratages mémorables qu’auront été Mars Needs Moms (21M$), Arthur Christmas (46M$) ou bien encore Happy Feet 2 (64M$).

C’est dire que l’année 2012 était attendue au tournant…

D’un point de vue comptable, celle-ci est gagnante. Premier film d’animation de l’année à dépasser les 200 millions de dollars (213M$), the Lorax, des studios Universal, a été rejoint par Madagascar 3 (204M$) et dès cette semaine par the Brave (195M$), films encore à l’affiche. L’âge de glace : la dérive des continents, qui vient de sortir aux Etats-Unis, à réaliser un premier week-end à 46M$. Trop juste pour aller viser les 200 millions de dollars, malgré la période estivale. Ainsi, le record 2010 du nombre de films d’animation à plus de 200M$ (Toy Story 3, Moi, moche et méchant, Shrek 4, Dragons, Raiponce) s’éloigne et devra patienter jusqu’à l’automne, date de sortie d’Hôtel Transylvania, des studios Sony, qui lancera la période de fin d’année au côté d’un Disney (Les mondes de Ralph) et d’un Dreamworks (Rise of the Guardians).

D’un point de vue qualitatif, aucune surprise. La valse lancinante des productions animées calibrées pour le grand nombre poursuit sa lente germination. Fond, forme et promotion s’imbriquent dans une mécanique froide, appel au jackpot synonyme de franchise en devenir. Et tous les studios s’y mettent. Pixar compris, surtout depuis son rachat par le géant Disney. En clair, chacun veut sa part du gâteau. Ce qui nous donne, à quelques exceptions près, une belle indigestion de pixels. Les suites, franchises ou autres reboots flinguent la part de créativité d’une armada d’ingénieurs recrutés pour décliner et non plus innover. Et pourtant souvenez-vous de l’incroyable introduction de Là-haut, des folles envolées aériennes de Dragons, de la poésie spatiale d’un Wall-E ou du déprimant point de non-retour d’Happy Feet

Le diktat du tiroir-caisse nécrose bel et bien une animation US pétris de talents – avec l’aide, il est vrai, de quelques recrues étrangères dont une pléthore de français – qui s’est totalement démocratisée depuis l’avènement de la synthèse (fin des années 90 début des années 2000). Le monopole Disney, chahuté en de rares occasions par quelques films de studios concurrents (on pense notamment à Anastasia (Fox, 1997), au Petit dinosaure (Universal, 1988) ou à Fievel et le nouveau monde (Universal, 1986)), s’est fissuré pour laisser place à une véritable guerre de tranchées. Pixar fut le précurseur (Toy Story est sorti en 1995), suivit de près par Dreamworks (Fourmiz, 1998), Sony (Final Fantasy, 2001), la Paramount (Jimmy Neutron, 2001) et la Fox (l’Age de glace, 2002).

Beaucoup moins long dans sa conception qu’un film d’animation au format traditionnel, le dessin animé assisté par ordinateur pousse comme des champignons (90 films sont sortis dans les salles depuis 1995), les studios se tirant la bourre depuis 17 ans avec une moyenne de 5 films par an (10 depuis 2005). Résultat, l’exigence de qualité baisse à mesure que le retour sur investissement augmente. Bien sûr, dans le flot d’une telle production, des films tirent leur épingle du jeu qualitativement. Mais la pente est de plus en plus glissante, accentuée il est vrai par l’arrivée d’une 3D avilissante, pour un genre déjà amputé de son animation classique. Il ne faudrait pas que l’animation américaine tombe dans le piège d’une créativité assujettie à sa propre technologie, et dont le but serait d’attirer un public mondialisé autour de franchises pop-corn oubliables. Malheureusement c’est ce qui est en train d’arriver…

Résultats des films d’animation sortis sur les écrans US au 15 juillet 2012

The Lorax: 213M$

Madagascar 3: 204M$

The Brave: 197M$

L’âge de glace 4: 51M$


Geoffroy Blondeau

Fast Five lance furieusement l’été américain

Fast Five lance furieusement l’été américain

Les chiffres sont tombés. Et là on ne rigole plus. Fist Five cartonne et devient le plus gros score de la franchise avec 83 M$ pour son week-end de lancement. Y a pas à dire, c’est du lourd. Un vrai blockbuster et une sacrée pépite pour Universal. Les 155M$ du quatrième opus vont être balayés et le 5ème opus de la série devrait filer au-delà des 200M$. C’est simple, des 27 films (28 depuis celui-ci) ayant réalisés plus de 80M$ au cours de leur premier week-end d’exploitation, seul X-Men Origins: Wolverine a terminé sa course en deçà des 200M$ (179M$). L’espoir est donc de mise.

Avec 14,4 M$ et une chute de 45%, Rio dépasse en 3 semaines les 100M$ (103,6). Le film est un succès et devrait finir sa course US vers les 150 bâtons. Suffisant puisque le film de Carlos Saldanha est un carton à l’international. La Fox, avec le studio Blue Sky, n’a toujours pas connu d’échec en 6 films lancés depuis 2002 (avec 260M$ dans le monde pour un budget de 75, Robots n’est pas ce que l’on peut appeler un échec). Blue Sky conforte ainsi bel et bien sa troisième place des studios d’animation derrière Pixar/Disney et Dreamworks.

Pour le reste c’est la chute libre à tous les étages. Les nouveautés hors le furious fast de Vin Diesel se plantent. Prom est à 5M$ et Hoodwinked Too! Hood vs. evil, la suite de l’original Hoodwinked, se prend une belle gamelle. Quand le premier démarrait en 2005 à 12M$, celui-ci totalise un ridicule 4M$. Les avis n’étant pas fameux, ça risque de faire mal au final.

Les films en continuation chutent donc allègrement. Même pour Insidious qui perd 48%  lors de sa 5ème semaine pour un cumul proche des 50M$, ce que réussira à faire Source code de Ducan Jones. Après le week-end de Pâques Hop perd 72%. Normal. Mais avec 105M$ le succès est, là aussi, au rendez-vous. Terminons par le cas Scream 4. -69% pour un cumul en 3 semaines à 35M$. Les 40 millions de son budget ne seront pas remboursés sur le sol américain. Parfois il n’est pas bon de ressortir du placard de l’effroi les bonnes veilles recettes…