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Le garçon et la bête: apprentissage forcée…

Le garçon et la bête: apprentissage forcée…

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Mamoru Hosoda continue d’explorer la part d’animalité qui existe en chacun de nous. Film sur la dualité dans un monde connexe, le Garçon et la bête reflète également le nécessaire chemin – cheminement – de la découverte de soi, c’est-à-dire de sa véritable nature, forgée par l’apprentissage dans la confrontation aux autres via un rapport dialectique sur l’existence. Beaucoup plus qu’une quête initiatique d’un enfant en fugue suite au décès de sa mère, le dernier opus d’Hosoda est un conte fantastique familial capable de reformuler le réel par la seule force d’un imaginaire contextualisé pour l’occasion.

Il y a de toute évidence chez Hosoda une forme de persévérance salutaire à vouloir dépeindre la société japonaise dans ses entrelacs intergénérationnels avec, comme pierre d’achoppement, le rapport à l’autorité. En effet, si Kyuta fuit, c’est pour échapper à ses grands-parents maternels. Sa rencontre avec Kumatetsu – le guerrier venu du monde des bêtes – et son passage dans l’autre monde démontre l’absolue volonté de casser l’ordre établi pour se construire une identité en dehors des codes et des conventions habituelles. Si la mise en danger existe pour le jeune humain fanfaron et insolent, elle n’est pas de tout repos pour Kumatetsu, mentor par obligation aussi colérique qu’immature. Ainsi, la relation qui s’installe devient le cœur battant d’un film souvent drôle établissant une double dialectique, entre rapport d’autorité et affirmation individuelle propice à la réversibilité.

Pour faire simple, alors que le film ne l’est pas, affirmons que le maître dans son comportement est parfois, souvent, l’enfant et que l’enfant dans son attitude est parfois, souvent, la bête. Le duo ainsi formé est irrésistible, chacun se refusant d’admettre qu’il aurait besoin de l’autre pour progresser. Tout se fait alors par chamailleries interposées comme pour nous dire qu’il faut parfois s’obliger à vivre des expériences douloureuses dans le tumulte de la vie pour avancer. Le monde des bêtes, en tout point anthropomorphique, sert donc de laboratoire symbolique à cette histoire d’initiation loin de tout manichéisme. Si le film ne trace aucune ligne qui verrait, sans heurts, le petit Kyuta s’affirmer suite à l’enseignement de Kumatetsu, l’originalité du Garçon et la bête réside précisément dans la relecture des clichés de tout voyage identitaire par le biais d’une fable allégorique à la richesse visuelle étourdissante.

L’intime, trituré de façon ludique, est convoqué dans le brouhaha d’un monde fourmillant sa paranoïa. L’arrière-scène n’est jamais de façade. Elle stimule nos deux compères dans leur quête d’apaisement entre les combats et autres allers-retours incessants entre les deux mondes. Les enjeux de chacun sont ainsi définis : devenir le seigneur du royaume des bêtes pour Kumatetsu et se réaliser en tant qu’homme pour Kyuta. Le cinéaste brille par sa mise en scène foisonnante capable en quelques plans de modeler une parabole complexe toujours entrainante sur l’identité, le passage à l’âge adulte, la gestion des frustrations comme des absences (celle d’une mère par exemple).

Si Hosoda ne résiste pas à nous proposer un climax très « animation japonaise » mais en tout point spectaculaire, il évite soigneusement l’écueil de la moralisation outrancière où les bons auraient triomphé des méchants. Car de méchants il n’y en n’a pas. Le mal qui gronde et peut ronger le cœur de celui qui se retrouve perdu est un mal universel propre à toute société humaine. Il faut le combattre par l’éducation, l’apprentissage, la confiance mutuelle, le don de soi. Ainsi le sacrifice « paternel » renforce de façon admirable le discours d’un film humaniste qui tend à légitimer la démarche d’un très grand cinéaste.

Geoffroy Blondeau

Note 4/5

Le garçon et la bête. un film de Mamoru Hosoda. En salles depuis le 13 janvier 2016.

Durée 1h59

Animation 2014: déja sur les traces des succès 2013…

Animation 2014: déja sur les traces des succès 2013…

aventure legoAlors que La Reine des neiges continue de se placer en haut de l’affiche (4ème place hebdomadaire pour son 12ème week-end d’exploitation), le premier vrai carton dans les salles américaines en 2014 n’est autre qu’un film d’animation.

Avec 69M$ pour son week-end d’exploitation, La grande aventure Lego explose les compteurs. De très bon augure pour Warner Bros. qui voit se profiler un hit en puissance au même titre que l’avait été l’adaptation ciné des Simpsons pour la Fox (183M$ en fin de carrière).

Cerise sur la gâteau, le film n’a pas couté très cher. Seulement 60 millions de dollars. La rentabilité est assurée rien que sur le sol américain. De toute façon les chiffres à l’international sont également très bons. Carton plein en somme…

Qui dit premier hit de l’année, dit aussi premier bide de l’année. Je parlerais alors de I, Frankenstein. 65M$ de budget pour un cumul minable de 17 millions de dollars en trois semaines. Le film aura du mal à atteindre les 20M$. Un four, un vrai. Pour une bouse numérique boursouflée inepte. Comme quoi, le public n’a pas toujours mauvais goût…

Geoffroy Blondeau

 

Top 20 France 2013: Les films français patinent, patinent, patinent…

Top 20 France 2013: Les films français patinent, patinent, patinent…

frozenDécevant. Tout simplement. Car avec seulement trois « petits » films français dans le top 20 de l’année 2013, la production hexagonale fait grise mine. À titre de comparaison, il y avait 8 films en 2012, 4 en 2011 (mais avec deux films à plus de 8 millions d’entrées dont les 19,6 d’Intouchables) et 7 en 2010. De fait, la part de marché du cinéma français est faible. 33 % et une baisse conséquente de 7 points par rapport à l’année dernière.

Les raisons d’un tel désamour du public ? Un manque flagrant de diversité populaire à même de proposer des films de genre loin des sempiternelles comédies que l’on distribue comme de vulgaires produits de consommation. L’échec de Boule et Bill (21ème) en dit long sur le ras-le-bol du public devant la piètre qualité des films proposés. Si la production hexagonale est riche en talent, il faut aller les chercher dans les profondeurs du classement.

Dans ce marasme assez embarrassant quelques films surnagent, s’approchent du million d’entrées et pour trois d’entre eux le dépasse. Citons Alceste à bicyclette (1,1 million d’entrées), Möbius (1,1 million d’entrées) et Sur le chemin de l’école (1 million d’entrées). La Vie d’Adèle – Palme d’or 2013 – a terminé sa course à quelques encablures de cette marque (0,9 million d’entrées), faisant mieux que l’ambitieux L’écume des jours de Gondry (0,8 million d’entrées). Bon, c’est bien mais il n’y a pas de quoi sauter au plafond non plus.

Que reste-t-il ? Des films américains, rien que des films américains. Les mêmes, d’ailleurs, qu’aux États-Unis mais dans le désordre avec le Disney de Noël en tête (La reine des neiges qui finira n°1 de l’année). Sur les dix-sept films américains présents dans le top 20, nous notons sept suites, deux reboots et six films d’animation. Pas de surprise, évidemment.

Enfin, pour trouver un film non français et américain il faut descendre à la 63ème place avec le film d’animation espagnol Le manoir magique (0,8 millions d’entrées).

Top 20 2013 au 24/01/2014.

  1. La reine des neiges : 4,7 millions d’entrées*
  2. Moi, moche et méchant 2 : 4, 6 millions
  3. Le Hobbit : la désolation de Smaug : 4,6 millions d’entrées*
  4. Iron Man 3 : 4, 3 millions d’entrées
  5. Django Unchained : 4, 3 millions d’entrées
  6. Gravity : 4 millions d’entrées*
  7. Les Profs : 3,9 millions d’entrées
  8. Hunger Game : l’embrasement : 3, 1 millions d’entrées
  9. Insaisissables : 3 millions d’entrées
  10. Fast and Furious 6 : 2,9 millions d’entrées
  11. Belle et Sébastien : 2, 6 millions d’entrées*
  12. Les garçons et Guillaume, à table : 2,4 millions d’entrées*
  13. World War Z : 2,4 millions d’entrées
  14. Turbo : 2, 4 millions d’entrées
  15. Le loup de Wall Street : 2, 4 millions d’entrées*
  16. Les Croods : 2,3 millions d’entrées
  17. Man of Steel : 2,3 millions d’entrées
  18. Thor : le monde des ténèbres : 2,2 millions d’entrées
  19. Les Schtroumpfs 2 : 2,2 millions d’entrées
  20. Monstres universités : 2,1 millions d’entrées

* Toujours en exploitation

 Geoffroy Blondeau

 

 

TOP 20 USA 2013: animation, comédies, super-héros et Gravity…

TOP 20 USA 2013: animation, comédies, super-héros et Gravity…

hunger-games-movie-wp_trio01Rien ne change ou presque. Alors qu’un super-héros semblait s’assurer de terminer tout en haut du classement 2013 (Iron Man 3), The Hunger Games : l’embrasement va lui chiper la place et, par la même occasion, battre le score du premier opus.

Sur un marché en hausse de 0,8 % par rapport à l’année 2012 (chiffres arrêtés au 31 décembre), les franchises dominent encore outrageusement le box-office Outre-Atlantique dans un top 20 assez prévisible. Avec quatre suites (Moi, moche et méchant 2, Star Trek Into Darkness, Thor : Le monde des ténèbres, Copains pour toujours 2), quatre franchises (Iron Man 3, Hunger Games 2, Fast and Furious 6, le Hobitt : La désolation de Smaug), un reboot (Man of Steel, nouvelle adaptation de Superman) et une préquelle (Monstre Academy), les studios ne brillent pas par leur prise de risque ni par leur goût de l’originalité.

Dans son livre Sleepless in Hollywood, la productrice Lynda Obst (The Fisher King : Le roi pêcheur, Nuits Blanches à Seattle…) observe qu’aujourd’hui c’est le « chiffre » qui commande le film (blockbuster), non l’idée. Le temps des propositions scénaristiques ambitieuses semble révolu ; celui des convictions aussi. Les studios, à tort, pensent pouvoir maitriser les risques en enrobant leurs projets de stars dans des histoires universelles marketées des mois à l’avance. Il s’agit de remplacer des projets artistiques scénarisés, par des concepts marketing reconnaissable capables d’assurer presque à chaque coup le succès populaire (super-héros, franchise, adaptation littéraire ou jeu vidéo…). La recette ? En mettre plein les mirettes, peu importe la cohérence de ce que l’on raconte, du moment que l’on touche un public en ordre de marche venu se divertir dans un même élan fédérateur. Ainsi les têtes de gondoles s’affichent, lancées par d’immenses campagnes marketing elles-mêmes orchestrées par des hordes de directeurs marketings pendus à leurs sacro-saints Smartphones.

Sauf que rien n’est maîtrisé puisque des bides tels que Lone Ranger (89M$ pour un budget de 215M$), 47 Ronin (32M$ pour un budget estimé à 175M$) ou encore R.I.P.D (33M$ pour un budget de 130M$) ripent la belle mécanique qui se trouve de plus en plus fragilisée. La quantité de films produits devient alors le garde-fou d’investissements faramineux que rien ni personne ne semble vouloir/pouvoir arrêter.

1/L’animation en mode majeur…

Morose en 2011, reprenant des couleurs en 2012, le genre explose les compteurs en 2013 avec trois films à plus de 260 millions de dollars. Si Moi, moche et méchant 2 confirme le succès surprise du premier opus, son plébiscite laisse quand même rêveur. Avec 367M$ engrangés, le film se place à la quatrième place des films d’animation de tous les temps hors inflation. Il sera bientôt talonné par le succès de Noël, La Reine des neiges. Le dernier né des studios Disney va dépasser les 300M$, sans doute les 322M$ de Shrek 3 et titiller les 350M$. Après Raiponce et les Mondes de Ralph, le retour au premier plan de la firme aux grandes oreilles est bel et bien confirmé. Dans ce contexte explosif n’oublions pas les succès, même si en retrait, de Pixar (268M$ pour Monstres University) et Dreamworks (187M$ pour le revigorant Les Croods).moi moche et mechant 2

2/La comédie is back…

L’année 2013 est bel et bien celle de la comédie malgré l’échec du troisième Very Bad Trip (112M$ là où les deux premiers avaient franchi les 250M$). Quatre films se placent dans le top 20, se tiennent dans un mouchoir de poche et sont tirés d’histoires originales (sauf pour la suite de Copains pour toujours). Melissa McCarthy est la grande gagnante de l’année en plaçant trois films au-dessus des 100 millions de dollars (Les flingueuses, Arnaque à la carte et Very Bad Trip 3). Jennifer Aniston, avec Les Miller, une famille en herbe, plaît toujours autant dans le seul rôle qu’elle semble devoir jouer au cinéma. Ce top comédie pourrait voir débarquer l’immense Will Ferrell dans la suite de La légende de Ron Burgundy sortit il y a presque dix ans (2004). Le film, qui vient de dépasser les 100 millions de dollars, pourrait bien faire son entrée dans le top 20 2013.

3/Des super-héros comme une évidence…

Quatre super-héros étaient au menu 2013 pour trois succès et un demi-échec. Wolverine : le combat de l’immortel, avec 132M$, se classe 21èmeet loupe son retour. Ce qui n’a pas été le cas pour Iron-Man 3 (409M$), Man of Steel (291M$) et Thor 2 (203M$). Allez, ils ont assuré et rassuré sur le potentiel toujours intact de telles icônes dans le cinéma américain malgré la petite déception de voir Man of Steel en deçà des 300M$. Pas de surprise non plus pour 2014. L’année sera dans le prolongement des dernières années en nous offrant la panoplie des suites, reboots et nouvelles adaptations de super-héros.

4/Quelques franchises au diapason…

la-desolation-de-smaug-premiere-620x0-1Pas de souci pour les franchises attendues. Hunger Games sera le vainqueur de l’année avec une marque au-delà des 415 millions de dollars. Cette suite, saluée par la critique, permet au studio Lionsgate de se classer 5ème devant la Paramount ou la Fox. Malgré le décès tragique Paul Walker, il y aura bien un Fast ans Furious 7. Le scénario du film a été réécrit et devrait intégrer sous la forme d’un hommage les scènes que l’acteur avait déjà filmé. Avec l’épisode 6 la franchise s’est rapprochée des 250M$ avec un final à 238M$ pour une 8ème place annuelle. La suite des aventures de notre cher Bilbon cartonne un peu partout dans le monde. Succès aux Etats-Unis, le film est toutefois en retrait par rapport au premier chapitre et devrait terminer sa course vers les 260M$. Si la quasi-totalité des films science-fiction ont échoué au box-office américain (Elysium, Oblivion, Pacific Rim, After Earth, La Stratégie Ender), Star Trek Into Darkness est le seul à sauver les meubles d’un genre pourtant propice à l’innovation (228M$).

5/Deux outsiders et trois machines hollywoodiennes originales…

Comment ne pas parler de Gravity. Le film d’Alfonso Cuaron démontre qu’un film de studio osé graphiquement, superbement réalisé et admirablement porté par une Sandra Bullock au diapason, peut mettre à terre des grosses machines à la pyrotechnie folle deux fois plus onéreuses. Le film totalise en fin de carrière 255M$, ce qui le place à la septième position annuelle. Sa carrière n’est peut-être pas terminée avec l’épisode prochain des Oscars. Deux ou trois statuettes pour, pourquoi pas, une nouvelle mise sur orbite. Même son de cloche avec l’étonnant Conjuring : Les dossiers Warren de James Wang. 20M$ de budget, 137M$ de recettes. Qui dit mieux ? Personne. Le film symbolise à lui seul la rentabilité d’un genre de plus en plus populaire. Ce cinéma, celui de l’ingéniosité, à de l’avenir devant lui. Reste trois films tous très différents dans leur contenu. Un point commun tout de même. Ils sont produits par des grands studios et portés par des acteurs stars. Le monde fantastique d’Oz (James Franco), World War Z (Brad Pitt) et Gatsby le magnifique (Leonardo DiCaprio), sans proposer une quelconque originalité, ont apporté un petit vent neuf, entre divertissement familial et spectacle plus adulte. Ils ont, chacun à leur manière, touché leur cible.

  1. Iron Man 3 : 409M$
  2. Hunger Games : L’embrasement : 407M$*
  3. Moi, moche et méchant 2 : 367M$*
  4. La Reine des neiges : 298M$*
  5. Man of Steel : 291M$
  6. Monstres Academy : 268M$
  7. Gravity : 255M$*
  8. Fast and Furious 6 : 238M$
  9. Le monde fantastique d’Oz : 234M$
  10. Le Hobitt : La désolation de Smaug : 230M$*
  11. Star Trek Into Darkness : 228M$
  12. Thor : Le monde des ténèbres : 203M$*
  13. World War Z : 202M$
  14. Les Croods : 187M$
  15. Les flingueuses : 159M$
  16. Les Miller, une famille en herbe : 150M$
  17. Gatsby le magnifique : 144M$
  18. Conjuring : Les dossiers Warren : 137M$
  19. Arnaque à la carte : 134M$
  20. Copains pour toujours 2 : 133M$

* Toujours en exploitation

Geoffroy Blondeau

Le Jour des Corneilles: Entre deux mondes…

Le Jour des Corneilles: Entre deux mondes…

L’animation française est étonnante. Aussi bien dans ses propositions narratives – sa qualité première – que, désormais, par sa maîtrise technique. Et c’est tant mieux ! Car passer d’une production rachitique dans les années 90 (moins de dix films) à plus de 40 longs-métrages au cours de la période 2000-2010, démontre le renouveau d’un genre servi par un savoir-faire reconnu mondialement. Mise à part quelques longs-métrages calibrés « grand public » (on pense à la trilogie de Besson Arthur et les Minimoys ou au film de Bergeron Un monstre à Paris), la plupart des œuvres proposées respirent une authenticité créative incontestable, signés par de véritables auteurs. Voilà, peut-être, la spécificité d’un cinéma d’animation riche en talent capable de proposer des films aussi singuliers que Mia et le Migou (Girerd, 2008), l’Illusionniste (Chomet, 2010), le Chat du Rabbin (Sfar & Delesvaux, 2011),  le Tableau (Laguionie, 2011), Zarafa (Bezançon & Lie, 2012) ou, film qui nous intéresse ici, le Jour des Corneilles.

Récit naturaliste réalisé par Jean-Christophe Dessaint (dont c’est le premier long comme réalisateur), le Jour des Corneilles s’inscrit dans la plus pure tradition des contes pour enfants avec son histoire d’ogre imaginaire élevant, au cœur d’une forêt mystérieuse peuplée d’esprits, un enfant sauvageon appelé fils. Classique. Mais réussi. D’autant que le réalisateur a eu la bonne idée d’avoir inversé les repères habituels des contes horrifiques pour faire du monde des hommes celui du danger, de l’étrangeté, de l’inconnu, de la découverte. Courge, l’enfant des bois, a peur du monde extérieur. Son père, un rustre colérique, lui interdit toute excursion en dehors de la forêt en affirmant qu’aller au-delà de la lisière c’est mourir à coup sûr. Mais Courge est curieux, comme attiré par cette étendue ouverte sur le ciel. En bravant l’interdit paternel, il passe de l’ombre à la lumière, change de monde mais pas forcément de regard. S’ensuit une quête identitaire rocambolesque, enlevée, drôle, émouvante. Même si sa conclusion dans son explication casse un peu le mystère d’une histoire féerique à bien des égards.

De fait, l’incursion par-delà la forêt ne sera pas sans conséquence. Pour le jeune Courge – qui rencontrera la pétillante Manon, jeune fille du docteur –, comme pour son père. Leur destin est lié. Lié à cette forêt et à ce village si longtemps caché par un père dur devenu insensible à la chaleur humaine. Fort de sa thématique principale, le film développe plusieurs sous-thématiques qui lui sont indissociables. Au point de rendre tangible – dans sa mise en action – les sentiments qui assaillent de toute part le jeune Courge. S’il découvre de nouvelles sensations (s’habiller, manger avec des couverts, discuter au clair de lune avec la belle Manon, dormir dans des draps, ne pas tuer des animaux pour le plaisir, ressentir de l’affection, de l’amour, de la tendresse…), il refuse cette accession au bonheur simple tant que son père n’aura pas (re)trouvé l’amour et la paix intérieure. Il servira, jusqu’à la fin, de trait d’union dynamique au moteur romanesque d’une histoire conçue sur un mode de représentation ou cohabite deux mondes (forêt-village ; ombre-lumière ; barbarie-civilisation ; rêve-réalité ; père-fils).

Au-delà de la lecture proposée par le cinéaste, Le Jour des Corneilles vaut surtout le détour dans son approche graphique. Le film est de toute beauté. Il se compose, dans un savant mélange de dessins peints au fusain, d’effet de lumières saisissant, de paysages posés et d’animation fluide, coulée, très réaliste avec les personnages représentés. L’immersion est immédiate, presque magique. Un peu à la façon d’un Miyazaki, la poésie demeure. Car sous ses aspects simplistes, le destin du jeune sauvageon Courge demeure implacable, inévitable, à la fois identitaire, affectif, tragique, terriblement humain. Reste le casting vocal. Il frise le sans-faute. La voix rocailleuse et profonde d’un Jean Reno répond à celle, beaucoup plus candide, de Laurànt Deutsch. L’alchimie fait mouche. Tout comme l’idée, géniale, d’avoir engagé le regretté Claude Chabrol afin qu’il prête sa voix si particulière au bon docteur.

Geoffroy Blondeau

Note: 3/5

Le Jour des Corneilles. Un film de Jean-Christophe Dessaint. Sortie le 24 octobre 2012.

Durée 1h45

Avis publié sur ecranoir.fr

Un été en pente douce…

Un été en pente douce…

L’été US s’est achevé et avec lui la valse des sorties estivales commencées depuis le mois de mai. L’exercice 2012 a déçu, accusant une baisse de 2,6% par rapport au total de l’an dernier à la même période.

–          6 mai / 4 septembre 2011 : 4,4 milliards de $

–          4 mai / 3 septembre 2012 : 4,3 milliards de $

Troisième meilleure période en chiffres bruts derrière les sessions 2009 et 2011, la situation n’est plus la même si l’on prend en compte le nombre de billets vendus. En effet, avec 530 millions de spectateurs, l’été 2012 obtient le plus mauvais score depuis 15 ans. Malgré son démarrage tonitruant à mettre à l’actif des Avengers, le box-office estival aura terminé sur les rotules, comme asphyxié par un trop plein de longs-métrages interchangeables (218 films sur la période mai-août) malgré quelques bonnes surprises. De quoi faire grimacer les pontes des grands studios…

Pas surprenant, dès lors, de constater que les cinq premiers films de l’été (The Avengers, The Dark knight rises, Amazing Spiderman, Rebelle et Ted) représentent 41% du total des entrées. Soit le pourcentage le plus élevé depuis 20 ans. À titre de comparaison les cinq premiers films de l’été 2011 ne représentaient que 32%. Néanmoins, et grâce à un remarquable premier trimestre (merci Hunger games), la tendance à mi-saison s’inverse pour un gain de 3,6% par rapport à 2011. À ce titre, la fin de l’année risque d’être intéressante avec les sorties du dernier Twilight, du 23ème James Bond Skyfall, du Bilbo de Peter Jackson, du Lincoln de Spielberg et des films d’animation Les Mondes de Ralph (Disney), Rises of Guardians (Dreamworks) et Monsters, Inc. (3D) (Pixar).

 

Voici mon classement des principaux films l’été 2012 répartis en 3 catégories :

 

Les succès

The Avengers

Personne ne s’attendait à un tel succès. Le film de Joss Wedhon jouait au quitte ou double avec son budget à 220 millions de $ et sa réunion de super-héros estampillés Marvel. La stratégie de la Marvel (parler des Avengers et du SHIELD dans Thor, Iron-Man ou Captain America) aura été payante. La qualité du film a fait le reste. Après son incroyable démarrage (meilleur week-end de tous les temps avec 207 millions de $), le film s’est remarquablement bien maintenu pour aller côtoyer les cimes du box-office (622 millions de $). La suite est déjà sur les rails avec une date de sortie prévue au 1er mai 2015.

The Dark knight rises

Le 3ème opus de la saga Nolan termine donc à la deuxième place du classement. Terrassé par les Avengers, le super-héros DC Comics ne démérite pas pour autant puisqu’il va terminer sa course vers les 440-450 millions de $. Sa très nette progression à l’international (plus de 600 millions de $), lui permet de dépasser le milliard dans le monde. Il devient, par la même occasion, le deuxième film de l’année à se hisser à cette marque derrière l’intouchable Avengers et son 1,5 milliard. Il devrait finir à la septième place devant Pirates des Caraïbes 2 (1,066 milliard de $) et derrière le Retour du Roi (1,119 milliard de $).

Ted

Il s’agit du succès surprise de l’été. Il en faut toujours un et c’est lui, le nounours en peluche animé trash, grossier, buveur de bières. Avec 217 millions de dollars aux Etats-Unis pour un budget de 50 millions, ce film R-rated avec Mark Whalberg prouve que l’originalité paye. Classé 7ème film R-rated de tous les temps sur le sol américain, le film a dépassé les 400 millions de dollars à travers le monde et sortira chez nous le 10 octobre prochain. À signaler qu’il s’agit du plus gros succès de l’été pour Universal devant Blanche-neige et le Chasseur et le très décevant Battleship.

Madagascar 3

La franchise Madagascar reprend du poil de la bête après un deuxième épisode légèrement décevant au box-office US. La progression n’est pas anodine puisque l’on passe de 180M$ à plus de 215M$. Le ton bariolé et psychédélique de cet épisode a séduit bambins et ados du monde entier. Le film est certain de dépasser son prédécesseur à l’international pour un cumul qui devrait approcher les 700 millions de $ dans le monde. De fait, un quatrième opus est presque sûr de voir le jour. Sans être forcément une mauvaise nouvelle, il serait de bon ton que la qualité du prochain film sur Alex et ses amis suive la même courbe que celle des billets verts.

L’Age de glace : la dérive des continents

Situation paradoxale pour ce quatrième opus des aventures de Scrat et de ses amis. Car avec 158M$, le film est le moins lucratif de la franchise. Et de loin. Néanmoins on ne peut raisonnablement pas parler de déception puisque le film, doté d’un budget raisonnable (95M$ là ou Rebelle en a coûté 185M$), s’est envolé à l’international avec 676M$. On ne sait pas si une suite est d’actualité mais, à l’instar d’une franchise comme Madagascar, le succès à l’étranger suffit presque à rentabiliser la production du film.

Magic Mike

Deuxième surprise de l’été, le film de Soderbergh a affolé les compteurs. Rendez-vous compte : 7M$ de budget, 113M$ de recettes. Un tel pactole a dû rassurer Sony sans doute un peu déçu des résultats de son MIB 3. Autre gagnant. Channing Tatum. Cette année, l’acteur de G.I : Joe place trois films au-delà des 100 millions de dollars. Magic Mike, donc, the Vow (125M$) et 21 Jump Street (138M$).

The Best Exotic Marigold Hotel

Cette programmation décalée par rapport à la saison estivale a conquis son public. Le film anglais avec Judi Dench, Maggie Smith et Tom Wilkinson a presque quintuplé son budget (10M$) pour atteindre les 46 millions de dollars. Pas mal du tout. Et comme le film n’a pas été un manchot à l’étranger (85M$), il fait partie de ces films à la rentabilité folle.

 

Avant de parler des déceptions, arrêtons-nous sur les films Amazing Spiderman et Rebelle.

Amazing Spiderman

Pourquoi ne pas l’avoir mis dans la catégorie des succès ? Justement parce qu’il s’agit d’un Spiderman. De fait, réaliser moins de 300M$ sur le sol américain (261M$ pour être exact) malgré l’apport de la 3D, ressemble à une vraie déception. Comme si l’effet marketing l’avait emporté, une fois n’est pas coutume, sur l’aspect artistique d’une relecture aussi précoce. Néanmoins il ne faut pas se leurrer et totaliser 750 millions de $ dans le monde est plus que suffisant pour mettre en chantier une suite.

Rebelle

Là encore nous aurions pu mettre le dernier Pixar dans la catégorie des succès. Totaliser 233 millions de dollars US en fin de carrière, c’est mieux que Madagascar 3, The Lorax ou encore l’Age de glace 4. Mais à l’instar de Cars 2 ou de Wall E, Rebelle n’arrive pas réellement à percer à l’international. Pour le moment le film émarge à 266M$. C’est bien mais très loin des 676M$ de l’Age de glace 4 et des 404M$ de Madagascar 3. Le succès monde reste bon mais certainement en deçà des espérances.

 

Les déceptions

MIB3

Il aura fallu attendre dix ans pour voir sur nos écrans la suite des aventures des hommes en noir. Dix ans et une 3D en plus. Malgré l’inflation et l’apport de cette lucrative technologie, MIB3 n’a pas atteint les 200M$. Il devient même l’opus le moins rentable de la franchise avec 179M$. La déception est grande surtout que le film, sans être d’une innovation folle, n’est pas déplaisant à regarder. L’international sauve cette production à 225M$. MIB3 peut dire merci aux MIB et à Will Smith, toujours aussi populaire à travers le monde.

Blanche-neige et le Chasseur

Adaptation assez libre à l’inscription merveilleuse plutôt créative, ce Blanche-neige un brin guerrier s’en sort avec les honneurs. Mais il a coûté cher (175M$) et n’a pas beaucoup rapporté à l’international. Les 400 millions de dollars n’ont pas été franchis mais s’en rapprochent (396M$). Il se murmure à Hollywood un spin-off avec le chasseur et la star de Thor, Chris Hemsworth.

Prometheus

La préquel de Ridley Scott, rondement marketé jusque dans ses campagnes virales, a réalisé un excellent démarrage. Puis le film s’est effondré pour clore sa carrière à 126M$. Pas si mal pour un film de SF classé R-rated, même si le bouche à oreille n’aura pas permis au film d’atteindre les cimes du box-office. Il sera sauvé, lui aussi, par sa carrière mondiale. 260M$ et un cumul à 385 millions de dollars pour un budget estimé à 130M$. Déception, donc, mais aucunement un échec.

The Bourne Legacy

Spin-off ou reboot, telle est la question. En tout cas le film de Tony Gilroy ne rééditera pas les résultats de la trilogie originale. Le film avec Jeremy Renner aura bien du mal à dépasser les 121M$ du premier Bourne. Un final à 115 millions nous semble raisonnable. Son parcours à l’international devrait le rendre rentable et pourrait, là encore, anticiper un nouveau chapitre.

 

 

 

 

 

 

Expendables 2

Le deuxième opus des bad guys fait moins bien que l’original. Alors que le premier film avait fini sa carrière au-delà des 100 millions de dollars, cette suite devrait terminer sa course vers les 85-90M$. Allez, ce n’est pas si mal ! Surtout que les vieux cartonnent un peu partout dans le monde. Les 300 millions de dollars sont réalisables, prouvant qu’un actionner à la sauce 80’s peut fonctionner.

Les échecs

Dark Shadows

Le dernier Burton marque la 8ème collaboration du cinéaste avec Johnny Deep. Alors qu’Alice au pays des merveilles a rapporté plus d’un milliard de dollars dans le monde, Dark Shadow se contente d’un score anodin, indubitablement décevant. Le film n’est pourtant pas mauvais, retrouve par bribes la classe créative de Burton en nous contant cette histoire de vampire à travers les âges. Totaliser moins de 250M$ dans le monde pour un coût de production évalué à 150 millions de dollars est une véritable sanction pour un film qui ne le méritait pas. Dommage.

Battleship

Peter Berg, auréolé de son succès avec Hancock, a essayé de nous proposer une variation improbable du jeu « Touché-Coulé » en mode Transformers. Le public n’a pas suivi. 65 millions de dollars engrangés pour un coût de production estimé à plus de 200M$, c’est l’un des plus gros échecs de l’année. Taylor Kitsch, l’acteur principal, se remarque au même titre que Channing Tatum mais comme le looser de l’année. A son actif ; Battleship et le désormais tristement célèbre John Carter.

Total Recall

Mais pourquoi diable avoir pris la décision de proposer le remake du film de Paul Verhoeven sortit en 1990 ? Un peu comme le Conan de Nispel, le film de Len Wiseman s’est pris les pieds dans le tapis. Les 58M$ de recettes restent bien insuffisants pour un tel potentiel scénaristique, fut-il un remake hasardeux porté un Colin Farrell devenu bien fade. Le manque d’ambition de ce type de production flingue l’esprit créatif d’un Hollywood de plus en plus craintif à proposer de l’exclusif, de l’originalité, de jamais vu.

Abraham Lincoln : chasseur de vampires

L’originalité ne paye pas toujours. C’est le cas pour le film de Timor Bekmambetov, indigeste variation d’une histoire revisitée à l’emporte pièce. 37 millions de dollars plus tard, même les geeks en demande de nouveauté sont restés sur leur faim. L’international n’a pu sauver un film ou peu de chose l’est.

Rock of Ages, Crazy Dad, The Watch

Trois films d’un trio de stars historiques et trois échecs retentissants. Tom Cruise (même s’il n’est pas la star du film), Adam Sandler et Ben Stiller se sont fait écrabouiller par le film de Soderbergh. Est-ce la fin d’une époque pour ces trois stars ? Surement pas même s’il faut avouer qu’ils n’arrivent plus à rencontrer le succès à chaque film. Quant un film est médiocre une star ne peut pas tout. Ce qui est le cas avec ces trois films.

Geoffroy Blondeau

L’animation US retrouve des couleurs… au box-office

L’animation US retrouve des couleurs… au box-office

En 2011, aucun des 11 longs-métrages proposés au public n’a réussi à se hisser au-dessus des 200 millions de dollars. Cette contre-performance n’était plus arrivée depuis 2005, saison sans Pixar, ni Shrek à l’affiche.

Les nombreux films proposés n’ont pas eu, de toute évidence, le succès escompté malgré un vaillant Cars 2 des studios Pixar (191M$). Ni Rango (123M$), ni Rio (145M$), ni le Chat Potté (149M$), ou encore Kung Fu Panda 2 (165M$) ont mis en branle le box-office animé. Et nous ne parlerons pas des ratages mémorables qu’auront été Mars Needs Moms (21M$), Arthur Christmas (46M$) ou bien encore Happy Feet 2 (64M$).

C’est dire que l’année 2012 était attendue au tournant…

D’un point de vue comptable, celle-ci est gagnante. Premier film d’animation de l’année à dépasser les 200 millions de dollars (213M$), the Lorax, des studios Universal, a été rejoint par Madagascar 3 (204M$) et dès cette semaine par the Brave (195M$), films encore à l’affiche. L’âge de glace : la dérive des continents, qui vient de sortir aux Etats-Unis, à réaliser un premier week-end à 46M$. Trop juste pour aller viser les 200 millions de dollars, malgré la période estivale. Ainsi, le record 2010 du nombre de films d’animation à plus de 200M$ (Toy Story 3, Moi, moche et méchant, Shrek 4, Dragons, Raiponce) s’éloigne et devra patienter jusqu’à l’automne, date de sortie d’Hôtel Transylvania, des studios Sony, qui lancera la période de fin d’année au côté d’un Disney (Les mondes de Ralph) et d’un Dreamworks (Rise of the Guardians).

D’un point de vue qualitatif, aucune surprise. La valse lancinante des productions animées calibrées pour le grand nombre poursuit sa lente germination. Fond, forme et promotion s’imbriquent dans une mécanique froide, appel au jackpot synonyme de franchise en devenir. Et tous les studios s’y mettent. Pixar compris, surtout depuis son rachat par le géant Disney. En clair, chacun veut sa part du gâteau. Ce qui nous donne, à quelques exceptions près, une belle indigestion de pixels. Les suites, franchises ou autres reboots flinguent la part de créativité d’une armada d’ingénieurs recrutés pour décliner et non plus innover. Et pourtant souvenez-vous de l’incroyable introduction de Là-haut, des folles envolées aériennes de Dragons, de la poésie spatiale d’un Wall-E ou du déprimant point de non-retour d’Happy Feet

Le diktat du tiroir-caisse nécrose bel et bien une animation US pétris de talents – avec l’aide, il est vrai, de quelques recrues étrangères dont une pléthore de français – qui s’est totalement démocratisée depuis l’avènement de la synthèse (fin des années 90 début des années 2000). Le monopole Disney, chahuté en de rares occasions par quelques films de studios concurrents (on pense notamment à Anastasia (Fox, 1997), au Petit dinosaure (Universal, 1988) ou à Fievel et le nouveau monde (Universal, 1986)), s’est fissuré pour laisser place à une véritable guerre de tranchées. Pixar fut le précurseur (Toy Story est sorti en 1995), suivit de près par Dreamworks (Fourmiz, 1998), Sony (Final Fantasy, 2001), la Paramount (Jimmy Neutron, 2001) et la Fox (l’Age de glace, 2002).

Beaucoup moins long dans sa conception qu’un film d’animation au format traditionnel, le dessin animé assisté par ordinateur pousse comme des champignons (90 films sont sortis dans les salles depuis 1995), les studios se tirant la bourre depuis 17 ans avec une moyenne de 5 films par an (10 depuis 2005). Résultat, l’exigence de qualité baisse à mesure que le retour sur investissement augmente. Bien sûr, dans le flot d’une telle production, des films tirent leur épingle du jeu qualitativement. Mais la pente est de plus en plus glissante, accentuée il est vrai par l’arrivée d’une 3D avilissante, pour un genre déjà amputé de son animation classique. Il ne faudrait pas que l’animation américaine tombe dans le piège d’une créativité assujettie à sa propre technologie, et dont le but serait d’attirer un public mondialisé autour de franchises pop-corn oubliables. Malheureusement c’est ce qui est en train d’arriver…

Résultats des films d’animation sortis sur les écrans US au 15 juillet 2012

The Lorax: 213M$

Madagascar 3: 204M$

The Brave: 197M$

L’âge de glace 4: 51M$


Geoffroy Blondeau