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Chute record pour Batman v Superman…

Chute record pour Batman v Superman…

batman-v-superman-l-aube-de-la-justiceJ’ai préféré attendre le second week-end pour en avoir le cœur net. En effet, et sans l’avoir vu, tout concordait pour que Batman v Superman se gamelle dès son second passage dans les salles obscures américaines. Sans concurrence, le film de Snyder ne séduit pas et, passé la frénésie des fans comme celle des plus curieux, point de réserve pour ce choc au sommet.

La conséquence est sans appel. Une chute de 68% pour passer de 166M$ à 52M$. Le cumul, déjà très respectable, est de 261M$ estimés. Les 300 seront atteints. Mais c’est un minimum lorsque l’on réunit les deux figures emblématiques de l’univers DC! Avec le cumul des scores à l’international, le film devrait terminer sa course entre 900 et 950 millions de dollars. Sa chute rapide partout dans le monde risque, en effet, de compromettre son accession au milliard de dollar. Assurément décevant même si rien n’est encore joué.

Non, l’humiliation, la seule qui vaille, vient de Deadpool. Avec un week-end à 3,5M$, le long-métrage estampillé Marvel accroche un remarquable 355 millions de dollars. Chiffre que ne fera donc pas Batman V Superman. Cet affront ne risque pas de disparaître de sitôt puisque les dernières projections des sites spécialisés prédisent au troisième opus de Captain America un véritable carton. Les 400 millions sont envisagés avec confiance, bien aidé en cela par l’arrivée d’un certain Iron-Man à l’affiche.

Un dernier mot pour mentionner l’incroyable longévité de Zootopie. Le film ne cesse d’étonner et, sans concurrence véritable, il peut envisager d’aller dépasser les 300 millions de dollars. Depuis Volt (2009), le studio ne connaît plus l’échec dans ses productions animées.

Au 4 avril 2016 :

Batman v Superman : 261M$ pour un final à 340M$

Deadpool : 355M$ pour un final à 362M$

Zootopie : 275M$ pour un final à 325M$

Geoffroy Blondeau

Star Wars – Le réveil de la force peut-il accrocher le milliard de dollars sur le sol américain ?

Star Wars – Le réveil de la force peut-il accrocher le milliard de dollars sur le sol américain ?

Une telle perspective, affolante sur le papier, est loin d’être assurée. Mais, en observant la façon dont la campagne marketing a instrumentalisé l’imaginaire d’un retour aux sources afin de muer une envie d’aller voir le film en un désir inconscient de participer à la prolongation de ce mythe moderne, le nouveau long-métrage de J.J. Abrams pourrait bien faire du succès annoncé un triomphe absolu fédérant quatre générations de spectateurs.

star wars 7Rachat, développement et marketing…

En rachetant Lucasfilm à George Lucas pour 4 milliards de dollars, la compagnie Disney s’est rapidement mis à la tâche annonçant dans la foulée de cette acquisition une suite aux aventures légendaires de la première trilogie (La guerre des étoiles 1977, L’Empire contre-attaque 1980 et Le retour du Jedi 1983). Le père a ainsi coupé pour de bon les liens avec sa progéniture qui, libérée de l’emprise d’un patriarche devenu multimilliardaire, peut enfin aller conquérir de nouveaux horizons gage de profits mirifiques. Le marketing mis en place dès 2012 ne consistait pas à vendre le film aux futurs spectateurs mais à présenter la « marque » Star Wars comme l’évènement de l’année si ce n’est de la décennie. La communauté de fans a fait le reste en assurant le service après-vente de cette folie cinématographique planétaire.

Néanmoins, la transition ne pouvait se faire sans quelques précautions. En effet, il n’aurait servi à rien de braquer la horde de fans en proposant une suite originale trop éloignée du dénouement en forme d’happy-end du Retour du Jedi. Non, Star Wars 7 se devait de cultiver la continuité entre cohérence artistique et choix scénaristique. Si, de toute évidence, de nouveaux personnages vont évoluer dans des univers inconnus jusqu’alors, la réintroduction des anciens protagonistes devenus de véritables icônes du space-opera comme de la culture geek, n’est évidemment pas anodine.

star-wars-7-le-reveil-de-la-force-bande-annonceNostalgie quand tu nous tiens…

Revoir Luke Skywalker (Mark Hamill), la Princesse Leia (Carrie Fisher) ou Han Solo (Harrison Ford) constitue un tour de force capable de fédérer sur cette seule accroche de nombreux spectateurs aussi curieux qu’impatients de retrouver ce trio unique dans l’histoire moderne du cinéma de masse. De fait, la « prélogie » de George Lucas (La menace fantôme 1999, L’attaque des clones 2002 et La revanche des Sith 2005) ne constitue en aucun cas la référence du Réveil de la force dont l’encrage visuel nous fait penser à La guerre des étoiles et non à La menace fantôme. Question de filiation, de logique chronologique, de nostalgie savamment alimentée et de bon sens entrepreneurial. En un mot, il fallait reproduire l’esprit des films originaux quitte à renier une partie du travail de Lucas sur sa prélogie tant décriée.

Pour réussir une telle entreprise quoi de plus naturel que de s’appuyer sur la force d’une industrie bâtisseuse de rêve. La démarche semble authentique – pourquoi en douter, d’ailleurs – mais doit se conjuguer avec l’impératif d’exploitation d’un nouveau filon de films hyper rentables. Si la sincérité est de mise, elle vise également à ne choquer personne et surtout pas le fan hardcore des plus susceptibles. Il est évident qu’un tel traitement artistique orchestré au millimètre par un marketing distillant moult bande-annonce et autres spots publicitaires, cherche à faire de chacun – journaliste compris – non pas un spectateur en puissance mais un acteur à part entière responsable de la réussite du film. L’engouement, réel, se transforme en aiguillon du succès. Si le bouche à oreille vient conforter un démarrage que beaucoup qualifie d’historique, Star Wars 7 pourrait bien se rapprocher du milliard de dollars aux États-Unis.

L’exemple de Jurassic World…

D’un point de vue purement comptable, le parallèle avec Jurassic World peut nous éclairer sur la trajectoire possible du 7ème opus de la saga Star Wars. Si les films ne sont pas similaires dans leur approche ou bien dans l’univers qu’il convoque, ils semblent bien reprendre les mêmes recettes que leurs films originaux respectifs (Jurassic World s’inscrit effectivement dans cette logique en prônant le retour à un imaginaire enfantin et qui fonctionne, peu ou prou, sur les mêmes bases scénaristiques que Jurassic Park (idée du dérèglement)).

L’ADN fut donc respecté et le succès par effet d’association, d’adhésion populaire comme de découverte par les plus jeunes, au rendez-vous. SW7 se place indiscutablement sur la même trajectoire que Jurassic World mais se trouve muni d’un référent historique bien plus puissant. Ce qui veut dire que son potentiel en salles est supérieur que l’on prenne en compte sa base de fans ou le public dans sa définition la plus large possible.

star wars 7.2Quelques chiffres…

Jurassic World réalise 652M$ en 2015. Soit le meilleur score de l’année lui permettant de se placer directement au 3ème rang des plus gros succès US de tous les temps (hors inflation) juste derrière les 760M$ d’Avatar et les 658M$ de Titanic. Il n’est donc pas illogique de penser que Star Wars 7 fera mieux. Mais jusqu’où peut-il aller ? Si l’ampleur du succès est difficile à jauger, différents facteurs conjoncturels jouent en faveur du film de J.J. Abrams.

1/ L’absence de concurrence face à un film hors norme qui risque bien de tout vampiriser sur son passage.

2/ Des films en fin de carrière qui ont globalement moins bien marchés comme le dernier épisode de la série des Hunger Games.

3/ La période des fêtes de fin d’année idéale pour des sorties en famille et entre copains.

4/ La multiplication des salles IMAX et équipées en projection 3D

Pronostic de Star Wars Le réveil de la force aux USA :

800 à 850M$

Geoffroy Blondeau

Avengers 2 : un départ monstrueux mais légèrement en retrait…

Avengers 2 : un départ monstrueux mais légèrement en retrait…

dollars2Ça n’a pas raté ! La suite tant attendue des Avengers a fait péter le tiroir-caisse avec 191M$ en trois jours. Ce chiffre, tout simplement irréel, s’avère pourtant être en léger retrait par rapport au premier épisode. Pour autant, aucune crainte, une telle sortie est synonyme de triomphe pour le studio Disney (qui détient Marvel), firme devenue omnipotente. La raclée d’un wek-end à sens unique rime avec hégémonie – les autres films n’ont eu que des miettes –  et fait du super-héros le champion populaire remplisseur de salles. Aux États-Unis comme à peu près partout dans le monde…

Tiens, l’universalité grossière, car un peu dingue quand on y pense, supplanterais donc toute idée de pluralité ou de spécificité, en submergeant chaque continent comme un vulgaire virus informatique. Le logiciel est rodé, s’implante dans nos neurones et fait son travail de sape culturel pourvu que les dollars coulent à flot.

Avengers 2 va dépasser le milliard de dollars dans le monde en quelques jours. Comme une évidence. Ou une fatalité. Le film répond ainsi à sa fonction, objectif préétablit, super bien huilé, marketé, qui ne laisse aucune chance à l’échec. Le monstre est lâché et les gens veulent l’admirer, foule carnassière ne pouvant passer à côté d’une telle offrande cinématographique, grande messe orgiaque de débauche visuelle.

Le marketing a eu raison du divertissement. L’art, quant à lui, est déjà loin. Mais quid, justement, du divertissement ? Lui, le pauvre, qui se croyait à l’abri. Peinard. Et bien il vient de se faire bouffer par la mécanique froide et implacable du plan comptable.

Geoffroy Blondeau

Quel Box-office US en cette fin d’année 2014?

Quel Box-office US en cette fin d’année 2014?

interstellarAprès avoir décerné à l’outsider Les Gardiens de la galaxie la première marche d’un été US décevant en termes de fréquentation (avec 4,045 milliards de dollars de recettes, l’été 2014 réalise le plus mauvais score de la période depuis 2006 et ses 3,732milliards de dollars), place aux pronostics de fin d’année. Sous le signe de la famille entre comédies loufoques (La nuit au musée : le secret des Pharaons, Dumb & Dumber De avec le duo d’origine Jim Carrey et Jeff Daniels), film d’animation (le Disney Les nouveaux héros, Les pingouins de Madagascar), films épiques (Exodus de Ridley Scott et l’épisode final du Hobbit de Jackson), saga adolescente (Hunger Game partie 3) ou trip spatial (Interstellar de Nolan), cette fin d’année risque bien de livrer, comme en 2009 (Avatar) et 2013 (Hunger game 2) le vainqueur de l’année.

– 5 novembre

Interstellar. Nolan/McConaughey

Comment ne pas être intrigué par le nouveau film de Christopher Nolan, méga trip écolo-futuriste incarné, entre autres, par l’oscarisé Matthew McConaughey ? Si vous en avez marre des distractions décérébrées d’une Hollywood proprement vulgaire, le voyage intersidéral du père des Batman semble osciller entre 2001, l’Odysée de l’espace, Tree Of Life, Solaris ou encore Contact. Rien que cela ! Alors ? Pétard mouillé mégalo ou nouvelle référence philosophico-dramatique d’une SF adulte ? Deux ans après le pompeux The Dark Knight Rise, Nolan a l’occasion de rectifier le tire de façon indiscutable. De toute façon, la curiosité autour d’une expérience filmique exclusive – même si bancale – ne laisse que peu de suspense quant au potentiel en salles du nouveau Nolan, bien parti pour terminer sa course entre Gravity et Inception.

Pronostics : 285M$

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– 7 novembre

Les nouveaux héros. Disney/Animation

Disney ne veut pas se laisser enfermer dans le conte pour enfants malgré l’incroyable succès de la Reine des neiges. À la bonne heure ! Le studio, qui a racheté la Marvel Entertainment en 2009 pour 4 milliards de dollars, se lance dans sa toute première adaptation de Comics avec les Nouveaux héros et son univers high-tech décoiffant. La cible, plus adolescente puisque moins familiale, peut néanmoins faire mouche même si le score de la Reine des neiges nous semble inatteignable. La nouvelle crédibilité du studio ainsi que l’absence de concurrence jusqu’au spin off de Dreamworks, les Pingouins de Madagascar, devraient lui assurer le succès.

Pronostics : 215M$

– 14 novembre.

Dumb & dumber De. Frères Farelly/Jim Carrey & Jeff Daniels

Le duo de D & D des frères Farelly se reforme donc vingt ans après le délire très 90’S d’un premier film devenu culte. On se dit, de prime abord, pourquoi pas ? Et puis, après réflexion, on se dit aussi que le projet laisse quand même songeur. Car revoir nos deux acolytes de 52 et 59 ans faire les pitres n’est peut-être pas la meilleure idée qui soit. S’ils savent mettre en boîte leurs comédies, les Farelly brothers arriveront-ils à se renouveler ou, tout au moins, à retrouver le ton qui a fait, jadis, le succès de leurs comédies ? Une génération est passée par là. Pas sûr que l’actuelle, biberonnée aux réseaux sociaux, plébiscite un humour old school pour quarantenaires nostalgiques.

Pronostics : 105M$

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– 21 novembre

Hunger game la révolte : partie 1. Francis Lawrence/Jennifer Lawrence

Comme une habitude – mauvaise ? – depuis le dernier film des Harry Potter, l’épisode final des sagas à succès se trouve étrangement diviser en 2. On peut y voir une volonté d’approfondir la densité narrative du dénouement attendu ou, ne s’arrêter, que sur la question pécuniaire qu’un tel découpage engendre. Suite au succès incroyable des deux premiers épisodes, on ne voit pas comment celui-ci pourrait manquer son démarrage et, au final, son exploitation en salles. Néanmoins, l’avant-dernier film a toujours connu (que ce soit sur HP ou sur Twilight) une légère baisse de ses fréquentations avant de repartir à la hausse avec le dernier opus. Portée par la charismatique Jennifer Lawrence, Hunger game, la révolte partie 1, sera assurément le carton de cette fin d’année et de l’année 2014.

Pronostics : 395M$

– 26 novembre

Comment tuer son boss 2. Sean Sanders/Jason Bateman

En 2011 la comédie Comment tuer son boss, porté par son casting de star (Jason Bateman, Jennifer Aniston, Kevin Spacey, Colin Farell, Jamie Foxx, Jason Sudeikis), avait réussi, malgré un mauvais goût affiché assez remarquable, à séduire un public nombreux. Trois ans ont passé et le couvert est remis pour cette suite réalisée par le réalisateur de la Famille Millers. Aucune inquiétude à l’horizon puisque la recette semble la même, jusqu’à l’appel de stars. Notons que la sortie de cette suite a été décalée en novembre (juillet pour le premier film), lui assurant ainsi une adversité moins rude mais plus ramassée dans le temps (il faudra compter sur D & D et le troisième film de la Nuit au musée). L’impertinence trash va-t-elle payer ?

Pronostics : 105M$

Les pingouins de Madagascar. Dreamworks/Animation

Dreamworks nous refait le coup. Après le spin off de Shrek, le Chat Potté, voici que débarquent, le temps d’un film, les fameux pingouins issus des trois films d’animation de la série Madagascar. Vraie bonne idée ou manque cruel d’imagination ? S’il est toujours aisé de parsemer un long-métrage de quelques scènes « rigolotes » via des personnages itou (on pense, notamment, au scrat dans l’Age de glace), en faire un film à part entière avec un univers propre l’est beaucoup moins. Bon, question Box-office, Dreamworks s’en était bien tiré avec son Chat Potté (149M$). Il nous semble que ces pingouins aussi barrés que futés peuvent faire aussi bien que le minou aux grandes bottes.

Pronostics : 135M$

– 12 décembre

Exodus. Ridley Scott/Christian Bale

Contrairement au Noé d’Aronosky, Ridley Scott s’est emparé d’une mythologie moins « casse-gueule » en réadaptant l’exode, hors d’Égypte, des Hébreux conduit par Moïse. Le péplum s’affiche dans de luxuriantes B.A au souffle épique, ce qui n’est pas sans rappeler un certain Gladiator (le plus gros succès de Scott à ce jour). Si le film ne sort que cinq jours avant le dernier épisode du Hobbit – ce qui risque de le désavantager –, il devra également se défaire de l’ombre tutélaire du film de Cecil B. DeMille, Les dix Commandements, avec Charlton Heston dans le rôle de Moïse. L’universalité du livre de l’exode du dernier Testament devrait, de toute façon, assurer au long-métrage une belle carrière à l’international.

Pronostic : 130M$

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– 17 décembre

Hobbit : la bataille des cinq armées. Peter Jackson/Tolkien

La boucle est désormais bouclée. Surtout pour celui qui ne voulait pas réaliser les aventures de Bilbon. La nouvelle trilogie, 13 ans après la sortie du Seigneur des anneaux, se clôt par l’espoir d’une bataille épique attendue de pied ferme par une horde de fans soulagée depuis la Désolation de Smaug. La tournure sombre que prend cette trilogie sonne comme une expression juste d’un temps trouble, bien loin du ton général d’une œuvre pour enfant. Jackson aurait donc fait le choix du lien entre deux Hobbits, Bilbon et Frodon, afin de proposer une seule et même saga étalée sur six films. Cette approche sera-t-elle suffisante pour permettre à ces cinq armées de côtoyer les cimes du B.O ? Sans doute même si la concurrence d’Exodus et de Promenons-nous dans les bois (Rob Marshall) peuvent entamer sa marche vers les 300 millions de dollars.

Pronostics : 290M$

– 19 décembre

La nuit au musée : le secret des Pharaons. Shawn Lévy/Ben Stiller & Robin Williams

Trois ans séparent le premier film du deuxième opus. Cinq et demi séparent le deuxième long-métrage à celui qui sort cette année pendant les fêtes. C’est beaucoup. Surtout pour un film familial. Encore plus pour un film familial au pitch aussi exclusif qui aura permis au premier opus de remporter un grand succès. Le risque d’érosion, à l’instar de la trilogie Mon beau-père et moi (Ben Stiller encore), semble inévitable sans pour autant craindre le bide absolu. Seul espoir, la présence, pour son dernier rôle majeur au cinéma, du regretté et génial Robin Williams. À lui seul il peut booster une audience sans doute pas très convaincue de l’utilité d’explorer dans un troisième film un concept déjà fatigué en deux longs-métrages.

Pronostics : 115M$

– 26 décembre

Promenons-nous dans les bois. Rob Marshall/Meryl Streep & Johnny Deep

Promenons-nous dans les bois est un conte horrifique en forme de comédie musicale produit par Disney qui fait se croiser plusieurs personnages de contes aussi différents que Cendrillon, le Petit Chaperon Rouge ou encore Raiponce. Disney, sans surprise, continue à tirer profit d’un filon juteux qui lui aura permis de triompher avec Oz, Maléfique, Alice au pays des merveilles et les deux films d’animation Raiponce et la Reine des neiges. Doté d’un casting prestigieux (Emily Blunt, Chris Pine, Anna Kendrick, Johnny Deep et Meryl Streep), le film de Rob Marshall a toutes les chances de surfer sur la vague des contes revisités – souvent pour le pire. Bon, la fin d’année, très saturée, ne le portera sans doute pas au-delà des 150M$. Mais nous le voyons très bien réaliser un score proche d’Enchanted, film Disney sorti en 2007 et qui cumula en fin de carrière 127M$.

Pronostics : 138M$

Geoffroy Blondeau

Box office US été 2014 partie 2

Box office US été 2014 partie 2

Pronostics juillet-août 2014

planetedessingesaffrontement

2 juillet (sorties avancées pour cause de fête nationale aux Etats-Unis)

Tammy : Cette énième comédie estivale avec Melissa Mc Carthy (Arnaque à la carte, les Flingueuses) rééditera-t-elle les récents succès de la coqueluche hollywoodienne du moment ? Rien n’est moins sûr. Unique star « bankable » du film, tout repose sur ses épaules. En cas de réussite, l’actrice deviendra incontournable et pourra monter des films sur son seul nom. À noter la présence de la toujours sublime Susan Sarandon.

Pronostic : 115M$

Délivre-nous du mal : Film horrifique de l’été avec Éric Bana en tête d’affiche. Réalisé par Scott Derrickson, un habitué du genre (L’exorcisme d’Emily Rose, Sinister), le buzz monte sa mayonnaise semaine après semaine jusqu’à laisser échapper une bombe marketing imparable. Selon certaines sources, il y aurait une scène absolument démente que tout fan d’horreur se doit d’affronter. Mystère et boule de gomme… Gros démarrage possible pour un succès sur les traces du film La Conjuration sortit l’année dernière (137M$ US).

Pronostic : 110M$

12 juillet

La planète des singes : l’affrontement : En 2011, le remake de la Planète des singes a rencontré un succès surprise avec près de 180M$ sur le sol américain. Trois ans ont passé et c’est autour de Matt Reeves (Cloverfield) de faire « mumuse » avec César et ses acolytes primates en lutte pour la domination de la planète contre une humanité vacillante. Tout un programme ! Vu qu’aucun blockbuster estival n’a dépassé les 250M$ (attendons les scores du quatrième Transformers), celui-ci peut tirer son épingle du jeu et viser haut la main les 200 millions de dollars.

Pronostic : 230M$

18 juillet

Planes 2 : Le premier épisode aurait dû sortir directement en vidéo. Disney en a décidé autrement et bien lui en a pris. 219M$ monde pour un budget de 50M$. Il n’en fallait pas plus pour mettre en boite la suite. Planes 2 sera bien esseulé cet été d’autant que Dragons 2 ne fonctionne pas du tout comme prévu. Sachant cela, il peut rééditer le score du premier opus.

Pronostic : 95M$

Sex Tape : Attention à Cameron Diaz. Cette fille a du sex-appeal à revendre. Qui, en effet, aurait misé sur sa comédie Bad Teacher sortit en 2011 ? Pas grand monde. Et pourtant la belle a accroché les 100M$ en pleine période estivale. Celle qui sort tout juste du succès public avec Triple Alliance (83M$), retrouve James Segel dans une comédie plutôt familiale qui pourrait créer la surprise.

Pronostic : 105M$

25 juillet

Lucy : Un Luc Besson réalisé par Luc Besson dans le pays de l’Oncle Sam. Mis à part le Cinquième élément, on ne peut pas dire que le réalisateur français ait « scoré » aux E.U. Mais sait-on jamais ? Avec Scarlett Johansson dans le rôle-titre, Besson retrouve une muse qui pourrait l’inspirer et rendre son entreprise intrigante. Alors, nouvelle désillusion ou demi-réussite façon Nikita ? De toute façon, on ne voit pas comment il pourrait aller beaucoup plus haut qualitativement…

Pronostic : 90M$

Hercules : Pour la présence de the Rock dans le rôle-titre car nous n’avons rien à attendre de Brett Ratner (Rush Hour, Dragon Rouge, Le casse de Central Park). En l’état, le film nous fait penser au Choc des Titans version Louis Leterrier. Soit un amas visuel rock’n’roll à l’esthétique plus que douteuse. Si le bide du Conan de Nipsel est à craindre, il nous semble plus raisonnable d’attendre un score final proche de 300 : la naissance d’un empire.

Pronostic : 90M$

Gardiens-Galaxie-140102

1er août

Les gardiens de la Galaxie : La Marvel prend un risque. Un vrai. Même si celui-ci est calculé. Le studio veut lancer une nouvelle franchise avec des héros intergalactiques beaucoup moins connus du grand public que les stars de l’écurie Marvel. De ce fait, le studio n’a pas lésiné sur la campagne marketing quitte à casser le tiroir-caisse. La curiosité sera le principal atout d’un film qui a l’air plutôt fun. Par ces temps de forte morosité, il pourrait souffler un vent de folie appréciable sur un public en demande de nouveautés. Gros score en perspective.

Pronostic : 190M$

Get on Up : Drôle de date de sortie pour ce biopic sur le parrain de la soul, James Brown. Le film, réalisé par Tate Taylor (La couleur des sentiments), met en vedette l’acteur Chardwick Boserman, révélé par 42, film sur le baseball et succès surprise 2013 (le film est inédit chez nous malgré la présence d’Harrison Ford). Cette programmation incongrue peut séduire un public adulte fatigué des sempiternels blockbusters estivaux décérébrés qui se succèdent semaine après semaine.

Pronostic : 85M$

8 août

Teenage mutant ninja turtles : Les tortues mutantes sont de retour en live 21 ans après leur dernier passage au cinéma (nous excluons la version 3D TMNT sortit en 2007). Si, grâce au marchandising, les personnages sont toujours populaires, la sortie du film une semaine après les Gardiens de la Galaxie risque de le désavantager. De toute façon la qualité du film n’a que peu d’importance puisque le public visé est jeune, versatile et adepte des premiers week-ends. Un très bon démarrage n’est pas exclu pour lancer cette nouvelle franchise avec Megan Fox en guest glamour.

Pronostic : 135M$

15 août

Expendables 3 : On peut dire que le retour des gros bras est attendu par une cohorte de fans. À la liste, déjà impressionnante des stars réunies autour de Sly, il faudra compter sur Mel Gibson (le banni d’Hollywood y joue le bad guy), le revenant Welsey Snipes ou encore le toujours fringuant Harrison Ford (malgré ses 71 ans). Le fait qu’il s’agisse vraisemblablement du dernier épisode de la franchise peut lui donner un intérêt supplémentaire à même de se maintenir au box-office. De toute façon le film va cartonner à l’international…

Pronostic : 85M$

Sincity2

22 août

Sin City 2 : Il aura fallu presque dix ans pour que cette suite sorte sur les écrans. Si aucune raison valable n’explique une telle attente, il semblerait que l’aspect esthétique si particulier du premier opus soit conservé. Ce qui, sans anticiper la qualité finale du film, à de quoi rassurer. La présence de Frank Miller au côté de Robert Rodriguez n’y est sans pas pour rien. Tant mieux ! Car nous voulons retrouver la noirceur, la hargne et les idées visuelles qui ont fait le succès du premier Sin City. Telles sont les conditions d’un retour réussi…

Pronostic : 75M$

29 août

Life of crime : Terminons ce panorama box-office US été 2014 par une comédie portée, je vous le donne en mille, par Jennifer Aniston. Sauf que cette fois l’histoire est tirée d’une nouvelle d’Elmore Leonard. La qualité sera peut-être au rendez-vous. Ce qui ne veut pas dire que le succès suivra. De plus, Aniston est seule. Point de Jim Carrey, de Ben Stiller, de Vince Vaugh, d’Owen Wilson ou d’Adam Sandler pour porter le film…

Pronostic : 75M$

Geoffroy Blondeau

Top 20 France 2013: Les films français patinent, patinent, patinent…

Top 20 France 2013: Les films français patinent, patinent, patinent…

frozenDécevant. Tout simplement. Car avec seulement trois « petits » films français dans le top 20 de l’année 2013, la production hexagonale fait grise mine. À titre de comparaison, il y avait 8 films en 2012, 4 en 2011 (mais avec deux films à plus de 8 millions d’entrées dont les 19,6 d’Intouchables) et 7 en 2010. De fait, la part de marché du cinéma français est faible. 33 % et une baisse conséquente de 7 points par rapport à l’année dernière.

Les raisons d’un tel désamour du public ? Un manque flagrant de diversité populaire à même de proposer des films de genre loin des sempiternelles comédies que l’on distribue comme de vulgaires produits de consommation. L’échec de Boule et Bill (21ème) en dit long sur le ras-le-bol du public devant la piètre qualité des films proposés. Si la production hexagonale est riche en talent, il faut aller les chercher dans les profondeurs du classement.

Dans ce marasme assez embarrassant quelques films surnagent, s’approchent du million d’entrées et pour trois d’entre eux le dépasse. Citons Alceste à bicyclette (1,1 million d’entrées), Möbius (1,1 million d’entrées) et Sur le chemin de l’école (1 million d’entrées). La Vie d’Adèle – Palme d’or 2013 – a terminé sa course à quelques encablures de cette marque (0,9 million d’entrées), faisant mieux que l’ambitieux L’écume des jours de Gondry (0,8 million d’entrées). Bon, c’est bien mais il n’y a pas de quoi sauter au plafond non plus.

Que reste-t-il ? Des films américains, rien que des films américains. Les mêmes, d’ailleurs, qu’aux États-Unis mais dans le désordre avec le Disney de Noël en tête (La reine des neiges qui finira n°1 de l’année). Sur les dix-sept films américains présents dans le top 20, nous notons sept suites, deux reboots et six films d’animation. Pas de surprise, évidemment.

Enfin, pour trouver un film non français et américain il faut descendre à la 63ème place avec le film d’animation espagnol Le manoir magique (0,8 millions d’entrées).

Top 20 2013 au 24/01/2014.

  1. La reine des neiges : 4,7 millions d’entrées*
  2. Moi, moche et méchant 2 : 4, 6 millions
  3. Le Hobbit : la désolation de Smaug : 4,6 millions d’entrées*
  4. Iron Man 3 : 4, 3 millions d’entrées
  5. Django Unchained : 4, 3 millions d’entrées
  6. Gravity : 4 millions d’entrées*
  7. Les Profs : 3,9 millions d’entrées
  8. Hunger Game : l’embrasement : 3, 1 millions d’entrées
  9. Insaisissables : 3 millions d’entrées
  10. Fast and Furious 6 : 2,9 millions d’entrées
  11. Belle et Sébastien : 2, 6 millions d’entrées*
  12. Les garçons et Guillaume, à table : 2,4 millions d’entrées*
  13. World War Z : 2,4 millions d’entrées
  14. Turbo : 2, 4 millions d’entrées
  15. Le loup de Wall Street : 2, 4 millions d’entrées*
  16. Les Croods : 2,3 millions d’entrées
  17. Man of Steel : 2,3 millions d’entrées
  18. Thor : le monde des ténèbres : 2,2 millions d’entrées
  19. Les Schtroumpfs 2 : 2,2 millions d’entrées
  20. Monstres universités : 2,1 millions d’entrées

* Toujours en exploitation

 Geoffroy Blondeau

 

 

Disney achète à tout va quand Universal dit stop…

Disney achète à tout va quand Universal dit stop…

Indiana Jones ressort des cartons

indiana-jonesDisney n’arrête plus sa frénésie de rachats. Après Pixar, Marvel et tout récemment LucasFilm, voilà que la firme aux grandes oreilles se paye les droits de la franchise Indiana Jones. Question monopole, y a vraiment de quoi flipper!!

Ce rachat (dont on ignore à ce jour le montant) permet à Disney, outre les droits d’auteur qu’elle détenait déjà, de produire et de distribuer des futurs films mettant en images le personnage ô combien charismatique d’Indiana Jones. Si la Paramount conserve les droits des films précédents, elle touchera également un % sur les recettes à venir en cas de mise en chantier d’un cinquième opus.

Je ne sais pas si un cinquième film est en préparation, mais l’exemple de Star Wars ne laisse planer que peu de doute. D’autant que MM. Spielberg et Ford ont signalé à qui veut l’entendre qu’ils donnaient leurs accords.

Si tout ceci est bon pour le merchandising, ce n’est pas forcément très rassurant d’un point de vue cinématographique.

Fast and Furious 7 à l’arrêtl-acteur-paul-walker-mort-a-l-age-de-40-ans

La disparition brutale de Paul Walker aurait-elle sonné le glas de la franchise? Sans doute que non même si le tournage du 7ème opus s’arrête pour une durée indéterminée comme l’indique le studio dans un communiqué:

« Aujourd’hui, nous tous à Universal cherchons à aider au lieux la famille immédiate de Paul, et la grande famille de toute l’équipe de Fast and Furious ». Et nous pensons que notre responsabilité est d’interrompre la production de Fast and Furious 7 le temps d’étudier toutes les options disponibles pour assurer l’avenir de la franchise. »

Si ce n’est pas la première fois que ce type de mésaventure survient au cours d’un tournage (je pense, bien évidemment, au décès tout aussi tragique de Heath Ledger sur The dark knight), le Studio envisagerait une solution radicale pour ne pas dire jamais vue. Reprendre le tournage à zéro en intégrant la disparition du personnage O’Conner. Dans ce cas il ne s’agit pas d’une remise à plat ou d’un reboot déguisé, mais bien d’un changement d’axe narratif permettant de poursuivre l’aventure sans trahir la mémoire de l’acteur.

Geoffroy Blondeau

Frozen: Et un, et deux et trois zéro…

Frozen: Et un, et deux et trois zéro…

Frozen-disney-frozen-34977338-1600-900Disney aurait-il enfin retrouvé la formule miracle? À en croire le succès de son nouveau bébé numérique, oui. Sortit ce week-end dans les salles américaines, Frozen souffle son éclatante réussite par un démarrage record sous 5 jours – Thanksgiving oblige – au-delà des 93M$. Avec 93,9M$ il devance les 80,1M$ de Toy Story 2 (1999) et assez largement les 68,7M$ de Tangled (2010).

Ce démarrage en fanfare s’explique, en partie, par la remontée, assez spectaculaire, de l’image véhiculée il n’y a pas si longtemps par la firme aux grandes oreilles. Et qui, faut-il le souligner, n’était pas très bonne. Tangled puis Les Mondes de Ralph n’y sont pas pour rien. Si les standards des grands films d’animation ne sont pas encore au rendez-vous, l’aspect qualitatif est là, de la texture d’une animation très « conte de fées » au scénario un poil plus travaillé.

Le bouche à oreille suit la tendance d’une critique US unanime saluant la réussite du dernier Disney. Il devrait permettre à Frozen de dépasser les 200 millions de dollars et, par la faveur des vacances de Noël, de viser bien plus haut jusqu’à, sait-on jamais, titiller les 268M$ de Monstres Academy. Je reste persuadé que les 250M$ sont à porter de main.

Par ce succès presque inattendu, Disney retrouve des couleurs bien sympathiques et redevient un concurrent direct de Pixar (même si celle-ci a été rachetée par Disney) et de Dreamworks.

Geoffroy Blondeau

Oz ne rééditera l’incroyable succès d’Alice…

Oz ne rééditera l’incroyable succès d’Alice…

OZ_590x289Si le Oz de Sam Raimi est un succès, il ne sera pas un triomphe. Avec 144M$ en deux semaines, il reste assez loin des 209M$ engrangés en 2010 par Alice au pays des merveilles.  Néanmoins il lance plutôt bien l’année avec, en point de mire, les 220-240 millions de dollars US. Soit l’assurance de terminer dans le top 10 des plus gros succès 2013.  Disney doit respirer…

A l’international le film établit des scores corrects, sans plus. 136M$ en deux semaines dans 55 pays c’est, je l’avoue, tout juste correct. A titre de comparaison, le Hobbit de Jackson avait, quant à lui, totalisé 138M$ pour son premier week-end dans « seulement » 43 pays. Le film, qui sort en chine le 29 mars prochain, pourrait ainsi aller chercher les 280-300 millions pour un total monde situé entre 500-520M$.

Dans la même veine, l’héroïc-fantasy en plus, le dernier film de Brian Singer, Jack la chasseur de géants, est un four. Un vrai. Pire que le Carter de Disney l’année dernière. C’est dire. Warner Bros enchaîne les déconvenues 2013 après Gangster Squad avec Sean Penn, Ryan Goslin et Josh Brolin et le dernier Steve Carell, The Incredible Burt Wonderstone. Avec son budget pharaonique de 195M$, Jack le chasseur de géant va faire perdre de l’argent au studio. Les prochaines sorties (surtout en Europe) suffiront-elles à amortir la chute? Pas impossible, bien sûr, même si je doute beaucoup au film dans sa capacité à se transformer en hit chez nous, en Italie, en Angleterre ou encore au Japon.

Un petit mot pour dire que la franchise Die hard a pris un sacré coup sur la tête. Et pas seulement artistique! Le film avec Bruce Willis finira sa course US en dessous des 70 millions de dollars. Soit le plus mauvais score de la franchise et franchement une désillusion pour la Fox. Bon, son score à l’international le sauve du naufrage. 200M$ pour un total de 265M$. Suffisant pour être rentable. Pas pour en faire un bon film…

Geoffroy Blondeau

L’animation US retrouve des couleurs… au box-office

L’animation US retrouve des couleurs… au box-office

En 2011, aucun des 11 longs-métrages proposés au public n’a réussi à se hisser au-dessus des 200 millions de dollars. Cette contre-performance n’était plus arrivée depuis 2005, saison sans Pixar, ni Shrek à l’affiche.

Les nombreux films proposés n’ont pas eu, de toute évidence, le succès escompté malgré un vaillant Cars 2 des studios Pixar (191M$). Ni Rango (123M$), ni Rio (145M$), ni le Chat Potté (149M$), ou encore Kung Fu Panda 2 (165M$) ont mis en branle le box-office animé. Et nous ne parlerons pas des ratages mémorables qu’auront été Mars Needs Moms (21M$), Arthur Christmas (46M$) ou bien encore Happy Feet 2 (64M$).

C’est dire que l’année 2012 était attendue au tournant…

D’un point de vue comptable, celle-ci est gagnante. Premier film d’animation de l’année à dépasser les 200 millions de dollars (213M$), the Lorax, des studios Universal, a été rejoint par Madagascar 3 (204M$) et dès cette semaine par the Brave (195M$), films encore à l’affiche. L’âge de glace : la dérive des continents, qui vient de sortir aux Etats-Unis, à réaliser un premier week-end à 46M$. Trop juste pour aller viser les 200 millions de dollars, malgré la période estivale. Ainsi, le record 2010 du nombre de films d’animation à plus de 200M$ (Toy Story 3, Moi, moche et méchant, Shrek 4, Dragons, Raiponce) s’éloigne et devra patienter jusqu’à l’automne, date de sortie d’Hôtel Transylvania, des studios Sony, qui lancera la période de fin d’année au côté d’un Disney (Les mondes de Ralph) et d’un Dreamworks (Rise of the Guardians).

D’un point de vue qualitatif, aucune surprise. La valse lancinante des productions animées calibrées pour le grand nombre poursuit sa lente germination. Fond, forme et promotion s’imbriquent dans une mécanique froide, appel au jackpot synonyme de franchise en devenir. Et tous les studios s’y mettent. Pixar compris, surtout depuis son rachat par le géant Disney. En clair, chacun veut sa part du gâteau. Ce qui nous donne, à quelques exceptions près, une belle indigestion de pixels. Les suites, franchises ou autres reboots flinguent la part de créativité d’une armada d’ingénieurs recrutés pour décliner et non plus innover. Et pourtant souvenez-vous de l’incroyable introduction de Là-haut, des folles envolées aériennes de Dragons, de la poésie spatiale d’un Wall-E ou du déprimant point de non-retour d’Happy Feet

Le diktat du tiroir-caisse nécrose bel et bien une animation US pétris de talents – avec l’aide, il est vrai, de quelques recrues étrangères dont une pléthore de français – qui s’est totalement démocratisée depuis l’avènement de la synthèse (fin des années 90 début des années 2000). Le monopole Disney, chahuté en de rares occasions par quelques films de studios concurrents (on pense notamment à Anastasia (Fox, 1997), au Petit dinosaure (Universal, 1988) ou à Fievel et le nouveau monde (Universal, 1986)), s’est fissuré pour laisser place à une véritable guerre de tranchées. Pixar fut le précurseur (Toy Story est sorti en 1995), suivit de près par Dreamworks (Fourmiz, 1998), Sony (Final Fantasy, 2001), la Paramount (Jimmy Neutron, 2001) et la Fox (l’Age de glace, 2002).

Beaucoup moins long dans sa conception qu’un film d’animation au format traditionnel, le dessin animé assisté par ordinateur pousse comme des champignons (90 films sont sortis dans les salles depuis 1995), les studios se tirant la bourre depuis 17 ans avec une moyenne de 5 films par an (10 depuis 2005). Résultat, l’exigence de qualité baisse à mesure que le retour sur investissement augmente. Bien sûr, dans le flot d’une telle production, des films tirent leur épingle du jeu qualitativement. Mais la pente est de plus en plus glissante, accentuée il est vrai par l’arrivée d’une 3D avilissante, pour un genre déjà amputé de son animation classique. Il ne faudrait pas que l’animation américaine tombe dans le piège d’une créativité assujettie à sa propre technologie, et dont le but serait d’attirer un public mondialisé autour de franchises pop-corn oubliables. Malheureusement c’est ce qui est en train d’arriver…

Résultats des films d’animation sortis sur les écrans US au 15 juillet 2012

The Lorax: 213M$

Madagascar 3: 204M$

The Brave: 197M$

L’âge de glace 4: 51M$


Geoffroy Blondeau