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Auteur : Geoffroy Blondeau

La chute de L’empire Romain : Péplum de la pensée…

La chute de L’empire Romain : Péplum de la pensée…

La_chute_de_empire_romain_2Film de commande d’un cinéma hollywoodien alors en pleine crise, La Chute de l’empire romain (1964), loin de la démesure artistique de son dispendieux producteur Samuel Bronston, est une œuvre magistralement réalisée qui se dote d’une réelle réflexion sur l’ordre en place dans son rapport au pouvoir comme à la corruption. Sans oublier la mise en perspective d’un conflit opposant civilisation et barbarie…

Préoccupé à montrer « la folie du monde, le déclin et la mort de l’esprit », Anthony Mann ne réalise pas un film historique sur le déclin d’une civilisation, mais une tragédie d’inspiration Shakespearienne qui le conduira à opérer un véritable traitement discursif sur l’âme humaine. En s’affranchissant des lourdeurs qu’imposent une telle superproduction, Anthony Mann nous livre un Péplum terrifiant, pessimiste et crépusculaire capable d’associer avec intelligence l’effacement, et non le déclin, d’un Empire tout puissant avec celui d’un âge d’or du cinéma en perte de vitesse.

Le parallèle est en tout point remarquable. Le film assurément d’auteur. Celui-ci devient alors le témoin en cinémascope d’un monde en mutation qui verra la culture du compromis s’imposer. Renaissance d’un genre codifié, le film ose pourtant nous montrer les errements d’une nature humaine complexe en abolissant les sempiternelles caricatures de son époque. Si certaines postures grossières subsistent, Anthony Mann se refuse à toute tentation simplificatrice et préfère insuffler à ses personnages des postures souvent équivoques. La scène où Marc Aurèle se parle à lui-même par le biais d’un dialogue intérieur, nous indique la dualité d’un homme qui doute de son action, au point de devenir son propre esclave, à l’instar de Rome.

Marc Aurèle, à la fois homme de guerre et homme d’esprit, n’arrive pas à déplacer les lignes de fracture des champs de bataille sur celles, plus douloureuses, de la pensée. La confrontation de soi, par les autres, dans un monde structuré par la puissance et la domination, reste l’élément singulier de la démarche du réalisateur. Si les trois personnages masculins semblent être résignés – Marc Aurèle, Commode, Livius –, seule Lucilla restera fidèle à Rome. En n’acceptant pas l’accession au trône de son frère Commode, elle devient la figure romaine d’Antigone. Elle refuse la fatalité, croit au sursaut de l’empire et illustre par ses relations avec son père Marc Aurèle, Livius et son frère Commode, la dimension tragique de la chute de l’empire.

L’importance de la mise en scène dans son découpage narratif est à noter. Usant, dans un sens du cadre remarquablement rythmé, l’horizontalité (panoramique et travelling montrant la puissance guerrière d’un empire conquérant et assimilateur) et la verticalité (élévation de la caméra suggérant la force de la pensée mais également du pouvoir par la domination des constructions humaines sur la nature), Anthony Mann structure son film par l’art de la composition des plans. Heureusement, l’utilisation de dialogues évocateurs en appui à la mise en scène, renforce une direction artistique beaucoup plus ouverte que la plupart des péplums.

La_chute_de_empire_romain_3De fait, sa démonstration de la soumission des peuples par la force (scènes du Sénat, Timonides face aux barbares, comportement d’un Commode mégalomane…) est constamment contrebalancée par le concept de tolérance. Cinémascope (grands espaces) et introspection (profondeur des relations) se marient à la perfection pour faire de cette tragédie une œuvre philosophique à même de questionner l’état d’un monde qui n’arrive plus à se comprendre lui-même. Jouant simultanément sur trois thèmes – civilisation/barbarie, frères ennemis, nature/ordre –, La Chute de l’empire romain ne développe pas les raisons historiques de sa chute, mais interroge les affrontements internes qui secouent toute société dans sa légitimité organisationnelle.

La critique la plus virulente reste celle de la domination du monde selon des critères imposés en vertu d’un système de pensée qui ne tolère aucune entorse. Que cela soit vrai ou pas historiquement n’a guère d’importance pour un film hollywoodien fort divertissant à plus d’un titre. Cependant, comment ne pas y voir une attaque frontale contre l’impérialisme américain (le film sort en 1964, soit un an après l’assassinat de Kennedy et au moment de l’intensification de l’engagement américain au Vietnam).

Le parallèle entre l’idée d’une Rome universelle déclinant sa définition de la civilisation et d’une Amérique jouant à l’apprenti sorcier de la démocratie est fascinant, puisque Mann envisage l’action militaire comme soutien logistique de démocratisation des peuples, très discutable.

Fidèle à son parcours cinématographique à la fois simple et direct, Anthony Mann aborde les thèmes qui ont fait le succès de ses westerns (personnages complexes, idée de tolérance, action de l’homme face à la nature…). Artiste classique qui s’intéresse aux genres et à leurs potentialités, Mann reste un faiseur doué (la course de chars et les scènes de bataille sont irréprochables) et un humaniste sincère qui aura su nous éclairer sur la nature humaine.

Geoffroy Blondeau

 

J’ai enfin vu Logan… et c’est bien!

J’ai enfin vu Logan… et c’est bien!

Logan2jpgLogan est-il vraiment un film de super-héros au sens Marvel du terme ? Si l’on tient compte du traitement apporté par son réalisateur James Mangold, la réponse est non.

Néanmoins, Logan assume son personnage – il serait temps, vu qu’il s’agit du troisième opus sur Wolverine – en nous décrivant avec brio la déréliction du super-héros comme le syndrome d’un monde dans l’obligation de trouver de nouvelles icônes.

Le monde post-apocalyptique tel qu’il est présenté – nous sommes en 2029 – devient l’écrin idéal pour la légitimation d’une violence sourde, inéluctable, presque nécessaire. Dès le commencement, l’hallali résonne. Aucune échappatoire, ni de happy-end irraisonnable. L’approche rassure, confortée par une trame narrative construite comme un écho à rebours d’une mort annoncée. Voilà pourquoi l’ADN Marvel, comme des X-Men, fuite au compte-gouttes, dans cette ordalie autour de son acteur historique, Hugh Jackman. En effet, les deux destins sont liés et la figure héroïque comme seul représentant valable d’un anti-héros au bout du rouleau, vacille pour mieux nous atteindre. En partant de ce postulat, Hugh Jackman n’aura jamais été aussi touchant, aussi juste, aussi Wolverine.

Si l’histoire développée d’un point de vue évènementiel, pour ne pas dire scénaristique, ne séduit pas complètement, le film assume sa trajectoire intimiste afin de mieux redéfinir la singularité d’un personnage à la puissance tragique imparable. Comment, en effet, pourrions-nous nous détourner de ce Logan et valider le recours contestable d’une adversité de pacotille incapable de faire exister Wolverine par effet de contrepoint. De la même façon, il nous paraît dérisoire d’analyser une telle proposition filmique sous l’angle unique de la confrontation où seule la justice des « bons » triompherait.

Les héros ont disparu. De fait, Wolverine semble embrigadé dans sa propre antériorité, elle-même constamment rappelée par un état physique déplorable et à des années lumières du héros sauvage qu’il fut. En assumant cette réalité, James Mangold conditionne la redéfinition de la figure du super-héros dans une brume de nostalgie très cinématographique, à défaut d’être absolument pétaradante. Si nous sentons, çà et là, la tentation de réveiller la fureur originelle du mutant griffu, le réalisateur préfère détourner l’ordre établi pour façonner un drame crépusculaire animé par le jeu des postures.

Dans Logan, tout est organique, physique, ressentie, enduré, douloureux, sacrificiel. La posture prend forme en rébellion du héros attendu – c’est-à-dire pour ce qu’il est dans sa caractérisation propre – afin qu’il devienne autre chose. Cet autre chose, ici dans Logan, penche invariablement vers cette mythologie mémorielle qui aurait, en toute logique, l’aspect de la figure archétypale du vieux cowboy solitaire des westerns post âge d’or Hollywoodien. D’ailleurs, vous ne trouverez aucune référence aux comics (c’est même le contraire) mais bien envers cet anti-héros ambivalent que l’interprétation très « Eastwoodienne » de Jackman renforce encore un peu plus.

WolverinePar ce choix plutôt osé dans la production actuelle de blockbusters aussi insipides, qu’inoffensifs, le metteur en scène n’essaye pas de réactualiser un Wolverine qui se laisse de toute évidence dévorer par sa propre légende. Et c’est là où réside la grande force d’un film testament ne cédant jamais vers la caricature facile d’un Logan de moins en moins Wolverine. La scène, fort réussie, où des enfants mutants s’amusent à redonner à Logan son « look » d’antan pour que celui-ci corresponde au vrai Wolverine – celui des comics –, ne dit pas autre chose.

Oui, Logan se meurt durant tout le film. Oui, il accomplira une dernière fois son devoir. Mais, au bout du compte, le temps aura fait son affaire comme il aura assuré la décrépitude d’un monde orphelin d’espérance. Touché dans sa chair par sa propre mutation, Logan erre comme une âme en peine en demande de rédemption. La mort du Professeur Xavier, concomitant avec le sort des enfants mutants, lui donnera l’occasion de choisir sa fin et d’offrir un semblant de liberté dans un monde où le temps est compté.

J’ai parlé plus haut de drame crépusculaire. En effet, Logan n’existe que pour cette raison en se faisant le représentant d’un monde déchu, d’une époque révolue, d’une croyance tarie. Mais le mythe lui, toujours, demeure, comme une empreinte indélébile d’un anti-héros ultra charismatique en phase avec la lecture populaire et sociologique des Comics.

Avec Logan, James Mangold ne cherche pas à réinventer un Wolverine 2.0 ou à relancer la franchise en accommodant la psychologie du personnage vers une forme de modernité de façade. Il laissera cela à d’autre, dès que le studio sera préoccupé à rebooter la franchise.

Le réalisateur préfère, et de loin, questionner la figure classique du super-héros dans sa dimension morale faisant de ce type de pouvoir, plus une malédiction qu’un don du ciel. La question de l’aberration d’une mutation se déplace pour aller questionner celle, plus éthique, de la légitimité de prodiguer le bien en commettant des meurtres.

Si les héros disparaissent un jour, ils ne meurent vraiment jamais.

Geoffroy Blondeau

 

Barbara : Double jeu…

Barbara : Double jeu…

BarbaraÀ n’en pas douter, Amalric aime Barbara. Non en raison du film qu’il lui consacre, mais par la façon dont celui-ci a construit son portrait. En effet, cet anti biopic excelle à revendiquer l’ineffable d’une artiste suffisamment mystérieuse pour ne pas être faussement recopiée dans l’illustration de tranches de vie imposées.

L’objectif de Barbara s’extirpe alors des sentiers battus pour se hisser au-delà de l’admiration béate proche du mauvais panégyrique. Amalric préfère nous embarquer dans un quotidien essentialisé afin d’en saisir les nuances par fragmentation, le temps du réel reconstitué n’ayant de cesse de chercher la figure de l’artiste. Le tâtonnement prend forme dans l’évocation et non dans le luxe d’un mimétisme froid.  De fait, le regard domine, comme les silences, pour narrer par le jeu qui se cherche une artiste qui se doit d’être fascinante, complexe, sensuelle, imprévisible. Ce kaléidoscope est rythmé par une narration volute portée idéalement par une actrice à qui l’on demande pour les besoins d’un film de se fondre dans le personnage (Barbara est jouée par Brigitte, elle-même interprétée par la fabuleuse Jeanne Balibar).

C’est par ce biais scénaristique que l’intime se dévoile. Il est bien sûr celui d’Amalric – celui-ci interprète le réalisateur du film, à la fois réservé, admiratif, obsessionnel – qui pousse le procédé au point de nous confondre totalement dans la stupeur de nombreuses séquences où l’on ne sait plus très bien qui est qui. Ici la reconstitution s’imbrique au réel pour créer l’illusion parfaite dans cette quête poétique proche des âmes. Labyrinthe féminin, Barbara est un long-métrage allusif parsemés d’attitudes non retenues, de désirs consommés, de colères sèches, de solitudes à peine feintes, de rires spontanés, de spleens créatifs.

Le film dans le film n’est pas un mauvais prétexte à l’évitement ; encore moins un caprice de stylisation exacerbé par manque d’inspiration. Au contraire, il s’agit de nous livrer par cet essai libre de toute contrainte chronologique, l’essence même de l’artiste Barbara dans sa mise en représentation. Si le fantasme est là, gourmand mais discret, la construction de l’être « portraitisé » s’intellectualise à mesure qu’il tourbillonne.

L’intromission atteint une forme de paroxysme cinématographique lorsque des images d’archives de la vraie Barbara se superposent avec celles du film. La sensation est étrange, aussi belle que  factice, au point que l’on ne sait plus trop quoi penser de cette imbrication Barbara-Balibar proche de la métempsychose. Si l’effet est osé, voir stupéfiant, il mérite des louanges puisqu’il use et abuse du discours d’un cinéaste qui préfère proposer un chemin, même sinueux, plutôt qu’une destination.

Sans la connaître, nous avons l’impression de côtoyer Barbara depuis longtemps, de la découvrir aussi, de l’aimer sans doute et de s’autoriser, enfin, à l’observer par la grâce d’un projet de cinéma ambitieux dont le charme presque désuet nous envoûte pour ce qu’il est : une déclaration d’amour !

Geoffroy Blondeau

Barbara. Un film de Mathieu Amalric. Actuellement en salles.

 

Ça terrorise l’Amérique…

Ça terrorise l’Amérique…

CaL’été 2017 fut morose. Presque catastrophique. En tout cas décevant. Fort de ce constat, le salut des grands studios n’est pas venu d’un énième blockbuster ultra marketé jusqu’à l’overdose, mais d’un film horrifique à 35M$. Certes, le personnage du dit film n’était pas inconnu du grand public et, surtout, n’a pas été laissé à l’abandon par son/ses studio(s) bien à l’œuvre lors d’une campagne promotionnelle intelligente et surfant sur le vide programmatique de la fin août (Warner Bros., New Line).

Ça, adapté du roman de Stephen King (il ne s’agit donc pas d’un remake mais bien d’une nouvelle adaptation), avait la voie libre pour cartonner lors de son premier week-end. Après la déconfiture d’un été poussif au box-office US, le week-end du Labor Day, qui sonne la fin de la récréation estivale (2-4 septembre), fut le pire depuis 17 ans. Et, bien évidemment, cela n’a pas raté ! Le film d’Andres Muschietti a pris les commandes pour signer un démarrage historique pour un film R-rated (interdit aux moins de 17 ans non accompagnés) sorti au mois de septembre. Avec 123 millions de dollars Ça enterre le précédent record du meilleur premier week-end pour un film d’horreur (Paranormal Activity 3 et ses 52 millions de dollars en 2011) et se rapproche de celui de Deadpool (132M$), recordman de cette catégorie.

Les 200 millions de dollars sur le sol US seront une évidence, les 250M$ une quasi-certitude et les 300M$ envisageables. Les critiques, plutôt bonnes, le buzz sur la toile et les réseaux sociaux, la pénurie de bons films et l’emprise populaire d’un personnage issu de la littérature de genre ont cristallisé l’attention autour d’un « produit » consommable pour l’effroi qu’il est censé assurer lors de la projection. Sans parler de raz-de-marée, il s’agit à coup sûr d’un énorme succès venant, en quelque sorte, valider la puissance d’attraction d’un cinéma de genre de plus en plus vaillant au box-office.

Après Guet Out (175M$), Split (138M$) et Annabelle 2 (100M$, toujours en exploitation), Ça bouleverse l’ordre des choses pour ressusciter l’engouement d’un public venu en masse confronter ses propres peurs devant un divertissement horrifique surnaturel déclinant la figure protéiforme du monstre.

Get_OutS’il est inutile de revenir sur les nombreux échecs estivaux (Transformers, La Momie, Alien : Covenant, Baywatch, La Tour Sombre, Valerian, King Arthur) et autres amères déceptions (Pirates des Caraïbes, Cars 3, La planète des Singes), je voulais signaler que le troisième et très médiocre épisode de Moi, moche et méchant venait de dépasser le milliard de dollars dans le monde. Même malade, la bête n’est pas morte. Et il ne faut pas croire qu’elle se laissera crever comme ça. Lorsque l’on voit les succès incroyables des Jurassic World, Avengers et autres Star Wars, on se dit que l’industrie Hollywoodienne n’est pas encore sur le point d’imploser.

En 2013, Spielberg et Lucas avaient prédit, comme certains cabinets d’analyse financière, l’effondrement des superproductions au budget indécent. Or et pour des raisons de mise en production parfois très longue, le changement de « paradigme » voulu par Spielberg n’a pas encore été enclenché. Et ce malgré le succès à répétition de petits films au budget parfois rachitique. Car, il ne faut pas en douter, les véritables bénéfices se font sur ces films et non sur les blockbusters à 200 millions de dollars. Mais non, rien n’y fait et il est difficile de modifier une économie qui fait travailler des milliers de salariés et qui, surtout, paye ses stars, ses agents et les sociétés de marketing et de placement de marques.

Je disais que Ça avait trouvé son public en réponse aux désillusions d’un été morose. C’est en partie vrai. Mais seulement en partie car distribuer un film d’horreur de 35M$ sur 4103 écrans c’est reproduire la politique monopolistique des blockbusters. Le problème n’est donc pas uniquement lié au budget puisque la notion de distribution et donc de diversité de l’offre reste la pierre angulaire de la survie des films en salles. Si Ça est un film de studio au budget restreint, sa promesse de franchise (la suite a déjà été annoncée avant, qui sait, d’autres projets autour du clown Grippe-Sou) procède des mêmes stratégies que la plupart des gros films distribués par les grands studios Hollywoodiens.

Est-ce donc l’arbre qui cache la forêt ? Oui, si l’on tient compte de cette emprise sur une offre qui n’arrive plus à exister au-delà d’un type de cinéma ultra calibré et de plus en plus mondialiste. Outre le marché US, il faut aujourd’hui plaire au reste du monde quitte à rentabiliser un film en dehors de son pays d’origine. Le cinéma transfrontière devient le nouvel Eldorado des studios de moins en moins préoccupés par la qualité voire l’originalité des films produits. Le cas de la nouvelle saga Star Wars est, de ce point de vue, édifiant. Il ne faut rien proposer qui ne sorte d’un cahier des charges niant toute légitimité au cinéma de divertissement de qualité.

Mais alors, quelle place de diffusion reste-il aux films indépendants ou d’auteur une fois que sont passés les blockbusters ou les films de moindre coût mais issus du même ADN ? Peu ou pas de place du tout. Et c’est bien le drame du cinéma qui doit rester avant tout une expérience en salle et non un service à la commande devant son home cinéma.

Geoffroy Blondeau

Comme des bêtes : et de trois!!!

Comme des bêtes : et de trois!!!

Comme-des-bêtes

Après Zootopie en début d’année et Le Monde de Dory plus récemment, voilà qu’un film d’animation vient à nouveau de réaliser un gros démarrage au box-office américain (je mets volontairement de côté Le Livre de la jungle de Jon Favreau). Avec 104M$ pour son premier week-end d’exploitation, le dernier long-métrage de Chris Renaud (Moi, moche et méchant 1 & 2) réalise le 6ème meilleur démarrage pour un film d’animation.

Brand Illumination, rattaché au studio Universal, est en passe de devenir plus lucratif que Dreamworks au point de concurrencer systématiquement la machine de guerre Disney/Pixar. Mise à part Hop !, mixte de prises réelles et de personnages animées à la sauce Alvin (2011), les quatre réalisations d’Illumination ont dépassé à chaque fois les 200 millions de dollars aux Etats-Unis.

Avec un tel démarrage, Comme des bêtes va sans doute faire beaucoup mieux pour terminer sa course entre 300-350M$. Dernier point qui a son importance. Les films produits par Universal ne dépassent jamais les 75M$, là où des films comme Zootopie ou Le Monde de Dory ont couté beaucoup plus cher (150M$ pour le premier et 200M$ pour le second). En effet, en termes de rentabilité, ces films sont pour ainsi dire imbattables…

De Nemo à Dory, une histoire de filiation…

Parlons, justement, du Monde de Dory. Avec 425M$, le film n’est plus qu’à quelques encablures du score, hors inflation, de Shrek 2, recordman US depuis 2004 pour un film d’animation. Il est donc certain qu’il fera mieux pour un final affolant compris entre 450M$ et 500M$. Ce succès, tout simplement incroyable, tient par la grâce d’une proposition narrative futée faisant du personnage secondaire du Monde de Nemo (Dory) le personnage principal et inversement (Marlin, le papa de Némo, devient donc le personnage secondaire). L’effet d’inversion fonctionne à bloc autour d’une histoire ou on reprend les mêmes pour valider, en quelque sorte, la raison même d’un périple marin haut en couleurs et en aventures.

Le film, sans être révolutionnaire, se délivre au détour d’un scénario plus introspectif que motivé par l’urgence de partir à la recherche de son enfant disparu malgré les dangers. L’immensité d’une mer infinie est au service du chemin à accomplir. Mais le périple change d’optique. Les différentes étapes à surmonter ne sont plus, en définitives, que les épreuves intimes d’un être à qui il manque une partie de soi. La recherche, beaucoup plus enclavée dans sa dimension géographique, peine à développer le même engouement dramatique que pour Némo.

En effet, les troubles de Dory déclencheurs de sa quête pour retrouver un lien filial brisé, ne peut tenir la comparaison face à un père héroïque mais imparfait lancé à toutes nageoires dans une course folle qui tient lieu de survie. Le canevas reste le même. Seul change la perspective d’une motivation. Malgré d’indéniables qualités, Le monde de Dory demeure plus faible dans sa capacité à lier le geste premier au moteur d’une action en forme de péripéties (retrouver Némo pour Marlin, retrouver ses parents disparus pour Dory).

Pixar garde néanmoins son âme dans ses promesses. Celles de formuler une histoire au-delà de sa dimension purement récréative et ludique.

Pour finir, je tenais à rappeler que Indépendance Day : Resurgence s’est planté. Au même titre que la suite des Tortues Ninja, la suite d’Alice au pays des merveilles ou Divergente 3. Les 100 millions seront atteints, certes, mais pour une suite dont le premier opus avait franchi les 300M$ en 1996, ça ressemble quand même à une belle pantalonnade.

Geoffroy Blondeau

Alice se gamelle, X-Men ne décolle pas…

Alice se gamelle, X-Men ne décolle pas…

Alice autre cote miroirLa séquelle de Disney, bien dispensable il est vrai, s’est pris une gamelle. Et une belle. Comme quoi tout arrive à l’image cette méga-production de l’écurie Disney qui ne performe pas aux States. Cela n’est pas pour me déplaire tant l’ultra domination des longs-métrages de la firme aux grandes oreilles vire à la position monopolistique financière.

Avec 26 millions de dollars pour son week-end d’ouverture, le dernier film de Johnny Depp risque de rencontrer de grosses difficultés pour aller taquiner les 100 millions de dollars. Il faudra attendre les résultats à l’international pour dire si le film perdra réellement de l’argent. Il s’agit, au passage, d’un énième échec pour l’acteur depuis le quatrième épisode de la franchise des Pirates.

Pour comprendre cette déception, nul besoin de se tourner vers le nouvel opus des X-Men. En effet, celui-ci, sans se vautrer au box-office, ne réalise pas non plus un grand démarrage. 65 millions en trois jours et 79M$ en 4. Pas de quoi défriser le box-office, même si cela reste honnête. Mais, comparé aux trois autres sorties super-héroïques de l’année, le dernier Bryan Singer ne fait pas le poids. Si la qualité n’est pas, a priori, au-rendez-vous, le film n’a surtout pas réussi à surfer sur le capital sympathie de l’opus précédent pour boxer le box-office.

Les 200 millions de dollars ne seront pas atteints. Les 180M$ tout au plus. Ce qui relativise le soi-disant plantage de Batman V Superman (330M$). Comme à son habitude, l’international fera le reste pour des « produits » filmiques de plus en plus universalisés.

Captain America : Civil War se rapproche des 400M$. Déjà ! Si la chute s’avère assez nette, le succès est là pour un final juste au-dessus d’Iron Man 3. Que dire de plus si l’on pense à son milliard doré…

Quant à Sony, le studio se démène comme il le peut avec son adaptation d’une application smartphone. Angry Birds, le film ira au-delà des 100 millions de dollars mais pas beaucoup plus. Aucune importance puisque le film sera rentable et sans doute décliné en suites approximatives et bien inutiles.X-Men-Apocalypse-launch-quad-poster-1200x903Faisons un peu de prospective…

Ce week-end sort la suite (encore une) des Tortues Ninjas. Fort du succès du premier épisode et de l’insuccès des deux films cités plus haut, l’espoir est de mise. La baisse sera au rendez-vous mais pourrait être plus mesurée que cela.  Je table donc sur un démarrage aux alentours des 35-40 millions de dollars pour un final proche des 120 M$.

X-Men Apocalypse va chuter. Et lourdement. -60 à 65% pour un week-end entre 23 et 26M$ ; cumul à 118-120M$.

Pour Alice de l’autre côté du miroir pas de miracle. -50% à 13M$ pour un tout petit cumul de 53-54 millions de dollars lorsque le Livre de la jungle s’approche des 350 millions de dollars.

Geoffroy Blondeau

Chute record pour Batman v Superman…

Chute record pour Batman v Superman…

batman-v-superman-l-aube-de-la-justiceJ’ai préféré attendre le second week-end pour en avoir le cœur net. En effet, et sans l’avoir vu, tout concordait pour que Batman v Superman se gamelle dès son second passage dans les salles obscures américaines. Sans concurrence, le film de Snyder ne séduit pas et, passé la frénésie des fans comme celle des plus curieux, point de réserve pour ce choc au sommet.

La conséquence est sans appel. Une chute de 68% pour passer de 166M$ à 52M$. Le cumul, déjà très respectable, est de 261M$ estimés. Les 300 seront atteints. Mais c’est un minimum lorsque l’on réunit les deux figures emblématiques de l’univers DC! Avec le cumul des scores à l’international, le film devrait terminer sa course entre 900 et 950 millions de dollars. Sa chute rapide partout dans le monde risque, en effet, de compromettre son accession au milliard de dollar. Assurément décevant même si rien n’est encore joué.

Non, l’humiliation, la seule qui vaille, vient de Deadpool. Avec un week-end à 3,5M$, le long-métrage estampillé Marvel accroche un remarquable 355 millions de dollars. Chiffre que ne fera donc pas Batman V Superman. Cet affront ne risque pas de disparaître de sitôt puisque les dernières projections des sites spécialisés prédisent au troisième opus de Captain America un véritable carton. Les 400 millions sont envisagés avec confiance, bien aidé en cela par l’arrivée d’un certain Iron-Man à l’affiche.

Un dernier mot pour mentionner l’incroyable longévité de Zootopie. Le film ne cesse d’étonner et, sans concurrence véritable, il peut envisager d’aller dépasser les 300 millions de dollars. Depuis Volt (2009), le studio ne connaît plus l’échec dans ses productions animées.

Au 4 avril 2016 :

Batman v Superman : 261M$ pour un final à 340M$

Deadpool : 355M$ pour un final à 362M$

Zootopie : 275M$ pour un final à 325M$

Geoffroy Blondeau

Rattrapage. Saint Amour: Le verre à moitié vide…

Rattrapage. Saint Amour: Le verre à moitié vide…

saintamourQue dire du dernier film du couple « grolandais » Benoît Delépine et Gustave Kerven ? Qu’il est parfois drôle, souvent impertinent pour ne pas dire outrancier, sociologiquement faible, par moment poétique, doux, vraiment barré, sans aucun doute bâclé ou encore je-m’en-foutiste…Oui, Saint Amour, sans trait d’union, c’est tout ça à la fois dans un essai qui traîne sa relation filiale sur fond de road-movie pittoresque bien en peine pour trouver son rythme de croisière ainsi que sa finalité intrinsèque.

Si le vin coule dans une frénésie Rabelaisienne niant au dit breuvage tout aspect qualitatif, celui-ci sert de ligne de fuite à un pauvre gars orphelin d’amour de plus en plus écœuré par le métier ingrat d’agriculteur laitier (joué par l’excellent mais ici excessif Benoît Poelvoorde). Alors pour éviter le clash de trop, son père (Depardieu en mode peinard mais touchant) décide, en plein salon de l’agriculture, de partir avec ce fils « borderline » sur la route des vins. La vraie. À bord d’un taxi qui, n’ayant rien de mieux à faire, accepte de les véhiculer dans leur délire d’âmes en peine.

Si les deux cinéastes restent fidèles à eux-mêmes en cassant les codes dans leur façon très rock’n’roll de confronter personnages et environnement, le périple vinicole sonne en creux par éparpillement des sentiments au gré de rencontres pour la plupart féminine (mention spéciale à Céline Sallette et Charia Mastroianni). Leur pérégrination territoriale qui tangue d’un côté vers le pathétique et de l’autre vers le foutage de gueule essaie, en vain, de rendre compte d’un état, d’une solitude, d’une détresse ou d’une envie via un décalage caustique parfois proche du mauvais goût.

Ainsi les parties, sortent de sketchs inégaux dans leur fonction drolatique, sont supérieures au long-métrage lui-même qui tient plus de l’irrévérence que du mélodramatique. D’où le sentiment d’assister à spectacle ultraléger, presque facile même si percutant sur quelques saillies alcoolisées. Or, et sans tomber dans le rose bonbon acidulé, il y avait de la place pour développer une aspiration émancipatrice représentative d’une époque en perte de repères comme en manque de projection vers l’avenir.

Oublions la thématique de la paysannerie puisqu’elle n’est que très partiellement soulevée alors même qu’elle glisse dangereusement du côté de « l’Amour est dans le pré » …

Non, ce qui intéresse nos deux acolytes de mise en scène navigue dans le creux d’une odyssée de la dernière chance, parcours nécessaire afin de retrouver les vraies valeurs de la vie. Si l’authenticité parle, elle le fait de façon biaisée puisqu’elle ne se trouve jamais authentifiée. Ce paradoxe nous offre quelques bons moments de rigolade potache qui, pour cause de vacuité narrative, se transforme en une comédie franchouillarde qui a du mal à humaniser ses protagonistes. Ici, la chair est triste. Les gueules cassées aussi.

La conclusion façon « Blier » ne sauve pas le film de son erreur fondamentale : Essayer de comprendre le mal être d’une partie de nos concitoyens par le biais d’un décalage caustique mais non dénué d’amour, de compréhension et d’affection.

Geoffroy Blondeau

Note: 2/5

Saint Amour. Un film de Benoît Delépine et Gustave Kerven. En salles depuis le 2 mars 2016.

Rattrapage. The Revenant : Voyage entre les morts…

Rattrapage. The Revenant : Voyage entre les morts…

revenant-1280a-1449188082920The Revenant, exercice de style plus proche du survival que du western, n’est qu’un seul et même geste filmique étiré jusqu’à l’overdose afin de claquemurer le spectateur ébloui par tant de virtuosité vaniteuse. C’est parfois fascinant, organique, tendu, nerveux, éprouvant. C’est également pompeux, démonstratif, terne, linéaire, attendu.

Le dernier Iňarritu est une litanie de la souffrance, une genèse de la sauvagerie humaine, un condensé de l’indistinct d’une nature primitive, étalée, immense, froide et implacable. Le geste, je le répète, n’est pas interrogatif. Ni scrutateur. Il s’évertue à porter une star au-delà de son jeu pour concrétiser une destinée. Double, elle demeure autant fictionnelle que réelle. Car ici, la fiction à valeur de vérité. Au détriment de l’émotion comme d’un besoin de compassion pour un être qui revient d’entre les morts.

Dès lors la souffrance de Glass sera celle de DiCaprio. Et inversement. Abruptement. Sans différenciation, ni portée symbolique. Le filtre utilisé pour faire passer la pilule est axé sur l’idée de « performance ». Rien de plus. Dans un étalage priapique où le tour de force est érigé en principe. Mais réussir à tenir 2h30 en ne racontant presque rien d’autre que cette histoire de vengeance tient de l’exploit. Si Iňarritu confirme sa grande maîtrise technique (le film, quoi qu’en dise ses détracteurs, est visuellement bluffant), il valide également son parti-pris narratif dénué de toute réflexion philosophique. Le film, virtuose mais insipide, est aussi froid que les neiges arpentées par Glass malgré quelques scènes percutantes comme l’attaque d’un grizzli furibond.

Car aucune thématique, fut-elle légitime, ne peut survivre à la cannibalisation d’un rôle à l’abstraction totale sur une intrigue incapable, en définitive, d’interagir avec le cours des événements. L’histoire d’un homme aveuglé par sa soif de vengeance se développe au détriment de celle des « hommes », ce qui amenuise la portée historique, sociale ou politique de cette période. On le voit, Iňarritu s’en moque car tel n’est pas le propos d’un film qui aurait pu tout aussi bien se passer dans le désert de Mongolie ou en pleine forêt d’Amazonie. Si bien que le cinéaste mexicain se trouve obligé de nous servir une imagerie de pacotille, rêverie suspendue d’un bonheur lointain avec femme et enfant.

the-revenant-photo-560aa03ad546cLe monde décrit semble alors attendre la fureur d’un homme qui ne peut échouer dans sa quête, lui le fantôme de la nuit prêt à abattre la vengeance divine sur le trappeur John Fitzgerald (Tom Hardy). Chaque séquence est une épreuve, un parcours immuable creusant, étape après étape, les sillons de la sauvagerie humaine. Nature et culture sont noyées dans cette nécessité d’atteindre un horizon a priori inatteignable. Elle donnera la raison vitale d’un homme mort cent fois. Elle donnera la justification cinématographique d’un film-somme gargantuesque obnubilé par sa propre grandeur. Le cheminement se veut tendu, sensible, organique, primaire. Il va s’embourber dans une linéarité niant toute tragédie d’un possible renoncement.

Ainsi l’acteur se rend capable de tout pour ressembler au plus près – vrai – du rôle qu’il incarne (il n’hésite pas à manger du poisson cru, du bison cru, dort dans les entrailles d’un cheval mort, traverse des fleuves gelés…). S’il lui manque assurément une part d’ambiguïté capable d’humaniser sa longue agonie, il est tout à fait raccord avec l’esprit du film dans sa volonté inaltérable d’aller jusqu’au bout de lui-même et du rôle qui s’y raccroche. Il habite le personnage. Refuse toute nuance, performe comme jamais. L’oscar ne pouvait lui échapper. Légitime pour l’ensemble de son œuvre, celui-ci sonne en creux comme ce long-métrage techniquement parfait mais dénué de tout affect.

Geoffroy Blondeau

Note : 2/5

TheReveant. Un film de Alejandro González Iñárritu. En salles depuis le 24 février 2016.

Durée. 2h36

Box-office USA 2016 : Super-Héros Vs Animation…

Box-office USA 2016 : Super-Héros Vs Animation…

Alors que DiCaprio prolonge son triomphe personnel post-oscars dans les salles avec son Revenant (encore 3 millions de dollars pour un cumul à 176M$), l’année 2016 affiche la couleur dans ce qui semble être un mano à mano entre deux types de production très prisés Outre-Atlantique : Le film de super-héros et celui d’animation.

Les hostilités ont déjà commencé avec la victoire écrasante de Deadpool sur Kung Fu Panda 3. Le premier a atomisé un panda bien en peine et qui devra son salut par les seules voix des spectateurs du reste du monde. Le film de Dreamworks patine et son final compris entre 138M$ et 142M$ sera en deçà du score chinois, marché où le personnage aura su s’implanter au fil des épisodes.

Pour Deadpool la trajectoire est inversée. Le film, pourtant jugé moyen, emporte les foules – 311 millions de dollars en 4 week-end. Il fera les 350M$. C’est énorme et un peu fou quand on y pense mais le ton, comme son approche décalée bien dans l’air du temps, ont su capter un public jeune, frondeur, en demande d’irrévérence (alors que le film ne l’est pas !!).

Enfin parlons de Zootopie. Le nouveau Disney sort ce week-end et les premières estimations sont remarquables avec 73M$ en trois jours. Soit le 4ème meilleur démarrage pour un film sorti au mois de mars. Les 200 millions sont presque assurés. Disney, depuis Raiponce, a retrouvé, sous l’impulsion de Lasseter, une dynamique de succès.

Et la suite dans tout cela ? Elle s’annonce très bankable à défaut d’être palpitante…

(Liste non exhaustive des films 2016 dans ces deux catégories)

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4 mars

1) Zootopie – animation Disney

220-250M$

 25 mars

2) Batman contre Superman : L’aube de la justice – super-héros DC/Warner

420-450M$

6 mai

3) Captain America : Civil War – super-héros Marvel/Disney

380-420M$

 20 mai

4) The Angry Birds movie – animation Sony

110-130M$

27 mai

5) X-Men Apocalypse – super-héros Marvel/Fox

250-280M$

3 juin

6) Teenage mutant Ninja Turtle 2 – super-héros/Paramount

130-150M$

17 juin

7) Le monde de Dory – animation/Disney

320-350M$

8 juillet

8) The secret life of Pets – animation/Universal

180-200M$

22 juillet

9) L’âge de glace 5 – animation/Fox

120-150M$

5 août

10) Suicide Squad – super-héros DC/Warner Bros

180-200M$

12 août

11) Sausage Party – animation/Sony

80-100M$

23 septembre

12) Storks – animation/Warner Bros

60-80M$

4 novembre

13) Docteur Strange – super-héros Marvel/Disney

160-180M$

14) Trolls – animation Dreamworks/Fox

140-170M$

23 novembre

15) Moana – animation/Disney

180-220M$

28 décembre

16) Sing – animation/Universal

120-150M$

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Geoffroy Blondeau