Archives de
Étiquette : ben affleck

Et le prochain Batman est…

Et le prochain Batman est…

Ben-Affleck…déjà polémique. En apprenant que les pontes de la Warner aient décidé de faire confiance à Ben Affleck pour succéder à Christian Bale, le petit monde des réseaux sociaux s’est mis en branle, désapprouvant en masse une telle annonce. Le site Variety s’est même fendu d’un sondage afin de savoir si le choix était le bon. Le résultat est sans appel puisque négatif à 77%.

De toute façon Greg Silverman, président de la Warner, estime que Ben Affleck est un acteur « extraordinaire » qui remplit toutes les conditions pour incarner le super-héros milliardaire. Idem pour Zack Snyder tout aussi dithyrambique au sujet de l’acteur qui donnera, donc, la réplique à Henry Cavill dans Man of Steel 2 dont la sortie est prévue au 17 juillet 2015.

Le buzz est lancé, peu importe qu’il soit négatif ou que les fans crient au scandale ou à l’hérésie. De plus il est quasi certain qu’ils iront voir le film Ben Affleck ou pas.

Cette histoire me rappelle la réaction des fans (réseaux sociaux en moins, nous étions en 1994) lorsque Tom Cruise avait été casté pour incarner Lestat dans l’adaptation d’Entretien avec un vampire d’Anne Rice par Neil Jordan. Sans être un chef-d’œuvre du genre le film tenait la route et surtout permis de faire taire les moqueries à l’encontre de Tom Cruise. Rien ne dit que Snyder n’arrivera pas à en faire de même. De toute façon il faudra juger sur pièces.

Le rendez-vous est pris.

Geoffroy Blondeau

A la merveille: extatique beauté…

A la merveille: extatique beauté…

A-la-Merveille_portrait_w858« Terry (Terrence Malick) cherche à échapper à tout a priori. Il est en quête d’une forme d’inspiration divine. Aussi étrange que cela puisse paraître, je crois qu’il attend de son film qu’il lui dise de quoi il parle ».  Cette interrogation, énoncée par l’acteur américain Nick Nolte lors de la sortie du film la Ligne rouge en 1998, résume assez bien le chemin emprunté par un cinéaste cherchant à traduire l’indicible par la seule force des images. Qu’elles soient considérées comme enivrantes ou pompeuses. Car Malick illustre comme personne, tel un peintre impressionniste, le courant continu, mais perturbé, du cycle de l’existence. Pour réussir cette empreinte, il capte, saisit, sculpte et fige, le temps d’une séquence, d’une scène ou d’un plan, des fragments de vie, imprévisibles mouvements du réel qui, assemblés dans le chaos d’un monde à la beauté indescriptible, essaient d’embrasser l’infinie complexité de la nature humaine.

À la merveille, tourné dans la foulée de The Tree of life, rompt avec les habitudes du cinéaste puisque le film, qui porte le nom de l’abbaye du Mont Saint-Michel, prolonge sa recherche d’épure cinématographique, condition indépassable pour retranscrire dans un continuum de gestes, de postures et de relations, les sentiments, pensées ou émotions du couple formé à l’écran par Ben Affleck / Olga Kurylenko. À la merveille oscille constamment entre le film expérimental et le projet esthétique. D’où le risque, grand, d’amalgame, de railleries, d’incompréhension, d’ennui. Ce qu’il faut voir, pour reprendre la citation de Nick Nolte, va au-delà de l’aspect purement philosophico-poétique recherché. Le long-métrage n’est pas conçu pour être la transcription cinématographique aboutit d’une réflexion préalable à sa mise en forme. Il s’agit, au contraire, de façonner une transcription plus libre, comme modulable, tâtonnante, éparpillée, et dont les parties seraient supérieures à un ensemble d’une cohérence toute relative.A-la-merveille-Bande-annonce-640x426

Et pour capter ces interstices de vie, ceux que les mots ne peuvent exprimer, ceux qui se forment par blocs entiers, jour après jour, dans l’émerveillement des corps face aux choses de la vie, Malick emporte son film dans un flot continu d’une caméra aérienne qui ne s’arrête jamais – comme le cœur qui bât –, afin d’assurer le lien fragile, étonnant, sensuel, destructeur entre les êtres et le monde dans lequel ils s’y déploient. Ainsi la thématique du couple n’est jamais occultée, ni noyée dans un salmigondis de références fumeuses anormalement vulgarisées. Mieux, le réalisateur américain tisse, au-delà de son approche élégiaque sur le couple et l’amour, une « contextualisation » assez classique des différentes étapes que peut traverser chaque couple. Amour, désir, complicité, manque, doute, enfermement, ennui, séparation, retrouvailles sont ainsi abordés. D’où l’apparente banalité d’une voix off questionnant l’amour – « quel est cet amour qui nous aime ? » –, la foi ou le devoir.

L’approche fera débat. Son traitement aussi même si la fluidité de la mise en scène risque de faire consensus.  Un peu comme dans The Tree of life, l’erreur serait de considérer A la merveille comme un mauvais trip new age avec ses images clichées et sa soi-disant propagande religieuse. La singularité de l’essai cinématographique invalide un tel discrédit. Aussi bien dans son traitement narratif que moral. Car en se faisant entrechoquer dans un même élan de passion élégiaque les principes d’immanence et de transcendance, dans ce qui est là, en soi, et tout autour de soi, le cinéaste ne filme pas seulement les atermoiements d’un homme épris d’un amour contradictoire. Il en dessine les contours à jamais changeant dans un symbolisme poétique sensoriel rare. Les mots ont disparu, pas les sentiments. Ni l’extrême sensibilité avec laquelle Malick triture le cœur et l’âme de nos deux personnages.

 Geoffroy Blondeau

Note: 5/5

A la merveille. Un film de Terrence Malick. Sortie le 06 mars 2013.

Durée. 1h52

Avis publié sur ecrannoir.fr

Argo: Jeux de dupes…

Argo: Jeux de dupes…

Argo est le troisième film de Ben Affleck en cinq ans. Avec ce dernier (véritable succès public aux USA), il semblerait que l’acteur-réalisateur américain ait définitivement gagné ses galons de réalisateur à part entière. Au même titre qu’un certain George Clooney, également producteur sur le film. En clair, celui-ci serait réussi. En effet, en formalisant sur pellicule la mission de sauvetage secrète, aussi farfelue qu’improbable, de six Américains réfugiés dans l’ambassade du Canada à Téhéran (Iran) au cours de l’année 1979 suite à la prise d’assaut de l’ambassade américaine par des centaines d’activistes iraniens, Ben Affleck revisite l’histoire sous la forme d’un thriller politique au suspens de tous les instants. Sur ce point Argo affirme une identité. Assume un ton. Ose même une approche qui n’est pas sans rappeler, influence oblige, les grands thrillers des années 70. Mais, en laissant de côté l’aspect géopolitique esquissé lors d’un générique graphique remarquable de concision rappelant, entre autre, le rôle de la CIA dans la destitution du premier ministre iranien Mossadegh, le réalisateur conditionne sa narration – et la crédibilité du film – autour de cette incroyable opération.

Conscient de détenir un scénario en or (merci Chris Terrio), Ben Affleck focalise sa mise en scène sur les faits – et rien que les faits – afin de nous plonger au cœur des événements qui s’enchainent, sans temps mort ni propension à distiller des sous-intrigues parasites. La lecture ainsi proposée demeure factuelle, efficace, toujours réaliste. Malgré des allers-retours permanents entre l’Iran, Hollywood et la CIA, la narration est d’une fluidité remarquable. Tout est dosé avec précision, de la reconstitution des seventies à la mise en marche d’un plan improbable. La précision documentaire croise la magie de la fiction. Le thriller politique se mue alors en un film de genre des plus captivants structuré autour de deux séquences étouffantes de tension (la séquence introductive dans l’ambassade américaine et celle, finale, à l’aéroport international de Téhéran). Elles balisent l’exfiltration à proprement dite, en justifie son élaboration comme sa raison d’être. Bref, elles donnent le « la » d’un long-métrage habile suffisamment accrocheur dans sa « contextualisation » pour vous tenir en haleine pendant les 2 heures que dure le film – et qui passent très vite –.

Son navire aux illusions (réalisation d’un film de fiction sur des faits réels au sujet d’un plan de sauvetage conçu à partir d’un faux film) ne manque ni d’urgence ni d’humour. L’ironie douce avec laquelle il peint une Hollywood toute puissante gouvernée par des producteurs patriotes (mention spéciale au duo formé John Goodman et Alan Arkin) répond à la tension extrême d’une mission aléatoire filmée sans fioritures. Cette dichotomie spatiale (Hollywood / Iran) nous rappelle néanmoins l’imbrication, devenue de plus en plus ténue au fil des ans, entre fiction et réalité ou tout ne serait qu’un jeu de dupe. Même si des vies sont en danger. Ce que la séquence de la soirée mondaine avec lecture publique du scénario (en présence des acteurs du faux film et des médias) vient renforcer. Le détachement est de façade mais les enjeux véritables. En somme il ne faut pas se planter mais ne pas le montrer.

La mission est structurée autour de cet impératif catégorique. D’où la tonalité « thriller » mise en avant. La tension est palpable, électrisante (la scène de « sortie » des otages dans le Grand Bazar de Téhéran fait son effet), à taille humaine. Ben Affleck filme près des corps, scrute les visages, les regards, les attentes. Alors que le plan se déroule sans véritable accroc, le réalisateur arrive à distiller un suspense haletant ou chaque évènement, même le plus anodin, pourrait compromettre la mission de sauvetage. Le point d’orgue prend place lors du passage dans l’aéroport. La réalisation se tend, capture l’espace qui se réduit, rallonge le temps en étreignant un spectateur scotché à son fauteuil. La dramaturgie est parfaite !

Argo réussit l’exploit de divertir les spectateurs sans pour autant les prendre pour des ignorants. En restant fidèle à sa ligne de conduite initiale, Ben Affleck tisse un thriller politique remarquable d’immersion qui ne diabolise jamais l’Iran. Son état d’urgence en continu le rend attrayant d’un point de vue narratif et terriblement actuel. Les récents événements qui ont frappé l’Amérique à l’étranger (attentat du Consulat américain en Libye et attaque de l’ambassade américaine au Yémen) ne sont pas sans faire écho au film. Le relief devient alors plus politique car de conjoncture. Ce qui n’est pas la moindre de ses qualités.

Geoffroy Blondeau

Note: 3/5

Argo. Un film de Ben Affleck. Sortie le 7 novembre 2012

Durée. 2h.

Avis publié sur le site ecrannoir.fr

The Company Men: quand la crise a bon dos…

The Company Men: quand la crise a bon dos…

Suivre la trajectoire de plusieurs personnages confrontés à un même évènement – la crise financière de 2008 – afin d’en décortiquer les conséquences socio-économiques est un procédé assez classique du cinéma américain. Ici, l’humain devient le vecteur d’une narration resserrée occultant, presque par principe, les mécanismes et autres variables d’ajustement de la dite crise. Ce qui importe ? Figer par l’exemple individuel les émotions et réactions de salariés sacrifiés par des firmes beaucoup plus soucieuses de leurs actionnaires. Rien de plus.

Ceux-ci, des cols blancs se retrouvant face à la réalité d’un marché de l’emploi en berne, façonnent a contrario le rêve déchu d’une Amérique incapable de reclasser ses cadres supérieurs. John Wells dresse un constat amer mais vain. Il nivelle son discours, faisant de la crise un fléau frappant sans distinction toutes les catégories sociales. Qu’il soit vice président d’un grand groupe industriel ou bien jeune cadre dynamique zélé.

Habitué au format des séries TV à succès du type « Urgences », « New York 911 », « A la Maison Blanche » ou encore  « China Beach », le réalisateur a bien du mal à tracer une ligne conductrice claire digne d’intérêt. Le film est trop morcelé, chaque protagoniste étant condamné à nous jouer une partition prédéfinie. Si John Wells nous livre un film sérieux plutôt bien interprété, il ne va pas à l’essentiel, abuse de l’aphorisme et, défaut de débutant,  caractérise l’ensemble par une bonne dose de (sur)démonstration. Si nous sommes loin des films sociaux tendance Ken Loach, l’analyse par l’exemple aurait pu tirer Company Men du côté des réalisations d’un Franck Capra. D’ailleurs le personnage interprété par Ben Affleck n’est pas si loin de celui joué, jadis, par un certain James Stewart. La révolte idéaliste en moins.

The Company Men n’est pas un mauvais film. Il a même des choses à dire. Sauf qu’il s’inscrit dans la mouvance de ces pseudo-films indépendants sans saveur ni personnalité. Interchangeable en quelque sorte. La trajectoire de ces cadres demeure trop cloisonnée pour susciter une quelconque empathie. Seuls McClary (Tommy Lee Jones, impeccable) et Phil Woodward (Chris Cooper lui aussi impeccable) esquissent par bribes le propos du cinéaste. Ils sont la mémoire bientôt éteinte d’une Amérique industrielle broyée par la puissance du capital. Deux mondes se chevauchent ; deux conceptions s’affrontent. L’ancien, vacillant, est en passe d’être terrassé par le nouveau pourtant bien fragile.

L’ambiguïté du film réside là, au travers cette passation de pouvoir entre des bâtisseurs de rêves à l’encrage social bien réel et des investisseurs flous affolés par la mécanique de la rentabilité. La lutte n’aura pas lieu puisqu’à trop vouloir brasser d’éléments le réalisateur finit par n’en traiter aucun. Il ne botte pas en touche, il manque l’essai. De peu et de loin. Suffisamment en tout cas pour nous laisser un goût d’inachevé.

The Town, le succès de Ben Affleck

The Town, le succès de Ben Affleck

Avec the Town, polar de bonne facture, Ben Affleck change indiscutablement de statut. Outre une reconnaissance critique de bonne augure pour la suite, le jeune réalisateur s’assure d’un succès public plutôt mérité. Avec 84 millions de dollars aux Etats-Unis en six semaines, le film devrait finir sa course vers les 90-95 millions de dollars. Soit un résultat le plaçant entre Training Day (76 millions) et American Gangster (130 millions). Plutôt pas mal.

Ce succès, pas si inattendu que cela , est l’association de paramètres plus ou moins maitrisables par les studios qui se résument pour l’essentiel en sept points :

1) La qualité du film: souvent primordial pour ce genre de film, elle n’est pas gage de succès. Néanmoins elle apporte une crédibilité indéniable quant à la renommée du dit long-métrage.  Bien plus important, donc, que pour un film du type Alice au pays des Merveilles.

2) La cible: public essentiellement adulte . D’où la carrière assez étalée de the Town. Même si celui-ci peut plaire à un public plus jeune il reste assez spécifique dans son traitement.

3) La date de sortie: Mi-septembre. Soit après les sorties des « gros » films de l’été. Cette période est synonyme de faible concurrence, de période scolaire intense (rentrée) et de films  moins « grand public ». Bonne pioche, donc.

4) Les avis des journalistes: très marginal même s’ils peuvent influencer la décision d’aller voir le film. Tout dépend, encore une fois, du genre. Pour the Town avoir eu de bonnes critiques a été un vrai plus.

5) La notation du public et son corolaire, le bouche à oreille: l’effet bouche à oreille joue pour beaucoup. Car the Town n’est pas, malgré Ben Affleck au casting, un blockbuster. D’ailleurs il n’a pas été vendu comme cela. Démarrage à 20 millions avec une baisse moyenne sur six semaines de l’ordre de 35%. Très bonne résistance sur le long terme étant donné que celui-ci n’était pas attendu par des millions de fans près à prendre d’assaut les cinémas dès le premier week-end.

6) Une campagne marketing: Là encore pas forcément primordial pour ce genre de production. Mais pas non plus à délaisser. L’influence est difficile à mesurer. Aléatoire donc.

7) Le casting: influence parfois le carrière d’un film. Surtout s’il y a des têtes d’affiche. Pas le cas ici malgré Affleck. On va voir the Town pour son histoire, pas pour son casting.

Dépassant sans doute les espérances de départ, the Town fait partie des films de studio au faible budget (37 millions de dollars) ayant su s’imposer pour ce qu’il est. Pas vraiment film d’auteur, ni blockbuster comme le Departed de Scorsese (90 millions de dollars, des stars et une campagne marketing beaucoup plus  conséquente), the Town marque un tournant dans la carrière de Ben Affleck. Surtout depuis que l’on sait que Terrence Malick l’a embauché dans son prochain film.