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SW7: 800 millions ou sinon rien…

SW7: 800 millions ou sinon rien…

star wars 7SW7 l’a fait ! Comme prévue en somme. Le film de J.J. Abrams n’aura mis que 12 jours pour atteindre le milliard de dollars dans le monde, soit une journée de moins que Jurassic World. Les 2 milliards sentent bon surtout que SW7 n’est pas encore sorti en Chine, deuxième marché au monde. Par ce résultat SW7 entre dans le club des milliardaires, au nombre de 24 (hors inflation). Il sera dans le top 5 le week-end prochain et dans le top 3 en fin de parcours. Si le film de Disney peut aller chercher Titanic (2,1 milliards de dollars), je ne le vois pas dépasser les 2,7 milliards d’Avatar. titanic

Néanmoins et avec une baisse de 52% pour son deuxième week-end à l’international, il lui faudra un très gros succès en Chine pour lui permettre de réellement taquiner les deux films de Cameron.

L’affaire, quant à elle, se profile bien aux USA. -38% pour un deuxième week-end à plus de 150M$. 544M$ au compteur avec, disons-le tout de suite, près de 300 millions de dollars de marge. Soit un cumul estimé aujourd’hui à 850M$. Le film peut sombrer après les fêtes pour terminer sa course vers les 800 millions de dollars. Ou bien résister au cours d’un mois de janvier sans grosses sorties…avatar1

Il deviendrait alors le seul film avec Avatar et ses 811 millions de dollars (inflation prise en compte) à dépasser un tel score depuis les années 2000.

Geoffroy Blondeau

Star Wars – Le réveil de la force peut-il accrocher le milliard de dollars sur le sol américain ?

Star Wars – Le réveil de la force peut-il accrocher le milliard de dollars sur le sol américain ?

Une telle perspective, affolante sur le papier, est loin d’être assurée. Mais, en observant la façon dont la campagne marketing a instrumentalisé l’imaginaire d’un retour aux sources afin de muer une envie d’aller voir le film en un désir inconscient de participer à la prolongation de ce mythe moderne, le nouveau long-métrage de J.J. Abrams pourrait bien faire du succès annoncé un triomphe absolu fédérant quatre générations de spectateurs.

star wars 7Rachat, développement et marketing…

En rachetant Lucasfilm à George Lucas pour 4 milliards de dollars, la compagnie Disney s’est rapidement mis à la tâche annonçant dans la foulée de cette acquisition une suite aux aventures légendaires de la première trilogie (La guerre des étoiles 1977, L’Empire contre-attaque 1980 et Le retour du Jedi 1983). Le père a ainsi coupé pour de bon les liens avec sa progéniture qui, libérée de l’emprise d’un patriarche devenu multimilliardaire, peut enfin aller conquérir de nouveaux horizons gage de profits mirifiques. Le marketing mis en place dès 2012 ne consistait pas à vendre le film aux futurs spectateurs mais à présenter la « marque » Star Wars comme l’évènement de l’année si ce n’est de la décennie. La communauté de fans a fait le reste en assurant le service après-vente de cette folie cinématographique planétaire.

Néanmoins, la transition ne pouvait se faire sans quelques précautions. En effet, il n’aurait servi à rien de braquer la horde de fans en proposant une suite originale trop éloignée du dénouement en forme d’happy-end du Retour du Jedi. Non, Star Wars 7 se devait de cultiver la continuité entre cohérence artistique et choix scénaristique. Si, de toute évidence, de nouveaux personnages vont évoluer dans des univers inconnus jusqu’alors, la réintroduction des anciens protagonistes devenus de véritables icônes du space-opera comme de la culture geek, n’est évidemment pas anodine.

star-wars-7-le-reveil-de-la-force-bande-annonceNostalgie quand tu nous tiens…

Revoir Luke Skywalker (Mark Hamill), la Princesse Leia (Carrie Fisher) ou Han Solo (Harrison Ford) constitue un tour de force capable de fédérer sur cette seule accroche de nombreux spectateurs aussi curieux qu’impatients de retrouver ce trio unique dans l’histoire moderne du cinéma de masse. De fait, la « prélogie » de George Lucas (La menace fantôme 1999, L’attaque des clones 2002 et La revanche des Sith 2005) ne constitue en aucun cas la référence du Réveil de la force dont l’encrage visuel nous fait penser à La guerre des étoiles et non à La menace fantôme. Question de filiation, de logique chronologique, de nostalgie savamment alimentée et de bon sens entrepreneurial. En un mot, il fallait reproduire l’esprit des films originaux quitte à renier une partie du travail de Lucas sur sa prélogie tant décriée.

Pour réussir une telle entreprise quoi de plus naturel que de s’appuyer sur la force d’une industrie bâtisseuse de rêve. La démarche semble authentique – pourquoi en douter, d’ailleurs – mais doit se conjuguer avec l’impératif d’exploitation d’un nouveau filon de films hyper rentables. Si la sincérité est de mise, elle vise également à ne choquer personne et surtout pas le fan hardcore des plus susceptibles. Il est évident qu’un tel traitement artistique orchestré au millimètre par un marketing distillant moult bande-annonce et autres spots publicitaires, cherche à faire de chacun – journaliste compris – non pas un spectateur en puissance mais un acteur à part entière responsable de la réussite du film. L’engouement, réel, se transforme en aiguillon du succès. Si le bouche à oreille vient conforter un démarrage que beaucoup qualifie d’historique, Star Wars 7 pourrait bien se rapprocher du milliard de dollars aux États-Unis.

L’exemple de Jurassic World…

D’un point de vue purement comptable, le parallèle avec Jurassic World peut nous éclairer sur la trajectoire possible du 7ème opus de la saga Star Wars. Si les films ne sont pas similaires dans leur approche ou bien dans l’univers qu’il convoque, ils semblent bien reprendre les mêmes recettes que leurs films originaux respectifs (Jurassic World s’inscrit effectivement dans cette logique en prônant le retour à un imaginaire enfantin et qui fonctionne, peu ou prou, sur les mêmes bases scénaristiques que Jurassic Park (idée du dérèglement)).

L’ADN fut donc respecté et le succès par effet d’association, d’adhésion populaire comme de découverte par les plus jeunes, au rendez-vous. SW7 se place indiscutablement sur la même trajectoire que Jurassic World mais se trouve muni d’un référent historique bien plus puissant. Ce qui veut dire que son potentiel en salles est supérieur que l’on prenne en compte sa base de fans ou le public dans sa définition la plus large possible.

star wars 7.2Quelques chiffres…

Jurassic World réalise 652M$ en 2015. Soit le meilleur score de l’année lui permettant de se placer directement au 3ème rang des plus gros succès US de tous les temps (hors inflation) juste derrière les 760M$ d’Avatar et les 658M$ de Titanic. Il n’est donc pas illogique de penser que Star Wars 7 fera mieux. Mais jusqu’où peut-il aller ? Si l’ampleur du succès est difficile à jauger, différents facteurs conjoncturels jouent en faveur du film de J.J. Abrams.

1/ L’absence de concurrence face à un film hors norme qui risque bien de tout vampiriser sur son passage.

2/ Des films en fin de carrière qui ont globalement moins bien marchés comme le dernier épisode de la série des Hunger Games.

3/ La période des fêtes de fin d’année idéale pour des sorties en famille et entre copains.

4/ La multiplication des salles IMAX et équipées en projection 3D

Pronostic de Star Wars Le réveil de la force aux USA :

800 à 850M$

Geoffroy Blondeau

Seul sur Mars : Planète rouge et système D…

Seul sur Mars : Planète rouge et système D…

the-martian-seul-sur-mars_5399989Malgré l’échec cuisant d’Exodus l’année dernière, Sir Ridley Scott continue, à 77 ans, d’enchaîner les films en sautant d’un genre à l’autre comme si de rien n’était. Bien lui en a pris puisque Seul sur Mars vient de laver l’affront de l’insuccès par une franche victoire au box-office automnal américain. Ce plébiscite populaire valide en quelque sorte le ton d’un film malin, ultra-divertissant et construit comme une chronique spatiale 2.0 autour d’un astronaute qui se retrouve dans l’obligation de survivre seul sur la planète Mars.

Une telle gageure tient lieu d’énonciation pour ce survival décalé à l’humour pince-sans-rire. En effet, ce que déploie le réalisateur est à rebours d’une situation pour le moins dramatique et que beaucoup aurait abordé avec le sérieux qu’elle impose. L’austérité d’un monde froid et aride, le côté nécessairement anxiogène d’une dramaturgie affleurant constamment la mort ou l’aspect « claustro » propre au principe d’isolement sont, pour ainsi dire, gommés du long-métrage. Subsiste, alors, une atmosphère autre, plus mécanique dans son fonctionnement, un brin terre-à-terre, toujours pragmatique (que ce soit dans l’impératif de survie ou dans l’obligation de sauvetage), exclusivement positiviste (l’expérience scientifique comme seul recours possible). Le dernier film de Scott axe donc sans surprise son fil conducteur sur le caractère ingénieux et réfléchi de l’astronaute-botaniste Mark Watney dont le sang-froid devant une telle situation n’a d’égal que sa bonne humeur. Non content de prendre la situation avec philosophie, Mark Watney va réussir, entre autre, à faire pousser des pommes de terre là où il n’y a pas d’eau. Le mécanisme du système D fonctionne à bloc pour imposer sa grille de lecture sur un film plus divertissant qu’angoissant.

Ce faisant, Ridley Scott opère la bascule du survival a priori tendu puisque mal barré vers la chronique du type « mode d’emploi » ou comment survivre sur la planète Mars en 10 leçons. Cette approche, plutôt originale, assure le tempo d’une première partie immersive assez réaliste fourmillant de détails – ce qui ne veut pas dire qu’elle soit crédible en tout point – et ronronnant, via une mise en scène carrée, les journées de labeur de Watney. Malgré une introduction peu cohérente en raison du départ précipitée de la mission, nous sommes happés sans peine par la dialectique du « seul au monde » qui fait d’autant plus sens que l’action se déroule sur une planète vierge de toute colonisation humaine.

À ce titre, il faut sans doute saluer la performance d’un Matt Damon au diapason et visiblement investit dans son rôle. Il nous embarque sans difficulté dans son aventure ou, paradoxalement, il ne nous vient jamais à l’idée qu’elle puisse mal se terminer. Pour accentuer une telle adhésion point d’austérité excessive. Mieux, l’interaction devient l’arme maitresse d’une histoire qui se doit d’être vécue à défaut d’être ressentie. Ainsi, Mark Watney enregistre des vidéos de son expérience, face caméra, à l’instar de Jack Sully dans Avatar, afin de laisser une trace de son passage. Le spectateur est donc de connivence. Au côté de Watney dans cette épreuve. Le factuel prend le pas sur toute réflexion métaphysique voire traumatique du personnage. Le dialogue n’est pas intime mais technique, journalier, anecdotique. Sur ce point Seul sur Mars se rapproche plus d’Apollo 13 (Ron Howard) que du dernier Nolan (Interstellar).

Seul_sur_mars_the_martian_matt_damonLes ressorts dramatiques en prennent un coup, certes, mais pas la véracité d’un film peu brouillé dans sa narration par les scories habituelles du blockbuster US (histoire d’amour à l’eau de rose, revirement de dernière minute, traitrise, trauma du personnage principal…). Au contraire, tout concourt à laisser la science faire son chemin dans la résolution d’une intrigue ou l’on ne parle plus que de chiffres, de statistiques, d’angle d’attaque, de poussée orbitale, de rationnement, de formule chimique (hydrolyse)… La dimension humaine se couche devant tant de technicité à l’œuvre. Et c’est dommage, car suivre Watney dans sa solitude martienne avait quelque chose de l’étude anthropologique ! La science, élevée au rang d’allié rationnel, sans faille ni compromis possible, supplante l’énergie parfois fragile, donc stimulante, de l’être humain. Sur ce point, le chassé-croisé entre les pontes de la NASA œuvrant comme de beaux diables à essayer de récupérer leur astronaute – quitte à s’allier avec la puissance chinoise – fonctionne plutôt bien malgré quelques longueurs et facilités scénaristiques. Non, ce qui sonne en creux concerne la participation tardive, peu logique et quelque peu téléphonée des coéquipiers de Watney programmés à retourner sur Terre à bord de l’Hermès. Avec cette dernière partie, ou tout s’accélère inutilement par un resserrement spatio-temporel aisé, le réalisateur modifie le ton de son film pour le faire basculer vers le mélodrame grossier peu vraisemblable. Car, ne l’oublions pas, Seul sur Mars n’est pas un film axé autour d’une mission de sauvetage mais aborde sans détours les conditions, ressources et adaptabilités d’un homme en milieu hostile.

Même si la logique du film dans sa dimension populaire veut que chacun retrousse ses manches pour que l’irréalisable puisse se produire.

Geoffroy Blondeau

Note : 3/5

Seul sur Mars. Un film de Ridley Scott. En salles le 21 octobre 2015.

Durée. 2h21

John carter: Attention au flop…

John carter: Attention au flop…

Attendre 80 ans pour adapter à grands frais (250 millions de budget auquel il faut rajouter 100 millions pour la campagne marketing) les aventures de John Carter et se prendre une méga gamelle, c’est quand même un peu con. Absurde également. Très léger aussi. Disney se prépare donc – et depuis de longues semaines déjà – à amortir la perte qui, selon certains analystes, s’échelonnerait entre 130 et 160 millions de dollars. Une somme !

Les premiers chiffres US ne sont pas bons. Ils sont mêmes catastrophiques.

Avec 10 millions récoltés ce vendredi pour un parc de 3 749 salles, le film devrait finir sa course entre 27 et 32 millions de dollars. Très insuffisant pour un film qui devrait en faire au moins le double. À titre de comparaison, Avatar, de James Cameron, avait démarré sa carrière dans les salles américaines en décembre 2009 avec 77 millions $ (3 452 salles).

Chez nous, en France, John Carter émarge à 66 500 entrées pour sa première journée, là où Prince of Persia scorait à 153 200 entrées. C’est dire que le million va être très dur à atteindre. Un véritable camouflet. Dans le reste du monde, où le film sort partout ce week-end sauf au Japon et en Chine, les résultats ne sont pas au beau fixe, excepté en Russie (meilleur premier jour de tous les temps avec 6,5 millions de $). Insuffisant pour laisser croire au miracle…

Quelques explications :

1/La campagne marketing. Celle-ci fut bâclée avec un changement de titre en cours de route (nous sommes passés de John Carter of Mars à John Carter) ; les bandes-annonces, visuellement peu impactant, ont été lancées tardivement ; la compétence de conteur d’Andrew Stanton (Le Monde de Nemo et Wall-E) n’aura jamais été mise en avant tout comme l’incroyable univers de Edgar Rice Burroughs tombé, il est vrai, dans l’oubli ; le non-ciblage d’un public féminin délaissé aussi bêtement qu’arbitrairement.

2/L’absence de stars. Si ce paramètre n’est pas le plus important pour garantir le succès d’un film, avoir un ou deux noms connus, n’est pas du luxe. John Carter n’en fournit aucun. Dommage surtout pour un budget aussi conséquent.

3/ La date de sortie. Le mois de mars reste une période délicate pour un tel blockbuster. Malgré la concurrence de chaque été, sortir John Carter en juin, juillet ou août, aurait peut-être été plus judicieux.

4/Au film lui-même. Sur ce point les avis seront partagés. Car sans être le nouveau film référence du space opera, le long-métrage d’Andrew Stanton propose une évasion cosmique de qualité dotée d’effets spéciaux très réussis. Supérieur à l’indigeste The Green lantern, il est presque évident – sauf un très bon bouche à oreille – que le film n’atteindra jamais les 116 millions du super-héros suscité.

Le buzz n’aura pas pris. Le film risque de devenir aux États-Unis l’un des plus beaux fours de ces dernières années. Il faudra attendre les résultats à l’international pour savoir si la suite, qui est annoncée, reste d’actualité.

Geoffroy Blondeau

 

 

 

Tron l’Héritage: une révolution en demi-teinte

Tron l’Héritage: une révolution en demi-teinte

Le pari était un peu fou. Stimulant, certes, mais aussi casse-gueule. Car reprendre 28 ans plus tard – un record – la trame d’un film devenu culte (Tron, 1982) afin d’y opérer une actualisation essentiellement visuelle ne manquait pas d’ambition. Ni d’une certaine hardiesse. Surtout depuis l’avènement d’une 3D polémique car décevante artistiquement. Réalisé par Joseph Kosinski, jeune prodige de l’informatique, Tron l’Héritage devait, parait-il, franchir une nouvelle étape dans l’ère du cinéma virtuel en lui donnant, un an après l’Avatar de Cameron, une consistance unique. Un tel discours ne pouvait qu’intriguer. Intrigués nous étions donc en découvrant ce Tron New Age rythmé par la bande son électrisante et vraiment réussie des Daft Punk.

Cette suite, d’une linéarité sans troubles, revendique sa filiation. De bout en bout. Images d’archives à l’appui. Chaque séquence, de l’entame ultra-codifiée au dénouement attendu, respire la mémoire de son illustre aîné et spécifie un long-métrage carré, sérieux, appliqué, ambitieux, à même de proposer une anticipation pour adulte malgré un manque flagrant de mise en perspective. Comme tétanisé par l’enjeu, le réalisateur peaufine ses effets mais exécute, au final, une simple mise à jour sans âme au matériau d’origine. Et tant pis pour les geeks en demande d’exclusive ! Malgré quelques prouesses de mise en scène, Tron l’Héritage ronronne un scénario basique qui, pour le coup, ne correspond guère à l’esprit d’un film a priori novateur. Pour autant, il ne faudrait pas s’arrêter à une telle constatation ; elle pourrait, au contraire, souligner un parti-pris : celui de tout miser, ou presque, sur la représentation de la « grille », univers virtuel où se perd Sam Flynn après qu’il soit parti à la recherche de son père (incarné par un Jeff Bridges zen comme un maître shaolin), créateur déchu par son double informatique, Clu 2.0, au comportement rebelle et va-t-en guerre. L’esquisse attendue prend forme devant nos yeux en révélant le monde de Tron dans un jaillissement de lumière translucide. C’est bien foutu, plutôt léché, parfois contemplatif, très stylisé. Mais est-ce suffisant pour faire passer la pilule d’une histoire faiblarde n’arrivant pas à développer des thématiques pourtant intéressantes ? Il semble que non.

Mais peu importe. En effet, le pitch est un prétexte pour nous façonner un no man’s land informatique doté d’une empreinte spécifique tout à fait légitime, faisant de Tron l’Héritage une antithèse graphique au film de Cameron, Avatar. A un an d’intervalle nous revivons, en moins bien, l’expérience d’une immersion 3D par-delà notre monde. Les tons chauds, foisonnants et organiques de Pandora font place, ici, à un espace aride, froid, luminescent, aussi dangereux que codifié. La réussite du film se joue là. Sa crédibilité également. Si visuellement le pari semble gagné (mais tout juste !), Kosinski ne prend aucun risque narratif allant jusqu’à reproduire des scènes entières du premier opus : combat avec lancer de disques désintégrateurs, course-poursuite dans des motos fluorescentes, séquence finale… Ce manque d’originalité affaiblit un métrage techniquement valide mais plombé par des enjeux basiques eux-mêmes portés par des personnages à l’empathie fade. Malgré le potentiel d’une virtualité tangible, il manque à Tron l’Héritage une vision, celle d’un auteur qui aurait su inscrire son histoire au-delà d’un rapport filial père-fils convenu bien vite noyé dans un exercice de style cohérent mais trop hermétique pour soulever l’adhésion. En somme Kosinski n’arrive pas à nous toucher. Pas plus qu’il n’arrive à nous émerveiller.

Toutefois on ne peut nier la raison d’être du film, processus logique dans son rapport au temps informatique. Ce temps aura influencé, qu’on le veuille ou non, l’élaboration puis la conception de bon nombre d’œuvres cinématographiques depuis la fin des années 70. Tron, premier du nom, en fut d’ailleurs l’un des fers de lance. La filiation devient triple puisque Tron l’Héritage est consubstantiel au progrès des effets spéciaux, à l’ère numérique, à la révolution 3D. Il en est l’expression dans sa modernité conceptuelle. Si cette modernité n’en fait pas forcément un bon film – et encore moins une œuvre pivot –, elle l’inscrit néanmoins dans une contemporanéité annonciatrice des films numériques à venir. Encore faudrait-il  ne pas sacrifier ce qui fonde le cinéma en général sur l’autel d’une technologie pour lors mal exploitée. L’espoir est de mise, la crainte aussi. Tron l’Héritage en est le parfait exemple.

L’industrie Hollywoodienne est en panne de créativité

L’industrie Hollywoodienne est en panne de créativité

L’année 2010 vient de s’achever. Elle fut en demi-teinte et peu d’outsiders ont réussi, au final, à tirer leur épingle du jeu. Malgré la 3D et les nombreuses suites ou autres remakes programmés par les studios, le total des entrées est en recul de 5% par rapport à l’exercice 2009. Rien n’y fait et surtout pas cette politique absurde de la franchise, politique que l’on retrouvera malheureusement en 2011. Dans cette optique, point de salut. En effet, quelques films surnagent, laissent penser que tout va bien, alors que l’apport créatif s’effrite inéluctablement. A tel point que les studios hollywoodiens se tournent désormais vers l’international pour conquérir de nouveaux marchés avec la Chine comme nouvel eldorado.

Cette stratégie est risquée car elle ne s’appuie pas sur une refonte, pourtant indispensable, du cinéma de divertissement et préfère, au contraire, miser sur l’élargissement de spectateurs potentiels à travers le monde afin de rentabiliser les sommes astronomiques investies. Conséquence : les films se ressemblent de plus en plus à tel point qu’ils deviennent interchangeables. La mondialisation du marché appauvri structurellement la qualité d’un cinéma grand public devenu insipide, sans prise de risque, ultra marketé et assujetti depuis peu à la « révolution » d’une 3D décevante, elle-même emprisonnée dans une logique de rentabilité folle. Pour l’instant elle ne sauve rien ni personne, s’adapte au marché en ne proposant presque jamais l’exclusive tant promis à des millions de spectateurs déjà blasés et de moins en moins crédules. En somme, Avatar aura été l’exception. Exception que les sieurs Spielberg et Jackson tenteront de rééditer avec un Tintin en Motion Capture tout beau, tout neuf prévu pour fin 2011 partout dans le monde puisque Tron l’Héritage n’aura pas été à la hauteur des attentes numériques.

L’aspect créatif, même d’Entertainment, doit pouvoir dépasser le cadre restreint d’un retour sur investissement, certes primordial, mais en aucun cas suffisant. Non pas qu’il faille  financer du divertissement à perte pour retrouver un semblant de qualité. Ce serait, par ailleurs, aussi absurde qu’inutile. Mais quels risques prendraient les studios à demeurer plus à l’écoute d’un public en demande d’originalité ? A priori, aucun. L’exemple d’Inception, malgré son budget pharaonique avoisinant les 160M$, devrait donner des idées. A l’instar des Matrix, Avatar, Le seigneur des Anneaux ou encore the Dark Knight, le cinéma de divertissement est capable de proposer des œuvres denses, brillamment réalisées tout en sortant de l’ordinaire mou des sempiternelles blockbusters programmés chaque année.

Un tel constat serait-il exagéré ? Nous ne le pensons pas. Depuis la crise mondiale, la politique du « risque limite » est devenue le maître mot d’une industrie frileuse se réfugiant quasi systématiquement dans les suites, les remakes et autres adaptations de circonstance. Plus grave encore, les grands studios façonnent la grande majorité de leurs films comme de véritables marques ou l’originalité, la réalisation et le nom du cinéaste importe peu, à quelques exceptions près. L’objectif, plutôt basique, consiste à réutiliser le même personnage et l’univers qui l’accompagne afin de proposer de nouvelles aventures synonyme de nouveaux succès potentiels. En effet, si le « film/marque » originel fonctionne il sera exploité jusqu’à la lie, une suite étant, selon les dires des majors, plus facile à monter puis à vendre qu’une histoire originale.

Dans ce grand huit de la franchise institutionnalisée seuls quelques films attendus en 2010 auront été plébiscités (Toy Story 3, Alice au pays des merveilles, Iron Man 2, HP7 ou encore Twilight 3), tirant artificiellement l’économie vers le haut. Mais que dire des « flops » comme Prince of Persia, L’Agence tous risques, Sex and the City 2, Narnia 3, Percy Jackson et, dans une moindre mesure, Le Choc des titans, le Dernier maître de l’air, Mes parents et nous, Tron l’Héritage ou même Shrek 4. Qu’ils constituent des désillusions du tiroir-caisse, la lassitude grandissante du public étant proportionnelle au faible choix proposé par les studios devenus orphelins de scénarii originaux vraiment innovants. Dès lors, il n’est pas surprenant de retrouver sur le devant de la scène d’un Noël 2010 moribond trois films à faible budget. True Grit des frères Coen avec Jeff Bridges, Matt Damon et Josh Brolin (contrairement à ce qui est dit ici ou là, le film n’est pas un remake du Long-métrage de Henry Hathaway, mais une nouvelle adaptation du roman de Charles Portis publié en 1968), Black Swan de Darren Aronofsky avec Nathalie Portman et the Fighter de David O. Russell avec Christian Bale et Mark Walhberg. Ces exemples avec de glorieuses têtes d’affiche démontrent  l’inventivité d’un cinéma capable de toucher différents publics. Certes ces trois films ne sont pas des blockbusters. Mais ils émanent de grands studios (Paramount pour True Grit et the Fighter, Fox Searchlight, filiale art & essai de la Fox, pour Black Swan) qui devraient, le plus tôt serait le mieux, prendre la tangente d’une politique en trompe l’œil.

Hélas, l’année 2011 n’en prend pas le chemin. Pire, elle risque de devenir le symbole d’un cinéma dénué de créativité, de renouveau, d’ingéniosité. Voyez plutôt : Le frelon vert, Big mamma 3, Scream 4, Thor, Pirates des Caraïbes 4, Very Bad Trip 2, Kung Fu Panda 2, X-Men first Class, the Green Lantern, Cars 2, la Planète des singes, Transformers 3, HP7 deuxième partie, Captain America, Conan le barbare, Spy Kids 4, Final Destination 5, The Thing, paranormal Activity 3, les 3 Mousquetaires, Happy Feet 2, Twilight 4 partie 1, Mission Impossible 4, Sherlock Holmes 2, Tintin et la nouvelle version de Millenium par Fincher.

Une telle liste donne le vertige. Elle nous accable, aussi. Si, dans le lot, certains films seront plébiscités et d’autres de qualité, Hollywood s’enfonce dangereusement dans la caricature de son propre cinéma. Mais rien n’est joué. Et, toujours, respirera l’espoir d’un possible sursaut à même de façonner un cinéma ambitieux pour le grand public.

Top 15 US 2010 (* films toujours en exploitation)

1. Toy Story 3 : 415M$

2. Alice au pays des merveilles : 334M$

3. Iron Man 2: 312M$

4. Twilight: Eclipse: 300M$

5. Inception : 292M$

6. Harry Potter et les reliques de la mort, partie 1* : 287M$

7. Moi, moche et méchant* : 251M$

8. Shrek 4, il était une fin : 238M$

9. Dragons : 217M$

10. Karaté kid : 176M$

11. Raiponce* : 175M$

12. Le choc des Titans : 163M$

13. Copains pour toujours : 162M$

14. Tron l’héritage*: 147M$

15. Megamind*: 144M$

Sources Boxofficemojo

La 3D relief ou la révolution marketing…

La 3D relief ou la révolution marketing…

Alors que le quatrième opus de la saga des Resident Evil est sorti sur les écrans mercredi, une question nous taraude : Irons-nous le voir pour son contenu ou bien parce qu’il nous est proposé en 3D ?

Roger Ebert, célèbre critique américain du Chicago Sun-Time, nous rappelle, dans un article à charge contre la 3D relief publié le 10 mai dernier sur le site de Newsweek, qu’à « chaque fois qu’Hollywood s’est senti menacé, il s’est tourné vers la technologie ». Hasard du calendrier, le retour au cinéma en 3D qui, ne l’oublions pas, fit une percée infructueuse dans les années 50 avec deux films phares (L’étrange créature du lac noir de Jack Arnold et Le crime était presque parfait d’Alfred Hitchcock tous deux sortis en 1954), coïncide précisément avec l’une des crises les plus délicates qu’Hollywood aura eu à gérer entre la grève des scénaristes (2007), la crise financière mondiale (2009) et l’avènement, en 2010, du Home Cinéma Haute Définition.

Sans prendre part au débat du pour ou contre la 3D soyez sûrs d’une chose : on n’y échappera plus ! Et oui, les studios l’ont que trop bien compris, eux qui, pour l’heure, n’ont qu’une seule idée en tête : redonner à la « salle » son attractivité originelle pour que le cinéma redevienne une expérience unique à même d’attirer les foules. Si la démarche est louable, les procédés pour y parvenir le sont beaucoup moins.

L’explosion d’une 3D spectacle…

Hollywood peut dire un grand merci à James Cameron lorsque celui-ci prit la décision de réaliser un film en 3D relief, Avatar. L’avancée fut considérable puisqu’elle entérina sur disque dur – et non plus sur pellicule – la validité artistique et financière d’un procédé balbutiant quelques mois plus tôt des images erratiques dans des productions horrifiques sans consistance (My Bloody Valentine 3-D, Destination Finale 4…). Le basculement opère sa marche forcée, charriant avec lui son lot d’espérance nouvelle, d’euphorie passagère, d’investissement retrouvé. Le passage vers la 3D de masse serait-il enfin crédible ?

Ereinté par des années d’une politique de recyclage privilégiant le confort de la franchise (Harry Potter, Le Seigneur des Anneaux, Twilight, Pirates des Caraïbes, les films de super-héros, etc.) à celui du risque, Hollywood ne pouvait pas laisser filer l’extraordinaire potentiel d’une technologie en phase avec les modes actuels de consommation d’un cinéma grand spectacle savamment orchestré  : projections numériques de blockbusters ou de films générationnels dans des multiplexes frôlant l’indigence programmatique. Et encore moins depuis les 2,9 milliards de dollars récoltés par Avatar. Avec une telle pépite entre les mains, l’industrie cinématographique joue son va-tout dans un effort d’investissement sans précédent. En effet, pas moins de 60 films en 3D Relief sont d’ores et déjà programmés, la  production passant de 4 films en 2008 à une trentaine pour la seule année 2012.

Dès lors, les majors n’ont plus aucune raison de faire la fine bouche ou de jouer les saintes-nitouches. Considérée, sans doute à raison pour le moment, comme le nouveau rempart marketing – et accessoirement artistique – contre le piratage et le home cinéma, la 3D offre une alternative aux longs-métrages « traditionnels » quand il ne s’agit pas tout bonnement d’en assurer la relève. Chaque studio met la main à la pâte, propose son fer de lance en relief (Tron Legacy pour Disney, Spiderman 3D pour Sony, Alvin et les Chipmunks 3 pour la Fox…) poussant, de fait, les exploitants à s’équiper en numérique puis en salle de projection 3D Relief. La machine est en route, les billets verts pleuvent à flots tandis que la prochaine étape se rapproche à grands pas : proposer un film uniquement dans sa version 3D.

La 3D Relief, au même titre que, jadis, le parlant (Le Chanteur de Jazz, 1927), la couleur (Becky Sharp,1935), le CinémaScope (La Tunique, 1953), le son Dolby Stéréo (1976) ou les premières images assistées par ordinateur (Tron, 1982), est donc en passe de devenir le nouveau « produit » phare d’une industrie du divertissement censé endiguer la désertification, supposée inévitable, des salles de cinéma. Quitte à aggraver une fois encore le déséquilibre entre les petits exploitants et les multiplexes suréquipés.

… hyper marketée…

Au cours des six derniers mois, trois films en 3D auront dépassé le milliard de dollars dans le monde (Avatar, Alice au pays des merveilles, Toy Story 3). Du jamais vu. Une telle performance est à saluer même si l’augmentation du prix de la place (5 à 7 dollars aux Etats-Unis, 3 euros chez nous) peut en expliquer les raisons. Sachant que le surcoût de production pour un film en relief est de l’ordre de 20%, le procédé n’a aucun mal à être rentable. D’où l’inflation du nombre de films en 3D lancés un peu à la va-vite, le but étant d’engranger un maximum d’entrées tout en consolidant l’offre et son corollaire : l’addiction. Les avancées techniques à venir achèveront d’en faire une poule aux œufs d’or incontournable pour l’industrie cinématographique.

Dans ces conditions, peu importe la qualité du film. En effet, si un mauvais film en « 2D » bien marketé parvient à engendrer des bénéfices, un mauvais film en 3D lui aussi marketé sera potentiellement plus rentable. Du coup, l’angle marketing se déplace pour faire de la 3D un support de promotion aussi alléchant, si ce n’est plus, que le film lui-même. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, nous sommes passés d’une 3D expérimentale à une 3D marketing, l’apport artistique s’avérant, au final, secondaire.

En témoigne cette campagne de promotion londonienne originale, lancée en février dernier par la Fox en partenariat avec Clear Channel, autour du film : Percy Jackson et le voleur de foudre. L’idée, toute simple, consiste à remplacer les bonnes vieilles affiches de certains abribus de la capitale par la bande-annonce du film projetée en 3D grâce à un système de rétroprojection ne nécessitant pas le port de lunettes. L’effet proposé, visuellement impactant, dépasse le concept du gadget technologique puisqu’il sort le procédé de la salle de cinéma pour investir de nouveaux lieux et conquérir de nouvelles cibles. Faire la promotion par la 3D d’un film qui n’est pas en 3D (Percy Jackson, bien qu’il possède des artifices numériques, n’a pas été filmé en relief), c’est déplacer l’utilisation conventionnelle d’un procédé en nous « vendant » les contours alléchants d’une nouvelle norme de diffusion grand public.

… qui nous dupe allègrement…

« La 3D c’est de la merde. J’étais présent lors de la première vague 3D relief au cours des années 50. C’est juste un procédé pour vous faire dépenser davantage votre argent…un simple gimmick. »

Cette attaque en règle, que l’on doit au célèbre réalisateur américain John Carpenter présent au salon de l’E3 (salon du jeu vidéo de Los Angeles), est loin d’être isolée. Plusieurs cinéastes Hollywoodiens dont J.J. Abrams (Lost, Star Trek) et Jon Favreau (Iron-Man) ont, eux aussi, marqué publiquement leur hostilité vis-à-vis de la 3D au cours du Comic-Con de San Diego en juillet dernier. Ils reprochent l’utilisation abusive (entendez par là commerciale) d’une technique n’apportant pas ou peu de plus-value narrative aux films qui en bénéficient. Sans oublier les difficultés de tournage, de rendu, de postproduction, voire d’intérêt propre. Christopher Nolan lui-même aurait refusé que son Inception soit converti en 3D. Cherchez le malaise…

Deux exemples fâcheux viennent corroborer l’ire des cinéastes cités dans le paragraphe précédent :

Alice au pays des merveilles de Tim Burton. Contrairement à l’aspect général dégagé par le film, seuls 20% des images ont été filmées en 3D relief. C’est peu pour un
long-métrage vendu comme une expérience 3D novatrice. En l’état, nous pouvons affirmer que le film n’a pas été pensé en 3D. Ce qui, pour ne rien vous cacher, ressemble à une belle petite arnaque planétaire.

Le choc des Titans de Louis Leterrier et le Dernier maitre de l’air de M. Night Shyamalan. C’est la Warner Bros. qui dégaine en premier. Filmé en 2D, le Choc des Titans est subitement « gonflé» en 3D relief par la Compagnie Prime Focus. Les raisons invoquées sont simples : pouvoir diffuser le film dans des cinémas équipés en projection 3D. Hélas pour le consommateur, le résultat est catastrophique (j’ai pu tester les deux formats et la 2D gagne par KO au premier round). Les couleurs sont pâles et la nouvelle perspective ne colle pour ainsi dire jamais à la mise en scène du réalisateur français. Même constat pour le film de Shyamalan qui, plus étonnant encore, a vu sa sortie française repoussée d’une semaine pour cause de conversion non finalisée.

… et dont l’avenir ne se jouera pas qu’au cinéma

L’interaction entre la 3D relief et le cinéma est une longue histoire. De spécifique, elle devient partagée. La donne change de nature même si la victoire de la 3D au cinéma est enfin consommée, du moins dans l’immédiat. L’enjeu à long terme : sa pérennité. Et là, plus question de raisonner 3D-cinéma / cinéma-3D. La mondialisation est passée par là, invitant désormais la 3D un peu partout,  dans le jeu vidéo, les concerts filmés, le sport, l’industrie vidéo avec la sortie des tous premiers écrans 3D (avril 2010) et le porno. Le champ d’application s’élargit au profit d’une 3D multiple prête à devenir le nouveau standard de demain.

Alexandre Aja, jeune réalisateur français responsable de Piranha 3D (actuellement sur les écrans), estime que le succès de la 3D en salles pourrait bien être épisodique. A moins que les autres formes d’expression investissent véritablement notre salon. L’avènement de la 3D comme norme universelle serait alors inévitable. Nous n’en sommes pas encore là, mais la révolution marketing du procédé 3D relief est bel et bien en marche.

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