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Auteur : Geoffroy Blondeau

Les Derniers Jedi n’a pas raté son lancement…

Les Derniers Jedi n’a pas raté son lancement…

les derniers jedi5Ainsi fut pronostiqué, ainsi fut réalisé.

Et oui, Les Derniers Jedi a cassé la baraque pour imposer sa marque au box-office avec 220 millions de dollars au compteur en trois jours. C’est franchement ahurissant! Certes, c’est moins bien que Le Réveil de la force (248M$), mais le compte y est. Sauf à craindre une attaque nucléaire, le film de Rian Johnson sera premier de l’année. Avec un résultat sans doute au-dessus de mon pronostic initial, aux alentours des 750-800M$ aux USA. Son score à l’international est, lui aussi, tout à fait remarquable. 230M$, hors Chine (sortie prévue le 5 janvier 2018), c’est 100 millions de mieux que Rogue One qui avait fini son parcours à 520 millions de dollars.

Il est difficile d’exister face à un tel phénomène. Ferdinand, le nouveau film d’animation des studios Blue Sky, vient d’en faire les frais avec un démarrage moribond à 13M$. C’est mince. Même si le début des vacances scolaires vont l’aider à décoller véritablement. Mais tout de même, le score de Sing ne sera pas réédité, lui qui avait démarré à 35M$ (55M$ en 5 jours) pour un final à 270M$. Les 100 millions de dollars restent atteignables, mais pas beaucoup plus. Une déception, donc.

Cet énième échec fait le jeu du dernier Pixar, Coco. Avec près de 10 millions de dollars supplémentaires les 150M$ viennent d’être dépasser. Un tel score n’est pas fabuleux mais devrait permettre au film de dépasser les 200M$. Il fera sans doute moins bien que les 248M$ de Moana l’année dernière à la même époque. Par contre le film fonctionne plutôt bien à l’international avec, déjà, 300M$ alors qu’il n’est pas sorti en Angleterre, au Japon, en Australie, en Italie ou encore en Corée du Sud.

Je tiens également à signaler que Daddy Home 2 avec Mark Whalberg et Will Ferrell et Le Crime de l’Orient-Express de Kenneth Branagh vont dépasser le week-end prochain les 100 millions de dollars aux USA.

Dès aujourd’hui sortent deux films aux Etats-Unis susceptibles de bien fonctionner en cette période de fêtes. Le remake de Jumanji avec Dwayne Johnson et The Greatest Showman avec Hugh Jackman. S’ils ne feront pas tomber SW8 de son piédéstal, ils peuvent « scorer » de belle manière. Un petit avantage tout de même pour Jumanji qui peut vraiment tirer son épingle du jeu pendant les vacances pour cause de film plus familial.

Geoffroy Blondeau

 

SW8 vainqueur de l’année, Thor 3 carton surprise, The Justice League prend l’eau…

SW8 vainqueur de l’année, Thor 3 carton surprise, The Justice League prend l’eau…

Les derniers jediLe deuxième film de la nouvelle trilogie Star Wars, réalisé par Rian Johnson (Looper), sort aujourd’hui sur les écrans américains. Le faux suspens du plus gros succès de l’année touche à sa fin puisqu’il est évident que Les Derniers Jedi va faire tomber La Belle et la Bête afin de s’adjuger la place de leader incontesté de l’année. Cela fait maintenant trois ans que ce numéro fonctionne et aucun film depuis 2015 n’est arrivé à déboulonner le long métrage estampillé Star Wars (Le Réveil de la force en 2015 ; Rogue One en 2016 et assurément les Derniers Jedi en 2017). Une telle hégémonie fait peur tout comme cette assurance de produire un divertissement calibré au triomphe !

Les pronostics varient peu et s’accordent sur un final compris entre 650 et 700 millions de dollars au minimum. Étant donné l’état de la concurrence, le boulevard s’annonce royal et le succès pharaonique surtout en cette période de fêtes de fin d’année.

Estimations

Démarrage : 210-220M$

Final : 680-720M$

Dernière évidence. Le milliard de dollars dans le monde sera, lui aussi, atteint. Là ou Rogue One avait laisser planer une légère incertitude (son statut de Spin-off, c’est-à-dire de film périphérique à la trame principale des Star Wars, lui avait valu quelques légères déceptions à l’international), je peux affirmer sans crainte que cela ne sera pas le cas pour ce deuxième opus attendu de pied ferme par les nombreux fans du monde entier. Pour autant, je le vois mal réitéré le milliard du Réveil de la force, et un final compris entre 700 et 800 millions de dollars à l’international me semblerait plus cohérent.

En dehors de l’évènement SW, revenons un instant sur le bilan d’un automne sans frénésie mais qui aura vu, malgré tout, le héros au marteau triompher par K.O. En effet, il n’y a pas eu de match. Et Marvel a encore une fois damné le pion à son concurrent direct DC qui misait gros avec son Justice League. La déception, énorme, fut, il est vrai, bien aidé par une production chaotique qui aura vu son réalisateur quitter le plateau de tournage pour des raisons personnelles. The Justice League, sans être un naufrage au box-office, n’arrivera pas à atteindre les 250 M$. Soit une somme dérisoire pour une long-métrage d’une telle envergure proposant de réunir Batman, Superman, Wonder Woman, Flash ou encore Aquaman au sein d’une même aventure filmique. La sortie imminente de SW8 finira d’achever la promesse d’un immense succès qui aurait scellé l’arc narratif des futurs productions DC. Avec cet échec en guise de désaveu, les pontes de la Warner vont devoir revoir leur copie.thor3justice_league

Estimations finales

Thor 3 : 312-315M$

The Justice League : 225-230M$

Coco

Pixar, quant à lui, reprend de belles couleurs. Après un Cars 3 décevant tout juste au-dessus des 150M$, Coco va profiter pleinement des vacances de Noël pour dépasser les 200M$ et se rapprocher du score de Moana (248M$). Si Ferdinand, la nouvelle production de la Fox du studio Blue Sky sort ce week-end, le film n’est plus vraiment un danger pour Disney depuis que le studio s’est offert les actifs de la Fox pour 65 milliards de dollars (dettes comprises). Si l’accord est acté, il faut encore attendre le feu vert des autorités de la concurrence qui pourraient bien bloquer un tel deal synonyme de position monopolistique. Si Coco parvient à franchir les 200M$, il ne sera que le deuxième film d’animation de l’année au-delà de cette marque, contre 5 l’an passé.

Estimations

Coco : 220-225M$

Geoffroy Blondeau

La chute de L’empire Romain : Péplum de la pensée…

La chute de L’empire Romain : Péplum de la pensée…

La_chute_de_empire_romain_2Film de commande d’un cinéma hollywoodien alors en pleine crise, La Chute de l’empire romain (1964), loin de la démesure artistique de son dispendieux producteur Samuel Bronston, est une œuvre magistralement réalisée qui se dote d’une réelle réflexion sur l’ordre en place dans son rapport au pouvoir comme à la corruption. Sans oublier la mise en perspective d’un conflit opposant civilisation et barbarie…

Préoccupé à montrer « la folie du monde, le déclin et la mort de l’esprit », Anthony Mann ne réalise pas un film historique sur le déclin d’une civilisation, mais une tragédie d’inspiration Shakespearienne qui le conduira à opérer un véritable traitement discursif sur l’âme humaine. En s’affranchissant des lourdeurs qu’imposent une telle superproduction, Anthony Mann nous livre un Péplum terrifiant, pessimiste et crépusculaire capable d’entremêler avec intelligence l’effacement d’un Empire tout puissant avec celui d’un âge d’or du cinéma en perte de vitesse.

Le parallèle est en tout point remarquable. Le film assurément d’auteur. Celui-ci devient alors le témoin en cinémascope d’un monde en mutation qui verra la culture du compromis s’imposer. Renaissance d’un genre codifié, le film ose pourtant nous montrer les errements d’une nature humaine complexe en abolissant les sempiternelles caricatures de son époque. Si certaines postures grossières subsistent, Anthony Mann se refuse à toute tentation simplificatrice et préfère insuffler à ses personnages des postures souvent équivoques. La scène où Marc Aurèle se parle à lui-même par le biais d’un dialogue intérieur, nous indique la dualité d’un homme qui doute de son action, au point de devenir son propre esclave, à l’instar de Rome.

Marc Aurèle, à la fois homme de guerre et homme d’esprit, n’arrive pas à déplacer les lignes de fracture des champs de bataille sur celles, plus douloureuses, de la pensée. La confrontation de soi, par les autres, dans un monde structuré par la puissance et la domination, reste l’élément singulier de la démarche du réalisateur. Si les trois personnages masculins semblent être résignés – Marc Aurèle, Commode, Livius –, seule Lucilla restera fidèle à Rome. En n’acceptant pas l’accession au trône de son frère Commode, elle devient la figure romaine d’Antigone. Elle refuse la fatalité, croit au sursaut de l’empire et illustre par ses relations avec son père Marc Aurèle, Livius et son frère Commode, la dimension tragique de la chute de l’empire.

L’importance de la mise en scène dans son découpage narratif est à noter. Usant, dans un sens du cadre remarquablement rythmé, l’horizontalité (panoramique et travelling montrant la puissance guerrière d’un empire conquérant et assimilateur) et la verticalité (élévation de la caméra suggérant la force de la pensée mais également du pouvoir par la domination des constructions humaines sur la nature), Anthony Mann structure son film par l’art de la composition des plans. Heureusement, l’utilisation de dialogues évocateurs en appui à la mise en scène, renforce une direction artistique beaucoup plus ouverte que la plupart des péplums.

La_chute_de_empire_romain_3De fait, sa démonstration de la soumission des peuples par la force (scènes du Sénat, Timonides face aux barbares, comportement d’un Commode mégalomane…) est constamment contrebalancée par le concept de tolérance. Cinémascope (grands espaces) et introspection (profondeur des relations) se marient à la perfection pour faire de cette tragédie une œuvre philosophique à même de questionner l’état d’un monde qui n’arrive plus à se comprendre lui-même. Jouant simultanément sur trois thèmes – civilisation/barbarie, frères ennemis, nature/ordre –, La Chute de l’empire romain ne développe pas les raisons historiques de sa chute, mais interroge les affrontements internes qui secouent toute société dans sa légitimité organisationnelle.

La critique la plus virulente reste celle de la domination du monde selon des critères imposés en vertu d’un système de pensée qui ne tolère aucune entorse. Que cela soit vrai ou pas historiquement n’a guère d’importance pour un film hollywoodien fort divertissant à plus d’un titre. Cependant, comment ne pas y voir une attaque frontale contre l’impérialisme américain (le film sort en 1964, soit un an après l’assassinat de Kennedy et au moment de l’intensification de l’engagement américain au Vietnam).

Le parallèle entre l’idée d’une Rome universelle déclinant sa définition de la civilisation et d’une Amérique jouant à l’apprenti sorcier de la démocratie est fascinant, puisque Mann envisage l’action militaire comme soutien logistique de démocratisation des peuples, très discutable.

Fidèle à son parcours cinématographique à la fois simple et direct, Anthony Mann aborde les thèmes qui ont fait le succès de ses westerns (personnages complexes, idée de tolérance, action de l’homme face à la nature…). Artiste classique qui s’intéresse aux genres et à leurs potentialités, Mann reste un faiseur doué (la course de chars et les scènes de bataille sont irréprochables) et un humaniste sincère qui aura su nous éclairer sur la nature humaine.

Geoffroy Blondeau

 

J’ai enfin vu Logan… et c’est bien!

J’ai enfin vu Logan… et c’est bien!

Logan2jpgLogan est-il vraiment un film de super-héros au sens Marvel du terme ? Si l’on tient compte du traitement apporté par son réalisateur James Mangold, la réponse est non.

Néanmoins, Logan assume son personnage – il serait temps, vu qu’il s’agit du troisième opus sur Wolverine – en nous décrivant avec brio la déréliction du super-héros comme le syndrome d’un monde dans l’obligation de trouver de nouvelles icônes.

Le monde post-apocalyptique tel qu’il est présenté – nous sommes en 2029 – devient l’écrin idéal pour la légitimation d’une violence sourde, inéluctable, presque nécessaire. Dès le commencement, l’hallali résonne. Aucune échappatoire, ni de happy-end irraisonnable. L’approche rassure, confortée par une trame narrative construite comme un écho à rebours d’une mort annoncée. Voilà pourquoi l’ADN Marvel, comme des X-Men, fuite au compte-gouttes, dans cette ordalie autour de son acteur historique, Hugh Jackman. En effet, les deux destins sont liés et la figure héroïque comme seul représentant valable d’un anti-héros au bout du rouleau, vacille pour mieux nous atteindre. En partant de ce postulat, Hugh Jackman n’aura jamais été aussi touchant, aussi juste, aussi Wolverine.

Si l’histoire développée d’un point de vue évènementiel, pour ne pas dire scénaristique, ne séduit pas complètement, le film assume sa trajectoire intimiste afin de mieux redéfinir la singularité d’un personnage à la puissance tragique imparable. Comment, en effet, pourrions-nous nous détourner de ce Logan et valider le recours contestable d’une adversité de pacotille incapable de faire exister Wolverine par effet de contrepoint. De la même façon, il nous paraît dérisoire d’analyser une telle proposition filmique sous l’angle unique de la confrontation où seule la justice des « bons » triompherait.

Les héros ont disparu. De fait, Wolverine semble embrigadé dans sa propre antériorité, elle-même constamment rappelée par un état physique déplorable et à des années lumières du héros sauvage qu’il fut. En assumant cette réalité, James Mangold conditionne la redéfinition de la figure du super-héros dans une brume de nostalgie très cinématographique, à défaut d’être absolument pétaradante. Si nous sentons, çà et là, la tentation de réveiller la fureur originelle du mutant griffu, le réalisateur préfère détourner l’ordre établi pour façonner un drame crépusculaire animé par le jeu des postures.

Dans Logan, tout est organique, physique, ressentie, enduré, douloureux, sacrificiel. La posture prend forme en rébellion du héros attendu – c’est-à-dire pour ce qu’il est dans sa caractérisation propre – afin qu’il devienne autre chose. Cet autre chose, ici dans Logan, penche invariablement vers cette mythologie mémorielle qui aurait, en toute logique, l’aspect de la figure archétypale du vieux cowboy solitaire des westerns post âge d’or Hollywoodien. D’ailleurs, vous ne trouverez aucune référence aux comics (c’est même le contraire) mais bien envers cet anti-héros ambivalent que l’interprétation très « Eastwoodienne » de Jackman renforce encore un peu plus.

WolverinePar ce choix plutôt osé dans la production actuelle de blockbusters aussi insipides, qu’inoffensifs, le metteur en scène n’essaye pas de réactualiser un Wolverine qui se laisse de toute évidence dévorer par sa propre légende. Et c’est là où réside la grande force d’un film testament ne cédant jamais vers la caricature facile d’un Logan de moins en moins Wolverine. La scène, fort réussie, où des enfants mutants s’amusent à redonner à Logan son « look » d’antan pour que celui-ci corresponde au vrai Wolverine – celui des comics –, ne dit pas autre chose.

Oui, Logan se meurt durant tout le film. Oui, il accomplira une dernière fois son devoir. Mais, au bout du compte, le temps aura fait son affaire comme il aura assuré la décrépitude d’un monde orphelin d’espérance. Touché dans sa chair par sa propre mutation, Logan erre comme une âme en peine en demande de rédemption. La mort du Professeur Xavier, concomitant avec le sort des enfants mutants, lui donnera l’occasion de choisir sa fin et d’offrir un semblant de liberté dans un monde où le temps est compté.

J’ai parlé plus haut de drame crépusculaire. En effet, Logan n’existe que pour cette raison en se faisant le représentant d’un monde déchu, d’une époque révolue, d’une croyance tarie. Mais le mythe lui, toujours, demeure, comme une empreinte indélébile d’un anti-héros ultra charismatique en phase avec la lecture populaire et sociologique des Comics.

Avec Logan, James Mangold ne cherche pas à réinventer un Wolverine 2.0 ou à relancer la franchise en accommodant la psychologie du personnage vers une forme de modernité de façade. Il laissera cela à d’autre, dès que le studio sera préoccupé à rebooter la franchise.

Le réalisateur préfère, et de loin, questionner la figure classique du super-héros dans sa dimension morale faisant de ce type de pouvoir, plus une malédiction qu’un don du ciel. La question de l’aberration d’une mutation se déplace pour aller questionner celle, plus éthique, de la légitimité de prodiguer le bien en commettant des meurtres.

Si les héros disparaissent un jour, ils ne meurent vraiment jamais.

Geoffroy Blondeau

 

Barbara : Double jeu…

Barbara : Double jeu…

BarbaraÀ n’en pas douter, Amalric aime Barbara. Non en raison du film qu’il lui consacre, mais par la façon dont celui-ci a construit son portrait. En effet, cet anti biopic excelle à revendiquer l’ineffable d’une artiste suffisamment mystérieuse pour ne pas être faussement recopiée dans l’illustration de tranches de vie imposées.

L’objectif de Barbara s’extirpe alors des sentiers battus pour se hisser au-delà de l’admiration béate proche du mauvais panégyrique. Amalric préfère nous embarquer dans un quotidien essentialisé afin d’en saisir les nuances par fragmentation, le temps du réel reconstitué n’ayant de cesse de chercher la figure de l’artiste. Le tâtonnement prend forme dans l’évocation et non dans le luxe d’un mimétisme froid.  De fait, le regard domine, comme les silences, pour narrer par le jeu qui se cherche une artiste qui se doit d’être fascinante, complexe, sensuelle, imprévisible. Ce kaléidoscope est rythmé par une narration volute portée idéalement par une actrice à qui l’on demande pour les besoins d’un film de se fondre dans le personnage (Barbara est jouée par Brigitte, elle-même interprétée par la fabuleuse Jeanne Balibar).

C’est par ce biais scénaristique que l’intime se dévoile. Il est bien sûr celui d’Amalric – celui-ci interprète le réalisateur du film, à la fois réservé, admiratif, obsessionnel – qui pousse le procédé au point de nous confondre totalement dans la stupeur de nombreuses séquences où l’on ne sait plus très bien qui est qui. Ici la reconstitution s’imbrique au réel pour créer l’illusion parfaite dans cette quête poétique proche des âmes. Labyrinthe féminin, Barbara est un long-métrage allusif parsemés d’attitudes non retenues, de désirs consommés, de colères sèches, de solitudes à peine feintes, de rires spontanés, de spleens créatifs.

Le film dans le film n’est pas un mauvais prétexte à l’évitement ; encore moins un caprice de stylisation exacerbé par manque d’inspiration. Au contraire, il s’agit de nous livrer par cet essai libre de toute contrainte chronologique, l’essence même de l’artiste Barbara dans sa mise en représentation. Si le fantasme est là, gourmand mais discret, la construction de l’être « portraitisé » s’intellectualise à mesure qu’il tourbillonne.

L’intromission atteint une forme de paroxysme cinématographique lorsque des images d’archives de la vraie Barbara se superposent avec celles du film. La sensation est étrange, aussi belle que  factice, au point que l’on ne sait plus trop quoi penser de cette imbrication Barbara-Balibar proche de la métempsychose. Si l’effet est osé, voir stupéfiant, il mérite des louanges puisqu’il use et abuse du discours d’un cinéaste qui préfère proposer un chemin, même sinueux, plutôt qu’une destination.

Sans la connaître, nous avons l’impression de côtoyer Barbara depuis longtemps, de la découvrir aussi, de l’aimer sans doute et de s’autoriser, enfin, à l’observer par la grâce d’un projet de cinéma ambitieux dont le charme presque désuet nous envoûte pour ce qu’il est : une déclaration d’amour !

Geoffroy Blondeau

Barbara. Un film de Mathieu Amalric. Actuellement en salles.

 

Ça terrorise l’Amérique…

Ça terrorise l’Amérique…

Ca

L’été 2017 fut morose. Presque catastrophique. En tout cas décevant. Fort de ce constat, le salut des grands studios n’est pas venu d’un énième blockbuster ultra marketé, mais d’un film horrifique à 35M$. Certes, le personnage du dit film n’est pas inconnu du grand public et n’a pas été laissé à l’abandon par son/ses studio(s) à l’œuvre lors d’une campagne promotionnelle intelligente et surfant sur le vide programmatique de la fin août (Warner Bros., New Line).

Ça, adapté du roman de Stephen King (il ne s’agit donc pas d’un remake mais bien d’une nouvelle adaptation), avait la voie libre pour cartonner lors de son week-end d’ouverture du 8-9 septembre 2017. En effet, après la déconfiture d’un été déceptif au box-office US, le week-end du Labor Day, qui sonne la fin de la récréation estivale (2-4 septembre), fut le pire depuis 17 ans. Et, bien évidemment, cela n’a pas raté ! Le film d’Andres Muschietti a pris les commandes pour signer un démarrage historique pour un film rated-R (interdit aux moins de 17 ans non accompagnés) sorti au mois de septembre.

Avec 123 millions de dollars Ça enterre le précédent record du meilleur premier week-end pour un film d’horreur (Paranormal Activity 3 avait réalisé 52 millions de dollars en 2011) et se rapproche du recordman de la catégorie (Deadpool et ses 132M$).

Les 200 millions de dollars sur le sol US seront une évidence, les 250M$ une quasi-certitude et les 300M$ envisageables. Les critiques, plutôt bonnes, le buzz sur la toile et les réseaux sociaux, la pénurie de bons films et l’emprise populaire d’un personnage issu de la littérature de genre, ont cristallisé l’attention autour d’un « produit » consommable pour l’effroi qu’il est censé assurer lors de la projection. Sans parler de raz-de-marée, il s’agit à coup sûr d’un énorme succès venant, en quelque sorte, valider la puissance d’attraction d’un cinéma de genre de plus en plus vaillant au box-office.

Après Guet Out (175M$), Split (138M$) et Annabelle 2 (97M$ et toujours en exploitation), Ça bouleverse l’ordre des choses pour ressusciter l’engouement d’un public venu en masse confronter ses propres peurs devant un divertissement horrifique surnaturel déclinant la figure protéiforme du monstre.

S’il est inutile de revenir sur les nombreux échecs estivaux (Transformers 5, La Momie version Cruise, Alien : Covenant, Baywatch-Alerte à Malibu, La Tour Sombre, Valerian, King Arthur) et autres amères déceptions (Pirates des Caraïbes 5, Cars 3, La planète des Singes), je voulais juste signaler l’impensable succès du troisième et très médiocre épisode de Moi, moche et méchant. En effet, le film a dépassé le milliard de dollars dans le monde.

Même malade, la bête ne meurt pas. Et il ne faudrait pas croire qu’elle se laissera crever comme ça. Lorsque l’on assiste, hébété, aux incroyables cartons des Jurassic World, Avengers et autres Star Wars, on se dit que l’industrie Hollywoodienne n’est pas encore sur le point d’imploser.

En 2013, Steven Spielberg et Georges Lucas avaient prédit, en suivant l’avis de certains cabinets d’analyse financière, l’effondrement des superproductions au budget indécent. Or et pour des raisons de mise en production parfois très longue, le changement de « paradigme » voulu par Spielberg n’a pas encore été enclanché ou, pour être plus précis, n’a pas encore influé sur le mode de production des best-sellers hollywoodiens. Et cela malgré le succès à répétition de petits films au budget parfois rachitique.

Car, il ne faut pas en douter, les véritables bénéfices se font sur ces « petits films » et non sur les blockbusters à 200 millions de dollars. Mais rien n’y fait et il semble compliquer de modifier une économie qui embauche des milliers de salariés et qui, surtout, paye ses stars, les agents des stars, les sociétés de marketing et de placement des marques.

Je disais que Ça avait trouvé son public en réponse aux désillusions d’un été morose. C’est en partie vrai. Mais seulement en partie car distribuer un film d’horreur de 35M$ sur 4103 écrans c’est reproduire la politique monopolistique des blockbusters. Nous le voyons bien, le problème n’est pas uniquement lié au budget des films mais nous questionne sur la notion de distribution des films en salle et de la diversité de l’offre. Si Ça est un film de studio au budget restreint, sa promesse de franchise (la suite a déjà été annoncée avec, qui sait, d’autres projets autour du clown Grippe-Sou) procède des mêmes stratégies que la plupart des gros films distribués par les grands studios Hollywoodiens.

Est-ce donc l’arbre qui cache la forêt ? Oui, si l’on tient compte de cette emprise sur une offre qui n’arrive plus à exister au-delà d’un type de cinéma ultra calibré et de plus en plus mondialiste. Outre le marché US, il faut aujourd’hui plaire au reste du monde quitte à rentabiliser un film en dehors de son pays d’origine.

Ainsi, le cinéma transfrontière devient le nouvel Eldorado des studios de moins en moins préoccupés par la qualité voire l’originalité des films produits. Le cas de la nouvelle saga Star Wars est, ce point de vue, édifiant. Il ne faut rien proposer qui ne sorte d’un cahier des charges niant toute légitimité émancipatrice du cinéma dit de divertissement.

Mais alors, quelle place de diffusion reste-il aux films indépendants une fois que sont passés les blockbusters et les films de moindre coût mais issus du même ADN ? Peu ou pas de place du tout. Et c’est le drame du cinéma actuel qui, s’il demeure encore diversifié dans ses propositions artistiques et thématiques, ne l’est de toute évidence pas assez lors de sa diffusion en salle.

Geoffroy Blondeau

Comme des bêtes : et de trois!!!

Comme des bêtes : et de trois!!!

Comme-des-bêtes

Après Zootopie en début d’année et Le Monde de Dory plus récemment, voilà qu’un film d’animation vient à nouveau de réaliser un gros démarrage au box-office américain (je mets volontairement de côté Le Livre de la jungle de Jon Favreau). Avec 104M$ pour son premier week-end d’exploitation, le dernier long-métrage de Chris Renaud (Moi, moche et méchant 1 & 2) réalise le 6ème meilleur démarrage pour un film d’animation.

Brand Illumination, rattaché au studio Universal, est en passe de devenir plus lucratif que Dreamworks au point de concurrencer systématiquement la machine de guerre Disney/Pixar. Mise à part Hop !, mixte de prises réelles et de personnages animées à la sauce Alvin (2011), les quatre réalisations d’Illumination ont dépassé à chaque fois les 200 millions de dollars aux Etats-Unis.

Avec un tel démarrage, Comme des bêtes va sans doute faire beaucoup mieux pour terminer sa course entre 300-350M$. Dernier point qui a son importance. Les films produits par Universal ne dépassent jamais les 75M$, là où des films comme Zootopie ou Le Monde de Dory ont couté beaucoup plus cher (150M$ pour le premier et 200M$ pour le second). En effet, en termes de rentabilité, ces films sont pour ainsi dire imbattables…

De Nemo à Dory, une histoire de filiation…

Parlons, justement, du Monde de Dory. Avec 425M$, le film n’est plus qu’à quelques encablures du score, hors inflation, de Shrek 2, recordman US depuis 2004 pour un film d’animation. Il est donc certain qu’il fera mieux pour un final affolant compris entre 450M$ et 500M$. Ce succès, tout simplement incroyable, tient par la grâce d’une proposition narrative futée faisant du personnage secondaire du Monde de Nemo (Dory) le personnage principal et inversement (Marlin, le papa de Némo, devient donc le personnage secondaire). L’effet d’inversion fonctionne à bloc autour d’une histoire ou on reprend les mêmes pour valider, en quelque sorte, la raison même d’un périple marin haut en couleurs et en aventures.

Le film, sans être révolutionnaire, se délivre au détour d’un scénario plus introspectif que motivé par l’urgence de partir à la recherche de son enfant disparu malgré les dangers. L’immensité d’une mer infinie est au service du chemin à accomplir. Mais le périple change d’optique. Les différentes étapes à surmonter ne sont plus, en définitives, que les épreuves intimes d’un être à qui il manque une partie de soi. La recherche, beaucoup plus enclavée dans sa dimension géographique, peine à développer le même engouement dramatique que pour Némo.

En effet, les troubles de Dory déclencheurs de sa quête pour retrouver un lien filial brisé, ne peut tenir la comparaison face à un père héroïque mais imparfait lancé à toutes nageoires dans une course folle qui tient lieu de survie. Le canevas reste le même. Seul change la perspective d’une motivation. Malgré d’indéniables qualités, Le monde de Dory demeure plus faible dans sa capacité à lier le geste premier au moteur d’une action en forme de péripéties (retrouver Némo pour Marlin, retrouver ses parents disparus pour Dory).

Pixar garde néanmoins son âme dans ses promesses. Celles de formuler une histoire au-delà de sa dimension purement récréative et ludique.

Pour finir, je tenais à rappeler que Indépendance Day : Resurgence s’est planté. Au même titre que la suite des Tortues Ninja, la suite d’Alice au pays des merveilles ou Divergente 3. Les 100 millions seront atteints, certes, mais pour une suite dont le premier opus avait franchi les 300M$ en 1996, ça ressemble quand même à une belle pantalonnade.

Geoffroy Blondeau

Alice se gamelle, X-Men ne décolle pas…

Alice se gamelle, X-Men ne décolle pas…

Alice autre cote miroirLa séquelle de Disney, bien dispensable il est vrai, s’est pris une gamelle. Et une belle. Comme quoi tout arrive à l’image cette méga-production de l’écurie Disney qui ne performe pas aux States. Cela n’est pas pour me déplaire tant l’ultra domination des longs-métrages de la firme aux grandes oreilles vire à la position monopolistique financière.

Avec 26 millions de dollars pour son week-end d’ouverture, le dernier film de Johnny Depp risque de rencontrer de grosses difficultés pour aller taquiner les 100 millions de dollars. Il faudra attendre les résultats à l’international pour dire si le film perdra réellement de l’argent. Il s’agit, au passage, d’un énième échec pour l’acteur depuis le quatrième épisode de la franchise des Pirates.

Pour comprendre cette déception, nul besoin de se tourner vers le nouvel opus des X-Men. En effet, celui-ci, sans se vautrer au box-office, ne réalise pas non plus un grand démarrage. 65 millions en trois jours et 79M$ en 4. Pas de quoi défriser le box-office, même si cela reste honnête. Mais, comparé aux trois autres sorties super-héroïques de l’année, le dernier Bryan Singer ne fait pas le poids. Si la qualité n’est pas, a priori, au-rendez-vous, le film n’a surtout pas réussi à surfer sur le capital sympathie de l’opus précédent pour boxer le box-office.

Les 200 millions de dollars ne seront pas atteints. Les 180M$ tout au plus. Ce qui relativise le soi-disant plantage de Batman V Superman (330M$). Comme à son habitude, l’international fera le reste pour des « produits » filmiques de plus en plus universalisés.

Captain America : Civil War se rapproche des 400M$. Déjà ! Si la chute s’avère assez nette, le succès est là pour un final juste au-dessus d’Iron Man 3. Que dire de plus si l’on pense à son milliard doré…

Quant à Sony, le studio se démène comme il le peut avec son adaptation d’une application smartphone. Angry Birds, le film ira au-delà des 100 millions de dollars mais pas beaucoup plus. Aucune importance puisque le film sera rentable et sans doute décliné en suites approximatives et bien inutiles.X-Men-Apocalypse-launch-quad-poster-1200x903Faisons un peu de prospective…

Ce week-end sort la suite (encore une) des Tortues Ninjas. Fort du succès du premier épisode et de l’insuccès des deux films cités plus haut, l’espoir est de mise. La baisse sera au rendez-vous mais pourrait être plus mesurée que cela.  Je table donc sur un démarrage aux alentours des 35-40 millions de dollars pour un final proche des 120 M$.

X-Men Apocalypse va chuter. Et lourdement. -60 à 65% pour un week-end entre 23 et 26M$ ; cumul à 118-120M$.

Pour Alice de l’autre côté du miroir pas de miracle. -50% à 13M$ pour un tout petit cumul de 53-54 millions de dollars lorsque le Livre de la jungle s’approche des 350 millions de dollars.

Geoffroy Blondeau

Chute record pour Batman v Superman…

Chute record pour Batman v Superman…

batman-v-superman-l-aube-de-la-justiceJ’ai préféré attendre le second week-end pour en avoir le cœur net. En effet, et sans l’avoir vu, tout concordait pour que Batman v Superman se gamelle dès son second passage dans les salles obscures américaines. Sans concurrence, le film de Snyder ne séduit pas et, passé la frénésie des fans comme celle des plus curieux, point de réserve pour ce choc au sommet.

La conséquence est sans appel. Une chute de 68% pour passer de 166M$ à 52M$. Le cumul, déjà très respectable, est de 261M$ estimés. Les 300 seront atteints. Mais c’est un minimum lorsque l’on réunit les deux figures emblématiques de l’univers DC! Avec le cumul des scores à l’international, le film devrait terminer sa course entre 900 et 950 millions de dollars. Sa chute rapide partout dans le monde risque, en effet, de compromettre son accession au milliard de dollar. Assurément décevant même si rien n’est encore joué.

Non, l’humiliation, la seule qui vaille, vient de Deadpool. Avec un week-end à 3,5M$, le long-métrage estampillé Marvel accroche un remarquable 355 millions de dollars. Chiffre que ne fera donc pas Batman V Superman. Cet affront ne risque pas de disparaître de sitôt puisque les dernières projections des sites spécialisés prédisent au troisième opus de Captain America un véritable carton. Les 400 millions sont envisagés avec confiance, bien aidé en cela par l’arrivée d’un certain Iron-Man à l’affiche.

Un dernier mot pour mentionner l’incroyable longévité de Zootopie. Le film ne cesse d’étonner et, sans concurrence véritable, il peut envisager d’aller dépasser les 300 millions de dollars. Depuis Volt (2009), le studio ne connaît plus l’échec dans ses productions animées.

Au 4 avril 2016 :

Batman v Superman : 261M$ pour un final à 340M$

Deadpool : 355M$ pour un final à 362M$

Zootopie : 275M$ pour un final à 325M$

Geoffroy Blondeau

Rattrapage. Saint Amour: Le verre à moitié vide…

Rattrapage. Saint Amour: Le verre à moitié vide…

saintamourQue dire du dernier film du couple « grolandais » Benoît Delépine et Gustave Kerven ? Qu’il est parfois drôle, souvent impertinent pour ne pas dire outrancier, sociologiquement faible, par moment poétique, doux, vraiment barré, sans aucun doute bâclé ou encore je-m’en-foutiste…Oui, Saint Amour, sans trait d’union, c’est tout ça à la fois dans un essai qui traîne sa relation filiale sur fond de road-movie pittoresque bien en peine pour trouver son rythme de croisière ainsi que sa finalité intrinsèque.

Si le vin coule dans une frénésie Rabelaisienne niant au dit breuvage tout aspect qualitatif, celui-ci sert de ligne de fuite à un pauvre gars orphelin d’amour de plus en plus écœuré par le métier ingrat d’agriculteur laitier (joué par l’excellent mais ici excessif Benoît Poelvoorde). Alors pour éviter le clash de trop, son père (Depardieu en mode peinard mais touchant) décide, en plein salon de l’agriculture, de partir avec ce fils « borderline » sur la route des vins. La vraie. À bord d’un taxi qui, n’ayant rien de mieux à faire, accepte de les véhiculer dans leur délire d’âmes en peine.

Si les deux cinéastes restent fidèles à eux-mêmes en cassant les codes dans leur façon très rock’n’roll de confronter personnages et environnement, le périple vinicole sonne en creux par éparpillement des sentiments au gré de rencontres pour la plupart féminine (mention spéciale à Céline Sallette et Charia Mastroianni). Leur pérégrination territoriale qui tangue d’un côté vers le pathétique et de l’autre vers le foutage de gueule essaie, en vain, de rendre compte d’un état, d’une solitude, d’une détresse ou d’une envie via un décalage caustique parfois proche du mauvais goût.

Ainsi les parties, sortent de sketchs inégaux dans leur fonction drolatique, sont supérieures au long-métrage lui-même qui tient plus de l’irrévérence que du mélodramatique. D’où le sentiment d’assister à spectacle ultraléger, presque facile même si percutant sur quelques saillies alcoolisées. Or, et sans tomber dans le rose bonbon acidulé, il y avait de la place pour développer une aspiration émancipatrice représentative d’une époque en perte de repères comme en manque de projection vers l’avenir.

Oublions la thématique de la paysannerie puisqu’elle n’est que très partiellement soulevée alors même qu’elle glisse dangereusement du côté de « l’Amour est dans le pré » …

Non, ce qui intéresse nos deux acolytes de mise en scène navigue dans le creux d’une odyssée de la dernière chance, parcours nécessaire afin de retrouver les vraies valeurs de la vie. Si l’authenticité parle, elle le fait de façon biaisée puisqu’elle ne se trouve jamais authentifiée. Ce paradoxe nous offre quelques bons moments de rigolade potache qui, pour cause de vacuité narrative, se transforme en une comédie franchouillarde qui a du mal à humaniser ses protagonistes. Ici, la chair est triste. Les gueules cassées aussi.

La conclusion façon « Blier » ne sauve pas le film de son erreur fondamentale : Essayer de comprendre le mal être d’une partie de nos concitoyens par le biais d’un décalage caustique mais non dénué d’amour, de compréhension et d’affection.

Geoffroy Blondeau

Note: 2/5

Saint Amour. Un film de Benoît Delépine et Gustave Kerven. En salles depuis le 2 mars 2016.